L'accumulation du capital et le progrès technique comme moteurs de la croissance
1. L'accumulation du capital, moteur essentiel de la croissance
- Accumulation du capital : augmentation du stock de capital via l’investissement net, joue un rôle plus important que l’augmentation du volume de travail dans la croissance économique.
- Capital physique ou technique : ensemble des ressources utilisées pour produire (machines, outillage, biens intermédiaires, matières premières).
- Capital fixe : biens durables (machines) destinés à produire d’autres biens.
- Capital circulant : biens consommés dans le processus de production (matières premières).
a) Double effet de l’investissement
- Augmentation du volume de capital disponible pour la production.
- Intégration de nouvelles techniques rendant le capital plus productif (capital plus performant).
L’investissement permet non seulement d’accroître la quantité de capital mais aussi sa qualité, ce qui stimule la croissance.
2. Le progrès technique, levier fondamental de la croissance
- Les facteurs de production (capital et travail) n’expliquent pas entièrement la croissance : étude des 30 Glorieuses en France montre que seuls ces facteurs expliquent environ la moitié de la croissance.
- Le reste est attribué à un « résidu » lié aux gains de productivité dus au progrès technique.
- Productivité globale des facteurs (PGF) : mesure la part de la croissance liée à l’amélioration de l’efficacité des facteurs de production (travail et capital).
- Gains de productivité accompagnent généralement la croissance ; inversement, un ralentissement de la croissance est souvent lié à des pannes de productivité.
a) Enjeux actuels
- L’avenir de la croissance dépend de la capacité des nouvelles technologies (technologies de l’information, intelligence artificielle) à générer des gains de productivité comparables aux innovations passées.
Le progrès technique est le principal moteur durable de la croissance économique, au-delà de l’accumulation des facteurs de production.
L'action publique pour l'environnement et ses acteurs
1. Acteurs de l'action publique pour l'environnement
- Associations et ONG : jouent un rôle clé dans la mise à l’agenda politique des questions environnementales, même si leur influence reste limitée en France.
- Entreprises : innovent en produisant des biens ou procédés plus respectueux de l’environnement. Elles peuvent obtenir des certifications et labels environnementaux valorisant leurs efforts.
2. Relations entre acteurs : coopération et conflit
Les acteurs ont des intérêts et visions parfois divergents, ce qui engendre des relations complexes :
| Type de relation | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Conflit | Oppositions liées à des visions différentes du problème environnemental. | Climato-sceptiques contestent la légitimité des politiques climatiques. |
| Coopération | Alliances entre acteurs aux intérêts convergents pour agir ensemble. | ONG et pouvoirs publics collaborent via le lobbying et l’expertise. |
- Les acteurs peuvent utiliser des instruments juridiques pour contester des pratiques nuisibles (ex : procès contre Monsanto, « Affaire du Siècle »).
- La coopération est fréquente dans des initiatives locales, notamment autour de l’économie circulaire.
3. Niveaux d’action publique pour l’environnement
L’action publique s’organise à plusieurs échelons complémentaires :
| Niveau | Rôle principal | Exemple / Particularité |
|---|---|---|
| International | Fixer des objectifs globaux et négocier des accords. | COP depuis 1995 pour lutter contre le réchauffement climatique. |
| Européen et national | Traduire les accords internationaux en réglementations précises. | États adaptent leurs lois pour respecter les engagements climatiques. |
| Local et régional | Mise en œuvre adaptée aux spécificités territoriales. | Collectivités mobilisent acteurs locaux et identifient besoins concrets. |
- L’action peut aussi partir du bas vers le haut : initiatives locales remontent vers les instances nationales et internationales, influençant les négociations globales.
L’action publique pour l’environnement mobilise des acteurs aux intérêts variés, qui coopèrent ou s’opposent, et s’exerce à plusieurs niveaux territoriaux complémentaires.
Les niveaux d'articulation de l'action publique environnementale
1. Les niveaux d'articulation de l'action publique environnementale
L'action publique environnementale s'organise à plusieurs niveaux d'articulation qui permettent de coordonner les politiques et les interventions pour protéger l'environnement.
a) Le niveau international
- Objectif : coordonner les efforts des États pour répondre à des enjeux environnementaux globaux (changement climatique, biodiversité, pollution).
- Exemples :
- Accords internationaux comme le Protocole de Kyoto (1997) ou l’Accord de Paris (2015) sur le climat.
- Organisations internationales telles que l’ONU, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
- Caractéristique : les engagements sont souvent volontaires et nécessitent une coopération entre États.
b) Le niveau européen
- Rôle : harmoniser les politiques environnementales des États membres de l’Union européenne.
- Instruments : directives, règlements, stratégies communes.
- Exemple : la directive-cadre sur l’eau, la politique européenne de lutte contre le changement climatique.
- Particularité : les normes européennes s’imposent aux États membres, qui doivent les transposer dans leur droit national.
c) Le niveau national
- Responsabilité principale : définir et mettre en œuvre la politique environnementale sur le territoire national.
- Acteurs : gouvernement, ministères (ex. ministère de la Transition écologique), agences nationales.
- Outils : lois, plans nationaux (ex. Plan Climat), réglementations.
- Caractéristique : articulation entre les engagements internationaux et européens et leur application concrète.
d) Le niveau local
- Importance : mise en œuvre opérationnelle des politiques environnementales au plus près des territoires.
- Acteurs : collectivités territoriales (régions, départements, communes).
- Actions : gestion des déchets, urbanisme durable, protection des espaces naturels.
- Spécificité : adaptation des politiques aux réalités locales, participation des citoyens.
2. Synthèse des niveaux d’action publique environnementale
| Niveau | Objectif principal | Acteurs clés | Outils principaux | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| International | Coordination globale des enjeux environnementaux | États, ONU, PNUE | Accords internationaux | Engagements volontaires, coopération |
| Européen | Harmonisation des politiques environnementales | Union européenne, États membres | Directives, règlements | Normes contraignantes pour États |
| National | Mise en œuvre des politiques sur le territoire | Gouvernement, ministères | Lois, plans nationaux | Traduction des engagements internationaux et européens |
| Local | Application concrète et adaptation locale | Collectivités territoriales | Réglementations locales, projets | Proximité, participation citoyenne |
L’action publique environnementale repose sur une coordination multi-niveaux, du global au local, pour être efficace et adaptée aux enjeux spécifiques.
Travail, emploi et activité : définitions et mutations
1. Mutations des formes d’organisation du travail
Depuis les années 1960, le modèle taylorien est remis en cause par les salariés à cause de l’absentéisme, du turn-over et des critiques sur le gaspillage et les malfaçons. La montée de la concurrence mondiale et la demande plus exigeante conduisent à la fin de la production de masse standardisée.
a) Nouvelles formes d’organisation du travail (NFOT)
- Toyotisme (introduit dans les années 1970 chez Toyota) : modèle centré sur la flexibilité et la production en juste-à-temps.
- Management participatif : implique les salariés dans la prise de décision, assouplissant la division verticale du travail.
- Recomposition des tâches : enrichit le travail en remettant en cause la division horizontale.
2. Effets sur les conditions de travail
- Les NFOT corrigent certaines limites du taylorisme, notamment en réduisant la déshumanisation par la participation et la polyvalence.
- Cependant, elles entraînent souvent une intensification des rythmes et des contraintes accrues.
- Les salariés restent exposés aux troubles musculosquelettiques (TMS) et aux risques psychosociaux.
- Les logiques de division verticale et horizontale ne sont assouplies que partiellement.
3. Le chômage : définitions et mesures
Le chômage désigne la situation d’une personne sans emploi et en recherche active d’emploi.
a) Mesures du chômage
| Mesure | Organisme | Critères principaux | Objectif principal |
|---|---|---|---|
| DEFM | Pôle Emploi | Demandeurs d’emploi en fin de mois inscrits à Pôle Emploi | Gestion administrative et indemnisation |
| Chômage BIT | INSEE (selon BIT) | 1. Sans emploi la semaine de référence<br>2. Recherche active d’emploi<br>3. Disponible immédiatement | Mesure économique des ressources en main-d’œuvre |
- La définition BIT est indépendante de l’inscription à Pôle Emploi.
- Les deux mesures donnent des résultats proches sur le long terme.
b) Population active et catégories
- Population active = ensemble des actifs occupés + chômeurs.
- Actifs occupés : personnes ayant un emploi (salarié ou non).
- Chômeurs : sans emploi, en recherche active et disponibles.
- Inactifs : personnes ne recherchant pas d’emploi ou indisponibles.
Le chômage correspond à une situation où la demande d’emploi des travailleurs (offre de travail) est supérieure à la demande de travail des entreprises.
L'évolution des formes d'organisation du travail
1. Le halo du chômage et le sous-emploi
- Halo du chômage : ensemble des personnes proches du chômage mais non comptabilisées comme chômeurs selon le BIT, situées entre chômage, emploi et inactivité.
- Sous-emploi : situation d’actifs occupés ayant une activité réduite involontaire (ex : temps partiel subi, chômage partiel).
- En 2019, 5,4 % des personnes en emploi étaient en sous-emploi, majoritairement des temps partiels souhaitant travailler plus.
- Le taux de chômage au sens du BIT en France métropolitaine était de 8,3 % (8,6 % en France hors Mayotte).
2. Caractéristiques du chômage en France
- Le chômage est un phénomène massif, durable et sélectif.
- Le taux de chômage français est élevé comparé à des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les États-Unis.
- Depuis la fin des Trente Glorieuses, le chômage reste durablement élevé en France, avec une moindre baisse lors des reprises économiques.
- Le chômage touche deux fois plus les jeunes et les moins diplômés.
- Le retour à l’emploi est plus difficile pour les jeunes, avec un taux de chômage de longue durée supérieur à la moyenne.
3. Types de chômage et politiques de lutte
| Type de chômage | Origine | Politiques adaptées | Objectifs principaux |
|---|---|---|---|
| Chômage conjoncturel | Variations de l’activité économique | Politiques macroéconomiques (monétaires et budgétaires) | Soutenir la demande globale |
| Chômage structurel | Dysfonctionnements du marché du travail (rigidités, information, appariement) | Réformes structurelles (allégement du coût du travail, flexibilisation, formation) | Réduire les rigidités et améliorer l’ajustement |
a) Politiques contre le chômage structurel
- Allégement du coût du travail : réduire le coût salarial pour l’employeur afin d’encourager l’embauche, notamment des travailleurs peu qualifiés.
- Flexibilisation du marché du travail : faciliter l’ajustement rapide des salaires et de la main-d’œuvre aux besoins des entreprises.
- La flexibilité permet la destruction d’emplois peu productifs et la création d’emplois plus productifs, favorisant l’innovation.
Le chômage structurel nécessite des réformes visant à rendre le marché du travail plus flexible et à réduire les rigidités pour améliorer l’emploi durable.
Le chômage : définitions, causes et politiques de lutte
1. Définitions du chômage
- Chômage : situation d'une personne en âge de travailler, sans emploi, disponible pour travailler et en recherche active d'emploi.
- Chômage structurel : chômage lié à un déséquilibre durable entre l'offre et la demande de travail, souvent dû à des inadéquations de compétences ou géographiques.
- Chômage conjoncturel : chômage lié aux fluctuations économiques à court terme (récession, crise).
2. Causes du chômage
- Rigidités du marché du travail : salaires trop élevés, législation contraignante, protection de l'emploi qui freine les embauches et licenciements.
- Inadéquation des compétences : décalage entre les qualifications des demandeurs d'emploi et les besoins des entreprises.
- Progrès technologique et destruction créatrice : disparition d'emplois dans certains secteurs, création dans d'autres, nécessitant des reconversions.
- Flexibilité insuffisante : difficulté à ajuster les effectifs ou les horaires en fonction de la demande.
3. Formes de flexibilité du travail
| Type de flexibilité | Description |
|---|---|
| Flexibilité salariale | Ajustement des salaires en fonction des résultats de l’entreprise. |
| Flexibilité quantitative | Variation des effectifs ou des heures de travail selon l’activité économique. |
| Flexibilité externe | Recours à l’externalisation pour adapter la production sans embaucher directement. |
4. Politiques de lutte contre le chômage
- Politique de formation professionnelle : vise à réduire le chômage d’inadéquation en améliorant les compétences des travailleurs et en facilitant les reconversions.
- Amélioration de l’appariement sur le marché du travail : faciliter la rencontre entre offres et demandes d’emploi pour diminuer le chômage structurel.
- Flexibilisation du marché du travail : assouplir les règles pour permettre une meilleure adaptation des entreprises aux fluctuations économiques.
La politique de formation est essentielle pour réduire le chômage structurel en améliorant l’adéquation entre les compétences des travailleurs et les besoins des entreprises.
La mobilité sociale : caractéristiques et mesure
1. La mobilité sociale : définitions clés
- Mobilité sociale : déplacement d’un individu dans la hiérarchie sociale par rapport à ses parents, pouvant être ascendante (vers une position sociale plus élevée) ou descendante (vers une position plus basse, appelée aussi déclassement).
- Déclassement social : peut être
- absolu : changement vers une position sociale inférieure,
- relatif : position stable mais dégradée par rapport aux autres,
- subjectif : sentiment de déclassement lié au statut ou à la précarité de l’emploi.
- Immobilité sociale ou reproduction sociale : absence de mobilité, l’individu reste dans la même position sociale que ses parents.
2. Construction des tables de mobilité
- Les tables comparent la position sociale des individus avec celle de leurs parents.
- La société évolue :
- changements dans la structure de l’emploi (ex. baisse de l’emploi agricole, féminisation, apparition/disparition de métiers),
- ce qui entraîne une mobilité structurelle : mobilité due aux transformations économiques et sociales, indépendante des choix individuels.
| Type de mobilité | Définition | Cause principale |
|---|---|---|
| Mobilité structurelle | Mobilité liée aux changements dans la structure de l’emploi | Évolution des secteurs et métiers |
| Mobilité nette | Mobilité sociale hors effet structurel | Liée à l’égalité des chances |
- La mobilité nette correspond à la mobilité sociale qui n’est pas expliquée par la mobilité structurelle.
3. Mesure de la fluidité sociale
- La fluidité sociale mesure l’égalité des chances d’accès aux positions sociales, indépendamment des changements structurels.
- Elle s’évalue par des odds ratio (rapport des chances relatives) entre deux catégories sociales, souvent entre cadres et ouvriers.
a) Calcul de l’odds ratio (exemple cadres vs ouvriers)
- Si la société est totalement fluide, l’odds ratio = 1 (égalité des chances).
- Plus l’odds ratio est élevé, moins la société est fluide (forte reproduction sociale).
4. Interprétation et limites de la mobilité sociale
- Une société plus mobile n’est pas forcément plus égalitaire :
- La mobilité peut être majoritairement structurelle, sans amélioration réelle de l’égalité des chances.
- L’accès accru des enfants des classes populaires aux positions élevées peut coexister avec une reproduction forte chez les classes favorisées.
- Pour évaluer l’égalité des chances, il faut combiner :
- la mesure de la mobilité structurelle,
- la comparaison des chances relatives via les odds ratio.
5. Évolution en France depuis les années 1970
- Baisse de l’odds ratio entre cadres et ouvriers → augmentation de la fluidité sociale.
- Cette tendance s’observe aussi entre cadres et autres professions salariées (professions intermédiaires, ouvriers).
- Cela traduit un accès plus ouvert aux emplois de cadres, donc une amélioration relative de l’égalité des chances.
À retenir : La mobilité sociale combine mobilité structurelle (liée aux transformations économiques) et mobilité nette (liée à l’égalité des chances), mesurée précisément par la fluidité sociale via les odds ratio.