Exploitation et protection de l'environnement depuis le XIXe siècle
1. L’environnement aux États-Unis
a) Exploitation et protection de l’environnement depuis le XIXe siècle : de la wilderness à l’agrobusiness
- Vision romantique de la nature au XIXe siècle : Inspirée par la pensée européenne et les récits des pionniers (Clark, Lewis), la nature est perçue comme vierge, vide et dangereuse, nécessitant d’être dominée et maîtrisée.
- Concept de wilderness : Popularisé par R.W. Emerson et H.D. Thoreau, la nature devient un symbole historique et culturel de l’identité américaine. Le pionnier est un héros ayant gagné le droit de mettre en valeur la terre.
- Années 1870-1880 :
- Exploitation des ressources naturelles et construction des infrastructures (chemins de fer).
- Création des premiers parcs nationaux, dont le Yellowstone (1872), premier parc national au monde.
- Début d’une « économie de conservation » : protection des paysages exceptionnels tout en valorisant le territoire.
- Sanctuarisation de l’environnement : protection des espaces naturels, souvent au détriment des populations amérindiennes (éviction).
- Les compagnies ferroviaires profitent de cette mise en valeur pour développer leur réseau transcontinental.
- Évolution au XXe siècle :
- La nature est replacée au cœur des pratiques touristiques.
- Reconnaissance et valorisation du patrimoine amérindien.
- Prise en compte des populations autochtones dans la gestion des parcs.
- Aujourd’hui, les États-Unis comptent 52 parcs nationaux.
- Agriculture capitaliste et industrialisée :
- Depuis le XIXe siècle, développement d’une agriculture intensive.
- Division du territoire en « belts » agricoles, comme la Corn Belt (ceinture du maïs) identifiée en 1927.
- Ressources énergétiques :
- Les États-Unis disposent de ressources pétrolières importantes.
- Objectif d’indépendance énergétique d’ici 2030, voire d’exportation nette de pétrole.
b) L’environnement aux États-Unis : des acteurs à toutes les échelles
(Cette partie n’est pas développée dans la portion fournie)
À retenir : Aux États-Unis, la relation à l’environnement oscille entre exploitation intensive et protection, avec une sanctuarisation progressive des espaces naturels et une reconnaissance croissante des droits autochtones.
Les acteurs des politiques environnementales à différentes échelles
1. Les acteurs des politiques environnementales à différentes échelles
L'action environnementale aux États-Unis s'organise à plusieurs niveaux, chacun avec ses spécificités et son degré d'engagement.
a) L’échelle fédérale
- Agence de protection de l'environnement (EPA) créée en 1970 : organe principal de régulation environnementale.
- Clean Air Act : loi fédérale majeure pour la lutte contre la pollution atmosphérique.
- Loi de 2005 : vise à réduire la dépendance énergétique, promouvoir les énergies renouvelables et encourager les biocarburants.
- Investissements sous Barack Obama : 7 milliards de dollars dans la greentech, positionnant les États-Unis comme leader dans l’éolien et le solaire.
L’échelle fédérale pose un cadre général mais reste limitée dans ses actions concrètes.
b) Les États fédérés
Les États disposent d’une autonomie importante pour adopter des mesures plus strictes que celles fédérales.
| État | Actions principales | Résultats clés |
|---|---|---|
| Massachusetts | Lois pour limiter les gaz à effet de serre | Politique environnementale avancée |
| Washington | Mesures similaires à Massachusetts | Engagement fort malgré absence fédérale |
| Californie | Financement de 6,5 millions $ pour stations hydrogène | Baisse de la pollution à Los Angeles, malgré l’augmentation du trafic |
- Ces États agissent souvent en marge des politiques fédérales, notamment en l'absence de ratification du protocole de Kyoto par les États-Unis.
c) Les comtés et municipalités
- 172 villes, dont Atlanta, New York, Los Angeles, Miami, respectent volontairement les restrictions du protocole de Kyoto.
- De nombreuses villes adhèrent au mouvement des villes vertes, favorisant des aménagements durables (transports, espaces verts, gestion des déchets).
Les collectivités locales jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre concrète des politiques environnementales.
Cette organisation multiscalaire montre que, malgré une politique fédérale limitée, les États et collectivités locales compensent par des initiatives souvent plus ambitieuses.
La position des États-Unis dans les politiques environnementales internationales
1. La position des États-Unis dans les politiques environnementales internationales
Les États-Unis, premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, rencontrent de fortes résistances internes à la mise en place d’une politique fédérale ambitieuse contre le réchauffement climatique.
a) Un engagement international limité et contradictoire
- Signature de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, mais non-ratification du protocole de Kyoto (2005), unique pays industrialisé dans ce cas.
- Opposition historique à une gouvernance mondiale environnementale, illustrée par le refus de G. W. Bush de soutenir la création d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME).
- Priorité donnée à la défense des intérêts nationaux, avec un refus constant d’acceptation de contraintes internationales.
| Événement clé | Position américaine |
|---|---|
| Protocole de Kyoto (2005) | Non-ratification |
| Création d’une OME | Opposition (G. W. Bush) |
| Accord de Paris (COP21, 2015) | Retrait annoncé en 2019 (administration Trump) |
| Sommet de l’urgence climatique (2019) | Absence de D. Trump |
b) Une politique intérieure marquée par des reculs
- L’administration Trump, proche des milieux climatosceptiques, a annulé de nombreuses mesures environnementales mises en place sous Obama, notamment :
- Le plan de réduction des gaz à effet de serre.
- L’interdiction de nouveaux forages en zones protégées.
- Cette politique reflète une posture de « cavalier solitaire », refusant la coopération internationale sur le climat.
À retenir : Les États-Unis privilégient leurs intérêts nationaux au détriment d’une politique environnementale internationale contraignante, ce qui freine leur rôle dans la lutte globale contre le changement climatique.
Les critiques et la prise de conscience progressive du changement climatique
1. Critiques des positions anti-environnementalistes de l'État fédéral
- Les ONG américaines et internationales critiquent vivement les politiques fédérales jugées insuffisantes face aux enjeux environnementaux.
- Dans les années 2000, plusieurs ONG ont saisi la justice américaine pour dénoncer des manquements répétés sur la protection de l’environnement.
- Exemples de procès :
- 2006 : des ONG poursuivent l’EPA pour ne pas avoir réglementé les émissions de CO₂ des transports.
- 2019 : l’ONG Earthjustice attaque l’administration Trump pour avoir assoupli la loi protégeant les espèces menacées, notamment le pygargue à tête blanche.
- Ces actions judiciaires, même si elles ne gagnent pas toujours, permettent de mettre en lumière les divergences d’opinion sur l’environnement au niveau international.
2. Prise de conscience progressive du changement climatique
- En 2005, les États-Unis signent un partenariat avec cinq pays d’Asie-Pacifique (Australie, Inde, Japon, Chine, Corée du Sud) pour développer des technologies visant à réduire les gaz à effet de serre.
- En 2008, plusieurs grandes entreprises américaines, comme Wal-Mart, imposent à leurs fournisseurs des exigences environnementales renforcées, témoignant d’un changement de mentalité.
- Les ONG environnementales bénéficient d’une large visibilité (médias, pétitions, actions coup-de-poing) et jouent un rôle de contrepoids face aux lobbies industriels.
3. Ambiguïté de la position américaine face à l’environnement
| Aspect | Description |
|---|---|
| Vision de l’environnement | À la fois objet de préservation et ressource à exploiter pour le bien-être national |
| Contraste culturel | Vénération des grands espaces vs. vision ultra-libérale de leur usage |
| Conséquences | Inquiétude de la communauté internationale et de l’opinion publique américaine |
| Système fédéral | Permet une flexibilité politique avec des mesures environnementales à différentes échelles |
| Manque d’homogénéité | Souvent critiqué mais considéré comme constitutif du système américain |
La diversité des gouvernances environnementales aux États-Unis reflète une tension entre exploitation économique et préservation écologique, caractéristique du pays.