Éthique du travail social
Confidentialité
Confidentialité : principe éthique protégeant la dignité, la vie privée et la relation de confiance entre l'AS et la personne accompagnée.
- Sans cette garantie, la personne ne se livre pas librement → accompagnement compromis
- L'AS doit expliquer clairement les limites : mandat judiciaire, danger grave, protection de l'enfance
- Respecter la confidentialité = reconnaître la personne comme sujet de droits, pas comme un dossier
Non-recours aux droits
Non-recours aux droits : toute situation où une personne ne bénéficie pas de droits ou services auxquels elle peut légalement prétendre.
Facteurs explicatifs :
- Méconnaissance des droits
- Complexité administrative
- Peur des institutions, honte, découragement
- Expériences négatives antérieures
Le travail social vise à réduire ce phénomène en informant, accompagnant et soutenant l'accès effectif aux droits.
Promotion des droits de la personne
L'AS s'appuie sur des textes internationaux (DUDH, droits de l'enfant, des femmes, des personnes handicapées…) et agit comme :
| Rôle | Action concrète |
|---|---|
| Médiateur | Facilite l'accès aux droits |
| Défenseur | Soutient la personne face aux institutions |
| Lanceur d'alerte | Interpelle en cas de droits bafoués |
Cette mission comporte une dimension politique et citoyenne du travail social.
Savoir-faire en travail social
Savoir-faire : compétences professionnelles techniques nécessaires à la pratique.
Exemple — maîtrise des techniques d'entretien :
- Créer un climat de confiance
- Écouter activement, reformuler
- Co-construire des solutions avec la personne
- Respecter le cadre légal et éthique
Justice sociale et lutte contre les discriminations
Discriminations combattues par les AS :
- Origine ou ethnicité
- Genre ou identité de genre
- Orientation sexuelle
- Handicap
- Statut socio-économique
Exemple : discrimination institutionnelle envers des personnes sans-papiers dont l'accès à l'aide sociale est restreint malgré une grande précarité.
Intégrité professionnelle
L'AS défend son intégrité en :
- Respectant le code de déontologie
- Refusant les abus de pouvoir
- S'appuyant sur des preuves, le cadre légal et l'éthique
- Recourant à la supervision et à l'intervision
- Ne pas imposer ses valeurs personnelles aux bénéficiaires
Aide à la jeunesse — Décret actuel
Quatre objectifs prioritaires :
| Objectif | Explication |
|---|---|
| Maintien en milieu de vie | Éviter le placement autant que possible |
| Protection du jeune en danger | Garantir la sécurité physique et psychique |
| Renforcement de la prévention | Agir avant l'aggravation des situations |
| Aide volontaire avant aide contrainte | Respecter l'adhésion des familles |
Action en Milieu Ouvert (AMO)
AMO : action de prévention non contraignante, sans mandat judiciaire, née pour intervenir avant la judiciarisation.
- Cible : jeunes et familles dans leur environnement de vie
- Objectif : renforcer les ressources, éviter l'aggravation des difficultés
Les deux axes de l'intervention en protection de la jeunesse
| Axe | Principe | Déclenchement |
|---|---|---|
| Aide volontaire | Basée sur l'adhésion et la collaboration des familles | Accord des parties |
| Aide contrainte | Imposée par l'autorité judiciaire | Échec du volontaire ou danger grave |
Les deux axes visent le même objectif : protection et développement du jeune.
Travail social de rue
Travail social de rue : aller vers les personnes dans leur espace de vie, sans demande préalable.
Objectifs :
- Création de lien social
- Prévention
- Accès aux droits
- Accompagnement de publics éloignés des institutions
Approche fondée sur la confiance et le non-jugement.
Conseiller de l'Aide à la Jeunesse (CAJ)
Rôle : évaluer la situation, proposer une aide, veiller à la protection du jeune.
Conditions d'un accord d'aide :
- Adhésion des parents et du jeune
- Accord des services concernés
- Cadre volontaire et négocié
⚠️ Si aucun accord n'est trouvé avec le CAJ, la situation est transmise au tribunal de la jeunesse, qui impose une mesure d'aide contrainte.
Aide contrainte — Aspects méthodologiques
Aide contrainte : intervient lorsque l'aide volontaire échoue ou que le jeune est gravement en danger.
L'AS doit veiller à :
- Respecter la dignité de la personne malgré le cadre imposé
- Proportionner les mesures à la situation
- Maintenir le dialogue avec la famille
Action communautaire
Action communautaire : renforcer le pouvoir d'agir collectif pour lutter contre les inégalités structurelles et favoriser la participation citoyenne.
| Approche | Description |
|---|---|
| Descendante (institutionnelle) | Initiée par les institutions, orientée vers les habitants |
| Ascendante (issue des habitants) | Portée par les citoyens eux-mêmes, part de leurs besoins réels |
Délégué général aux droits de l'enfant
Missions :
- Veiller au respect des droits de l'enfant
- Interpeller les pouvoirs publics
- Traiter des plaintes
- Formuler des recommandations pour améliorer les politiques publiques
Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE)
Trois grands principes :
- Intérêt supérieur de l'enfant
- Non-discrimination
- Droit à la participation
Comité des droits de l'enfant : contrôle l'application de la Convention par les États signataires.
Services et institutions spécialisés
| Structure | Public | Mandataire |
|---|---|---|
| Services résidentiels généraux (SRG) | Jeunes en difficulté quand maintien en famille impossible | Conseiller ou tribunal |
| IPPJ (Institution publique de protection de la jeunesse) | Jeunes ayant commis des faits qualifiés infractions | Autorité judiciaire |
| EMA (Équipe mobile d'accompagnement) | Jeunes en milieu de vie pour éviter/soutenir retour après placement | — |
| SARE (Services d'actions restauratrices et éducatives) | Jeunes auteurs d'infractions | — |
EMA : accompagnement intensif et coordonné dans le milieu de vie.
SARE : mesures restauratrices visant la responsabilisation du jeune, la réparation du tort causé et la reconstruction du lien social.