Impacts de la déficience auditive sur le développement du langage
1. Impacts de la déficience auditive sur le développement du langage
La déficience auditive (DA) affecte plusieurs domaines du développement langagier, particulièrement chez l’enfant ou l’adolescent avec une surdité pré- ou périlinguale.
2. Domaines impactés
| Domaine | Description de l'impact |
|---|---|
| Articulation | Difficultés dans la production correcte des sons. |
| Phonologie | Altérations dans la perception et la production des phonèmes. |
| Morphosyntaxe | Retards ou erreurs dans la construction des formes grammaticales. |
| Syntaxe | Difficultés dans l’organisation des phrases. |
| Pragmatique | Troubles dans l’usage social du langage. |
| Langage écrit | Retards dans l’acquisition de la lecture et de l’écriture. |
3. Compétences socles affectées
-
Attention conjointe
La DA peut perturber l’instauration de l’attention conjointe, c’est-à-dire la capacité à partager un regard ou à synchroniser l’attention avec un interlocuteur.
En cas de faible apport auditif, l’attention est souvent « partagée » mais non conjointe, réduisant la qualité des interactions.
-
Initiatives de parole
L’enfant sourd consacre moins de temps à introduire des éléments symboliques dans l’interaction et plus à alterner les regards entre l’environnement et les personnes, ce qui modifie la dynamique de communication (Ledeberg & Presbindowski, 2000). -
Intégration audiovisuelle
Essentielle dans les 12 premiers mois de vie, elle permet la synchronisation des informations visuelles et auditives pour un développement optimal du langage (Sharma et al., 2015).
4. Exemple : Attention conjointe à 22 mois
- Enfants sourds non implantés cochléairement (non IC) et mères entendantes montrent des épisodes d’attention conjointe réduits et différents.
- Ces enfants passent moins de temps à introduire des symboles dans la communication, ce qui freine le développement langagier.
5. Pointage et regard
- Lors du pointage, l’enfant regarde l’objet convoité, ce qui est une étape clé dans le développement de la communication non verbale et du langage.
À retenir : La déficience auditive impacte profondément les compétences langagières et sociales, notamment l’attention conjointe et l’intégration audiovisuelle, essentielles pour un développement langagier normal.
Compétences socles et prérequis communicationnels
1. Compétences socles et prérequis communicationnels
a) Couplage geste + son
- Nécessité d’un couplage geste + son pour une communication efficace.
- Ce couplage peut être retardé en cas de surdité profonde ou chez les enfants non appareillés.
b) Pointage
- Le pointage facilite l’entrée dans la syntaxe chez l’enfant, qu’il soit signant ou oralisant (Morgentern et al., 2010).
- Chez les enfants signants, le pointage véhicule plus d’informations symboliques car il fait partie intégrante de la langue des signes.
c) Imitation
- L’imitation gestuelle est plus évidente lorsque le signe est symbolique (porte un sens).
- Elle est facilitée par une exposition à une langue des signes.
d) Tour de rôles
- Étude de Tait et al. (2007) sur les enfants avec implantation cochléaire (IC) précoce (<12 mois) et enfants normo-entendants (NE).
- Avant et autour de l’IC, les enfants avec DA montrent une domination des tours de rôles gestuels.
- 12 mois après l’IC, ils rejoignent la norme des enfants NE.
2. Articulation
| Étude | Résultats clés |
|---|---|
| Moeller et al., 2007 | Productions plus variées prédisent une meilleure articulation (babillage = acquisition phonétique et motrice). Vocalisations prélinguistiques indiquent la capacité à développer le langage oral. |
| Kim et Chin, 2018 | Difficultés de production du voisement (notamment sur consonnes plosives), mode d’articulation et nasalité pour les consonnes. Points d’articulation moins définis, répertoire phonétique tardif, surtout pour les clusters. |
- Schémas moteurs sous-spécifiés dus à une boucle audiophonatoire déficitaire.
3. Phonologie
- Fagniart et al. (2020) ont observé :
- Difficulté à produire le contraste de nasalité pour les voyelles.
- Difficulté à produire le lieu d’articulation pour voyelles et consonnes.
- Ces difficultés traduisent des représentations phonologiques altérées.
À retenir : Le développement des compétences communicationnelles repose sur l’intégration du geste et du son, la maîtrise du pointage et de l’imitation, ainsi que sur des prérequis articulatoires et phonologiques spécifiques, souvent retardés ou altérés chez les enfants avec déficience auditive.
Articulation et phonologie chez l'enfant sourd
1. Articulation et phonologie chez l'enfant sourd
a) Phonologie et discrimination phonétique
- Les représentations phonologiques sont sous-spécifiées (déformées, instables) chez l’enfant sourd, dues à une faible présentation auditive et au coût cognitif du traitement du signal.
- La discrimination phonologique est altérée, notamment pour les paires minimales et la distinction sourdes/sonores.
- Les processus phonologiques simplificateurs (PPS) persistent, avec des déformations phonologiques fréquentes jusqu’à la production de néologismes.
- La répétition de logatomes (mots sans sens) est généralement impossible.
b) Lexique
- Niveau lexical plus faible lié à un bain de langage réduit (Hayes et al., 2009).
- L’encodage du stock lexical est plus difficile avec des formes phonologiques instables.
- Selon Connor (2006), le niveau lexical peut être similaire à celui des enfants entendants si l’implant cochléaire (IC) est posé avant 2,5 ans, avec un apprentissage aussi rapide voire plus rapide.
- Les épreuves de décision lexicale peuvent être déficitaires : l’enfant accepte des mots proches phonologiquement.
- Les épreuves de désignation échouent souvent, surtout en présence de distracteurs phonologiques.
- Intervention précoce (avant 11 mois) et investissement parental sont cruciaux pour un meilleur niveau lexical et un raisonnement verbal plus développé à 5 ans (Moeller, 2016).
- L’investissement parental est la variable la plus influente sur le développement lexical.
c) Morphosyntaxe
- Présence d’omissions ou substitutions de morphèmes grammaticaux (prépositions, déterminants).
- Grande hétérogénéité individuelle (Le Normand et Thai-Van, 2023).
- L’utilisation des mots fonctionnels est prédictive de la complexité syntaxique (longueur moyenne des énoncés) (Le Normand et Thai-Van, 2022).
- Huit catégories de morphèmes ont un poids développemental important :
- Conjugaison à la 3e personne
- Pronoms sujets
- Articles
- Auxiliaires
- Prépositions
- Pronoms démonstratifs
- Flexions de nombre
- Faiblesse en grammaire avec confusions fréquentes sur :
- Genre et nombre des déterminants (le/les)
- Verbes (dort/dorment)
- Adjectifs (vert/verte)
- Pronoms (il/elle)
- Certaines prépositions (sur/sous) (Lederberg et al., 2013)
d) Syntaxe
- La croissance de la longueur moyenne des énoncés est plus lente chez l’enfant sourd (Spencer et Marschack, 2010).
À retenir : L’intervention précoce et l’investissement parental sont essentiels pour améliorer la phonologie, le lexique et la morphosyntaxe chez l’enfant sourd.
Lexique, morphosyntaxe et syntaxe
1. Lexique, morphosyntaxe et syntaxe
a) Atteintes linguistiques chez les personnes sourdes ou malentendantes
- Atteinte syntaxique plus marquée que lexicale (Edwards, Figueras et al., 2011) : les difficultés concernent davantage la structure des phrases que le vocabulaire.
- Perceptibilité des morphèmes grammaticaux : plus un morphème est perceptible, plus il est acquis tôt.
- Langue signée uniquement : l’ordre des mots en langue orale peut être altéré.
- Compréhension de phrases longues : difficile en raison de la sollicitation de la mémoire auditivo-verbale.
- Compréhension de récits : souvent imprécise, avec des éléments manquants, liée à une attention auditive déficiente et à la gestion de la double tâche.
b) Vocabulaire et syntaxe
- Plus prédictifs du niveau de lecture que la maîtrise des processus phonologiques (Geers & Hayes, 2011).
- Même un vocabulaire signé préimplantation améliore la lecture (Connor et al., 2004).
c) Pragmatique
| Difficultés pragmatiques | Description |
|---|---|
| Hypospontanéité | Manque d’initiative verbale, discours économe |
| Erreurs contextuelles | Difficulté à prendre en compte le contexte |
| Perception des inférences et du second degré | Problèmes avec ironie, langage figuré |
| Déficit en Théorie de l’esprit | Difficultés à comprendre les états mentaux d’autrui (Courtin, 2001) |
| Régie de l’échange | Difficulté à ajuster le volume de la voix |
| Attention conjointe | Peut être difficile à maintenir |
d) Langage écrit
- Niveau plus faible que chez les non-entendants (Spencer et Marschack, 2010; Traxler, 2000; Geers et Hayes, 2011).
- Deux compétences déficitaires majeures :
- Niveau de langage oral plus faible.
- Méconnaissance des représentations phonologiques.
- Retard de 3 ans en lecture chez les adolescents sourds ou malentendants (Harris et Terlek, 2011).
- Résultats en lecture liés davantage aux capacités audiovisuelles (articulation, schèmes moteurs, lecture labiale) qu’aux capacités auditives ou phonologiques seules (Beal-Alvarez et al., 2012; Lederberg & Estabrooks, 2012).
- Importance de l’explication explicite de la conversion graphème-phonème avec un support visuel.
e) Conversion phonème-graphème (PG) / graphème-phonème (GP)
- Peut être déficitaire en raison d’une mauvaise discrimination auditive.
À retenir : Les difficultés syntaxiques et pragmatiques, ainsi que les déficits dans la conversion phonème-graphème, sont des facteurs clés expliquant les retards en lecture chez les personnes sourdes ou malentendantes.
Pragmatique et langage écrit
1. Pragmatique et langage écrit
a) Bilan perceptif
- Objectif : évaluer la perception auditive et ses impacts sur la communication.
- Associé aux tests auditifs, il intègre aussi des paramètres non auditifs essentiels :
- Gêne ressentie
- Compétences langagières
- Interaction communicationnelle
- Facteurs environnementaux dans les situations de communication
- Tests spécifiques pour la population sourde : rares mais existants.
- Batterie d’Audition Centrale (BAC) : combine tests objectifs et subjectifs pour diagnostiquer les troubles d’audition centrale.
b) Évaluation indirecte : questionnaires
- Avantages :
- Rapidité d’administration
- Vue globale et informations générales
- Utilisation de grilles/échelles internationales reconnues
| Échelle / Outil | Description principale |
|---|---|
| ECOMAS | Entretien semi-dirigé explorant 8 domaines, score 0-32 |
| Profil APCEI | Visualise les capacités audiophonologiques et l’entrée dans la communication orale |
| Échelle SIR | Évalue l’intelligibilité de la parole (voix, articulation) |
| Échelle CAP | (Non détaillée dans la portion fournie) |
Détail de l’ECOMAS
- Explore 8 domaines notés de 0 (mauvais) à 4 (bon), total sur 32 :
- Reconnaissance de la parole (phrases en audition seule)
- Fluidité de l’échange en situation duelle
- Attitude dans la communication
- Autonomie de communication dans la vie quotidienne
- Vie sociale (groupes sociaux)
- Utilisation des médias
- Communication en milieu bruyant
- Communication en groupe
L’ECOMAS permet une évaluation fine des compétences communicatives en contexte réel.
Profil APCEI
- Outil pour mettre en évidence les capacités audiophonologiques et l’intégration dans la communication orale.
Échelle SIR (Speech Intelligibility Rating)
- Évalue la parole selon l’échelle de Nottingham, prenant en compte :
- Voix
- Articulation
- Intelligibilité globale
L’évaluation indirecte par questionnaires complète les bilans perceptifs en offrant une vision holistique des capacités communicatives.
c) Voie d’adressage en langage écrit
- Voie d’adressage : accès direct au stock lexical oral.
- Se construit souvent avec une voie d’assemblage retardée ou absente.
- En cas de dictée difficile ou avec erreurs, on parle de situation de double tâche.
- Cette situation entraîne un coût en mémoire de travail majoré.
La maîtrise du langage écrit dépend donc de l’intégration efficace entre voie d’assemblage et voie d’adressage, en lien avec le stock lexical oral.
Évaluation indirecte : questionnaires et échelles
1. Niveaux d’intelligibilité de la parole
On distingue 5 niveaux d’intelligibilité, essentiels pour évaluer la communication orale :
| Niveau | Description |
|---|---|
| 1 | Parole non intelligible, quelques ébauches de mots ; communication possible par signes. |
| 2 | Parole non intelligible, quelques mots intelligibles en contexte, ébauches labiales présentes. |
| 3 | Parole intelligible pour un auditeur attentif utilisant la lecture labiale. |
| 4 | Parole intelligible pour un auditeur expérimenté avec la parole des personnes sourdes. |
| 5 | Parole intelligible pour tout le monde, l’enfant est compris. |
2. Échelle CAP (Capacities of Auditory Perception)
- But : Évaluer la progression de la perception auditive, particulièrement utile en cas d’implant cochléaire (IC).
- Permet de suivre l’évolution auditive sur plusieurs niveaux.
3. Évaluation directe : tests auditifs
Objectifs & intérêts :
- Obtenir une précision dans l’évaluation auditive.
- Compléter les données issues de l’audition prise en compte.
- Utilisés pour les bilans d’évolution, lignes de base, et évaluations intermédiaires.
Principaux tests :
| Test | Description / Usage |
|---|---|
| TERMO | Test d’évaluation de la reconnaissance orale. |
| Test d’intégration AV (DEWA) | Évalue l’intégration auditive. |
| Bilan de LL (Happy Neuron) | Bilan de langage oral. |
| Phrases de HINT | Test de reconnaissance de phrases en bruit. |
| Épreuves maison | Tests personnalisés adaptés au patient. |
4. Précautions et limites dans la pratique
- Rareté du bilan perceptif complet en cabinet privé, souvent réservé aux hôpitaux ou centres spécialisés (CRA).
- Le suivi auditif nécessite un travail pluridisciplinaire (audiologistes, orthophonistes, médecins).
- Les conditions de test doivent être optimales (cabine insonorisée, réglage précis de l’intensité sonore) pour garantir la fiabilité.
- En cabinet, il est souvent difficile de réaliser ces tests dans des conditions idéales.
5. Recommandations pour l’analyse des tests
- Vérifier la date du dernier bilan (éviter l’effet retest si bilan récent dans les 6 derniers mois).
- S’assurer de la validité des tests et listes utilisées pour éviter les biais.
- Noter précisément les conditions de passation (environnement, matériel, collaboration du patient).
À retenir : L’évaluation indirecte par questionnaires et échelles complète l’évaluation directe, mais nécessite une analyse rigoureuse des résultats et des conditions de passation.
Évaluation directe : tests perceptifs
1. Objectifs de l’évaluation directe par tests perceptifs
- Établir ou réévaluer les objectifs de rééducation en fonction des capacités perceptives.
- Préciser la plainte du patient et l’aider à prendre conscience de ses difficultés.
- Documenter l’évolution par la réalisation de lignes de base.
2. TERMO : test de la voie de communication chez l’enfant sourd
- But : identifier la voie de communication la plus performante selon le type de message.
- Cible : voie orale uniquement.
- 5 modalités testées :
- Audition seule
- Audition + lecture labiale (LL)
- Audition + LL + Langue des Signes Parlée (LPC)
- LL seule
- LL + LPC
3. Types de stimuli utilisés
| Type de stimuli | Description |
|---|---|
| Phonèmes | Voyelles et consonnes |
| Mots unisyllabiques / bisyllabiques | Mots courts |
| Phrases | Phrases simples |
| Phrases à longueur progressive | Phrases de plus en plus longues |
| Logatomes | Suites de sons sans sens |
| Texte | Lecture de texte complet |
4. Exemple de passation : test de Lafon
- Chaque item comprend 3 sons.
- Le patient doit répéter; on barre les sons mal perçus.
- Exemple : mot « bec » → patient répète « pêche » (2 erreurs), « bel » (1 erreur).
- Calcul du score : nombre d’erreurs retiré du total (ex : 50 - 12 = 38/50).
- Pourcentage de réussite = score × 2 (ex : 38 × 2 = 76%).
5. Interprétation des résultats selon les modalités
| Modalité | Interprétation |
|---|---|
| A (audition seule) | Voie auditive insuffisante |
| B (audition + LL) | Complémentarité satisfaisante, réception partielle |
| C (audition + LL + LPC) | Réception quasi intégrale, LPC efficace pour compléter audition et LL |
| D (LL seule) | Évaluation partielle, difficile à interpréter |
| E (LL + LPC) | Moins bonne que B, mais efficace pour la précision phonétique |
À retenir : La combinaison audition + lecture labiale + LPC offre la meilleure réception du message oral chez l’enfant sourd.
6. Conséquences pratiques
- En cas de résultats insuffisants en audition seule, un appareil à haute fréquence (HF) peut être envisagé.
- Importance que l’interlocuteur soit souvent face à l’enfant pour optimiser la lecture labiale.
Le TERMO : test d'évaluation de la réception du message oral
1. Le TERMO : Test d'Évaluation de la Réception du Message Oral
Le TERMO est un test conçu pour évaluer la capacité d’un enfant sourd à recevoir et comprendre un message oral, en tenant compte des différentes modalités sensorielles (audition, lecture labiale, LPC).
2. Modalités d’évaluation et interprétation
| Modalité | Description | Résultat / Interprétation |
|---|---|---|
| A | Voie auditive seule | Totalement inefficace |
| B | Lecture labiale complétée par audition | Lecture labiale non complétée par audition |
| C | Réception du message avec LPC (Langage Parlé Complété) | Réception quasi intégrale, efficacité 85% |
| D | Réception insuffisante | 60% d’efficacité |
| E | LPC sans voix | Excellente efficacité, 85% |
À retenir : Un enfant avec un profil « enfant LPC » bénéficie d’une forte efficacité du LPC, qui doit être privilégié dans toutes les situations.
3. Les phrases de Hint : matériel du test
- Deux listes de 20 phrases (enfant et adulte).
- Conditions : en silence ou en bruit, avec ou sans lecture labiale (LL).
- Mesure : nombre de mots correctement perçus / nombre total de mots → indicateur de précision.
- Comparaison intra-sujet uniquement (évalue les progrès ou différences selon les conditions).
4. Exemple de phrases (Liste 1)
- (Le/Ce) clown est vraiment drôle.
- (Le/Ce/Les) coq réveille (le/ce) village.
- (Le/Ce/Les) marchand vend (des/les) bonbons.
- (Le/Ce/Les) chien dormait dehors.
- (Son/Ton/Mon) veston est troué.
- (Les/Ces) grenouilles sont vertes.
- (Il/Elle) vit dans la jungle.
- (Il/Elle) doit prendre (ses/des/les) vitamines.
- (Les/Des/Mes/Tes/Ces/Ses) enfants courent dehors.
5. Conditions de passation
- Sommation de 3 listes avec bruit provenant de côté ou de face.
- Le niveau de bruit augmente progressivement à chaque bonne réponse.
À retenir : Le TERMO permet d’identifier précisément la modalité sensorielle la plus efficace pour la réception du message oral chez l’enfant sourd, orientant ainsi la prise en charge logopédique.
Autres tests perceptifs et audiovisuels
1. Tests perceptifs et audiovisuels complémentaires
a) Conditions générales
- Réalisation obligatoire en cabine audiométrique pour garantir un environnement contrôlé.
- Les tests évaluent la perception auditive et audiovisuelle, souvent via des vidéos ou des listes de mots.
2. E2L (HAPPY NEURON) : Lecture labiale
- Durée : 20 à 30 minutes.
- Deux modules :
| Module 1 : Épreuves analytiques | Module 2 : Épreuves globales |
|---|---|
| Réponses par QCM | Réponses libres ou à trous |
| - Consonnes | - Phrases cadres (phrases à trous) |
| - Voyelles | - Phrases à reconstituer (3 morceaux) |
| - Mots | - Conversation (questions sur la conversation) |
3. Test d’intégration audiovisuelle : DEWA (ST LUC)
- Compare la perception en modalité visuelle seule, auditive seule et audiovisuelle.
- Utilisation d’un DVD avec 4 listes de mots à répéter.
- En modalité audiovisuelle :
- Liste en situation congruente (lèvres synchronisées avec le message oral).
- Liste en situation incongruente (lèvres non synchronisées).
- La situation incongruente permet de déterminer la modalité dominante du patient (auditive ou lecture labiale).
4. Épreuves « maison » et autres bilans
| Test | Description | Particularités |
|---|---|---|
| Little Ears (MEDEL) | Épreuves verbales et non verbales pour enfants | Détaille toutes les étapes du traitement, utile pour tester le non verbal |
| TEPPP | Test ancien avec épreuves verbales et non verbales | Non verbales : paramètres du son ; Verbales : phrases simples + désignation avec sosies labiaux |
5. Facteurs de bon pronostic
Le pronostic est une estimation, pas une certitude.
| Facteurs favorables | Explication succincte |
|---|---|
| Pertes auditives légères à moyennes | Meilleure récupération que pertes sévères |
| Pertes post-linguales | Acquisition du langage déjà établie |
| Surdités isolées | Moins de complications que surdités syndromiques |
| Surdités stables | Moins d’impact que surdités fluctuantes |
| Niveau socio-économique élevé | Meilleure capacité d’apprentissage et stimulation |
Le bon niveau socio-économique favorise l’apprentissage grâce à un bain de langage riche et des stimulations nombreuses.
Facteurs de bon pronostic et considérations cliniques
1. Facteurs de bon pronostic
- Acceptation précoce de la surdité par les parents : favorise une meilleure implication dans la prise en charge.
- Résultats audiologiques stables et homogènes : indicateurs positifs pour la rééducation.
- Étiologies à risque : certaines causes entraînent des troubles associés, influençant le pronostic.
- CMV : troubles des apprentissages fréquents.
- Rubéole : troubles du comportement.
- Méningite : troubles vestibulaires.
2. La BAC (Batterie d’Audition Centrale) : cas particulier
- Développée au CHU de Liège dans les années 2000.
- Utilise un audiomètre bi-canal pour envoyer des signaux différents simultanément à chaque oreille.
- Conditions d’intensité sonore selon la perte auditive :
- Audition normale (<30 dB) : 70 dB SPL au casque.
- Perte modérée (30-50 dB) : 80 dB.
- Perte sévère (>50 dB) : 90 dB.
- Nécessite une audition symétrique.
- Deux versions disponibles :
- Version courte : dépistage.
- Version complète : exercices approfondis pour chaque processus auditif central + épreuve « Patterns en durée ».
3. TAC ou TTA (Trouble du Traitement Auditif Central)
- Définition OOAQ : limitation persistante des capacités à traiter le signal acoustique, non expliquée uniquement par une perte auditive.
- Conséquences : difficultés à traiter, décoder, organiser, analyser et mémoriser l’information auditive.
- Impact sur la compréhension en bruit et la localisation des sons.
- Origines : développemental, secondaire à une hypoacousie de l’oreille moyenne, ou acquis après une lésion.
- Prévalence chez l’enfant : 2 à 7 %, avec un sex-ratio de 1 fille pour 3 garçons.
- Audiométrie : vocale altérée, audiométrie tonale normale ou peu affectée.
4. Épreuves principales pour le TAC
| Épreuve | Description | Objectif principal |
|---|---|---|
| Test d’intégration de Lafon | Décodage phonétique avec/sans bruit blanc (bruit à même intensité que le stimulus) | Évaluer la capacité de décodage phonétique en présence de bruit |
À retenir : Le TAC se caractérise par une difficulté à traiter les informations auditives malgré une audition tonale souvent normale, nécessitant des tests spécifiques comme la BAC et le test de Lafon pour un diagnostic précis.
La Batterie d'Audition Centrale (BAC) et troubles auditifs centraux
1. La Batterie d'Audition Centrale (BAC)
La BAC évalue le fonctionnement des processus auditifs centraux à travers plusieurs tests ciblés :
- Décodage phonétique : mesure la capacité à reconnaître des phonèmes dans le silence et le bruit, en se concentrant uniquement sur les phonèmes cibles.
- Tests dichotiques : présentation simultanée de signaux différents dans chaque oreille.
- Partie A : test d’intégration (répéter les sons entendus à gauche et à droite).
- Partie B : test d’exclusion (ignorer un côté, répéter l’autre).
- Tests de reconnaissance des configurations variables (Pattern tests) : comparaison de séquences de 3 sons variant en fréquence (880 Hz vs 1100 Hz) ou en durée (250 ms vs 500 ms). Ces tests évaluent :
- Les compétences du cortex auditif droit.
- L’efficacité du transfert interhémisphérique.
a) Conclusions clés
La BAC permet de vérifier :
| Fonction évaluée | Description |
|---|---|
| Décodage phonétique | Efficacité à identifier les phonèmes |
| Séparation/intégration binaurales | Capacité à traiter des sons différents par oreille |
| Reconnaissance temporelle/fréquentielle | Perception des variations en durée et fréquence |
| Transfert interhémisphérique | Communication entre les deux hémisphères |
2. Critiques et limites de la BAC
- Interprétation prudente : les résultats impliquent aussi des fonctions non auditives (fonctions exécutives, attention, mémoire).
- Difficulté de distinction : en cas de perte auditive, il est complexe de différencier neuropathie auditive centrale et atteinte endocochléaire, ce qui limite l’impact sur la prise en charge.
- Maturation chez l’enfant : le cortex frontal n’est mature qu’à partir de 16 ans, ce qui peut influencer les résultats.
- Facteurs influençant les résultats :
- Âge, fatigue, niveau d’études, statut socio-économique.
- Exposition à d’autres langues, pratique des jeux vidéo.
- Les musiciens montrent souvent de meilleures performances aux tests de discrimination, d’écoute dichotique et de patterns, suggérant une possible plasticité ou entraînabilité.
La BAC évalue le traitement auditif central mais doit être interprétée dans un contexte global intégrant les fonctions cognitives et les facteurs individuels.