Grand Oral 2
A) INTRODUCTION
Introduction :
depuis près d’un siècle
Constat :
- les films d’animation occupent une place importante dans l’enfance. Disney, Pixar, Ghibli…
- ils divertissent et font rêver les enfants mais transmettent aussi des modèles de comportement et des représentations du corps.
Enjeu :
- pendant longtemps, les personnages ont véhiculé des stéréotypes (par def : des clichés tout fait réduisant les particularités) :
- femmes belles, douces, passives
- hommes forts, courageux et protecteurs
- ces représentations peuvent influencer la construction de l’identité des enfants.
Problématique :
- Comment les stéréotypes physiques dans l’animation façonnent-ils l’image de soi des enfants ?
Plan :
- les codes d’une opression visuelle
- leur impact sur les enfants
- les évolutions récentes vers une représentation plus émancipatrice
I. LES CODES D’UNE OPRESSION VISUELLE
A. des corps stéréotypés
L’animation a longtemps imposé des normes physiques très limitées.
ex : Princesses → taille fine, grands yeux, traits euro stantards occidentaux
méchants → grossis, agés, traits exagérés : apparence associée au mal
ex : Ursula
Analyse :
- association implicite beauté / valeur morale, richesse
- différence physique / danger, pauvreté
Albert Bandura : psychologue → parle de la théorie de l'apprentissage sociale : les enfants apprennent en observant autour d'eux comment se comporter
Transition : ces représentations concernent aussi les rôles attribués aux femmes.
B. LES HÉROÏNES DÉFINIES PAR LE MARIAGE (parfois forcé)
dans les 1er classiques de Disney
→ Blanche-Neige, Aurore, Cendrillon années 50
- leur objectif principal est souvent de trouver un prince
- elles attendent d’être sauvées
contexte historique : femmes largement associées au foyer, tâches domestiques. reflet de la mentalité de l'époque
Message transmis :
- la réussite féminine passe par l’amour
- valorisation de : beauté, douceur, obéissance
Limite :
peu de place pour l’ambition personnelle ou professionnelle, réduites à la quête du mariage comme réussite.
C. UNE SEXUALISATION PRÉCOCE
→ Arielle, Jasmine
les studios s’inspirent des critères de beautés des adultes
- personnages très jeunes mais représentées avec : proportions irréalistes (tailles, jambes, silhouette)
Conséquence :
réduction de leur valeur à leur apparence, modèles difficiles à atteindre dans la réalité
→ accorder une importance excessive à leur apparence
→ impact notable sur les enfants
II. UNE EMPREINTE DURABLE SUR LES ENFANTS
A. influence sur l’estime de soi
- les enfants intègrent ces modèles dès le plus jeune âge
- les psy montrent que que les normes de genre sont intégrées vers les 4 ou 5 ans
filles : comparaison, insatisfaction corporelle, complexes autour du poids et de la taille
garçons : pression pour être fort, répriment leurs émotions
= les stéréotypes limitent l’acceptation de soi
et fragilisent l’estime personnelle
B. LA CONSTRUCTION DES RÔLES DE GENRE
et rôles sociaux
garçons : action, courage, leadership, sauveur (héros), domination
filles : patience, attente, romance, rêveuse
influence jeux des enfants (marketing bleu/rose) ils intègrent que le bleu et pour les garçons et le rose pour les filles
Risques :
- vision rigide des relations hétéro-normées
- reproduction d’inégalités entre les sexes
- développement d’une possible personnalité masculiniste qui défend une vision traditionnelle de la famille et des rapports sociaux entre les sexes.
C. IMPACT SUR LES ASPIRATIONS
les sociologues parlent du "plafond des aspirations" : le fait de ne pas représenter de femmes ingénieures conditionne inconsciemment les filles à penser que ce n'est pas un métier pour elles
→ les récits influencent les projets futurs
ex :
- les filles se projettent plus dans les métiers du soin et de l'aide à la personne
- les garçons sont plus dans des activités nécessitant des efforts physiques (BTP, mécano)
ainsi que dans le rejet des pratiques artistiques considérées comme "féminines"
mais l’impact éducatif renforce les inégalités, le mépris de classe (peur des brigans, sdf…), vision hétéro, mépris des sexualités.
→ l’animation participe à la construction du regard porté sur soi et sur les autres.
mais depuis plusieurs décennies → l'animation est plus diversifié et tend vers une représentation plus émancipatrice
III. VERS UNE REPRÉSENTATION PLUS ÉMANCIPATRICE ?
A. AUTRES HÉROÏNES DIFFÉRENTES
Mulan : va à la guerre → courage et indépendance
véritable rupture
qualités autrefois réservées aux rôles masc.
protéger sa famille
Vaiana : quête personnelle, pas d’histoire d’amour centrale
plus récemment
rebelle (rejet)
sauvegarde de son peuple
Elsa : recherche de soi, autonomie
→ héroïnes non définies uniquement par le mariage
mais + par leurs choix, compétences…
B. L’EXEMPLE D’HAYAO MIYAZAKI → réalisateur japonais
→ propose depuis longtemps une vision différente de la femme avant même que le problème soit discuté en europe avec ses débuts dans les années 60.
Le voyage de Chihiro : ni une princesse, ni guerrière
devient héroïque seule, grandit grâce à son expérience.
Nausicaa et la Vallée du vent : guerrière, personnages complexes,
pas parfaite, ni passive
perso qui doutent, échouent mais avancent
Rejet du “sauveur” : Miyazaki a dit que les héroïnes ont besoin d’un ami mais jamais d’un sauveur : elles restent actrices de leur destin.
→ inversant le mythe du prince charmant.
Diversité des rôles : femmes de tout âge et milieux (jeunes filles, mères, guerrières, ouvrières, sorcières).
Cette richesse montre que
→ l’animation peut devenir un outil pour déconstruire les stéréotypes.
cependant : les films ne sont pas les seuls responsables de ces conséquences sur les enfants : famille, école, réseaux sociaux et publicités jouent un rôle majeur dans ce processus de construction.
CONCLUSION
- les films d’animation ont longtemps diffusé des stéréotypes physiques et de genre construisant ainsi des "rêves" pour les enfants
- ces modèles influencent l’image de soi des enfants et leur vision du monde.
- enjeu actuel : non seulement représenter la diversité, mais developper les esprits critiques afin de comprendre que : fiction // réel → les dessins animés ne définit pas ce qu’ils doivent être ou devenir.
- depuis plusieurs années, on observe une évolution : apparition de personnages autonomes, variés et complexes.
- ouverture : les nouvelles formes d’animation et technologies permettront-elles un jour une représentation réellement inclusive de tous les genres, corps, et identités ?
afin que chaque enfant puisse se reconnaître pleinement à travers l’écran.