High School, un héritage multiple
1. High School, un héritage multiple
Frederick Wiseman conçoit son œuvre documentaire comme un seul film long de plusieurs heures, dont High School occupe une place centrale. Ancien professeur de droit criminel, Wiseman fait de l’enseignement un thème récurrent.
a) Importance de High School (1968)
- Présenté au festival de New York en 1969, High School est salué par la critique, notamment Pauline Kael, qui le qualifie d’« intelligence la plus sophistiquée dans le documentaire récent ».
- Le film montre ce que les fictions et documentaires classiques simplifient ou ignorent.
- Kael note un manque d’informations sur les personnages, mais souligne que cela témoigne surtout de la capacité de Wiseman à susciter l’intérêt.
b) High School II (1994) : une version différente
- Situé dans un lycée pilote de Harlem hispanique, ce film explore un autre contexte social, pédagogique et temporel.
- Différences majeures avec le premier film :
- Accent sur les échanges entre enseignants et élèves.
- Présence d’ordinateurs favorisant l’autonomie.
- Diversité ethnique marquée : élèves majoritairement noirs et hispaniques, professeurs majoritairement blancs.
- Cours d’éducation sexuelle destiné aux enseignants, axé sur la prévention du sida.
- Continuités sociales :
- Assassinat de Martin Luther King (1968) vs procès des policiers après l’arrestation de Rodney King (1994).
- Discours final de la principale, qui propose un idéal d’enseignement différent.
- Le film a été tourné l’année où l’interdiction du High School de 1968 a été levée à Philadelphie.
c) Résonances dans l’œuvre de Wiseman
- Basic Training (1971) évoque l’entraînement militaire et fait écho à la dernière partie de High School.
- Juvenile Court (1973) reprend des thèmes comme l’obéissance et la tenue vestimentaire des jeunes filles, avec une scène d’interrogatoire similaire.
- En 1986, quatre films traitent du handicap et des institutions spécialisées pour élèves.
- At Berkeley (2013) peut être vu comme une suite à High School, montrant l’université californienne.
- La scène la plus marquante en milieu scolaire se trouve dans Belfast, Maine (1999), lors d’un cours sur Moby Dick.
2. Le High School Movie, une nouvelle institution dans le cinéma américain
- Les films de Wiseman ont inspiré des œuvres de fiction majeures :
- Kubrick a loué Basic Training avant de tourner Full Metal Jacket (1987).
- Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975) de Milos Forman s’inspire de Titicut Follies (1967).
- Wiseman revendique une dimension dramatique dans ses documentaires, qu’il considère appartenir à des genres variés (policier, science-fiction, comédie, etc.).
- High School est un film pionnier annonçant un nouveau genre, faisant le lien entre deux époques du cinéma documentaire et scolaire.
High School est un film fondateur qui révèle les réalités complexes de l’enseignement et inspire une nouvelle forme de cinéma documentaire.
Le High School movie, une nouvelle institution dans le cinéma américain contemporain
1. Deux grandes époques dans la représentation du lycée américain au cinéma
Le lycée américain au cinéma se divise en deux périodes majeures :
| Époque | Caractéristiques principales | Exemples de films clés |
|---|---|---|
| Années 1950-1960 et nostalgie des années 1970-1980 | Image idéalisée ou nostalgique du lycée, souvent dramatique ou romantique. | Graine de violence (1955), La Fureur de vivre (1955), The Last Picture Show (1971), American Graffiti (1973), Grease (1978), Outsiders (1983), Retour vers le futur (1985) |
| Depuis milieu des années 1970 | Représentation plus contemporaine et réaliste, souvent en comédie ou drame, avec des codes visuels récurrents (casiers, bals, terrains de sport). | Carrie au bal du Diable (1976), La Folle Journée de Ferris Bueller (1986), Rushmore (1998), Fame (1980), Donnie Darko (2001) |
Cette deuxième période institue le high school movie comme un genre à part entière, lié au teen movie, avec une iconographie spécifique.
2. Le high school movie : un genre cinématographique
- Définition : Film centré sur la vie au lycée américain, mêlant souvent comédie, drame et éléments fantastiques.
- Images récurrentes : casiers dans les couloirs, terrains de sport, bals de promotion.
- Exemple marquant : Elephant (Gus Van Sant, 2003), Palme d’or, qui traite d’une fusillade scolaire réelle (Columbine, 1999) avec un montage croisé offrant une vision subjective et objective.
Le high school movie reflète les préoccupations adolescentes à travers une institution scolaire emblématique, mêlant codes visuels et récits variés.
3. Influence du cinéma direct sur la représentation des lycées
- Frederick Wiseman : pionnier du cinéma direct, sans commentaires ni interviews, influençant de nombreux réalisateurs.
- Exemples français :
- Nicolas Philibert, Être et Avoir (2002) : suit une classe unique, avec un entretien qui rompt avec la pure méthode Wiseman.
- Claire Simon, Premières Solitudes (2018) : documentaire avec voix off et musique, proche de la fiction.
- Jean-Michel Barjol, Un Lycée pas comme les autres (1995) : documentaire sur un lycée professionnel, proche de la méthode Wiseman.
4. Témoignage contemporain et formats télévisuels
- En 2010, la téléréalité Teach : Tony Danza suit un acteur débutant comme professeur dans le même lycée filmé par Wiseman 42 ans plus tôt, montrant les défis de l’enseignement et le regard des élèves.
- Cette continuité illustre l’importance du lycée comme institution cinématographique et sociale.
Le lycée, au cinéma comme au documentaire, est un lieu d’observation privilégié des dynamiques sociales et générationnelles.
Filmer l'enseignement aujourd'hui dans le cinéma documentaire
1. L’influence de Frederick Wiseman et la méthode du cinéma direct
- Frederick Wiseman est un pionnier du cinéma direct, une approche documentaire qui filme une institution sans commentaire ni interview, pour saisir la complexité de son fonctionnement.
- Son film High School (1968), tourné en 22 jours dans un lycée américain, illustre cette méthode en montrant la vie quotidienne, les relations, les stéréotypes et les tensions sociales sans intervention extérieure.
- Cette méthode a fortement influencé le cinéma documentaire français, notamment des réalisateurs comme Raymond Depardon (proche de Wiseman mais sans thème éducatif) et Nicolas Philibert.
2. Variations françaises autour du thème de l’éducation
| Réalisateur | Film | Approche documentaire | Particularités |
|---|---|---|---|
| Nicolas Philibert | Être et Avoir (2002) | Cinéma direct avec entretien | Entretien avec l’instituteur, rupture avec la méthode pure de Wiseman |
| Claire Simon | Premières Solitudes (2018) | Documentaire avec musique et voix off | S’éloigne du cinéma direct, approche proche de la fiction |
| Régis Sauder | Nous, princesses de Clèves (2011) | Documentaire avec mise en abîme littéraire | Intègre le roman de Mme de La Fayette |
| David André | Chante ton bac d’abord (2014) | Documentaire avec passages chantés | Portraits de lycéens accompagnés de musique |
| Jean-Michel Barjol | Un Lycée pas comme les autres (1995) | Approche proche de Wiseman | Focus sur un lycée professionnel avec diversité des filières |
3. Continuité et héritage de High School
- High School reste une œuvre unique, à la fois puissante et témoignage d’une époque (fin des sixties aux États-Unis, contexte social et politique marqué).
- Serge Daney a qualifié Abbas Kiarostami de « Wiseman perse », soulignant l’influence de High School sur le cinéma documentaire international.
- Chris Marker, dans Sans soleil (1983), évoque des scènes rappelant High School, notamment la séparation hommes-femmes lors des cours d’éducation sexuelle, illustrant la portée universelle et intemporelle du film.
4. Points clés à retenir
- Cinéma direct : filmer une institution sans commentaire ni interview, pour montrer la réalité brute.
- Wiseman a posé les bases d’une méthode documentaire centrée sur l’observation et la complexité sociale.
- Les réalisateurs français ont adapté cette méthode en y intégrant des éléments plus subjectifs (entretiens, musique, voix off).
- High School est une référence majeure pour filmer l’éducation, avec une portée historique et sociale forte.
- Le cinéma documentaire contemporain continue de s’inspirer de cette approche tout en innovant dans la forme et le récit.
Le cinéma direct de Wiseman a révolutionné la manière de filmer l’enseignement en privilégiant l’observation sans intervention, une méthode qui inspire encore aujourd’hui de nombreux documentaristes.
1968 aux États-Unis, la fin de l'utopie des sixties
1. L’idéologie de la « Nouvelle Frontière »
- Élection de John F. Kennedy (1960) : 35e président des États-Unis, à 43 ans, plus jeune président élu, catholique, symbole d’une Amérique moderne et unificatrice.
- Nouvelle Frontière : métaphore d’une Amérique pionnière, pleine d’opportunités et de défis, visant à dépasser les divisions sociales (religieuses, raciales, économiques).
- Kennedy incarne l’espoir d’une société plus juste, tournée vers la science, la paix et la lutte contre les préjugés.
2. La guerre du Vietnam sous Kennedy
- Kennedy reprend la guerre froide avec un engagement accru contre le communisme.
- Initialement soutien de la présence française en Indochine, il évolue vers un soutien au gouvernement de Diêm au Sud-Vietnam.
- Les accords de Genève (1954), qui prévoyaient un référendum pour la réunification, ne sont jamais appliqués.
- La guerre du Vietnam devient un enjeu majeur, divisant l’opinion et marquant la fin progressive de l’utopie des sixties.
3. L’école américaine du cinéma direct
- Le cinéma documentaire américain se transforme à la fin des années 1950 sous l’influence de la télévision.
- Robert Flaherty est reconnu comme un pionnier du documentaire, avec des œuvres comme Nanouk l’Esquimau (1922).
- Le cinéma direct privilégie une approche légère, sans voix off didactique, pour montrer la réalité brute.
- Frederick Wiseman, influencé par les actualités filmées (The March of Time), rejette le didactisme et la propagande, cherchant un point de vue plus neutre.
- Le développement technique permet des tournages plus mobiles et spontanés, grâce à des innovations portées par Richard Leacock et Donn Alan Pennebaker.
- Ce courant documentaire s’inscrit dans une volonté de montrer la société américaine telle qu’elle est, sans filtre idéologique.
À retenir : 1968 marque la fin de l’utopie des sixties aux États-Unis, symbolisée par la fin de la « Nouvelle Frontière » de Kennedy et la montée des conflits sociaux et politiques, notamment la guerre du Vietnam, tandis que le cinéma documentaire évolue vers un réalisme direct et critique.
L'idéologie de la Nouvelle Frontière
1. L'idéologie de la « Nouvelle Frontière »
La Nouvelle Frontière est une idéologie politique associée à la présidence de John F. Kennedy dans les années 1960, incarnant un esprit de progrès et de modernisation aux États-Unis. Elle vise à répondre aux défis sociaux, économiques et technologiques de l’époque, en promouvant des réformes ambitieuses.
a) Principes clés de la Nouvelle Frontière
- Modernisation sociale et économique : amélioration des conditions de vie, lutte contre la pauvreté, extension des droits civiques.
- Innovation technologique et scientifique : soutien à la conquête spatiale (course à la Lune), développement des nouvelles technologies.
- Engagement international : affirmation du leadership américain dans le contexte de la Guerre froide, notamment par la diplomatie et la défense.
- Jeunesse et dynamisme : valorisation de la jeunesse comme moteur du changement, avec une attention particulière portée à l’éducation et à la culture.
b) Contexte culturel et social
- La Nouvelle Frontière s’inscrit dans une période de forte contestation sociale, notamment portée par la jeunesse née après la Seconde Guerre mondiale.
- Cette jeunesse devient une catégorie sociale à part entière, porteuse d’une contre-culture qui remet en cause les valeurs traditionnelles.
- La musique pop, le rock et les grands festivals (Monterey 1967, Woodstock 1969) symbolisent cette dynamique culturelle.
c) Impact sur le cinéma et la représentation sociale
- Le cinéma direct, avec des films comme High School de Frederick Wiseman, illustre cette idéologie en s’intéressant aux institutions sociales (écoles, prisons, hôpitaux).
- Ces films refusent la mise en avant de vedettes individuelles pour privilégier le lieu et le lien social.
- Ils montrent les tensions entre tradition et modernité, notamment dans l’éducation sexuelle et les rituels sociaux, comme dans la comparaison avec le film Sans soleil de Chris Marker.
À retenir : La Nouvelle Frontière incarne une volonté de progrès social et technologique portée par une jeunesse dynamique, dans un contexte de tensions culturelles et politiques majeures aux États-Unis des années 1960.
La guerre du Vietnam
1. Contexte historique et idéologique
- Années 1950-1960 : Les États-Unis sont marqués par la ségrégation raciale dans le Sud, avec les lois Jim Crow qui instaurent la ségrégation dans les services publics malgré l’abolition de l’esclavage un siècle plus tôt.
- Mouvement des droits civiques : Figures emblématiques comme Martin Luther King mènent des actions pour l’égalité, notamment la Marche sur Washington en 1963.
- Nouvelle frontière : Idéologie politique des années 1960 visant à moderniser les États-Unis, notamment par la conquête spatiale et la réforme sociale.
2. La guerre du Vietnam : contexte et enjeux
- Contexte international : Guerre froide entre États-Unis et URSS, avec une lutte d’influence en Asie du Sud-Est.
- Engagement américain : Soutien au gouvernement sud-vietnamien contre le Nord communiste, dans une logique de containment du communisme.
- Opposition croissante : La guerre devient de plus en plus impopulaire aux États-Unis, notamment à cause des pertes humaines et de la couverture médiatique.
3. Impact culturel et médiatique
- Nouvel Hollywood : Mouvement cinématographique des années 1960-1970, influencé par la contre-culture et une approche plus documentaire et réaliste.
- Cinéma direct américain : Style qui privilégie l’observation sans commentaire, influençant des réalisateurs comme Frederick Wiseman.
- Documentaires musicaux : Films qui capturent la contre-culture et les mouvements musicaux liés à la contestation (ex. Bob Dylan, Beatles, Rolling Stones).
4. Éducation et course à l’espace
| Événement clé | Date | Description |
|---|---|---|
| Lancement de Spoutnik 1 | 4 octobre 1957 | Premier satellite soviétique dans l’espace |
| Vol de Youri Gagarine | 12 avril 1961 | Premier vol spatial habité soviétique |
| Création de la NASA | 29 juillet 1958 | Réponse américaine à la course à l’espace |
| Mission Apollo 11 | 21 juillet 1969 | Premiers pas de l’homme sur la Lune |
- Réformes scolaires : Adaptation des programmes pour former une élite scientifique, avec des centres spécialisés comme « Sparc » à Philadelphie.
- Exemple dans High School : Simulation de vol spatial de 193 heures, saluée par l’astronaute Leroy Gordon Cooper.
5. Synthèse des influences culturelles et sociales
- La guerre du Vietnam est un catalyseur de changements sociaux, culturels et politiques aux États-Unis.
- Le cinéma et les médias jouent un rôle clé dans la diffusion des idées de la contre-culture et dans la critique de la guerre.
- L’éducation et la conquête spatiale symbolisent la volonté américaine de progrès et de leadership mondial malgré les tensions internes.
À retenir : La guerre du Vietnam a profondément marqué la société américaine, provoquant une remise en question des valeurs traditionnelles, une montée de la contestation culturelle et une évolution des médias vers un réalisme critique.
L'école américaine du cinéma direct
1. Origines et caractéristiques du cinéma direct américain
- Cinéma direct : style documentaire privilégiant l’observation sans intervention, sans mise en scène ni commentaire, avec une caméra légère et un son synchrone.
- Pionniers : Richard Leacock (assistant de Flaherty), Donn Alan Pennebaker, Albert Maysles, et Robert Drew.
- Innovation technique majeure : système caméra légère reliée à un magnétophone portatif, permettant une grande mobilité et un son direct, inauguré avec Primary (1960).
- Équipement utilisé : caméra Auricon (puis Éclair, Aaton, Sony F55), différente des Arriflex canadiennes ou du prototype KMT français.
2. Films emblématiques et influence
| Film / Réalisateur | Année | Particularité | Influence / Référence |
|---|---|---|---|
| Primary (Robert Drew) | 1960 | Suivi de la campagne électorale de Kennedy | Naissance du cinéma direct aux USA |
| Wedding and Babies (Morris Engel) | 1958 | Fiction en décor réel, son synchrone | Inspiration pour le cinéma direct |
| High School (Frederick Wiseman) | 1968 | Focus sur les institutions scolaires | Vedette = lieu et lien social, pas individus |
| Les Élèves du cours préparatoire (Abbas Kiarostami) | 1984 | Respect du cinéma direct, sans interférence | Comparé à Wiseman, « Wiseman perse » |
- Frederick Wiseman rejette les films centrés sur un ou deux personnages, préférant filmer les institutions comme lieux sociaux.
- Kiarostami, bien que non membre de Drew Associates, applique les principes du cinéma direct dans un contexte iranien.
- Chris Marker, dans Sans soleil (1983), évoque High School en montrant un rituel social japonais, soulignant la portée universelle de ce cinéma.
3. Contexte social et idéologique
- Le cinéma direct s’inscrit dans une époque marquée par des tensions sociales, notamment la ségrégation raciale persistante dans le Sud des États-Unis (lois Jim Crow).
- Ces documentaires reflètent souvent des réalités sociales et politiques, en particulier dans le domaine de l’éducation et des institutions publiques.
Le cinéma direct américain se caractérise par une caméra mobile et un son synchrone, privilégiant l’observation des institutions comme lieux sociaux plutôt que la mise en avant d’individus.
La conquête spatiale et l'enseignement
1. Contexte de la conquête spatiale
- Course à l’espace : L’URSS prend une avance significative avec le lancement de Spoutnik 1 (4 octobre 1957) et Spoutnik 2 (premier être vivant, la chienne Laïka).
- Premier vol humain : Youri Gagarine réalise la mission Vostok 1 le 12 avril 1961.
- Réponse américaine : Création de la NASA le 29 juillet 1958 pour rattraper le retard.
- Objectif majeur : Atteindre la Lune, avec plusieurs sondes soviétiques Luna dès 1959.
- Succès américain : Mission Apollo 11, premiers pas de l’homme sur la Lune le 21 juillet 1969.
2. Impact sur l’enseignement secondaire aux États-Unis
- La conquête spatiale stimule une réforme des programmes scolaires pour former une nouvelle élite scientifique.
- Exemple concret : Le lycée Northeast de Philadelphie crée en 1962 un centre unique, le SPARC (Space Research Center), finalisé en 1964.
- Dans le film High School, un exercice de 193 heures de vol simulé est présenté, salué par l’astronaute Leroy Gordon Cooper, détenteur du record de durée en orbite (mission Gemini V, août 1965).
À retenir : La conquête spatiale a profondément influencé l’enseignement en orientant les programmes vers les sciences et la technologie pour préparer les jeunes aux défis scientifiques et technologiques de l’époque.
3. Synthèse des dates clés
| Événement | Date | Importance |
|---|---|---|
| Lancement Spoutnik 1 | 4 octobre 1957 | Premier satellite artificiel |
| Vol de Youri Gagarine | 12 avril 1961 | Premier homme en orbite |
| Création NASA | 29 juillet 1958 | Agence spatiale américaine |
| Mission Apollo 11 | 21 juillet 1969 | Premiers pas humains sur la Lune |
| Création SPARC au lycée | 1962-1964 | Centre de recherche spatiale scolaire |
4. Enjeux éducatifs
- Formation d’une élite scientifique : La compétition spatiale pousse à renforcer les compétences en mathématiques, physique et ingénierie.
- Innovation pédagogique : Introduction de centres spécialisés (ex. SPARC) et d’exercices pratiques (simulation de vol).
- Symbolique nationale : L’éducation devient un levier pour la suprématie technologique et politique dans la guerre froide.
La contre-culture et la musique des années 1960
1. La contre-culture et la musique des années 1960
a) Contexte social et politique des années 1960
- Les années 1960 sont marquées par une contestation sociale importante, notamment portée par la jeunesse américaine.
- Cette période voit l’émergence de la contre-culture, un mouvement rejetant les valeurs traditionnelles dominantes (consommation, conformisme, autorité).
- La lutte pour les droits civiques, avec des figures comme Martin Luther King, est un élément central de cette époque, en réaction aux lois Jim Crow qui imposent la ségrégation raciale dans le Sud des États-Unis.
b) La musique comme vecteur de la contre-culture
- La musique devient un moyen d’expression privilégié de la jeunesse contestataire.
- Genres majeurs : folk, rock psychédélique, blues, qui véhiculent des messages pacifistes, antiracistes et anti-guerre.
- Artistes emblématiques : Bob Dylan, Joan Baez, The Beatles, Jimi Hendrix.
- Les festivals comme Woodstock (1969) symbolisent l’apogée de cette culture alternative.
c) Le cinéma direct et la représentation de la jeunesse
- Le cinéma direct, né dans les années 1960, utilise des caméras légères et le son synchrone pour capter la réalité sans artifice.
- Films comme High School de Frederick Wiseman explorent les institutions éducatives, montrant la jeunesse dans son cadre social réel.
- Ce cinéma s’intéresse moins aux individus qu’aux lieux et liens sociaux, reflétant les tensions et contradictions de la société américaine.
- Le cinéma direct s’appuie sur des innovations techniques (caméra Auricon, magnétophone portatif) pour suivre la spontanéité des événements.
d) Idéologie de la « Nouvelle Frontière »
- Concept politique associé à John F. Kennedy, président des États-Unis au début des années 1960.
- Vise à promouvoir le progrès social, économique et les droits civiques.
- S’inscrit dans un contexte de lutte contre la ségrégation raciale et d’ouverture vers une société plus égalitaire.
- La « Nouvelle Frontière » inspire une partie de la jeunesse et des artistes engagés, qui voient en elle un espoir de changement.
À retenir : La contre-culture des années 1960 s’exprime principalement à travers la musique et le cinéma direct, qui reflètent la contestation sociale, la quête de liberté et la remise en cause des normes établies.