Phonétique et phonologie
1. Le son et sa propagation
- Son : perturbation qui se propage dans un milieu élastique (air).
- Amplitude diminue avec la distance ou obstacles.
- Système acoustique :
- Excitateur = glotte + cordes vocales.
- Résonateurs = pharynx, cavité buccale (avant et arrière langue), cavité labiale, cavité nasale.
- Variation du volume et de l’ouverture des cavités modifie le son.
2. La chaîne de la communication verbale
- Phonétique auditive : étude du système auditif (périphérique + central).
- Hémisphères cérébraux :
- Gauche : parole, perception, formation des mots.
- Droit : intonation, prosodie, gestion des émotions.
3. Phonétique vs phonologie
| Phonétique | Phonologie |
|---|---|
| Étude scientifique des sons réels | Étude des sons comme système distinctif |
| Analyse la réalité sonore | Analyse la valeur distinctive des sons |
| 3 branches : articulatoire, acoustique, auditive | Étude des phonèmes et leur fonction dans la langue |
- Exemple : mot oiseau = 6 lettres, 3 phonèmes, 3 graphèmes (OI - S - EAU).
4. La phonétique articulatoire
- Sons produits par passage d’air des poumons à travers résonateurs : pharynx, cavité buccale, labiale, nasale.
- Distinction consonnes/voyelles :
- Voyelle : passage d’air libre à partir de la glotte.
- Consonne : passage d’air obstrué à partir de la glotte.
- Mode d’articulation : modifie la nature du courant d’air (libre, vibration, voie unique ou double).
- Point d’articulation : lieu de l’obstacle dans la cavité buccale (lèvres, dents, alvéoles, palais, voile du palais, luette, pharynx, glotte).
| Mode d’articulation | Point d’articulation | Exemple |
|---|---|---|
| Occlusif, fricatif, nasal, etc. | Bilabial, dental, palatal, etc. | /p/, /t/, /ʃ/, /m/ |
- Les consonnes sont hétérogènes selon mode, lieu, vibration des cordes vocales, résonance (nasale/orale).
5. Les voyelles en français
- 16 phonèmes vocaliques, tous sonores (cordes vocales vibrantes).
- Alphabet ne comporte que 6 voyelles de base : a, e, i, o, u, y (statut du y complexe).
- Voyelles co-articulées avec consonnes, peuvent disparaître à l’oral (ex : tu as → t’as).
- Voyelles permettent d’enchaîner les consonnes.
a) Trapèze vocalique (français)
- Représentation des voyelles selon position de la langue (avant/arrière, haute/basse).
- Permet de visualiser la diversité des voyelles.
6. Structure syllabique
- Syllabes = unités sonores composées de voyelles et consonnes.
- Types de syllabes :
- Simple : voyelle seule (ex : à, et, au).
- Complexe : consonnes + voyelles (ex : strict).
- Variations selon langues :
- Espagnol : syllabes simples (CV, CVC).
- Anglais : syllabes complexes et longues (ex : strengths).
- Certaines langues distinguent mots par mélodie tonale (ex : langues mexicaines, norvégien).
Chaque langue possède un inventaire syllabique propre avec des règles spécifiques d’assemblage.
À retenir : La phonétique étudie la production et la nature physique des sons, tandis que la phonologie analyse leur fonction distinctive dans un système linguistique.
Morphologie et lexicologie
1. Morphologie
La morphologie étudie la composition des mots à partir d’unités minimales de sens appelées morphèmes (différents des phonèmes). Ces morphèmes peuvent être libres (ex : chat, masse) ou liés (affixes comme re-, -able).
- Morphèmes libres : peuvent exister seuls (ex : éponge, ruban).
- Morphèmes liés : ne peuvent exister qu’en combinaison (ex : dé- dans décharger).
Un mot peut être composé de plusieurs morphèmes (ex : injustement = in / juste / ment).
a) Flexion vs Dérivation
| Type | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Flexion | Modifications grammaticales sans créer un mot nouveau | chat → chats (pluriel), vivre → vivons (personne) |
| Dérivation | Formation de nouveaux mots par ajout d’affixes | refaire (re- + faire), malheureux (malheur + -eux) |
- La flexion marque le genre, le nombre, la personne, le temps, le mode.
- La dérivation utilise préfixes, suffixes, ou composition (ex : canapé-lit).
b) Autres types de morphèmes
- Amalgamé : un seul signifiant pour plusieurs signifiés (ex : au = à + le).
- Zéro : morphème non audible mais grammaticalement présent (ex : futur dans "passerez").
Un morphème ne correspond pas toujours à un mot orthographique.
2. Lexicologie et féminisation de la langue
La féminisation de la langue concerne la reconnaissance et la création de formes féminines dans le lexique, souvent en lien avec des enjeux sociaux et politiques.
a) Genres grammaticaux et sexes biologiques
- Le genre grammatical (masculin/féminin) s’oppose au sexe biologique.
- Historiquement, le masculin est souvent considéré comme antérieur et supérieur, le féminin comme dérivé.
- Certains noms inanimés ont des usages métaphoriques féminins (ex : la liberté, la justice).
b) Variations liées au genre
| Variation | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Sémantique | Morphologie induisant un changement de sens | un professionnel / une professionnelle (prostituée) |
| Syntaxique | Accord en genre obligatoire | déterminants, adjectifs, participes |
| Féminisation des textes | Usage de formes inclusives et accords féminins | professeur.e, accords adjectivaux |
c) Organisation hiérarchique du lexique
- Hyponymie : relation entre un terme spécifique (hyponyme) et un terme plus général (hyperonyme).
- Hyperonymes de type A : hyperonyme différent du lexème hyponyme (ex : chien / caniche).
- Hyperonymes de type B : hyperonyme identique à un hyponyme (ex : homme dans « droits de l’homme »).
Le masculin est souvent un hyperonyme dans la langue française, ce qui traduit une hiérarchie sociale et linguistique.
d) Système lexical binaire en français
- Pronoms sujets et objets : il/elle, lui/elle, celui/celle.
- Déterminants : un/une, le/la.
- Suffixes de genre : -eur/-euse, -teur/-trice.
- Marques écrites du genre, sauf formes épicènes.
e) Écriture inclusive : formes possibles
- Utilisation de termes épicènes (neutres).
- Double flexion (féminin et masculin).
- Majuscule ou point médian (ex : professeur·e·s).
- Tournures passives ou impersonnelles.
- Périphrases.
- Pronoms non binaires.
3. Contexte sociolinguistique et féminisation
- La féminisation de la langue est liée à des luttes sociales, notamment féministes.
- Le masculin est historiquement valorisé, créant une hiérarchie linguistique.
- Les recherches sociolinguistiques des années 70 intègrent la variable du genre, influencées par le féminisme.
- La langue reflète souvent une vision masculine du monde, renforçant des stéréotypes dès le plus jeune âge.
- La féminisation vise à rendre visible la place des femmes dans la société et à remettre en question les normes linguistiques androcentriques.
La féminisation de la langue traduit une remise en question des normes sociales et linguistiques dominantes, visant à promouvoir l’égalité et la visibilité des femmes.
Syntaxe
1. Syntaxe
a) Classification des langues selon la morphologie
| Type de langue | Caractéristiques principales | Exemple |
|---|---|---|
| Langues isolantes | Mots invariables, absence de conjugaison et d’accords visibles. Temps exprimé par mots supplémentaires. | Arabe |
| Langues flexionnelles | Flexion modifiée selon le contexte (personne, nombre, temps, mode). | Français |
| Langues agglutinantes | Ajout d’affixes aux bases pour exprimer les rapports grammaticaux. | Finnois |
| Langues polysynthétiques (controversées) | Agglutination extrême, souvent orales, difficiles à analyser. | Langue des Inuits |
b) Désinence
- Désinence : suffixe grammatical servant à la flexion dans les langues flexionnelles, indiquant des traits grammaticaux.
- Systèmes concernés :
- Nominal : genre, nombre (ex. étudiant / étudiante, étudiants / étudiantes)
- Verbal : personne, nombre, temps, mode (ex. je mange / nous mangeons)
- Un mot sans désinence est invariable (ex. vite, très).
- La langue parlée utilise moins de désinences verbales que la langue écrite.
2. Lexicologie
- Lexicologie : étude du lexique, c’est-à-dire l’ensemble du vocabulaire d’une langue.
- Problèmes clés :
- Délimitation des mots (ex. l’amer / la mer)
- Statut des mots composés (ex. pomme de terre)
- Étudie la forme (morphologie) et le sens (sémantique lexicale) des mots.
- Lexème : unité de base abstraite, caractérisée par une forme (graphique/phonétique), un sens et des propriétés morpho-syntaxiques.
- Degrés de figement des lexèmes : certains mots composés sont figés (ex. eau de vie), d’autres non (ex. petit poids).
- Colocations : associations lexicales privilégiées (ex. construire en bois, pain frais).
- Le lexique est une liste ouverte, permettant néologismes compréhensibles (ex. buvage, festivalesque).
3. Formation des mots
| Procédé | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Dérivation propre | Ajout d’un affixe (préfixe, suffixe) à une base. | chanter → chanteur |
| Dérivation impropre | Changement de catégorie sans affixe. | rire (verbe → nom) |
| Dérivation inverse | Suppression d’un affixe. | (rare, ex. ancien → ancien) |
| Composition | Réunion de deux unités (soudure ou trait d’union). | porte-bouteille, anthropologue |
| Troncation | Suppression d’une partie du mot, souvent la fin. | cinéma (cinématographe) |
| Siglaison | Formation d’un mot à partir des initiales d’une expression. | RTT, SNCF |
| Acronymie | Sigle prononcé comme un mot unique. | CHU, OVNI |
| Mots-valises | Fusion de parties de deux mots pour créer un nouveau mot. | franglais, courriel |
4. Sociolinguistique : variations et normes
- Variation linguistique : diversité des formes linguistiques selon contexte, perçue par rapport aux normes.
- Normes : règles ou habitudes qui encadrent la langue, avec 5 types principaux :
| Type de norme | Description |
|---|---|
| Objective | Normes statistiques, habitudes partagées par une communauté. |
| Descriptive | Explicitation des normes objectives sans exhaustivité. |
| Prescriptive | Règles d’usage enseignées (ex. manuels scolaires). |
| Subjective | Attitudes et valeurs esthétiques ou morales attachées aux formes linguistiques. |
| Fantasmée | Imaginaires et perceptions sociales liées à la langue. |
- Types de variation linguistique :
| Type | Définition | Exemple / Lecte associé |
|---|---|---|
| Diachronique | Variation dans le temps | Chronolecte (ex. français des jeunes) |
| Diatopique | Variation géographique | Régiolecte (ex. accent du Sud) |
| Diastratique | Variation sociale | Sociolecte |
| Diaphasique | Variation selon le contexte d’énonciation | Idiolecte |
| Diagénique | Variation selon le genre textuel | Sexolecte |
- L’accent est un marqueur fort de variation régionale et sociale, parfois stigmatisé.
- La variation est constitutive de la langue, la norme est plurielle et hétérogène.
À retenir : La syntaxe et la morphologie révèlent la diversité des structures linguistiques, tandis que la variation linguistique illustre la dynamique sociale et temporelle de la langue.
Sémantique
1. Morphèmes
- Morphèmes libres : unités lexicales pouvant exister seules (ex. : éponge, masse).
- Morphèmes liés : n’existent qu’en partie de mots, souvent des affixes (préfixes, suffixes) (ex. : re-, -age, -able).
- Un mot n’est pas toujours décomposable en morphèmes (ex. vertige ≠ vert + tige).
- Un morphème peut avoir plusieurs formes selon le genre (ex. petit / petite).
| Mot | Morphème libre | Morphème lié |
|---|---|---|
| Petit | Oui | Non |
| Conquête | Oui | Non |
| Redire | Non | Oui |
| Faisable | Non | Oui |
| Beau | Oui | Non |
| Définitif | Non | Oui |
2. Flexion et dérivation
- Flexion : modifications grammaticales d’un mot (genre, nombre, temps, mode) sans créer de nouveau mot.
- Ex. pluriel : chat / chats ; féminin : petit / petite.
- Flexion verbale : marque la personne, le temps, le mode (vivons, viviez, vivraient).
- Dérivation : formation de nouveaux mots par ajout d’affixes (préfixes, suffixes) ou composition.
- Ex. refaire (préfixe re-), malheureux (suffixe -eux).
- Test de commutation pour analyser la composition (ex. chant-eur / rong-eur).
3. Types de morphèmes
| Type | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Lexicaux | Verbes, noms, adjectifs | stylo, manger, feuillu |
| Grammaticaux | Prépositions, pronoms, déterminants, flexions | à, il, les, mangeons |
| Amalgamés | Morphème non décomposable pour plusieurs signifiés | au (à + le) |
| Zéro | Morphème à signifiant nul (non audible) | présent verbal (vous passez) |
4. Classification typologique des langues
| Type de langue | Caractéristiques principales | Exemple |
|---|---|---|
| Isolantes | Mots invariables, pas de conjugaison ni accords visibles | Arabe |
| Flexionnelles | Flexion modifiée selon contexte | Français |
| Agglutinantes | Ajout d’affixes exprimant les rapports grammaticaux | Finnois |
| Polysynthétiques | Agglutination extrême, souvent langues orales | Langue inuit |
5. Désinence
- Suffixe grammatical servant à la flexion dans les langues flexionnelles.
- Indique traits grammaticaux : genre, nombre, personne, temps, mode.
- Ex. étudiant / étudiante ; je mange / nous mangeons.
- Mot sans désinence = mot invariable (ex. vite, très).
6. Lexicologie
- Étude du lexique (ensemble du vocabulaire) d’une langue.
- Problèmes : frontières entre mots, mots composés (ex. pomme de terre, parce que).
- Le lexème : unité de base, abstraite, avec forme graphique/phonétique, sens et propriétés morpho-syntaxiques.
- Degrés de figement des lexèmes (ex. eau de vie figé).
- Colocations : associations fréquentes de mots (ex. pain frais, dormir profondément).
- Lexèmes ouverts aux néologismes, sous condition de compréhension et respect des règles de formation.
7. Construction des mots
| Processus | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Dérivation propre | Ajout d’affixe à une base | refaire, malheureux |
| Dérivation impropre | Changement de catégorie sans affixe | rire (verbe → nom) |
| Composition populaire | Mots composés d’unités grammaticales variées | porte-bouteille, poisson-chat |
| Composition savante | Mots composés d’éléments grecs ou latins | anthropologue, géographie |
8. Syntaxe : notions clés
- Étude des règles régissant l’ordre des mots et leurs relations dans la phrase.
- Approches : prescriptive (application des règles) et descriptive (observation des règles).
- Classement des mots selon leur nature (ex. : DET, N, V, PREP).
- Formation de syntagmes : groupes de mots formant une unité de sens.
- Exemple :
Le chien de ma voisine a une grosse tête
→ [DET N PREP DET N] [V DET ADJ N]
9. Ordre des mots et typologie
| Langue | Ordre typique des constituants dans la phrase |
|---|---|
| Français | Sujet - Verbe - Complément/Objet |
| Japonais | Sujet - Objet - Verbe |
- En français, l’ordre est crucial pour le sens.
- Dans d’autres langues, la fonction est indiquée par morphèmes, pas par position.
10. Hiérarchie et fonctions syntaxiques
- Les syntagmes majeurs sont essentiels à la phrase (ex. sujet, verbe).
- Les syntagmes internes (ex. compléments du nom) peuvent être omis sans invalider la phrase.
- Exemple :
[Le fils (de Jean)] lance [la balle (rouge)] [en direction du chien (de ma voisine)].
11. Ambiguïtés syntaxiques
- L’ordre des mots peut créer des ambiguïtés de sens.
- Exemples :
- Le joueur de foot américain
→ joueur de foot (américain) ou joueur (de foot américain) - Le petit masque la cache
→ (Le petit) masque la cache ou (Le petit masque) la cache
- Le joueur de foot américain
La syntaxe organise les mots en unités cohérentes pour construire des phrases compréhensibles et éviter les ambiguïtés.
Sociolinguistique et variations de la langue
1. Variations historiques de la langue française
- XVIe siècle : Clément Marot propose la règle de l’accord du participe passé, inspirée de l’italien.
- Avant cela, en ancien français, l’accord du participe passé dépendait de la position du COD (entre auxiliaire et participe), avec un ordre des mots très souple.
- En moyen français, la morphosyntaxe devient plus précise, stabilisant progressivement les règles.
2. Grammaire générative : universaux linguistiques
- Objectif : décrire ce que toutes les langues humaines ont en commun (universaux).
- Entre 5 000 et 10 000 langues dans le monde, toutes distinguent au moins nom et verbe.
- Pour analyser une langue, on utilise des phrases impossibles dans cette langue pour tester ses règles.
a) Trois critères pour décrire la langue
| Critère | Domaine | Définition |
|---|---|---|
| Grammaticalité | Syntaxe | Phrases conformes aux règles syntaxiques d’une langue. |
| Interprétabilité | Sémantique | Phrases ayant un sens compréhensible. |
| Acceptabilité | Pragmatique | Phrases jugées appropriées selon contexte, psychologie du locuteur, normes sociales. |
3. Grammaticalité
- Jugement intuitif des locuteurs sur la conformité syntaxique.
- Phrases agrammaticales marquées par un astérisque (*).
- Exemple : *Je vouloir manger frite (agrammaticale).
- Compétence linguistique : capacité à produire et reconnaître toutes les phrases grammaticalement correctes.
- Inclut la créativité (produire des phrases jamais entendues).
- Connaissance tacite des règles.
- Performance : usage réel, influencé par fatigue, émotion, contexte social, etc., et peut différer de la compétence.
4. Interprétabilité (Sémantique)
- Repose sur le sens des phrases.
- Exemples :
- "D’incolores idées vertes dorment furieusement" : grammatical mais asémantique (sans sens).
- "*lui être intelligent beaucoup" : agrammatical mais interprétable.
- "?Le silence vertébral indispose le voile licite" : grammatical mais asémantique (marqué par ?).
5. Acceptabilité (Pragmatique)
- Dépend du contexte, des normes sociales et de la psychologie du locuteur.
- Exemples :
- "J’ai pas compris le cours" (acceptable oralement).
- "Vous pouvez répondre au plus vite ?" (non correct).
- Réponses inacceptables selon contexte.
6. Récursivité syntaxique
- Capacité d’enchâsser des phrases ou compléments à l’infini (limite : mémoire humaine).
- Trois groupes syntaxiques concernés en français :
| Type de récursivité | Exemple |
|---|---|
| Syntagme prépositionnel | Le fils [du père] [de la voisine] ... |
| Subordonnées complétives | Je sais [que tu sais] [que je sais] ... |
| Propositions subordonnées relatives | La femme [dont le mari] [qui travaille] |
- Trop de récursivité nuit à la compréhension.
7. Norme et jugement de valeur
- Certaines formes courantes (ex. "Malgré que je suis débordée") sont grammaticales malgré leur rejet par la grammaire traditionnelle.
- Erreur = usage inapproprié au contexte, pas violation du système linguistique.
- Le bon usage dépend du contexte, statut des interlocuteurs et intentions.
- Le purisme ignore l’évolution naturelle de la langue.
- La grammaire descriptive étudie les usages réels, favorisant les réformes orthographiques et grammaticales.
À retenir : La langue évolue avec ses usages, et la compétence linguistique inclut la capacité à adapter son langage au contexte.
8. Sémantique : sens des mots et contexte
- Le sens d’un mot varie selon trois contextes :
- Culturel : codes propres à une langue (ex. noms des couleurs).
- Syntaxique : influence des mots environnants (sens littéral/dénotation).
- Stylistique : emploi figuré, abstrait, polysémie.
- Le contexte pragmatique (communication orale) est aussi crucial.
- Exemple du mot "chute" : même orthographe et prononciation, sens différents selon contexte.
9. Homonymie en français
- Homonymie lexicale : mots prononcés pareil mais orthographiés différemment (ver, verre, vert).
- Homonymie grammaticale : mots prononcés pareil avec orthographe proche (mais, met, mes).
- Le contexte permet de distinguer les homonymes.
10. Traits sémantiques et analyse sémique
- Un mot est un sémème : un faisceau de traits distinctifs (sèmes).
- Exemple : pouf et chaise partagent peu de sèmes.
- Les traits peuvent être :
- Généraux ou particuliers
- Commun ou distinctifs
11. Inférences sémantiques
- Opérations logiques pour expliciter une information supposée connue.
- Essentielles pour comprendre les pronoms et l’implicite.
- Trois types d’inférences :
- Logique
- Pragmatique
- Créative
- Difficultés fréquentes chez enfants, personnes avec troubles cognitifs.
12. Champ sémantique
- Ensemble de mots liés à un même concept (ex. parasites corporels : pou, puce, punaise).
- Système fermé associant un champ lexical et un champ conceptuel.
À retenir : Le sens des mots est toujours contextualisé, et la compréhension dépend de la prise en compte des contextes culturel, syntaxique, stylistique et pragmatique.
Politique linguistique et langues du territoire français
1. Politique linguistique et langues du territoire français
a) Contexte historique et politique linguistique en France
- Depuis la Révolution française, le français est la langue officielle de la République, affirmant l’indivisibilité de la nation par une langue unique.
- Cette politique entraîne une hiérarchisation des langues, où le français est valorisé au détriment des langues régionales ou d’origine étrangère.
- En 1995, le Haut Conseil à l’Intégration recommandait aux familles migrantes de privilégier exclusivement le français, ce qui va à l’encontre du plurilinguisme et des dynamiques européennes et mondiales.
b) Plurilinguisme et hiérarchie sociale des langues
| Aspect | Description |
|---|---|
| Plurilinguisme officiel | L’école encourage l’apprentissage précoce des langues étrangères dès la maternelle ou primaire. |
| Hiérarchie sociale | Certaines langues sont socialement dévalorisées, ce qui influence leur usage et transmission. |
| Langues familiales | Leur place est souvent subordonnée au français, avec un risque d’abandon progressif. |
| Discours politiques | Souvent perçoivent l’apprentissage de plusieurs langues comme un frein à la maîtrise du français. |
c) Enjeux et contradictions
- La politique linguistique française oscille entre promotion du français comme langue unique et reconnaissance du plurilinguisme dans un contexte de mondialisation.
- L’institution scolaire joue un rôle ambivalent : elle valorise le français tout en favorisant l’apprentissage des langues étrangères.
- La disqualification sociale de certaines langues entraîne des discriminations et des inégalités dans l’accès à la langue dominante.
À retenir : La politique linguistique française officialise une langue unique, le français, tout en étant confrontée à la réalité plurilingue du territoire, ce qui crée une tension entre intégration et diversité linguistique.
d) Les langues présentes sur le territoire français
- La France est un territoire multilingue, avec des langues régionales (breton, occitan, alsacien, basque, etc.) et des langues d’origine migrante.
- Ces langues coexistent avec le français mais sont souvent marginalisées dans les sphères publiques et institutionnelles.
- La politique linguistique tend à favoriser le français au détriment de la reconnaissance et de la valorisation des autres langues.
e) Impact social et culturel
- La hiérarchisation des langues influence les identités culturelles et les pratiques linguistiques des locuteurs.
- L’abandon des langues d’origine peut entraîner une perte de patrimoine culturel et une discrimination linguistique.
- Les débats actuels portent sur la reconnaissance des langues régionales et la promotion du plurilinguisme comme richesse sociale.
2. Synthèse des notions clés
| Notion | Définition / Résultat clé |
|---|---|
| Politique linguistique | Ensemble des mesures et décisions visant à réguler l’usage des langues dans un État. |
| Langue officielle | Langue reconnue par la loi comme langue de l’administration et de l’enseignement (en France : le français). |
| Plurilinguisme | Coexistence et usage de plusieurs langues dans une société. |
| Hiérarchie linguistique | Classement social des langues selon leur prestige et leur usage valorisé. |
| Disqualification sociale | Processus par lequel certaines langues sont dévalorisées socialement, limitant leur usage et transmission. |
| Langues régionales | Langues historiques parlées dans certaines régions de France, souvent minoritaires. |
À retenir : La politique linguistique française privilégie le français comme langue unique officielle, ce qui crée une hiérarchie entre les langues et pose des défis pour la reconnaissance du plurilinguisme et des langues régionales.
Les accents régionaux
1. Langues et transmission familiale
- En France métropolitaine, 1/4 de la population a reçu au moins une autre langue que le français à la maison.
- Langues régionales les plus présentes : alsacien, breton.
- Langues issues de l’immigration les plus maintenues sans usage du français : berbère, portugais.
- Langues moins maintenues : italien, polonais, anglais.
- La transmission est liée à la sécurité linguistique des parents et varie selon le milieu social.
- L’italien et l’alsacien sont maintenus de manière stable d’une génération à l’autre, indépendamment de la catégorie sociale.
2. Politiques éducatives et langues minoritaires
| Dispositif | Période | Objectif | Particularités |
|---|---|---|---|
| ELCO (Enseignement des Langues et Cultures d’Origine) | Jusqu’en 2020 | Maintenir la langue d’origine des enfants issus de l’immigration | Supprimé en 2020 |
| EILE (Enseignements Internationaux de Langues Étrangères) | Depuis 2016 | Remplacer ELCO, fin de la rémunération par les États étrangers | Enseignement plus intégré au système français |
- Certaines langues d’immigration (espagnol, italien) sont enseignées comme langues vivantes, mais peu développées.
- En région Grand Est, l’allemand est plus enseigné qu’ailleurs, malgré un recul général.
3. Langues régionales en France métropolitaine
- Définition (Charte européenne des langues régionales) : langues pratiquées traditionnellement par un groupe minoritaire sur un territoire d’un État.
- Loi Haby (1971) : introduction de l’apprentissage des langues régionales dans les collèges.
| Langue | Aire géographique | Statut et situation | Particularités |
|---|---|---|---|
| Corse | Corse | Langue romane, parlée uniquement sur l’île | Déclin démographique, cours introduits dans les années 1980, lien fort avec le nationalisme |
| Breton | Côtes-d’Armor, Morbihan, Finistère | Langue celtique, crise de transmission | Promotion culturelle forte, peu de revendications politiques |
| Picard | Nord-Pas-de-Calais | Langue gallo-romane, peu enseignée | Associée à une classe populaire, absence de mouvement nationaliste |
L’accent est un marqueur identitaire qui véhicule des indices sur l’origine géographique, sociale ou ethnique.
4. Les accents régionaux
- L’accent peut être perçu comme bourgeois, rural, ethnique, etc.
- Il sert de marqueur spontané ou conscient d’identité.
- Il crée souvent une mise à distance sociale entre locuteurs.
- Dans la littérature française, des auteurs comme Balzac et Maupassant ont utilisé l’accent pour caractériser socialement leurs personnages.
5. Standardisation et politique linguistique : exemples internationaux
- Norvège : coexistence du danois littéraire et de deux normes norvégiennes (Bokmål et Nynorsk), avec réformes orthographiques visant à affirmer une identité linguistique norvégienne.
- Israël : hébreu, arabe et arménien coexistent, mais l’arménien est effacé et l’arabe disparaît progressivement.
- Malaisie : adoption du malais comme langue officielle malgré la prédominance du javanais, pour apaiser les tensions ethniques.
- Catalogne : après la dictature franquiste, promotion du catalan comme langue officielle aux côtés du castillan, avec une politique de bilinguisme scolaire.
6. Politique linguistique et enjeux sociolinguistiques
- Selon Louis-Jean Calvet, la linguistique étudie la langue en lien avec la communauté sociale.
- La domination sociale est souvent liée à une domination linguistique.
- L’Union européenne reconnaît 24 langues officielles, mais l’anglais reste la langue la plus utilisée internationalement.
- Les politiques multilingues varient selon le nombre de langues, leur statut (officielle, de travail, etc.) et les familles linguistiques privilégiées.
Dans les situations de plurilinguisme, les États peuvent soit promouvoir une langue, soit effacer une langue minoritaire.
Catégorisation des langues et discriminations
1. Politique linguistique en France et en Europe
- Europe : modèle dominant = une langue par État, diversité linguistique tardivement reconnue (ex. Bretagne, Pays Basque).
- Années 1960 : émergence de mouvements de défense des langues régionales (radios, journaux, associations).
- Certaines langues régionales s’érodent (flamand occidental, luxembourgeois), d’autres mobilisent tôt (basque, occitan).
2. Histoire de la langue française en France
| Période | Événement clé | Conséquence linguistique |
|---|---|---|
| ~1000 ans | Coexistence dialectes (langues d’oïl et d’oc) | Diversité linguistique régionale |
| 12ème siècle | Langue de la cour à Paris devient prestigieuse | Ordonnance Villey-Coteret : français dans l’administration |
| 14ème siècle | Diffusion du français sur le territoire | Latin progressivement remplacé |
| 17-18ème siècles | Français langue européenne et de prestige | Usage dans tribunaux, diplomatie, culture |
| Révolution 1789 | Français = langue de liberté et vérité | Patois interdits, langue imposée |
| 19ème siècle | Instruction obligatoire en français (1851) | Français normé, langue de l’expansion républicaine |
| 20ème siècle | Entrée de l’anglais en Europe (1918, 1945) | Début politique linguistique expansionniste |
À retenir : Le français est devenu langue unique et normative par des choix politiques et sociaux, notamment sous la 3ème République.
3. Statut actuel du français en France
- Article 2 de la Constitution : français langue de la République, ciment social.
- L’Académie française joue un rôle conservateur depuis 1835.
- Maîtrise du français perçue comme condition d’intégration républicaine.
- Situation contrastée avec pays voisins (Suisse, Belgique, Espagne, Italie) où la pluralité linguistique est plus acceptée.
4. Les accents régionaux en France
- Environ 30 accents différents répartis en 7 familles principales : Nord, Sud, Parisien, Est, Lyonnais, Centre, Breton.
- Origines des accents :
- Mimétisme social (appartenance à un groupe).
- Influence des langues régionales (gascon, basque, etc.).
- Reconnaissance d’un accent repose sur :
- Évaluation de l’écart à la norme.
- Identification sociale.
5. Études perceptives des accents
- Deux approches pour sélectionner des extraits audio :
- Inductive : sélection sans critères précis, pour identifier les traits caractéristiques.
- Déductive : sélection basée sur hypothèses sur les traits spécifiques.
- Variation prosodique peut être :
- Catégorique : différences phonétiques marquées.
- Graduelle : différences diffuses (débit, mélodie).
- Exemples d’études :
- Lehka-Lemarchand (2007) : accent de banlieue marqué par un décrochage mélodique important.
6. Le français standard et la question de l’accent
- Le français standard dérive du dialecte d’Île-de-France, diffusé depuis le Moyen Âge.
- Au 17ème siècle, le « bon usage » correspondait au parler de la Cour.
- Paris, capitale économique et culturelle, homogénéise la prononciation.
- Médias (radio, télévision) jouent un rôle majeur dans la diffusion de la norme, plus que l’école.
- Aujourd’hui, différences d’accent sont plus sociales que géographiques.
- Urbanisation et scolarisation tendent à uniformiser certains traits (ex. disparition du « R roulé »).
- Deux forces linguistiques en tension :
- Favoriser la différenciation.
- Favoriser le rapprochement.
À retenir : Le français standard est un construit social et historique, diffusé par les élites et les médias, et non un français « sans accent ».
7. Discriminations liées à la langue et aux accents
- La variation linguistique est source de richesse mais aussi de hiérarchisation sociale.
- L’accent peut devenir un marqueur d’exclusion ou d’appartenance.
- La maîtrise du français standard est souvent perçue comme un critère d’intégration sociale et politique.
- La reconnaissance implicite d’une norme linguistique masque les rapports de pouvoir entre centre (Paris, élites) et périphérie (régions, milieux populaires).
À retenir : La catégorisation des langues et des accents est liée à des enjeux politiques et sociaux, où la langue standard sert à la fois de lien social et d’instrument de discrimination.
Écriture inclusive et féminisation de la langue
1. Écriture inclusive et féminisation de la langue
Écriture inclusive : ensemble de pratiques visant à rendre visible la présence des femmes dans la langue écrite, en évitant le masculin générique. Elle inclut la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades, et l’utilisation de formes grammaticales neutres ou mixtes.
2. Féminisation de la langue
- Féminisation : adaptation des mots pour marquer le genre féminin, souvent par ajout d’un suffixe (-e, -esse, -eure, etc.).
- Objectif : lutter contre l’invisibilisation des femmes dans la langue et promouvoir l’égalité.
- Exemples :
- Directeur → Directrice
- Auteur → Auteure
- Professeur → Professeure (forme féminisée parfois contestée)
3. Principes clés de la féminisation
| Élément | Masculin | Féminin (exemples) | Remarques |
|---|---|---|---|
| Noms de métiers | Acteur | Actrice | Suffixe -ice |
| Noms de fonctions | Directeur | Directrice | Suffixe -rice |
| Noms d’agent | Chanteur | Chanteuse | Suffixe -euse |
| Titres et grades | Président | Présidente / Présidente | Usage variable selon contexte |
| Formes épicènes | Médecin | Médecin | Mot identique au masculin/féminin |
4. Écriture inclusive : formes et usages
- Double flexion : mention des formes masculines et féminines (ex. : les étudiant·e·s).
- Point médian : insertion d’un point pour inclure les deux genres (ex. : les citoyen·ne·s).
- Formes neutres : recours à des mots épicènes ou des tournures non genrées.
- Accord de proximité : accord avec le nom le plus proche dans une énumération mixte (ex. : les femmes et les hommes sont heureuses).
5. Enjeux et débats
- Visibilité vs lisibilité : l’écriture inclusive améliore la visibilité des femmes mais peut complexifier la lecture.
- Normes linguistiques : la féminisation remet en question les règles traditionnelles du français, souvent perçues comme masculines par défaut.
- Dimension sociale : la langue reflète et influence les rapports sociaux, la féminisation participe à la lutte contre les discriminations sexistes.
À retenir : La féminisation des noms et l’écriture inclusive sont des outils linguistiques visant à rendre la langue plus égalitaire en rendant visibles les femmes, tout en suscitant débats sur leur impact linguistique et social.