Définitions et concepts fondamentaux
1. Définitions fondamentales
Pharmacologie
Science des médicaments, de leurs effets et de leur emploi. Elle étudie comment les substances agissent sur l’organisme.
Médicament
Produit ayant reçu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), garantissant son efficacité, sa sécurité et sa qualité.
2. Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)
-
Demande déposée par un laboratoire pharmaceutique
-
Comprend plusieurs expertises :
Type d'expertise Contenu principal Analytique Caractéristiques physico-chimiques, méthode de fabrication, contrôle qualité Pharmaco-toxicologique Études pharmacologiques et toxicologiques chez l’animal Clinique Activité chez l’homme : métabolisme, toxicité à court et long terme -
Objectifs de l’AMM :
- Mesurer l’efficacité du médicament
- Assurer la pharmacovigilance (surveillance des effets indésirables)
3. Iatrogénie médicamenteuse
- Définition : Ensemble des troubles ou maladies causés par la prise d’un médicament ou un traitement médical.
- Résulte d’une intervention ou prescription inadaptée, ou des complications liées à un acte thérapeutique.
À retenir : La pharmacologie étudie les médicaments et leurs effets, tandis que l’iatrogénie désigne les effets néfastes liés à leur usage. L’AMM garantit la sécurité et l’efficacité d’un médicament avant sa mise sur le marché.
Autorisation de mise sur le marché et pharmacovigilance
1. Iatrogénie médicamenteuse
Causes principales :
- Mauvais horaires de prise
- Posologie non adaptée
- Modification de l’état de santé au moment du traitement
- Surdosage
- Automédication
- Non-observance du traitement
- Traitement prolongé
- Non-respect des contre-indications, surtout en cas de polymédication
- Absence de coordination entre les différents thérapeutes
Interactions médicamenteuses :
- Synergie : médicaments avec activité pharmacologique identique → effet supérieur
- Potentialisation : médicaments avec activité pharmacologique différente → effet modifié
- Antagonisme : médicaments avec activité pharmacologique différente s’opposant partiellement ou totalement → antidote possible
Risques iatrogènes fréquents :
- Déshydratation
- Insuffisance rénale fonctionnelle
- Hypotension orthostatique
- Chutes
- Hémorragie digestive
- États confusionnels, somnolence
- Effets secondaires sur le fœtus en cas de grossesse
Facteurs aggravants :
| Facteur | Description |
|---|---|
| Traitements à risque | Cardiovasculaires (hypotenseurs, digitaliques, anticoagulants), anti-inflammatoires, psychotropes |
| Polymédication | Personnes > 65 ans prennent en moyenne 4,5 médicaments/jour, favorisant la non-observance |
| Modification physiologique | Altération des fonctions d’élimination du médicament (ex : insuffisance rénale) |
2. Pharmacovigilance
Définition :
Surveillance, évaluation, prévention et gestion des risques d’effets indésirables liés à l’utilisation des médicaments, y compris homéopathiques et à base de plantes.
Objectifs :
- Contrôle de la sécurité des médicaments avant et après leur commercialisation
- Recueil et analyse des effets indésirables signalés par les professionnels de santé et les patients
Organisation :
- Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV) chargés de collecter et d’évaluer les signalements
La pharmacovigilance repose sur le signalement systématique des effets indésirables pour garantir la sécurité des patients.
3. Médicament : dénomination et composition
| Élément | Description |
|---|---|
| Principe actif | Substance responsable de l’effet thérapeutique, présente en faible quantité |
| Excipients | Constituants majoritaires, donnent la consistance au médicament, sans action thérapeutique mais pouvant provoquer des réactions allergiques (ex : amidon de blé) |
Médicament générique :
- Même composition qualitative et quantitative que le médicament princeps
- Bioéquivalence prouvée par des études de biodisponibilité
- Efficacité équivalente au médicament d’origine
Un médicament générique soigne aussi bien qu’un médicament de référence.
Iatrogénie médicamenteuse
1. Iatrogénie médicamenteuse
a) Médicaments génériques vs médicaments d’origine
- Différence principale : seuls les excipients (substances non thérapeutiques) varient.
- Variations possibles : goût, forme, couleur.
- Principe actif identique.
b) Composition d’un médicament
- Principe actif (PA) : substance thérapeutique.
- Excipient : substance non active, influence la forme, le goût, la conservation.
- Forme galénique : aspect et mode d’absorption du médicament.
- Conditionnement : récipient et emballage.
c) Formes galéniques et modes d’absorption
- Libération prolongée (LP) : ralentit la libération du PA, prolonge l’action, réduit le nombre de prises.
- Lyophilisat / comprimés orodispersibles : accélèrent la libération du PA.
- Gastro-résistant : ne se dissout pas dans l’estomac, libération retardée dans l’intestin.
d) Classification des formes galéniques selon la voie d’administration
| Voie d’administration | Formes principales | Caractéristiques clés |
|---|---|---|
| Orale | Liquides (sirop, solutions, gouttes) | Souvent dilués dans de l’eau |
| Solides (comprimés, pilules, pastilles, gélules, granulés, poudres) | Variété de formes adaptées à différents usages |
e) Comprimés
- Forme variable, parfois sécables (fente pour ajuster la dose).
- Enrobage protecteur, parfois sucré.
- Présentations spécifiques :
- Effervescents : à dissoudre dans l’eau avant prise.
- Dispersibles : à avaler ou dissoudre dans l’eau.
- Lyophilisats : dissolution immédiate sur la langue.
f) Comprimés à libération prolongée (LP)
- Absorption plus lente.
- Action prolongée du PA.
- Moins de prises nécessaires.
g) Gélules et capsules molles
- Gélules : deux parties emboîtées, contenant poudre sèche ou pellets gastro-résistants.
- Capsules molles : enveloppe souple contenant PA liquide ou huileux.
- Peut être ouverte, mais risque de goût ou odeur désagréable.
- Contenu huileux ne doit pas être administré par sonde (adhérence).
- Mouiller la capsule facilite la prise.
h) Autres formes orales
- Flacon multidose : agiter avant usage, conservation limitée après reconstitution.
- Sirop :
- Bien refermer après usage.
- Tenir hors de portée des enfants.
- Pour diabétiques, sirop à base d’édulcorants de synthèse.
- Granulés : petits grains irréguliers, faciles à avaler.
La forme galénique conditionne l’efficacité et la sécurité du médicament, elle n’est pas interchangeable sans avis médical.
Composition et dénomination des médicaments
1. Formes pharmaceutiques des médicaments
Les médicaments se présentent sous diverses formes galéniques adaptées à leur mode d'administration et à leur usage.
| Forme | Description et caractéristiques |
|---|---|
| Granulés | Solides, sucrés ou non, aromatisés ou non. Administrés à la cuillère (granulés à croquer) ou dissous dans l'eau (granulés pour sirop). |
| Poudres | Conditionnées en sachets-dose (dosage précis) ou en flacons multidose. Peuvent être mises en suspension dans un liquide pour faciliter la prise. |
| Formes liquides | Présentation multidose (sauf ampoules buvables). Nécessitent un instrument de mesure (compte-goutte, pipette). Les sirops contiennent une forte concentration en sucre pour la consistance, la conservation et masquer le goût désagréable du principe actif. |
| Formes dermiques/transdermiques | Médicaments appliqués sur la peau : crèmes, pommades, gels. Le patch est un dispositif transdermique permettant une diffusion lente et régulière du principe actif dans le sang. |
| Formes injectables | Solides (poudres à reconstituer) ou liquides pour injections : intraveineuses, intramusculaires ou sous-cutanées. |
| Formes muqueuses | Médicaments administrés par les muqueuses, avec plusieurs voies possibles : |
2. Voies d'administration par muqueuses
| Voie | Description | Exemples de formes pharmaceutiques |
|---|---|---|
| Perlinguale | Médicament laissé fondre sous la langue (sublingual). | Comprimés, solutions en poudre |
| Nasale | Médicament à administrer dans le nez. | Solutions, poudres, pommades, crèmes |
| Pulmonaire | Administration par inhalation. | Inhalateurs |
| Rectale | Introduction dans le rectum. | Suppositoires, certains liquides ou mousses spécifiques |
| Vaginale | Administration par la muqueuse vaginale. | Ovules, comprimés, gélules |
| Oculaire | Administration dans les yeux. | Collyres, pommades, crèmes, solutions de lavage, larmes artificielles |
| Auriculaire | Administration dans le conduit auditif. | Gouttes auriculaires, pommades, crèmes |
3. Formes spécifiques
a) Suppositoires
- Préparations molles ou solides facilitant l'introduction dans le rectum.
- Le principe actif est incorporé dans un excipient qui fond ou ramollit à 37°C.
- Actions possibles :
- Locale (ex : anti-hémorroïdaire)
- Générale (ex : antipyrétique comme le paracétamol)
- Conseils d'utilisation :
- Si ramolli, conserver au réfrigérateur avant usage.
- Lubrifier si nécessaire.
- Insérer par l'extrémité plate.
- Surveiller un éventuel rejet, surtout chez l'enfant.
b) Ovules
- Préparations molles ou solides destinées à l'introduction dans le vagin.
c) Collyres
- Préparations liquides pour traiter les affections oculaires.
- Conditionnés en flacons multidoses (5 à 10 ml) avec embout compte-gouttes ou en unidose.
- Faible durée de conservation, risque d'intolérance lié à la teneur en conservateurs.
À retenir : La forme pharmaceutique et la voie d'administration sont choisies pour optimiser l'efficacité, la sécurité et la facilité d'utilisation du médicament.
Formes galéniques et voies d'administration
1. Formes galéniques
- Forme galénique : forme sous laquelle un médicament est présenté (comprimé, gélule, sirop, suppositoire, etc.).
- Toute modification de la forme galénique modifie l’absorption du médicament, donc son efficacité.
- Interdictions d’écraser certains médicaments :
- Médicaments à libération prolongée (LP) : écraser interdit, risque de libération immédiate et surdosage.
- Comprimés sans rainure : non sécables, ne pas couper ni écraser sans avis.
- Capsules molles contenant un liquide : ne pas ouvrir.
- Ne pas écraser les comprimés à l’avance (instabilité des principes actifs à l’air, lumière, humidité).
- Rôle du médecin : privilégier une autre forme galénique (sirop, gouttes) ou une autre voie d’administration (transdermique, suppositoire) si écrasement impossible.
- Attention : les restrictions varient selon que le médicament est donné par voie orale ou par sonde gastrique.
- Toujours s’informer avant tout changement de mode d’administration et informer en cas d’impossibilité.
2. Voies d’administration
- La voie d’administration influence la rapidité et l’efficacité du médicament.
- Exemples de voies courantes : orale, injectable, transdermique, rectale, inhalée.
- Chaque voie a ses indications, avantages et limites.
3. Classes médicamenteuses et leurs effets
| Classe | Effets principaux | Exemples |
|---|---|---|
| Analgésie – Rhumatologie | Soulagement de la douleur | Antalgiques |
| Anesthésiologie | Perte de conscience réversible | Anesthésiques |
| Antiseptie – Désinfection | Prévention des infections | Antiseptiques |
| Cancérologie | Traitement des cancers | Chimiothérapies |
| Cardiologie | Diurétiques, traitement cardiaque | Diurétiques |
| Endocrinologie | Traitement du diabète, hormones | Anti-diabétiques oraux, insuline |
| Hématologie | Fluidification du sang | Héparine, AVK |
| Hépatogastroentérologie | Traitement des troubles digestifs | Nexium |
| Immuno-allergologie | Anti-inflammatoires, antiallergiques | Corticoïdes, antihistaminiques |
| Infectiologie | Lutte contre les infections bactériennes | Antibiotiques |
| Neurologie | Traitement des troubles neurologiques | Antiépileptiques, antiparkinsoniens |
| Pneumologie | Fluidifiants bronchiques, antiasthmatiques | Bronchodilatateurs |
| Psychiatrie | Psychotropes, neuroleptiques, antidépresseurs | Neuroleptiques, anxiolytiques |
4. Antibiotiques
- Définition : médicaments contre les infections bactériennes (inefficaces contre les virus).
- Effets secondaires :
- Risque d’allergie, choc anaphylactique, œdème de Quincke.
- Diarrhées liées à la modification de la flore intestinale.
- Apparition de mycoses (muguet digestif ou péri-anale).
- Précautions lors des soins :
- Proposer un yaourt nature pendant les repas (ferments lactiques pour la flore intestinale), après validation IDE.
- Surveillance infirmière :
- Signes d’allergie cutanée (éruption, rougeur, démangeaison).
- Symptômes de choc anaphylactique (difficulté respiratoire, gonflement gorge).
- Recherche de muguet dans la bouche.
- Surveillance des selles (consistance, fréquence) et de l’état cutané.
- Transmission rapide des observations à l’IDE.
5. Anticoagulants
- Définition : substances fluidifiant le sang pour prévenir les thromboses.
- Effets secondaires :
- Hématomes même après chocs anodins.
- Risque d’hémorragies (gingivorragie, épistaxis, hématémèse, méléna).
À retenir : Toute modification de la forme galénique modifie l’absorption et donc l’efficacité du médicament, d’où l’importance de respecter les consignes d’administration.
Classes thérapeutiques et leurs effets
1. Les anticoagulants
- Objectif : Prévenir la formation de caillots sanguins (thromboses).
- Principaux types : AVK (antivitamines K), héparine, anti-agrégants plaquettaires.
- Précautions lors des soins :
- Utiliser un rasoir électrique pour éviter les coupures.
- Ne pas couper les ongles, faire appel au pédicure si besoin.
- Adopter des gestes doux, éviter les chocs et toute source de chaleur.
- Surveillance par l’aide-soignant (AS) :
- Observer l’état cutané (hématomes).
- Surveiller les signes hémorragiques (saignements, ecchymoses).
- Transmettre immédiatement toute anomalie à l’infirmier (IDE).
2. Les diurétiques
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Indications | Augmenter l’élimination urinaire, diminuer œdèmes et volume sanguin (HTA, OAP, IC, IR). |
| Effets secondaires | Hypotension orthostatique, troubles ioniques, allergies. |
| Précautions soins | Adapter le change (+ absorbant), prévoir un accès facile aux toilettes. |
| Surveillance AS | - Évolution des œdèmes (signe du godet) <br> - Poids <br> - Tension artérielle (TA) <br> - Signes allergiques cutanés <br> - Quantité, aspect, couleur des urines <br> - Impact sur la vie sociale <br> - Transmission immédiate à l’IDE |
3. Les antalgiques
| Palier | Douleur | Médicaments principaux | Effets secondaires courants | Rôle de l’AS dans la surveillance |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Douleur légère à modérée | Paracétamol | Allergie, douleur gastrique | Évaluer la douleur, surveiller transit urinal/fécal |
| 2 | Douleur modérée à sévère | Paracétamol + codéine, tramadol | Somnolence, nausée, constipation, confusion | Surveiller état de conscience, troubles digestifs |
| 3 | Douleur intense | Morphiniques (durogésic, fentanyl) | Constipation, nausée, vomissements, détresse respiratoire, agitation | Surveiller signes de détresse respiratoire, transmettre à l’IDE |
4. Les anti-inflammatoires
- Types :
- AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens) : ex. Advil®, Profénid®.
- AIS (Anti-Inflammatoires Stéroïdiens ou corticoïdes) : ex. Cortancyl®, Prednisolone®, Solupred®.
- Effets secondaires :
- AINS : Risque d’ulcères gastriques (prise au milieu du repas).
- Corticoïdes : Risque infectieux, diabète, ostéoporose, cataracte, prise de poids, œdèmes, troubles du comportement (énervement, agitation), fragilité cutanée.
- Précautions lors des soins :
- Respecter le régime alimentaire prescrit (sans sel strict, riche en protéines, pauvre en lipides et glucides).
- Attention aux comprimés effervescents (riches en sel).
- Gestes doux pour éviter la fragilité cutanée.
- Surveillance AS :
- Écouter les plaintes douloureuses, notamment gastriques.
- Observer toute manifestation douloureuse ou comportementale (agitation, insomnie, céphalées, troubles de la mémoire).
- Transmettre immédiatement à l’IDE.
À retenir : Chaque classe thérapeutique a des effets secondaires spécifiques et nécessite une surveillance adaptée, notamment par l’aide-soignant, pour prévenir les complications et assurer la sécurité du patient.
Cadre législatif et collaboration AS-IDE
1. Cadre législatif et collaboration AS-IDE
a) Articles du Code de la Santé Publique (CSP)
-
Article R4311-4 CSP :
L'infirmier peut, sous sa responsabilité, assurer certains soins avec la collaboration d’aides-soignants, auxiliaires de puériculture ou aides médico-psychologiques, dans les limites de leur qualification reconnue par leur formation. -
Article R4311-5 CSP :
Liste de 42 actes dont certains peuvent être réalisés en collaboration, notamment :N° Acte réalisé en collaboration AS-IDE 4° Aide à la prise des médicaments non injectables 5° Vérification de la prise des médicaments 6° Surveillance des effets des médicaments et accompagnement éducatif 29° Lavage, irrigation oculaire et instillation de collyres
b) Collaboration AS-IDE : principes clés
- Responsabilité infirmière : L’infirmier encadre et reste responsable des actes réalisés en collaboration.
- Limites de la qualification AS : Les aides-soignants interviennent uniquement dans le cadre de leur formation et compétences reconnues.
- Surveillance et transmission : L’AS surveille les effets des traitements, détecte les anomalies et transmet immédiatement à l’IDE.
2. Rôle de l’aide-soignant (AS) dans la surveillance des traitements
| Médicament / Classe thérapeutique | Rôle de l’AS dans la surveillance | Précautions principales | Effets secondaires majeurs à surveiller |
|---|---|---|---|
| Laxatifs | - Surveiller le transit intestinal quotidiennement<br>- Noter consistance et quantité des selles<br>- Repérer douleurs abdominales (ballonnements, ventre dur, absence de gaz) | - État cutané à surveiller | - Irritation digestive<br>- Risque d’inflammation locale<br>- Diarrhée et déshydratation en cas de surdosage |
| Insulines | - Surveiller signes d’hypoglycémie et hyperglycémie<br>- Surveiller extrémités (pied diabétique)<br>- Transmettre immédiatement à l’IDE | - Respecter le régime prescrit<br>- Vérifier que la surveillance IDE (HGT, injection) a été réalisée | - Hypoglycémie : fatigue, tremblements, pâleur, sueur, crampes, nausées, coma possible<br>- Hyperglycémie : asthénie, soif excessive |
| Neuroleptiques et antidépresseurs | - Surveiller modifications du comportement, agitation, somnolence<br>- Surveiller état de la bouche et transit<br>- Vigilance au risque suicidaire en début de traitement antidépresseur | - Proscrire alcool (selon prescription) | - Neuroleptiques : sécheresse buccale, constipation, photosensibilité<br>- Antidépresseurs : sécheresse buccale, constipation, modification de l’humeur |
À retenir : L’aide-soignant collabore avec l’infirmier sous sa responsabilité, en surveillant les effets des traitements, en respectant les limites de sa formation, et en transmettant immédiatement toute anomalie constatée.
Gestion des risques et erreurs médicamenteuses
1. Délégation et collaboration
- Collaboration : aide sans transfert de responsabilité.
- Délégation : transfert de responsabilité à la personne qui réalise l’acte à la place du délégataire.
| Acte | Responsable légal selon CSP |
|---|---|
| Préparation des médicaments | Infirmier(e) (Article R4311-7 et R4312-29) |
| Distribution des médicaments | IDE, AS, AP, AMP (Article R4311-4) |
- La préparation des médicaments est compétence exclusive de l’infirmière.
- La distribution peut être réalisée par différents professionnels, souvent dans le cadre d’une collaboration.
- L’aide-soignant(e) intervient dans la distribution associée à l’aide à la prise, en accompagnant le résident dans les actes de la vie courante (circulaire 4 juin 1999).
2. Risques liés au médicament lors de la distribution
-
Il est indispensable de connaître et d’expliquer au patient :
- La forme galénique du médicament,
- La voie d’administration,
- Le mode de prise.
-
Risques en cas de mauvaise voie d’administration ou mode de prise :
- Diminution ou absence d’efficacité,
- Dangerosité (brûlures cutanées, traumatismes),
- Risque de surdosage (manifestations : somnolence, coma, décès, lésions fonctionnelles/organique).
3. Erreurs médicamenteuses
- Toute erreur doit être signalée immédiatement.
- En cas d’erreur, appeler l’infirmier(e), et si non joignable, le 15 pour avis médical.
- La prévention repose sur la vigilance, la vérification rigoureuse et le respect des procédures.
4. Responsabilité professionnelle
- Chaque professionnel est responsable des actes qu’il accomplit.
- L’aide-soignant(e) agit sous la responsabilité de l’infirmier(e).
- Exemples de responsabilité :
- Erreur de préparation par l’aide-soignant(e) → responsabilité de l’infirmier(e) (préparation exclusive IDE).
- Erreur de distribution (ex : erreur de patient) → responsabilité partagée entre IDE et AS.
À retenir : L’aide-soignant(e) ne doit jamais réaliser un acte hors de son champ de compétences.
5. Conclusion essentielle
- Le médicament est un outil thérapeutique scientifique et réglementé.
- L’aide-soignant(e) a un rôle clé dans la prise en charge médicamenteuse, notamment dans :
- La distribution,
- L’aide à la prise,
- La surveillance des traitements.
- Respect strict du champ de compétences pour éviter les erreurs et les responsabilités engagées.
- Savoir dire « non » en cas de demande hors compétences, en expliquant pourquoi.
6. Sources principales
- Code de la Santé Publique (CSP)
- Fédération Nationale des Associations d’Aide-Soignants (FNAAS)
- HAS : guide de sécurisation de l’administration des médicaments
- OMEDIT, Assurance Maladie, Légifrance