Les immobilisations corporelles acquises à titre onéreux
1. Définition des immobilisations corporelles acquises à titre onéreux
Selon l'article 211-6 du PCG, une immobilisation corporelle est un actif physique détenu pour être utilisé dans la production, la fourniture de biens ou services, la location à des tiers, ou à des fins de gestion interne, et dont l’utilisation est prévue au-delà de l’exercice en cours.
Les immobilisations corporelles sont évaluées à leur valeur d’entrée dans le patrimoine au coût d’acquisition.
2. Composition du coût d’acquisition
Le coût d’acquisition est la somme des éléments suivants :
| Éléments du coût d’acquisition | Description |
|---|---|
| Prix convenu net hors taxes | Prix d’achat diminué des taxes récupérables, rabais, remises, ristournes, escomptes |
| Droits de douane et TVA non récupérable | Taxes non récupérables liées à l’acquisition |
| Frais accessoires | Coûts directement engagés pour mettre l’actif en état de fonctionner (transport, montage, essais, honoraires, préparation du site, démolition, etc.) |
| Coût de démantèlement, enlèvement et restauration | Estimations des coûts futurs de remise en état du site (démantèlement, dépollution) |
Les frais de formation liés à la mise en service peuvent être soit activés dans le coût d’acquisition, soit comptabilisés en charges (option).
3. Règles spécifiques sur les coûts de remise en état
- Inclusion obligatoire des coûts de démantèlement et de remise en état dans le coût d’acquisition si l’obligation est immédiate (ex : démantèlement d’une plateforme pétrolière).
- En cas de dégradation progressive (ex : exploitation d’une carrière), ces coûts ne sont pas activés.
- Une provision pour remise en état est constituée au passif pour couvrir ces coûts.
4. Exemple simplifié de calcul du coût d’acquisition
| Poste | Montant (€) |
|---|---|
| Prix d’achat TTC | 24 000 |
| TVA récupérable | -4 000 |
| Remise 5% | -1 000 |
| Escompte 2,5% | -475 |
| Frais de transport HT | +1 000 |
| Montage (main d’œuvre interne) | +800 |
| Matières consommées pour essais | +720 |
| Main-d’œuvre essais | +600 |
| Moins vente des produits d’essais | -340 |
| Coût d’acquisition total | 21 305 |
5. Comptabilisation des immobilisations en cours et en service
- Pendant la phase d’acquisition et de mise en service, les coûts sont enregistrés dans le compte 231 Immobilisations corporelles en cours.
- À la mise en service, le compte 231 est soldé et le coût total est transféré dans le compte d’immobilisation définitif (ex : 215 Matériel et outillage).
- Les coûts internes liés à la production immobilisée sont transférés via le compte 722 Production immobilisée.
6. Frais d’acquisition
Les frais d’acquisition comprennent :
- Droits de mutation
- Honoraires (notaire, architecte)
- Commissions et frais d’actes
Ils sont inclus dans les frais accessoires et donc dans le coût d’acquisition, mais peuvent aussi être comptabilisés en charges (option).
7. Coûts d’emprunts
a) Principes
- Les coûts d’emprunts peuvent être activés dans le coût de l’actif si l’actif est éligible.
- Actifs éligibles : immobilisations corporelles, incorporelles et stocks nécessitant une longue période de préparation ou construction (plus de 12 mois selon le CGI).
- Coûts financiers concernés : intérêts, différences de change, amortissement des primes d’émission ou de remboursement.
- La période d’incorporation des coûts d’emprunts s’étend de la phase de production jusqu’à la mise en service.
b) Traitements possibles
| Traitement | Description |
|---|---|
| Charges immédiates | Comptabilisation des intérêts en charges au cours de l’exercice où ils sont encourus |
| Activation dans le coût | Inclusion des coûts d’emprunts dans le coût de l’actif, à amortir ensuite |
Le choix de la méthode doit être appliqué de manière permanente et mentionné en annexe.
8. Synthèse des règles clés
La valeur d’entrée d’une immobilisation corporelle acquise à titre onéreux correspond au coût d’acquisition, incluant le prix net hors taxes, les droits non récupérables, les frais accessoires nécessaires à la mise en service, ainsi que les coûts de remise en état du site si l’obligation est immédiate.
9. Schéma simplifié de comptabilisation
| Étape | Compte débit | Compte crédit |
|---|---|---|
| Réception facture | 231 Immobilisations en cours | 404 Fournisseurs |
| TVA déductible | 44562 TVA déductible sur immobilisations | |
| Mise en service | 215 Immobilisations corporelles | 231 Immobilisations en cours |
| Transfert coûts internes | 215 Immobilisations corporelles | 722 Production immobilisée |
Les immobilisations produites par l'entreprise pour elle-même
1. Les immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même
Les immobilisations corporelles produites par l’entreprise sont évaluées à leur coût de production lors de leur entrée dans le patrimoine.
a) Composition du coût de production
Le coût de production comprend :
- Le coût des approvisionnements : coût d’acquisition des matières consommées pour la production.
- Les charges directes de production : main-d’œuvre, énergie, etc., directement liées à la fabrication.
- Les charges indirectes de production : frais généraux liés à la production.
- Optionnellement, les coûts d’emprunt : intérêts sur emprunts contractés pour financer la production, sous conditions.
Les coûts d’emprunt incorporés sont ajoutés à l’actif au débit, avec un crédit au compte de charges financières (compte 669 ou compte de charge initial). En principe, ils ne comportent pas de TVA.
b) Exemple d’incorporation des coûts d’emprunt
- Emprunt : 20 000 € à 4 % du 01/04/N au 31/12/N (9 mois).
- Coût d’emprunt = .
- Coût total de production = 25 000 € + 40 000 € + 600 € = 65 600 €.
Écriture comptable au 31/12/N :
| Compte | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 215 ITMOI (immobilisations) | 65 600 | |
| 722 Production immobilisée | 65 000 | |
| 669 Charges financières | 600 |
L’incorporation des coûts d’emprunt est rarement appliquée en raison de conséquences fiscales défavorables.
2. Éléments exclus du coût d’acquisition
Ne font pas partie du coût d’acquisition :
- Frais non directement attribuables à la mise en état de fonctionnement (ex. : essais après mise en service, frais de formation).
- Coûts administratifs généraux (sauf s’ils sont exclusivement liés à l’achat).
- Coûts de démantèlement futurs.
3. Acquisition conjointe de plusieurs biens
Lorsqu’un ensemble de biens est acquis pour un coût global, il faut ventiler ce coût entre les biens individualisables.
- Si les biens sont individualisables, on répartit le coût global selon leur valeur respective.
- Sinon, on évalue un ou plusieurs biens par référence à un prix de marché ou forfaitairement, et la valeur du bien restant est la différence.
Exemple :
- Prix global : 1 200 000 € + frais d’acquisition (4 000 € + 32 000 € + 840 €) = 1 236 840 €.
- Valeur terrain estimée : 300 000 €.
- Frais d’acquisition ventilés au prorata :
- Valeur d’entrée terrain = 300 000 + 9 210 = 309 210 €.
- Valeur d’entrée construction = 1 236 840 – 309 210 = 927 630 €.
4. Enregistrement par composants
a) Définition et conditions
Un composant est un élément d’une immobilisation corporelle qui :
- A une durée d’utilisation propre différente de la structure.
- Est remplacé régulièrement ou procure des avantages économiques selon un rythme différent.
Caractère significatif du composant si :
- Valeur ≥ 500 €,
- Valeur ≥ 15 % de l’ensemble (biens meubles) ou ≥ 1 % (biens immeubles),
- Importance pour l’activité de l’entreprise.
Les composants sont enregistrés dans des sous-comptes spécifiques liés à l’immobilisation principale.
b) Catégories de composants
| Catégorie | Description | Fiscalité |
|---|---|---|
| Composants de première catégorie | Éléments remplacés régulièrement pendant la durée d’utilisation de la structure | Déductibles fiscalement |
| Dépenses de gros entretiens | Programmes pluriannuels de grosses réparations ou grandes révisions | Non déductibles fiscalement |
5. Amortissement par composant
- Chaque composant est amorti selon sa propre durée et mode d’amortissement.
- Un plan d’amortissement est établi pour la structure et pour chaque composant.
- Si structure et composants sont indissociables, un plan unique est utilisé.
Exemple :
- Machine à laver coût total : 300 000 € (dont 50 000 € moteur).
- Durée d’utilisation machine : 10 ans.
- Durée moteur : 5 ans.
Calcul des annuités :
Écriture au 31/12/N :
| Compte | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 6811 Dotations aux amortissements | 35 000 | |
| 2815401 Amortissement – Structure | 25 000 | |
| 2815402 Amortissement – Moteur | 10 000 |
6. Traitement des dépenses de gros entretiens
Deux hypothèses :
| Hypothèse | Traitement comptable |
|---|---|
| 1. Dépenses constituent un composant | Enregistrées en composant à l’entrée, amorties selon leur durée propre. |
| 2. Dépenses font l’objet d’une provision | Provision constituée annuellement au prorata, charges constatées en dotations aux provisions. |
Exemple (hypothèse 1) :
- Dépenses grandes révisions : 10 000 € tous les 4 ans.
- Valeur structure ajustée : 250 000 – 10 000 = 240 000 €.
- Amortissements annuels :
Écriture au 31/12/N :
| Compte | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 6811 Dotations aux amortissements | 36 500 | |
| 2815401 Amortissement – Structure | 24 000 | |
| 2815402 Amortissement – Moteur | 10 000 | |
| 2815403 Amortissement – Grandes révisions | 2 500 |
Exemple (hypothèse 2) :
- Provision pour gros entretiens : .
- Dotation aux provisions comptabilisée en charge.
Écritures au 31/12/N :
| Compte | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 6811 Dotations aux amortissements | 35 000 | |
| 2815401 Amortissement – Structure | 25 000 | |
| 2815402 Amortissement – Moteur | 10 000 | |
| 6815 Dotations aux provisions d’exploitation | 2 500 | |
| 1525 Provisions pour gros entretiens | 2 500 |
Les biens immobilisés acquis à titre gratuit et cas particuliers
1. Les biens immobilisés acquis à titre gratuit
- Définition : Biens reçus sans contrepartie (monétaire ou non), comptabilisés à leur valeur vénale (PCG, art. 321-4).
- Particularité : Dérogation à la méthode du coût historique, la contrepartie est enregistrée en produit.
2. Cas particuliers
a) Les ensembles immobiliers
- Le coût d’acquisition d’un ensemble immobilier (terrain + construction) doit être ventilé entre :
- Compte 211 : Terrain (non amortissable)
- Compte 213 : Construction (amortissable)
- La valeur du terrain est déterminée par :
- Évaluation d’expert,
- Répartition dans l’acte notarié,
- Prix de marché comparable.
b) La TVA non récupérable
- Assujetti partiel : entreprise réalisant des opérations à la fois soumises et hors champ de la TVA.
- Redevable partiel : entreprise réalisant uniquement des opérations dans le champ de la TVA, mais à la fois soumises et exonérées.
- Depuis le 1er janvier 2008, la TVA sur un bien est déductible au prorata du coefficient de déduction.
Calcul du coefficient de déduction
| Coefficient | Définition |
|---|---|
| Assujettissement | Proportion d’utilisation du bien pour opérations imposables (0 à 1) |
| Taxation | Proportion des opérations imposables ouvrant droit à déduction (prorata de déduction) |
| Admission | Dépend de la réglementation (ex : véhicules de tourisme exclus → 0, sinon 1) |
- Chaque coefficient est arrondi à la 2e décimale par excès.
- Exemple : si , coefficient arrondi à 0,62.
Application
- La valeur d’entrée du bien = Prix HT + TVA non déductible (TVA × (1 - coefficient de déduction)).
c) Biens acquis moyennant paiement de rentes viagères
- Comptabilisés pour la valeur résultant du contrat ou estimation.
- La contrepartie est inscrite au passif en compte 1685 Rentes viagères capitalisées.
- En cas de décès prématuré du crédirentier, extinction de la dette = produit exceptionnel.
- En cas de prolongation, les paiements sont des charges exceptionnelles.
d) Immobilisations acquises en devises étrangères
- Le taux de conversion est celui à la date d’entrée dans le patrimoine.
- Effet de couverture de change et frais associés peuvent être intégrés au coût d’acquisition (règlement ANC n°2015-05).
- Acquisitions intracommunautaires : TVA exigible à la réception de la facture.
- Importations : TVA perçue à la douane, exigible au dédouanement, calculée sur la valeur en douane.
À retenir : Les biens acquis à titre gratuit sont comptabilisés à leur valeur vénale, tandis que la TVA non récupérable sur immobilisations est intégrée au coût d’entrée selon un coefficient de déduction calculé à partir de l’assujettissement, de la taxation et de l’admission.
La valeur d'inventaire et la valeur au bilan
1. La valeur d'inventaire
- Inventaire : relevé annuel (au moins tous les 12 mois) des quantités et valeurs des éléments d’actif.
- Chaque élément est évalué à sa valeur nette comptable (VNC), sauf si la valeur actuelle est notablement inférieure, auquel cas c’est cette dernière qui est retenue.
- Valeur nette comptable (VNC) = valeur brute (valeur d’entrée) – amortissements – dépréciations.
- La valeur actuelle, la valeur vénale et la valeur d’usage sont des notions clés pour l’évaluation (définitions dans la section 3 du chapitre 1).
La valeur d’inventaire est la valeur retenue à la date de l’inventaire, reflétant la valeur la plus prudente entre VNC et valeur actuelle.
2. La valeur au bilan
a) Biens à utilisation déterminable
- Ces biens perdent normalement leur potentiel de service avec le temps, l’usage, ou l’évolution technique.
- La valeur au bilan est la valeur comptable nette (valeur d’entrée amortie).
- Si la valeur actuelle est notablement inférieure à la valeur comptable nette, on retient la valeur actuelle.
- À chaque clôture, l’entreprise doit rechercher un indice de perte de valeur (exemples : baisse de marché, obsolescence, dégradation).
- En présence d’un indice, un test de dépréciation compare VNC et valeur actuelle.
- Si valeur actuelle < VNC, on comptabilise une dépréciation qui ajuste la base amortissable.
b) Biens à utilisation non déterminable
- Valeur brute = valeur d’entrée.
- On applique le principe de prudence :
- Plus-values entre valeur actuelle et valeur d’entrée ne sont pas comptabilisées.
- Moins-values sont comptabilisées sous forme de dépréciations.
- Exemples : terrains, droits au bail, fonds de commerce, marques (non amortissables).
La valeur au bilan reflète la prudence comptable : on ne valorise pas au-delà de la valeur d’entrée, mais on prend en compte les pertes de valeur.
3. Les amortissements
a) Définition
- L’amortissement est la répartition systématique du montant amortissable d’un actif en fonction de son utilisation (PCG art. 214-4).
- Il traduit la consommation des avantages économiques futurs liés à l’actif.
- Le montant amortissable = valeur brute – valeur résiduelle.
- La valeur brute = valeur d’entrée ou valeur de réévaluation.
- La valeur résiduelle = montant net des coûts de sortie attendu à la fin de l’utilisation.
- L’amortissement peut être calculé en unités de temps ou unités d’œuvre (ex : km, quantités produites).
- L’amortissement n’est pas la récupération d’un coût, mais la constatation d’une consommation.
b) Actifs amortissables
| Type d’actif | Amortissable ? | Remarques |
|---|---|---|
| Immobilisations incorporelles | Oui, sauf droit au bail, fonds de commerce, marques (durée indéterminée) | Deviennent amortissables si durée déterminée |
| Immobilisations corporelles | Oui, sauf terrains (sauf terrains de gisements) | Terrains de gisements amortis |
| Immobilisations financières | Non |
- Un actif est amortissable si sa durée d’utilisation est limitée.
- La durée d’utilisation est déterminée par des critères physiques, techniques, juridiques ou économiques.
- Si plusieurs critères s’appliquent, on retient la durée la plus courte.
- La durée d’utilisation doit être documentée.
- Les actifs à durée d’utilisation non limitée ne sont pas amortis mais soumis à test de dépréciation.
L’amortissement reflète la consommation économique d’un actif sur sa durée d’utilisation limitée, tandis que la valeur au bilan intègre la prudence en ajustant la valeur nette comptable selon la valeur actuelle et les pertes de valeur éventuelles.
Les amortissements
1. Taux d’amortissement
- Fixés par le chef d’entreprise selon usages, expérience, conditions d’utilisation et obsolescence.
- Durées usuelles (taux linéaires) :
| Type de bien | Durée (ans) | Taux linéaire (%) |
|---|---|---|
| Bâtiments commerciaux/habitation | 20 à 50 | 5 à 2 |
| Bâtiments industriels | 20 | 5 |
| Ouvrages d’art et mobilier | 10 | 10 |
| Matériel industriel | 5 à 10 | 20 à 10 |
| Matériel de bureau/outillage | 5 à 10 | 20 à 10 |
| Automobiles et matériel roulant | 4 ou 5 | 25 à 20 |
- Annuités révisables si conditions d’exploitation changent.
- Amortissements minimaux obligatoires chaque année (C. com., art. L. 123-20).
- Fiscalement, la durée d’utilisation retenue est celle des usages professionnels.
- L’administration fiscale publie une liste des taux admis, avec une tolérance de ±20 %.
2. Méthodes de calcul des amortissements
a) Amortissement linéaire
- Base : valeur d’entrée – valeur nette résiduelle.
- Taux : où = durée d’utilisation en années.
- Annuité constante chaque année.
- Première annuité calculée prorata temporis en nombre de jours à partir de la mise en service.
- Hypothèses : utilisation uniforme et obsolescence régulière.
L’amortissement linéaire commence à la mise en service du bien.
b) Amortissement dégressif
- Applicable aux biens d’équipement neufs ou fabriqués, durée ≥ 3 ans (sauf immeubles, chantiers, locaux).
- Base : valeur nette comptable en début de période.
- Taux : taux linéaire × coefficient dégressif (selon durée de vie et date d’acquisition).
| Durée probable de vie | Coefficient avant 2001 | Coefficient après 2001 | Coefficient 2008-2009 |
|---|---|---|---|
| 3 ou 4 ans | 1,5 | 1,25 | 1,75 |
| 5 ou 6 ans | 2 | 1,75 | 2,25 |
| > 6 ans | 2,5 | 2,25 | 2,75 |
- Première annuité prorata temporis en nombre entier de mois (mois d’acquisition compté entier).
- Annuités décroissantes : fortes au début, faibles ensuite.
- En fin de période, passage au linéaire si amortissement dégressif devient inférieur au linéaire.
- Toute année civile entamée compte pour 1 année.
- Exemple : un bien à 100 000 € amorti sur 5 ans avec taux dégressif 35 %.
| Année | Base amortissable (€) | Amortissement (€) | Méthode appliquée |
|---|---|---|---|
| 1 | 100 000 | 35 000 | Dégressif |
| 2 | 65 000 | 22 750 | Dégressif |
| 3 | 45 250 | 14 787,5 | Dégressif |
| 4 | 30 462,5 | 15 231,25 | Linéaire (taux 50 %) |
| 5 | 15 231,25 | 15 231,25 | Linéaire |
3. Amortissements dérogatoires
a) Définition
- Amortissements comptabilisés en application de textes particuliers, ne correspondant pas à une dépréciation économique réelle.
- Utilisés pour bénéficier d’avantages fiscaux.
- Comptabilisés au passif du bilan dans le compte 145 (Amortissements dérogatoires), catégorie provisions réglementées.
b) Comptabilisation
| Moment | Compte débit | Compte crédit |
|---|---|---|
| À la création | 687. Dotations aux amortissements et provisions – Charges exceptionnelles | 145. Amortissements dérogatoires |
| À la reprise | 145. Amortissements dérogatoires | 787. Reprise d’amortissements et provisions – Charges exceptionnelles |
- En résultat, amortissements dérogatoires inscrits en charges exceptionnelles (compte 68725).
- Amortissements économiques inscrits en charges d’exploitation (compte 681).
Un même bien peut faire l’objet simultanément d’un amortissement économique (charge d’exploitation) et d’un amortissement dérogatoire (charge exceptionnelle).
Les dépréciations
1. Les dépréciations
a) Définitions clés
- Amortissement économique : amortissement correspondant à une diminution de valeur justifiée économiquement, reflétant la consommation réelle des avantages économiques de l’immobilisation.
- Amortissement dérogatoire : amortissement ne correspondant pas à une diminution de valeur justifiée économiquement, mais pratiqué pour bénéficier d’avantages fiscaux légaux.
b) Traitement comptable d’un amortissement dérogatoire (exemple)
- Immobilisation achetée 600 000 €, amortie linéairement sur 6 ans (100 000 €/an).
- Amortissement exceptionnel dérogatoire la 1re année : 125 000 € en plus.
- Dotation aux amortissements au 31/12/N = 225 000 € (100 000 € charges d’exploitation + 125 000 € charges exceptionnelles).
| Comptes de situation | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 21 Immobilisations corporelles | 600 000 | |
| 281 Amortissements | 100 000 | |
| 145 Amortissements dérogatoires | 125 000 |
| Comptes de gestion | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 681 Dotations aux amortissements (charges d’exploitation) | 100 000 | |
| 687 Dotations aux amortissements (charges exceptionnelles) | 125 000 |
c) Réintégration progressive des amortissements dérogatoires
- Sur 5 ans, amortissement économique constant à 100 000 €.
- Réintégration annuelle de 1/5 des amortissements dérogatoires (25 000 €) en produits exceptionnels (compte 787).
- Le compte 145 est soldé au bout de 5 ans.
| Comptes de situation au 31/12/N+1 | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 145 Amortissements dérogatoires | 25 000 | |
| 281 Amortissements | 100 000 |
| Comptes de gestion | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|
| 681 Dotations aux amortissements (charges d’exploitation) | 100 000 | |
| 787 Reprises sur provisions (produits exceptionnels) | 25 000 |
d) Impact sur les documents de synthèse
| Poste bilan (31/12/N) | Montant (€) |
|---|---|
| Immobilisations corporelles | 600 000 |
| Amortissements | (100 000) |
| Provisions réglementées | 125 000 |
| Valeur nette comptable | 500 000 |
| Résultat de l’exercice (charges) | (225 000) |
| Poste bilan (31/12/N+1) | Montant (€) |
|---|---|
| Immobilisations corporelles | 600 000 |
| Amortissements | (200 000) |
| Provisions réglementées | 100 000 |
| Valeur nette comptable | 400 000 |
| Résultat de l’exercice (charges) | (75 000) |
e) Rappel sur le plan d’amortissement
- Définition : tableau mesurant la consommation dans le temps des avantages économiques d’une immobilisation.
- Formule fondamentale :
- En général, amortissement linéaire sur la durée probable d’utilisation, avec valeur résiduelle nulle sauf si significative et mesurable.
- La durée d’amortissement doit refléter la durée réelle d’utilisation prévue.
- Le mode d’amortissement doit traduire le rythme de consommation des avantages économiques.
- Le mode linéaire est appliqué par défaut.
f) Modification du plan d’amortissement
Deux causes principales :
| Cause | Effet |
|---|---|
| 1. Modification significative de l’utilisation prévue | Révision prospective du plan, ajustement du taux d’amortissement pour les exercices futurs. |
| 2. Modification de la base amortissable | Ajustement de la base (augmentation ou diminution) ; impact sur les annuités futures. |
g) Exemple de modification significative de la durée d’utilisation
- Machine achetée 42 000 €, durée initiale 5 ans, amortissement linéaire.
- Au 31/12/N+2, durée révisée à 4 ans.
- Annuités recalculées pour répartir la valeur nette restante sur la nouvelle durée.
h) Exemple de modification de la base amortissable
- Machine achetée 49 000 €, durée 7 ans, amortissement linéaire.
- Au 01/01/N+3, investissement supplémentaire de 12 000 € pour amélioration.
- Nouvelle base d’amortissement :
- Nouvelle annuité à partir de N+3 :
À retenir : L’amortissement dérogatoire est un amortissement fiscal sans justification économique, comptabilisé en charges exceptionnelles et réintégré progressivement en produits exceptionnels sur plusieurs exercices.
L'évaluation d'une immobilisation corporelle à la sortie
1. Évaluation d'une immobilisation corporelle à la sortie
Lors de la sortie d'une immobilisation corporelle, il faut comptabiliser :
- La sortie du bien : annulation de sa valeur au bilan par le débit du compte 657 "Valeurs comptables des immobilisations incorporelles et corporelles cédées".
- Le produit de cession : enregistré au crédit du compte 757 "Produits des cessions d’immobilisations incorporelles et corporelles".
En cas de démolition, destruction ou mise hors service, la sortie est enregistrée avec un prix de cession nul ou pour le montant de l’indemnisation reçue.
a) Étapes clés pour l’évaluation comptable à la sortie
- Compléter l’amortissement jusqu’à la date de cession (amortissement prorata temporis).
- Constater la valeur comptable nette (valeur brute – amortissements cumulés) de l’immobilisation.
- Enregistrer le produit de cession (prix de vente hors taxes).
- Reprendre les amortissements dérogatoires et/ou dépréciations liés à ce bien.
- Porter au résultat la part de subvention non encore reprise sur ce bien.
b) Exemple d’écriture comptable de cession (machine cédée le 01/07/N)
| Date | Compte | Débit (€) | Crédit (€) |
|---|---|---|---|
| 01/07/N | 512 Banques | 2 400 | |
| 01/07/N | 44571 TVA collectée | 400 | |
| 01/07/N | 757 Produits de cessions | 2 000 | |
| 01/07/N | 28183 Amortissements | 1 600 | |
| 01/07/N | 657 Valeur comptable des actifs | 900 | |
| 01/07/N | 2183 Matériel et outillage | 2 500 |
- Prix de cession HT : 2 000 €
- Valeur brute : 2 500 €
- Amortissements cumulés : 1 600 €
- Valeur comptable nette : 900 €
À retenir : La valeur comptable nette à enregistrer au compte 657 correspond à la valeur brute diminuée des amortissements cumulés jusqu’à la date de sortie. Le produit de cession est enregistré au compte 757.