Introduction et définitions du secourisme
1. Objectif général du cours
Après la formation, l’élève doit être capable d’assurer les premiers secours en cas d’urgence vitale ou fonctionnelle avec des mesures simples, non médicales, souvent seul et sans matériel.
2. Définition du secourisme
Le secourisme est l’ensemble de moyens pratiques et thérapeutiques simples mis en œuvre immédiatement pour porter secours aux personnes en danger et leur donner les premiers soins.
- Le secouriste prodigue des soins d’urgence simples mais essentiels en attendant des secours plus compétents.
- Il sait :
- Écarter la foule,
- Examiner un blessé,
- Prévenir les secours publics,
- Donner les premiers soins avant transport hospitalier,
- Réaliser des gestes précis avec les moyens disponibles,
- Connaître ses limites pour ne pas aggraver la situation.
3. Règles essentielles d’intervention et mesures de sécurité en cas d’accident
| Règle | Description |
|---|---|
| 1. Se maîtriser | Garder calme, contrôler ses émotions, gestes et paroles avec tact et méthode. |
| 2. Éviter le sur-accident | Protéger soi-même, les témoins, l’environnement et la victime pour ne pas aggraver la situation. |
| 3. Faire un bilan de la situation | Identifier ce qui s’est passé, nombre et état des victimes, vérifier conscience et état cardio-pulmonaire. |
| 4. Appeler les secours (112) | Numéro unique européen pour un gain de temps dans la transmission des informations. |
À retenir : Le secouriste est le premier maillon de la chaîne de secours, capable d’intervenir rapidement avec des gestes simples pour sauver une vie.
Règles essentielles d'interventions et mesures de sécurité
1. Règles essentielles d'interventions
-
Informer les secours en précisant :
- Type d’accident
- Lieu précis (adresse complète, étage, sens de circulation, environnement particulier)
- Coordonnées (nom, numéro de téléphone d’appel)
- Nombre de victimes
- Âge approximatif (adulte, enfant, bébé)
- État des victimes
- Gestes de secours déjà effectués
- Cas particuliers (intoxication au CO, victime coincée, etc.)
-
Suivre les consignes données par les secours, qui peuvent guider à distance.
-
Raccrocher uniquement sur indication de l’opérateur.
2. Précautions à respecter
- Aborder les victimes avec douceur et éviter les manipulations inutiles (risque de complications, notamment en cas de traumatisme).
- Ne pas ôter le casque d’un motard (manœuvre réservée aux professionnels).
- Ne pas donner à boire ou à manger pour ne pas retarder les traitements.
3. La conscience et l’inconscience : notions clés du système nerveux
a) Composition du système nerveux
| Partie | Description et rôle principal |
|---|---|
| Système nerveux central | Encéphale (cerveau, tronc cérébral, cervelet) + moelle épinière |
| Système nerveux périphérique | Nerfs assurant la vie de relation (sensitif et moteur) |
| Système nerveux autonome | Contrôle inconscient des fonctions vitales (respiration, circulation, digestion) |
b) Le système nerveux central
-
Encéphale : protégé par la boîte crânienne, méninges et liquide céphalo-rachidien.
- Cerveau (1200 g) : siège de la pensée, motricité volontaire, sensibilité consciente, intelligence, personnalité, vigilance.
- Tronc cérébral : relie cerveau et moelle épinière, commande automatique des fonctions vitales (respiration, circulation, thermorégulation).
- Cervelet : coordination des mouvements et équilibre.
-
Moelle épinière : conduit les informations entre encéphale et périphérie, protégée par la colonne vertébrale.
c) Le système nerveux périphérique
- Composé de fibres :
- Sensitives : transmettent sensations tactiles, thermiques, douloureuses.
- Motrices : transmettent les ordres du cerveau aux muscles.
d) Le système nerveux autonome
| Système | Fonction principale |
|---|---|
| Sympathique | Réaction en situation de stress ou crise |
| Parasympathique | Fonctionnement au repos, récupération |
| Entérique | Contrôle la tonicité des sphincters et la sécrétion digestive |
e) Le système nerveux somatique
- Contrôle volontaire des muscles et des mouvements conscients.
À retenir : Le système nerveux contrôle toutes les fonctions vitales et la conscience ; son dysfonctionnement peut entraîner une altération de l’état de conscience.
La conscience et l'inconscience
1. Le système nerveux et la conscience
Le système nerveux est constitué de milliards de neurones (12 milliards environ), qui transmettent l'influx nerveux via des prolongements appelés dendrites et axone. Ces neurones forment des chaînes permettant de transmettre les informations du corps vers le cerveau (faisceau ascendant) et les ordres du cerveau vers le corps (faisceau descendant).
Le système nerveux est essentiel à toutes les fonctions du corps humain.
Un dysfonctionnement du système nerveux peut entraîner une altération de la conscience.
2. Définitions clés
| Notion | Définition |
|---|---|
| Conscience | État permettant à l'individu de synthétiser les informations reçues par le système nerveux et d'adapter sa réponse. Résulte de l'activité du cerveau, surtout du cortex cérébral. |
| Sommeil | État physiologique d'inconscience réversible à tout moment. |
| Inconscience | Altération du fonctionnement cérébral due à une souffrance diffuse du système nerveux central, entraînant une perte partielle ou totale de l'activité consciente et une perturbation des relations avec le monde extérieur. |
3. Signes d'inconscience
- Sommeil anormal
- Absence de réponse aux ordres simples
- Absence de réponse aux questions simples
- Impossibilité de réveiller la personne
4. Évaluation de l’état de conscience par le secouriste
Pour évaluer la conscience, le secouriste doit :
-
Donner des ordres simples et observer la réaction :
- « Madame, Monsieur ? »
- « Ouvrez les yeux »
- « Serrez-moi la main »
- « Tirez la langue »
-
Stimuler la victime :
- Secouer légèrement l’épaule
- Stimuler par le bruit (taper dans les mains au-dessus du visage)
- Stimuler par la douleur (pincer l’épaule) — contre-indiqué en cas de traumatisme
Si la victime ne réagit pas malgré ces stimulations, elle est considérée comme inconsciente.
À retenir : La conscience est l’état qui permet à une personne de percevoir son environnement et d’y répondre ; l’inconscience est une altération grave de cet état, nécessitant une prise en charge immédiate.
L'appareil respiratoire et circulatoire
1. Les éléments figurés du sang
| Type de cellule | Description | Rôle principal |
|---|---|---|
| Globules blancs (leucocytes) | Cellules avec un ou plusieurs noyaux. Deux types : mononucléaires (lymphocytes, monocytes) et polynucléaires (neutrophiles, basophiles, éosinophiles). | Défense de l’organisme contre les microbes. |
| Plaquettes (thrombocytes) | Fragments cellulaires. | Coagulation sanguine : formation du clou plaquettaire pour arrêter les petites hémorragies. |
2. Les vaisseaux sanguins
Le sang circule dans un réseau de vaisseaux formant un circuit complet.
| Type de vaisseau | Fonction | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Artères | Transportent le sang du cœur vers les organes. | Parois épaisses et élastiques, supportent la pression, pulsations perceptibles (poignet, carotide). Se ramifient en artérioles puis capillaires. |
| Veines | Transportent le sang des organes vers le cœur. | Parois plus fines et flexibles que les artères. Se forment par la réunion de veinules. |
| Capillaires | Lieu des échanges cellulaires (gaz, nutriments). | Très petits, paroi mince et filtrante, échanges gazeux (O₂ et CO₂). |
3. Le cœur
- Organe moteur de la circulation sanguine, situé dans la cage thoracique, entre les poumons.
- Double pompe musculaire séparée par le septum en deux parties (gauche et droite).
- Chaque partie comprend deux cavités :
- Oreillette (supérieure)
- Ventricule (inférieure)
- Les cavités sont séparées par des valvules cardiaques qui assurent la circulation unidirectionnelle du sang.
- Le battement cardiaque correspond à la fermeture des valvules.
4. Les circulations sanguines
| Circulation | Rôle principal | Trajet du sang |
|---|---|---|
| Petite circulation (pulmonaire) | Oxygéner le sang et éliminer le CO₂. | Ventricule droit → artères pulmonaires → capillaires pulmonaires (échanges gazeux) → veines pulmonaires → oreillette gauche. |
| Grande circulation (systémique) | Apporter l’oxygène aux cellules et éliminer les déchets. | Oreillette gauche → ventricule gauche → aorte → artères → capillaires des tissus → veines → veines caves → oreillette droite. |
5. Moyens de contrôle de l’appareil cardio-respiratoire
- Les systèmes respiratoire et circulatoire sont indissociables et vitaux.
- Leur bon fonctionnement est essentiel, toute défaillance affecte l’autre.
- Observation indispensable chez une victime :
| Critère | Signification |
|---|---|
| Coloration de la peau et muqueuses | Normale : couleur adaptée au type de peau. Anormale : pâle, grise, rouge, cyanosée (bleutée). |
À retenir : La peau et les muqueuses doivent être observées pour détecter une anomalie de la circulation ou de la respiration.
Contrôle des fonctions cardio-respiratoires et position latérale de sécurité
1. Contrôle des fonctions cardio-respiratoires
a) Fonction cardiaque : prise du pouls
-
Définition : Le pouls est la perception des battements du cœur via la pression sanguine dans les artères superficielles.
-
Points de palpation :
- Pouls périphérique : artère radiale (intérieur du poignet, au-dessus de la base du pouce).
- Pouls central : artère carotide interne (gorge, sous l’angle de la mâchoire).
-
Paramètres à évaluer :
- Rythme : rapide/lent, régulier/irrégulier.
- Force : bien frappé ou faible.
- Normes :
Sujet Fréquence normale (battements/min) Adulte 60 à 80 Enfant 80 à 100 Nouveau-né 140
-
Prise du pouls :
- Adulte/enfant : au niveau de l’artère carotide, tête en extension, doigts sur la pomme d’Adam puis glissés vers la carotide.
- Nourrisson : au niveau de l’artère brachiale, doigts sur la face interne du bras, pouce en contre-appui.
-
Absence de pouls = arrêt cardio-respiratoire (réanimation nécessaire).
b) Fonction respiratoire : observation et évaluation
- Critères à observer :
- Fréquence respiratoire : 12 à 18 mouvements/min chez l’adulte.
- Rythme : régulier ou irrégulier.
- Amplitude : superficielle, moyenne ou profonde.
- Plaintes éventuelles : étouffement, oppression.
- Prise de la fréquence : compter les mouvements thoraciques discrètement pour ne pas modifier la respiration.
c) Libération des voies aériennes
- Objectif : assurer le passage libre de l’air.
- Actions :
- Vérifier la bouche (corps étranger).
- Desserrer col, cravate, ceinture.
- Positionner la tête en extension.
- Technique :
- Adulte/enfant : main sur le front, doigts sous le menton, basculer doucement la tête en arrière.
- Nourrisson : menton relevé sans basculer la tête, position neutre (face parallèle au ciel).
d) Vérification de la respiration : méthode VES
- Voir : mouvements respiratoires au creux de l’estomac.
- Entendre : souffle respiratoire (normal ou anormal).
- Sentir : souffle sur la joue pendant 10 secondes.
- Interprétation :
- VES positif + victime inconsciente = perte de connaissance.
- VES négatif = arrêt respiratoire (réanimation nécessaire).
2. Position Latérale de Sécurité (PLS)
- But : éviter l’obstruction des voies aériennes par la langue chez une victime inconsciente qui respire.
- Avantages :
- Maintien des voies aériennes libres.
- Évacuation des vomissements vers l’extérieur.
- Indications :
- Victime inconsciente, qui respire et a un pouls perceptible.
- Victime qui vomit.
- Contre-indications :
- Traumatisme sévère (colonne vertébrale, crâne, col du fémur).
- Cas particulier : femme enceinte de plus de 6 mois → PLS côté gauche pour éviter compression veine cave inférieure.
a) Mise en place de la PLS
- Vérifier état de conscience (victime inconsciente).
- Vérifier fonction cardio-respiratoire (respiration et pouls présents).
- Éliminer obstacles à la respiration (bouche, col, ceinture).
- Préparer le retournement (agenouillé à côté de la victime).
À retenir : La PLS protège les voies aériennes des victimes inconscientes qui respirent, en évitant la chute de la langue et en facilitant l’évacuation des liquides.
Les hémorragies
1. Définition
- Hémorragie : écoulement de sang hors des vaisseaux sanguins, réduisant le volume sanguin circulant.
- Types d'hémorragies selon les vaisseaux : artérielle, veineuse, capillaire. Souvent mélangées en cas de blessure.
- Le secouriste ne cherche pas à identifier l'origine, mais à arrêter le saignement.
2. Pourquoi réagir face à une hémorragie ?
- Perte > ½ litre de sang = déséquilibre circulatoire, danger vital.
- Il faut stopper rapidement et efficacement l’hémorragie à la source.
- Seules les hémorragies externes peuvent être arrêtées efficacement par un secouriste.
3. Réactions de l’organisme face à une hémorragie importante
| Phénomène | Conséquence | Réaction de l’organisme | Symptômes observables |
|---|---|---|---|
| Perte de sang importante | Moins de sang au cœur | Contraction des vaisseaux | Pâleur, froid |
| Moins de sang oxygéné | Augmentation fréquence cardiaque | Pouls rapide, faible | |
| Moins d’oxygène aux tissus | Augmentation fréquence respiratoire | Respiration rapide, superficielle |
- Situation de pré-choc = détresse vitale.
- Perte d’1 litre de sang chez adulte = risque mortel.
- Si compensation insuffisante → état de choc.
- Rôle du secouriste : arrêter le saignement, surveiller la victime (fonction cardio-respiratoire, état de la peau), évaluer la perte sanguine.
À retenir : Arrêter le saignement est la priorité absolue pour éviter l’état de choc.
4. Comment faire face aux hémorragies ?
a) Hémorragie externe
Actions du secouriste :
- Localiser le saignement en se protégeant (gants).
- Compression directe sur la plaie avec un pansement stérile ou linge propre (pas d’ouate ni mouchoir).
- Surélever la partie qui saigne.
- Coucher la victime en surélevant les jambes (sauf suspicion de fracture).
- Surveiller pouls, respiration, éveil, coloration.
- Après 10 minutes de compression :
- Si saignement persiste → continuer la compression jusqu’aux secours.
- Si saignement arrêté ou diminué → appliquer un bandage compressif sans retirer le premier pansement ni désinfecter (ne pas faire de garrot).
b) Hémorragie externe incontrôlable
- Exemples : membre arraché, fracture ouverte, corps étranger, hémorragie massive.
- Ne jamais comprimer ni retirer un corps étranger.
- Intervention spécifique non détaillée ici.
5. Points clés
- Hémorragie = urgence vitale à traiter rapidement.
- Compression directe + surélévation + position adaptée sont les gestes essentiels.
- Surveillance constante de la victime jusqu’à l’arrivée des secours.
- Ne pas chercher à identifier le type de vaisseau, mais agir pour arrêter le saignement.
À retenir : Le secouriste agit pour arrêter l’hémorragie externe, protège la victime et alerte les secours.
L'état de choc
1. Définition de l'état de choc
L'état de choc est une défaillance grave du système circulatoire entraînant une diminution de l’apport sanguin aux tissus, provoquant une détresse cellulaire grave qui menace la vie en compromettant les fonctions vitales.
Le système circulatoire est un circuit fermé composé de :
- Pompe : le cœur
- Contenant : vaisseaux (artères, veines, capillaires)
- Contenu : sang
La perfusion des tissus dépend de la pression sanguine, maintenue par le cœur et la régulation du calibre des vaisseaux (vasodilatation/vasoconstriction).
Conditions pour une bonne perfusion :
- Cœur fonctionnel
- Volume sanguin suffisant et oxygéné
- Vaisseaux en bon état
2. Types de choc
Le secouriste doit distinguer au moins 3 types principaux de choc :
| Type de choc | Cause principale | Caractéristique clé |
|---|---|---|
| Choc hypovolémique | Diminution du volume sanguin (ex : hémorragie) | Perte de liquide sanguin |
| Choc cardiogénique | Défaillance du cœur | Cœur incapable de pomper efficacement |
| Choc de distribution | Mauvaise répartition du sang dans les vaisseaux | Vasodilatation excessive ou fuite sanguine |
3. Signes précurseurs de l'état de choc
- Pâleur, teint gris
- Sensation de froid, sueurs froides
- Pouls faible et rapide
- Respiration difficile et accélérée
- Changement de comportement (confusion, agitation)
4. Mesures de premiers secours en cas d'état de choc
- Libérer les voies respiratoires
- Mettre la victime au calme
- Positionner la victime en position de sécurité (allongée, jambes surélevées sauf en cas de traumatisme)
- Surveiller en continu : pulsations, respiration, coloration, état d’éveil
- Maintenir l’état d’éveil autant que possible
- Couvrir la victime pour éviter le refroidissement
À retenir : L’état de choc est une urgence vitale nécessitant une prise en charge rapide pour éviter la détresse cellulaire irréversible.
Les brûlures
1. Définition
Une brûlure est une lésion de la peau, plus ou moins étendue et profonde, causée par un agent physique (chaleur, électricité, froid extrême) ou chimique.
2. Anatomie de la peau
La peau est composée de 3 couches principales :
| Couche | Description et fonctions principales |
|---|---|
| Épiderme | Couche externe, formée de :<br>- Couche cornée (cellules mortes)<br>- Couche basale (cellules vivantes, germinatrices) |
| Derme | Contient :<br>- Racines des ongles et poils<br>- Glandes sébacées (sécrètent une substance huileuse protectrice)<br>- Glandes sudoripares (produisent la sueur, rôle thermorégulateur et excréteur)<br>- Terminaisons nerveuses sensibles à la chaleur, au froid, à la pression |
| Hypoderme | (non mentionné dans la portion fournie) |
3. Mécanismes et conséquences des brûlures
- Une brûlure peut entraîner une perte importante de plasma (liquide sanguin) surtout si elle est étendue.
- Cette perte provoque une diminution du volume circulant, donc une baisse du transport d’oxygène (O₂) vers les cellules.
- L’organisme réagit par :
- Tachycardie (cœur qui bat plus vite) pour compenser,
- Vasoconstriction des vaisseaux périphériques pour préserver l’irrigation des organes vitaux (pâleur, extrémités froides).
- Si la compensation échoue, cela peut conduire à un arrêt cardiaque et un état d’inconscience.
4. Types de choc liés aux brûlures
| Type de choc | Mécanisme principal | Signes clés | Conséquences principales |
|---|---|---|---|
| Choc hypovolémique | Perte importante de plasma (ex : brûlure étendue) | Tachycardie, pouls filant, pâleur, extrémités froides | Diminution de l’apport en O₂, arrêt cardiaque possible |
| Choc cardiogénique | Défaillance de la pompe cardiaque (ex : infarctus) | Pouls difficile à percevoir, douleur thoracique, dyspnée, sueurs | Arrêt cardiaque si non traité |
| Choc de distribution | Vasodilatation excessive (toxines, allergie) | Peau rouge, urticaire, démangeaisons, gonflement, vertiges | Diminution de la pression sanguine, tachycardie, arrêt cardiaque |
5. Reconnaître un état de choc (pré-choc)
-
Signes généraux :
- Peau pâle, grise ou marbrée, froide (choc hypovolémique et cardiogénique)
- Peau rouge et chaude (choc de distribution)
- Pouls faible, difficile à prendre, souvent accéléré (> 80/min)
- Respiration difficile ou accélérée
- Altération de l’état de conscience (somnolence anormale, difficile à réveiller)
- Comportement anormal (calme inhabituel ou agitation)
-
Facteurs aggravants :
- Froid (augmente la vasoconstriction, sauf dans le choc de distribution)
- Forte émotion (peur, stress)
- Douleur
6. Gestes à adopter en cas de pré-choc
- Couvrir la victime (sauf en cas de choc de distribution)
- Installer la personne au calme, la rassurer, éloigner les curieux
- Adapter les premiers secours selon le type de choc identifié
À retenir : Un état de choc est une urgence vitale pouvant évoluer vers un arrêt cardio-respiratoire. La reconnaissance rapide et la prise en charge adaptée sont cruciales.
Les traumatismes de l'appareil locomoteur
1. Les traumatismes de l'appareil locomoteur
a) Définitions clés
- Traumatismes de l'appareil locomoteur : blessures affectant les os, muscles, articulations, tendons et ligaments, souvent causées par un choc, une chute ou un accident.
- Douleur : signe principal d’un traumatisme, indiquant une lésion ou une inflammation.
- Œdème : gonflement dû à une accumulation de liquide dans les tissus.
- Déformation : modification anormale de la forme d’un membre ou d’une articulation.
2. Types de traumatismes
| Type | Description | Signes principaux | Risques associés |
|---|---|---|---|
| Entorse | Étirement ou déchirure des ligaments | Douleur, gonflement, mobilité réduite | Instabilité articulaire |
| Luxation | Déplacement permanent d’une articulation | Douleur intense, déformation visible | Lésions nerveuses ou vasculaires |
| Fracture | Rupture partielle ou totale d’un os | Douleur, déformation, impotence fonctionnelle | Hémorragie, infection, choc |
| Contusion | Choc sans rupture osseuse | Douleur, ecchymose, œdème | Hématome, risque d’infection |
3. Signes d’alerte à reconnaître
- Douleur intense et persistante
- Déformation visible ou mobilité anormale
- Œdème important et rapide
- Engourdissement ou perte de sensibilité
- Perte de fonction ou incapacité à bouger le membre
4. Premiers gestes de secours
- Sécuriser la victime : éviter tout mouvement brusque, protéger la zone blessée.
- Immobiliser la partie atteinte : utiliser une attelle ou un matériel rigide pour limiter les mouvements.
- Appliquer du froid : pour réduire la douleur et l’œdème (pas directement sur la peau).
- Surveiller l’état général : vigilance sur les signes de choc (pâleur, sueurs, faiblesse).
- Ne pas tenter de remettre en place une luxation ou une fracture.
- Appeler les secours si la blessure est grave ou si la victime présente des signes de choc.
5. Règles d’immobilisation
- Immobiliser l’articulation au-dessus et en dessous de la blessure.
- Maintenir le membre dans la position trouvée, sans forcer.
- Utiliser des matériaux disponibles (planche, bâton, vêtements roulés).
- Fixer l’attelle sans serrer pour ne pas gêner la circulation sanguine.
6. Complications possibles
- Choc hémorragique : en cas de fracture ouverte ou lésion vasculaire.
- Infection : surtout si la peau est rompue.
- Nécrose nerveuse : compression ou section des nerfs.
- Raideur articulaire : due à une immobilisation prolongée sans rééducation.
À retenir : En cas de traumatisme de l’appareil locomoteur, immobiliser sans déplacer, protéger la victime, et appeler les secours rapidement.
Les traumatismes crâniens
1. Les traumatismes crâniens
Un traumatisme crânien peut entraîner des lésions vasculaires, nerveuses et osseuses, parfois invisibles mais graves.
a) Signes possibles d’un traumatisme crânien
- Plaie, déformation, fragments osseux apparents, défoncement de la boîte crânienne
- Perte de sang par le nez, l’oreille ou la bouche
- Écoulement de liquide céphalo-rachidien (LCR)
- Hématome (ex. : « yeux au beurre noir »)
- Réactions anormales des pupilles (ex. : mydriase unilatérale)
- Vomissements en jet (atteinte du cervelet)
- Paralysie, vertiges, convulsions
- Somnolence, coma
Attention : l’absence de signes visibles n’exclut pas la gravité du traumatisme.
b) Conduite à tenir face à un traumatisme crânien
-
Surveillance rigoureuse
- État de conscience et éveil
- Fonction cardiaque (prise du pouls) et respiratoire
- Apparition de vomissements, céphalées, paralysie, paresthésie, amnésie, comportement anormal
- Écoulement de sang ou de liquide (laisser couler sans obstruer)
- En cas de plaie apparente, couvrir avec une compresse stérile ou un linge très propre sans toucher la plaie.
-
Positionnement de la victime
- Respecter l’alignement tête-cou-tronc (attention à la colonne cervicale)
- Si possible, relever la tête et le tronc à environ 30° dans un environnement calme.
-
Appel des secours
- Contacter le 112 rapidement pour une prise en charge spécialisée.
L'intoxication au monoxyde de carbone
1. L'intoxication au monoxyde de carbone (CO)
a) Généralités
- Le CO est un gaz inodore, incolore et insipide, responsable de la première cause de décès par intoxication en Belgique.
- Il résulte d'une combustion incomplète de combustibles fossiles ou organiques.
b) Sources principales de CO
| Sources | Exemples |
|---|---|
| Domestiques | Chauffage, production d'eau chaude, four, cuisinière (gaz, mazout, charbon, bois, pellets) |
| Gaz d’échappement | Circulation automobile, garage fermé |
| Autres | Tabac, industries, sources naturelles |
c) Absorption et élimination
- Le CO se fixe plus rapidement que l'oxygène sur l'hémoglobine, formant la carboxyhémoglobine, ce qui réduit le transport d'oxygène.
- Après arrêt de l'exposition, le CO s'élimine par l'air expiré en 3 à 4 heures pour réduire de moitié sa concentration.
d) Symptômes d’intoxication
- Peu spécifiques, souvent méconnus, nécessitent une vigilance selon le contexte (ex : malaise dans une salle de bain avec chauffe-eau au gaz).
- Signes fréquents :
- Maux de tête
- Teint rosé
- Malaise général, vertiges
- Nausées
- Faiblesse musculaire, difficulté à se déplacer
- Perte de connaissance, coma possible
e) Séquelles possibles
- Troubles neurologiques persistants : troubles de la mémoire, irritabilité, parfois irréversibles.
- Chez la femme enceinte, risque de malformations ou décès fœtal.
f) Conduite à tenir en cas de suspicion
- Assurer sa propre sécurité.
- Éviter tout risque d'accident (ne pas allumer de lampe).
- Aérer immédiatement le local.
- Appeler le 112.
- Arrêter l’appareil à l’origine si possible.
- Sortir la victime du local (le CO monte, donc ramper si nécessaire).
- Évaluer l’état de la victime.
- Agir en fonction de l’état clinique.
g) Prévention
- Installer un détecteur de CO.
- Assurer un entretien régulier et sécurisé des appareils de combustion.
- Maintenir une bonne aération des locaux.
L’intoxication au monoxyde de carbone est une urgence silencieuse : vigilance et prévention sont essentielles pour sauver des vies.
L'accident vasculaire cérébral
1. Définition et reconnaissance de l'accident vasculaire cérébral (AVC)
Un accident vasculaire cérébral (AVC) est une interruption brutale de la circulation sanguine dans le cerveau, provoquant une souffrance des cellules cérébrales.
2. Signes d’alerte immédiats
- Faiblesse ou paralysie soudaine d’un côté du corps (visage, bras, jambe)
- Troubles de la parole : difficulté à parler ou à comprendre
- Trouble de la vision : vision trouble ou perte partielle de la vue
- Mal de tête intense et brutal
- Perte d’équilibre, vertiges, troubles de la coordination
3. Bilan rapide à réaliser
- Observer les signes cliniques ci-dessus
- Questionner la victime ou l’entourage sur l’apparition des symptômes et leur durée
- Noter l’heure précise du début des symptômes (critique pour la prise en charge médicale)
4. Premiers gestes de secours
- Appeler immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112
- Installer la victime en position confortable, de préférence allongée avec la tête légèrement surélevée
- Ne pas donner à boire ni à manger
- Rassurer la victime, éviter tout mouvement brusque
- Surveiller la respiration et l’état de conscience en attendant les secours
À retenir : L’AVC est une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide pour limiter les séquelles.
5. Types d’AVC (à connaître)
| Type d’AVC | Cause principale | Caractéristique principale |
|---|---|---|
| AVC ischémique | Obstruction d’une artère cérébrale | Interruption du flux sanguin |
| AVC hémorragique | Rupture d’un vaisseau sanguin | Saignement dans le cerveau |
6. Risques et complications
- Séquelles motrices, sensitives ou cognitives
- Troubles du langage
- Coma ou décès en cas de retard de prise en charge
Les piqûres d'insectes
1. Les piqûres d'insectes
a) Symptômes à observer
-
Piqûres multiples : plus de 20 chez l’adulte, 4-5 chez l’enfant
→ Risque de réaction toxique avec :- fatigue
- vomissements
- diarrhée
- céphalées
- vertiges
- perte de connaissance possible
-
Personne allergique : signes d’alerte majeurs
- gonflement > 10 cm
- urticaire généralisé
- difficulté respiratoire
- angioedème
- malaise
b) Conduites à tenir
| Situation | Actions immédiates |
|---|---|
| Réaction toxique ou allergique grave | - Observer et surveiller la victime<br>- Placer en PLS (Position Latérale de Sécurité)<br>- Appeler le 112 (urgence vitale)<br>- Vérifier si la personne possède une seringue d’adrénaline et l’aider à l’utiliser si besoin |
| Piqûres simples | - Retirer le dard sans pincer (avec carte rigide ou ongle, parallèlement à la peau)<br>- Ne pas utiliser de pince à épiler (risque d’éclater la glande à venin)<br>- Surveiller l’évolution |
c) Prévention des piqûres
- Éviter les conduites à risque :
- marcher pieds nus
- laisser traîner boissons et aliments sucrés
- porter des couleurs vives ou du parfum
- faire des mouvements brusques pour chasser l’insecte
À retenir : Ne jamais pincer le dard avec une pince à épiler, utiliser un objet rigide pour le gratter latéralement afin d’éviter de libérer plus de venin.
Les conduites à tenir face aux malaises
1. Conduites à tenir face aux malaises
a) Principes généraux
- Sécurité : Éloigner les témoins et les objets dangereux pour éviter tout risque.
- Bilan : Observer la victime, questionner l’entourage, repérer les signes alarmants.
- Appel 112 : À faire rapidement, même si le malaise a été bref.
- Premiers soins :
- Installer la victime en position semi-assise.
- Éviter tout effort.
- Prendre les paramètres cardio-respiratoires : pulsations (rythme, fréquence, amplitude) et respiration (fréquence, rythme, amplitude).
2. Signes alarmants à repérer
| Catégorie | Signes clés |
|---|---|
| Troubles généraux | Fièvre, frissons, sueurs, douleurs |
| Troubles digestifs | Nausées, vomissements, diarrhées |
| Troubles de la conscience | Somnolence, vertiges, confusion, perte de connaissance momentanée |
| Troubles moteurs | Convulsions, troubles du langage, paralysie, perte de force |
| Troubles respiratoires | Détresse respiratoire, toux prolongée, douleur thoracique irradiant, sensation de palpitations |
| Troubles circulatoires | Pâleur, cyanose, membre froid |
À retenir : En cas de troubles intenses ou prolongés dans une de ces catégories, appeler le 112 et assurer les premiers soins.
3. Malaise convulsif : crise convulsive et crise d’épilepsie
a) Crise convulsive
- Définition : Phénomène paroxystique d’origine cérébrale, souvent lié à une fièvre chez l’enfant (convulsions fébriles).
- Signes observés :
- Regard dans le vide, révulsion oculaire.
- Tremblements ou contractions brusques et involontaires d’un ou plusieurs muscles/membres.
- Perte de conscience possible.
- Conduite à tenir :
- Ne pas maîtriser la victime.
- Dégager les voies respiratoires (enlever foulard, cravate).
- Ne rien mettre dans la bouche (risque d’obstruction ou de blessure).
- Placer en position latérale de sécurité (PLS) après la crise si la victime respire.
- Chez l’enfant, mesurer la fièvre et faire baisser la température si nécessaire (ne pas couvrir, linges humides).
b) Crise d’épilepsie
- Définition : Maladie neurologique chronique, crise due à des décharges électriques anormales dans le cerveau.
- Signes observés :
- Perte de conscience (pas toujours).
- Regard fixe, parfois arrêt respiratoire, peau cyanosée.
- Muscles crispés, convulsions.
- Écoulement de salive, ronflements, tête arquée en arrière.
- Perte d’urine, fatigue et irritation après la crise.
- Conduite à tenir (identique à la crise convulsive) :
- Ne pas maîtriser la victime.
- Dégager les voies respiratoires.
- Ne rien mettre dans la bouche.
- Placer en PLS après la crise si la victime respire.
4. Résumé des conduites en cas de malaise
- Sécuriser la zone et la victime.
- Observer attentivement et questionner l’entourage.
- Repérer les signes alarmants.
- Appeler le 112 si un signe alarmant est présent.
- Assurer les premiers soins adaptés :
- Position semi-assise ou PLS selon l’état.
- Surveillance des fonctions vitales.
- Ne pas forcer la victime, ne rien mettre dans la bouche en cas de convulsions.
À retenir : Tout malaise nécessite une prise en charge attentive et rapide, avec une vigilance particulière aux signes alarmants qui imposent un appel d’urgence.