Anatomie et physiologie du système respiratoire
1. Les 4 processus de la respiration
- Ventilation pulmonaire : mouvement de l’air entre l’atmosphère et les poumons (inspiration + expiration).
- Respiration externe : échanges gazeux entre alvéoles et sang.
- Transport des gaz respiratoires : transport de l’O₂ et du CO₂ dans le sang.
- Respiration interne : échanges gazeux entre sang et tissus.
2. Anatomie du système respiratoire
| Voies respiratoires supérieures | Fonctions / Particularités |
|---|---|
| Nez, cavités nasales (cornets, méats, vestibule, narines) | Filtration, humidification, réchauffement de l’air |
| Sinus paranasaux (sphénoïde, éthmoïde, maxillaire) | Allègent le crâne, résonance vocale |
| Cavité orale | Passage alternatif de l’air |
| Pharynx | Carrefour aéro-digestif, 3 parties : |
| - Nasopharynx | Reçoit l’air, empêche aliments de remonter dans fosses nasales lors de la déglutition |
| - Oropharynx | Épithélium squameux stratifié, protège contre passage aliments |
| - Laryngopharynx | Carrefour aéro-digestif |
| Voies respiratoires inférieures | Zone | Structures |
|---|---|---|
| Zone de conduction | Larynx, trachée, bronches, bronchioles terminales | |
| Zone respiratoire | Bronchioles respiratoires, conduits alvéolaires, alvéoles |
3. Structures clés
- Larynx : passage de l’air, oriente air/aliments, phonation.
- Trachée : tube avec anneaux cartilagineux, muqueuse ciliée (piège particules, remonte mucus).
- Arbre bronchique : trachée → bronches principales → lobaires → segmentaires → bronchioles → alvéoles.
- Bronche droite : plus verticale, corps étrangers souvent à droite.
4. Alvéoles et membrane alvéolo-capillaire
- Alvéoles entourées de fibres élastiques.
- Pores interalvéolaires : équilibrent pression de l’air entre alvéoles.
- Macrophages alvéolaires : défense immunitaire et réparation.
- Membrane alvéolo-capillaire : très fine, permet diffusion O₂ (alvéole → sang) et CO₂ (sang → alvéole).
Facteurs influençant la diffusion :
- Surface disponible
- Épaisseur de la membrane
- Gradient de pression
5. Poumons et plèvre
| Structure | Description |
|---|---|
| Plèvre viscérale | Collée au poumon |
| Plèvre pariétale | Collée à la cage thoracique |
| Cavité pleurale | Contient liquide pleural, permet glissement, maintient pression négative |
- Pression intrapleurale négative : équilibre entre rétraction pulmonaire (vers intérieur) et expansion cage thoracique (vers extérieur) → permet expansion pulmonaire normale.
- Pneumothorax : air entre plèvres → disparition pression négative → affaissement poumon (atélectasie).
6. Mécanique respiratoire
| Phase | Muscles impliqués | Conséquences |
|---|---|---|
| Inspiration | Diaphragme, intercostaux externes | ↑ volume thoracique, ↓ pression intrapulmonaire → entrée d’air |
| Expiration | Relâchement diaphragme et intercostaux | ↓ volume thoracique → sortie d’air (passive) |
7. Volumes et capacités pulmonaires
| Volume | Description | Valeur approximative |
|---|---|---|
| Volume courant (VC) | Air inspiré/expiré à chaque respiration normale | 500 mL |
| Volume de réserve inspiratoire (VRI) | Air inspiré en plus après inspiration normale | Variable |
| Volume de réserve expiratoire (VRE) | Air expiré en plus après expiration normale | Variable |
| Volume résiduel | Air restant après expiration maximale | Variable |
| Capacité | Composition |
|---|---|
| Capacité vitale (CV) | VC + VRI + VRE |
| Capacité pulmonaire totale | Somme de tous les volumes pulmonaires |
8. Ventilation alvéolaire
- Respiration lente et profonde = plus efficace.
- Respiration rapide et superficielle = moins efficace (beaucoup d’air reste dans l’espace mort anatomique).
9. Échanges gazeux
- Loi de Dalton : chaque gaz exerce une pression partielle proportionnelle à sa quantité.
- Loi de Henry : quantité de gaz dissous dépend de la pression partielle, solubilité et température.
- CO₂ est 20 fois plus soluble que O₂.
10. Respiration externe
-
Échanges gazeux dans les poumons influencés par :
- Gradient de pression
- Surface et épaisseur de la membrane
- Rapport ventilation/perfusion (V/Q)
-
Couplage ventilation/perfusion : nécessaire pour une bonne oxygénation.
-
Déséquilibre V/Q :
- Ventilation ↓ → hypoxémie
- Perfusion ↓ → ex : embolie pulmonaire
11. Transport des gaz dans le sang
| Gaz | Formes de transport | Proportion |
|---|---|---|
| O₂ | Fixé à l’hémoglobine | 98,5 % |
| Dissous dans le plasma | 1,5 % | |
| CO₂ | Dissous dans le plasma | 7–10 % |
| Lié à l’hémoglobine | ≈ 20 % | |
| Sous forme de bicarbonates (HCO₃⁻) | ≈ 70 % |
- Réaction clé :
- Enzyme : anhydrase carbonique.
12. Effet Bohr
- ↑ température, ↑ PCO₂, ↑ H⁺ → ↓ affinité de l’hémoglobine pour l’O₂ → libération facilitée d’O₂ aux tissus.
13. Régulation de la respiration
| Centre respiratoire | Localisation | Fonction |
|---|---|---|
| GRD (groupe respiratoire dorsal) | Bulbe rachidien | Reçoit informations sensorielles |
| GRV (groupe respiratoire ventral) | Bulbe rachidien | Génère le rythme respiratoire |
| Pont | Modulation du rythme |
14. Chimiorécepteurs
| Type | Localisation | Sensibilité |
|---|---|---|
| Centraux | Bulbe rachidien | ↑ CO₂, ↓ pH |
| Périphériques | Sinus carotidiens | ↓ O₂, ↑ CO₂, ↓ pH |
À retenir : La ventilation pulmonaire est un processus actif à l’inspiration et passif à l’expiration, contrôlé par des centres nerveux sensibles aux variations de CO₂, O₂ et pH sanguins.
Les quatre processus de la respiration et échanges gazeux
1. Les quatre processus de la respiration et échanges gazeux
a) Ventilation pulmonaire
- Définition : Mouvement de l'air entre l'atmosphère et les alvéoles pulmonaires.
- Principe : L'air circule des zones de haute pression vers les zones de basse pression.
- Pression intrapleurale : Négative (~ -8 cmH₂O) pour maintenir l'expansion pulmonaire.
b) Diffusion alvéolo-capillaire
- Définition : Passage des gaz (O₂ et CO₂) entre les alvéoles et le sang capillaire pulmonaire.
- Mécanisme : Diffusion passive selon le gradient de pression partielle des gaz.
c) Transport des gaz dans le sang
| Gaz | Transport principal | Forme dans le sang |
|---|---|---|
| Oxygène (O₂) | Liaison à l'hémoglobine (Hb) | Oxyhémoglobine (HbO₂) |
| Dioxyde de carbone (CO₂) | Dissous dans le plasma, lié à l'hémoglobine, ou sous forme de bicarbonate (HCO₃⁻) | Majoritairement sous forme de HCO₃⁻ |
- Saturation en oxygène (SaO₂) normale : 95–98 %
- Pression partielle en oxygène (PaO₂) normale : > 80 mmHg
- Pression partielle en dioxyde de carbone (PaCO₂) normale : 35–45 mmHg
d) Régulation de la respiration
- Rétrocontrôle CO₂/pH :
- ↑ PCO₂ → ↓ pH sanguin → stimulation des centres respiratoires → ↑ ventilation → élimination du CO₂
- Valeurs normales du pH sanguin : 7,35 – 7,45
- Troubles acido-basiques respiratoires :
Trouble Cause principale Effet sur CO₂ Compensation rénale Acidose respiratoire BPCO, insuffisance respiratoire, asthme sévère ↑ CO₂ Réabsorption de HCO₃⁻ Alcalose respiratoire Hyperventilation (panique, anxiété, polypnée) ↓ CO₂ Diminution de HCO₃⁻
e) Signes cliniques liés aux troubles gazeux
| Trouble | Signes principaux |
|---|---|
| Hypoxémie | Agitation, confusion, coma, tachypnée, tachycardie, cyanose, marbrures |
| Hypercapnie | Céphalées, somnolence, carbonarcose, peau rouge, transpiration, tachypnée puis bradypnée |
La ventilation est ajustée principalement en fonction de la concentration de CO₂ et du pH sanguin pour maintenir l'équilibre acido-basique.
2. Rappel des valeurs normales essentielles
| Paramètre | Valeur normale |
|---|---|
| pH sanguin | 7,35 – 7,45 |
| PaO₂ | > 80 mmHg |
| PaCO₂ | 35 – 45 mmHg |
| HCO₃⁻ | 22 – 26 mmol/L |
| SaO₂ | 95 – 98 % |
Mécanique respiratoire et volumes pulmonaires
1. Mécanique respiratoire
La mécanique respiratoire décrit les mouvements et forces impliqués dans la ventilation pulmonaire, c’est-à-dire l’entrée et la sortie de l’air dans les poumons.
- Inspiration : contraction du diaphragme et des muscles intercostaux externes → augmentation du volume thoracique → pression intrapulmonaire diminue → entrée d’air.
- Expiration : relaxation des muscles → diminution du volume thoracique → pression intrapulmonaire augmente → sortie d’air.
- Muscles accessoires interviennent en cas d’effort ou de pathologie respiratoire.
2. Volumes pulmonaires
Les volumes pulmonaires sont des mesures du volume d’air dans les poumons à différents moments de la respiration.
| Volume pulmonaire | Définition | Valeur moyenne (L) |
|---|---|---|
| Volume courant (VC) | Air inspiré ou expiré à chaque respiration normale | ~0,5 |
| Volume de réserve inspiratoire (VRI) | Air supplémentaire inspiré après une inspiration normale | ~3,0 |
| Volume de réserve expiratoire (VRE) | Air supplémentaire expiré après une expiration normale | ~1,2 |
| Volume résiduel (VR) | Air restant dans les poumons après une expiration maximale | ~1,2 |
- Capacité vitale (CV) = VC + VRI + VRE : volume maximal mobilisable.
- Capacité pulmonaire totale (CPT) = CV + VR : volume total des poumons.
3. Compliance pulmonaire
- Compliance = capacité des poumons à se distendre, définie par .
- Une compliance faible signifie des poumons rigides (ex : fibrose).
- Une compliance élevée signifie des poumons trop distensibles (ex : emphysème).
4. Pressions respiratoires
- Pression intrapulmonaire : varie autour de la pression atmosphérique pour permettre le flux d’air.
- Pression intrapleurale : toujours négative par rapport à la pression atmosphérique, maintient les poumons collés à la paroi thoracique.
- L’équilibre entre ces pressions permet l’expansion pulmonaire.
5. Résistances des voies aériennes
- La résistance au passage de l’air dépend du diamètre des bronches.
- En cas d’obstruction (ex : BPCO, asthme), la résistance augmente, surtout à l’expiration.
6. Surveillance clinique respiratoire (infirmière)
- Inspection : fréquence respiratoire, symétrie, utilisation des muscles accessoires, état du pansement, écoulement, fuites d’air, douleur à la toux.
- Palpation : emphysème sous-cutané, signes d’infection.
- Auscultation : bruits respiratoires normaux, bruits surajoutés, silence auscultatoire.
- Surveillance des drains thoraciques : connexions, quantité et qualité du liquide, pansement, aspiration, bulles, oscillations, position du drain.
7. Risques et complications liés aux drains thoraciques
| Risque | Mesures infirmières clés |
|---|---|
| Arrachage | Compresse stérile, relâcher périodiquement à l’expiration |
| Déconnexion | Clamper avec 2 clamps en croix, reconnecter rapidement |
| Obstruction | Vérifier clamps/coudure, traire le drain si caillot |
| Pneumothorax sous tension | Ne jamais clamper un drain qui draine de l’air, urgence vitale |
À retenir : Le pneumothorax sous tension est une urgence vitale caractérisée par une détresse respiratoire, une désaturation, une tachycardie, une hypotension, et nécessite une intervention rapide.
8. Insuffisance respiratoire chronique (IRC)
Définition : incapacité du système respiratoire à assurer une oxygénation correcte et une élimination adéquate du CO₂, avec altération de l’hématose.
- Critères : installation progressive, persistance, PaO₂ < 70 mmHg au repos, air ambiant, état stable.
- Confirmation par 2 gazométries à 2 semaines d’intervalle.
a) Classification de l’IRC
| Type | Mécanisme principal | Pathologies associées |
|---|---|---|
| IRC obstructive | Obstacle au passage de l’air, surtout à l’expiration | BPCO, asthme vieilli, bronchiolite |
| IRC restrictive | Diminution de l’expansion pulmonaire/thoracique | Cyphoscoliose, obésité, maladies neuromusculaires, pneumopathies interstitielles |
| IRC mixte | Association obstruction + restriction | Mucoviscidose, bronchectasies, séquelles tuberculose, silicose |
b) Étiologies générales
- Anomalies de la pompe ventilatoire : atteinte neurologique centrale (AVC, tumeur, tronc cérébral), moelle épinière (traumatisme, SLA), neuromusculaire (myopathies, myasthénie).
- Atteinte thoracique : obésité, cyphoscoliose.
- Atteinte voies aériennes supérieures : syndrome d’apnées du sommeil, obstruction.
9. Physiopathologie de l’hypoxémie
-
Déséquilibre ventilation/perfusion (V/Q)
- Shunt : perfusion sans ventilation (ex : atélectasie, pneumonie).
- Espace mort : ventilation sans perfusion (ex : embolie pulmonaire).
-
Hypoventilation alvéolaire
- Ventilation insuffisante → hypoxémie + hypercapnie.
- Causes : dépression centres respiratoires, maladies neuromusculaires, obésité, déformation thorax.
-
Trouble de diffusion alvéolo-capillaire
- Membrane épaissie ou détruite → échanges gazeux diminués.
- Causes : emphysème, fibrose pulmonaire, pneumopathies interstitielles.
10. Signes cliniques de l’IRC
| Signes d’hypoxémie | Signes d’hypercapnie |
|---|---|
| Dyspnée | Céphalées matinales |
| Cyanose | Somnolence |
| Tachycardie | Confusion |
| Hypertension artérielle | Troubles de concentration |
| Agitation | Astérixis possible |
| Désorientation | Coma hypercapnique sévère |
11. Diagnostic de l’IRC
- Gazométrie artérielle : mesure PaO₂, PaCO₂, pH, HCO₃⁻ → recherche hypoxémie, hypercapnie, compensation rénale.
- Imagerie thoracique : radiographie et scanner → recherche emphysème, fibrose, infection, cardiomégalie.
Régulation de la respiration et équilibre acido-basique
1. Régulation de la respiration
La respiration est contrôlée par des centres respiratoires situés dans le tronc cérébral, qui ajustent la fréquence et la profondeur respiratoires en fonction des besoins métaboliques.
a) Stimuli principaux
| Stimulus | Récepteur | Effet sur la respiration |
|---|---|---|
| Hypercapnie | Chémorécepteurs centraux | ↑ ventilation pour éliminer le CO₂ |
| Hypoxémie | Chémorécepteurs périphériques (glomus carotidien) | ↑ ventilation si hypoxémie sévère |
| pH sanguin | Chémorécepteurs centraux et périphériques | Ajustement ventilation pour corriger acidose/alcalose |
À retenir : La ventilation est principalement régulée par la concentration de CO₂ (hypercapnie), avec un rôle secondaire de l'O₂ (hypoxémie).
b) Accoutumance au CO₂
En cas d'hypercapnie chronique (ex : insuffisance respiratoire chronique), les centres respiratoires s'habituent à un taux élevé de CO₂. Le stimulus principal devient alors l'hypoxémie pour déclencher la respiration.
⚠️ Une administration excessive d'oxygène peut diminuer la stimulation respiratoire, aggraver l'hypercapnie et provoquer une carbonarcose.
2. Équilibre acido-basique
L'équilibre acido-basique est maintenu par la régulation des gaz respiratoires, principalement via la ventilation qui contrôle la concentration de CO₂, un acide volatile.
a) Rôle de la respiration
- CO₂ + H₂O ⇌ H₂CO₃ ⇌ H⁺ + HCO₃⁻
La ventilation élimine le CO₂, limitant la formation d'ions H⁺ et donc l'acidose.
b) Compensation respiratoire
- En cas d'acidose métabolique (excès d'ions H⁺), la ventilation augmente pour éliminer plus de CO₂ (acidose respiratoire compensatoire).
- En cas d'alcalose métabolique, la ventilation diminue pour retenir le CO₂.
3. Conséquences de l’insuffisance respiratoire chronique (IRC)
| Système | Conséquences principales | Mécanismes clés |
|---|---|---|
| Cardiovasculaire | Hypertension pulmonaire, cœur pulmonaire chronique | Hypoxémie chronique → vasoconstriction pulmonaire → surcharge ventricule droit |
| Hématologique | Polyglobulie | Hypoxémie → sécrétion d’érythropoïétine (EPO) → augmentation globules rouges → viscosité sanguine ↑ |
| Rénal | Rétention hydro-sodée | Activation SRAA et ADH → rétention eau/Na⁺ → œdèmes |
| Neurologique | Accoutumance au CO₂ → stimulus respiratoire hypoxique | Risque de carbonarcose si O₂ excessif |
| Systémique | Fonte musculaire, fatigue, dénutrition, troubles psychiques | Impact global sur qualité de vie |
4. Prise en charge de l’IRC
- Oxygénothérapie longue durée : corriger l’hypoxémie, surveiller SpO₂, fréquence respiratoire et signes d’hypercapnie.
- Ventilation non invasive (VNI) : réduire le travail respiratoire et améliorer les échanges gazeux.
- Sevrage tabagique : ralentit le déclin pulmonaire.
- Vaccinations : grippe, pneumocoque, COVID.
- Réhabilitation respiratoire : entraînement à l’effort, exercices respiratoires, amélioration de l’autonomie.
- Éducation thérapeutique : reconnaissance des exacerbations, utilisation des inhalateurs, gestion de l’oxygène, adhésion au traitement.
- Physiothérapie : drainage bronchique, aide à la toux.
- Suivi nutritionnel : prévention de la dénutrition et sarcopénie.
À retenir : La régulation de la respiration est essentielle pour maintenir l’équilibre acido-basique et assurer une oxygénation adéquate. En cas d’IRC, la compensation est complexe et nécessite une prise en charge multidisciplinaire.
Drainage thoracique
1. Définition du drainage thoracique
Le drainage thoracique est une technique médicale visant à évacuer l’air, le liquide ou le sang accumulés dans la cavité pleurale, afin de rétablir la pression négative nécessaire au bon fonctionnement pulmonaire.
2. Indications principales
- Pneumothorax (présence d’air dans la cavité pleurale)
- Épanchement pleural (liquide dans la cavité pleurale)
- Hémothorax (sang dans la cavité pleurale)
- Empyème (pus dans la cavité pleurale)
- Chylothorax (lymphe dans la cavité pleurale)
3. Objectifs du drainage thoracique
- Rétablir la pression négative pleurale
- Permettre la réexpansion pulmonaire
- Évacuer les liquides ou gaz pathologiques
- Prévenir les complications (atélectasie, infection, insuffisance respiratoire)
4. Matériel nécessaire
| Équipement | Rôle |
|---|---|
| Drain thoracique | Tube inséré dans la cavité pleurale |
| Système de drainage | Collecte et évacuation des liquides/gaz |
| Seringue | Pour anesthésie locale et aspiration |
| Champ stérile | Maintien de la stérilité |
| Pansement occlusif | Empêche l’entrée d’air extérieur |
5. Technique de pose
- Préparation : asepsie rigoureuse, anesthésie locale.
- Incision : généralement au niveau de la 4e ou 5e espace intercostal, sur la ligne axillaire moyenne.
- Insertion du drain : en direction postéro-supérieure pour l’air, antéro-inférieure pour le liquide.
- Fixation : suture et pansement occlusif.
- Raccordement : au système de drainage sous vide ou à eau.
6. Surveillance et soins infirmiers
- Contrôle régulier du positionnement du drain
- Surveillance de la quantité et de la nature des sécrétions
- Vérification de l’étanchéité du système (absence de fuite d’air)
- Surveillance clinique du patient (douleur, signes de détresse respiratoire)
- Radiographie thoracique post-procédure pour vérifier la position et l’efficacité
7. Complications possibles
| Complication | Description | Prévention/gestion |
|---|---|---|
| Infection | Contamination du site ou pleurésie | Asepsie stricte, surveillance |
| Obstruction du drain | Blocage par caillots ou sécrétions | Aspiration, changement de drain |
| Fuite d’air | Mauvaise étanchéité du système | Vérification du système |
| Lésion d’organes | Dommages au poumon, foie, ou vaisseaux | Technique rigoureuse |
| Douleur | Douleur locale ou irradiation | Analgésie adaptée |
À retenir : Le drainage thoracique permet d’éliminer l’air ou les liquides pathologiques de la cavité pleurale pour restaurer la fonction pulmonaire normale et prévenir les complications respiratoires graves.
Insuffisance respiratoire chronique
1. Diagnostic de l’insuffisance respiratoire chronique (IRC)
a) Spirométrie avec bronchodilatateur
- Déroulement : spirométrie initiale → administration bronchodilatateur rapide → spirométrie 10-15 min après.
- Interprétation :
- Si après bronchodilatateur → obstruction persistante → signe de BPCO.
b) Gazométrie artérielle
- Évalue : , , pH, , équilibre acido-basique.
- Recherche : hypoxémie, hypercapnie, acidose respiratoire, compensation métabolique.
- Indiquée si : BPCO sévère, dyspnée importante, somnolence, suspicion de décompensation, mMRC ≥ 3.
c) Biologie
- Recherche polyglobulie secondaire à l’hypoxémie chronique.
- Dépistage déficit en alpha-1 antitrypsine (BPCO précoce ou non tabagique).
d) Test debout-assis
- Évalue l’atteinte fonctionnelle, la tolérance à l’effort et le retentissement sur la vie quotidienne.
2. Scores et classifications
| Score/Classification | Critères principaux | Objectif principal |
|---|---|---|
| mMRC | Échelle de dyspnée sur activités quotidiennes | Évaluer impact de la dyspnée |
| BODE | IMC, obstruction, dyspnée, exercice | Estimer pronostic, espérance de vie |
| GOLD | GOLD 1-4 (obstruction), GOLD A-B-E (symptômes, exacerbations) | Diagnostiquer, évaluer, gérer BPCO |
Un mMRC ≥ 3 justifie une gazométrie artérielle.
3. Exacerbation de la BPCO
a) Définition
Aggravation aiguë des symptômes respiratoires habituels, avec :
- Augmentation dyspnée, volume et modification expectorations (purulentes),
- Toux aggravée, fatigue, fièvre possible,
- Désaturation, signes d’insuffisance respiratoire aiguë.
b) Causes principales
- Infections virales ou bactériennes,
- Pollution,
- Mauvaise observance ou arrêt du traitement,
- Embolie pulmonaire, pneumonie, pneumothorax,
- Insuffisance cardiaque.
c) Signes de gravité
- Dyspnée au repos, FR élevée, SpO₂ basse, cyanose,
- Sueurs, agitation, somnolence, confusion,
- Utilisation muscles accessoires, tirage, épuisement respiratoire,
- Silence auscultatoire, tachycardie, hypotension,
- Hypercapnie, acidose respiratoire.
4. Traitement de fond de la BPCO
a) Sevrage tabagique
- Essentiel : seul traitement ralentissant le déclin respiratoire et réduisant la mortalité.
- Aides : substituts nicotiniques, varénicline, accompagnement, vapotage selon situation.
b) Bronchodilatateurs
| Classe | Exemples | Durée d’action | Rôle principal | Effets indésirables principaux |
|---|---|---|---|---|
| SABA | Salbutamol | Courte durée | Bronchodilatation rapide, secours | Tachycardie, palpitations, tremblements |
| LABA | Salmétérol, formotérol | Longue durée | Traitement de fond | Moins d’effets aigus que SABA |
| SAMA | Ipratropium | Courte durée | Diminue bronchoconstriction parasympathique | Sécheresse buccale |
| LAMA | Tiotropium | Longue durée | Diminue bronchoconstriction, sécrétions, améliore dyspnée | Sécheresse buccale |
c) Corticostéroïdes inhalés (CSI)
- Indiqués en cas d’exacerbations fréquentes ou profil inflammatoire, souvent associés à LABA/LAMA.
- Surveillance : mycose buccale, dysphonie → rinçage bouche après inhalation.
5. Mesures non pharmacologiques
a) Réhabilitation respiratoire
- Objectifs : améliorer tolérance à l’effort, diminuer dyspnée, renforcer muscles, améliorer qualité de vie, prévenir récidives post-exacerbation.
- Recommandée dans les 7 jours suivant une exacerbation.
b) Vaccinations recommandées
- Grippe,
- Pneumocoque,
- COVID-19,
- Virus respiratoire syncytial (VRS) selon situation.
L’évaluation régulière et la prise en charge globale sont essentielles pour limiter la progression et les complications de la BPCO.
Asthme
1. Éducation thérapeutique en asthme
Le patient doit apprendre à :
- Reconnaître les signes d’exacerbation
- Utiliser correctement les inhalateurs
- Respecter les traitements prescrits
- Arrêter le tabac
- Adapter l’activité physique
- Gérer l’essoufflement
- Consulter rapidement en cas d’aggravation
2. Oxygénothérapie chez patient BPCO
-
Objectifs :
- Corriger l’hypoxémie
- Éviter l’hyperoxie
- Prévenir l’aggravation de l’hypercapnie
-
SpO₂ cible : 88-92 % chez patients à risque d’hypercapnie (selon prescription)
3. Carbonarcose
Définition : troubles de conscience dus à une élévation brutale et massive de la PaCO₂.
Signes cliniques :
- Somnolence
- Confusion
- Ralentissement psychomoteur
- Troubles de conscience
- Coma (cas graves)
Mécanisme aggravant de l’oxygène :
- Chez BPCO chroniquement hypercapniques, la respiration dépend du stimulus hypoxique
- Oxygène excessif supprime ce stimulus → hypoventilation → accumulation de CO₂ → carbonarcose
À retenir : L’oxygène doit être administré avec prudence chez les BPCO à risque d’hypercapnie.
4. Traitement de l’exacerbation BPCO
Objectifs thérapeutiques :
- Améliorer l’oxygénation
- Réduire l’obstruction bronchique
- Traiter la cause (infection, etc.)
- Éviter l’épuisement respiratoire
- Prévenir l’intubation
Traitements possibles :
| Traitement | Indication principale |
|---|---|
| Oxygénothérapie contrôlée | Correction hypoxémie sans hyperoxie |
| Bronchodilatateurs inhalés | Réduction obstruction bronchique |
| Corticostéroïdes systémiques | Inflammation aiguë |
| Antibiotiques | Suspicion d’infection bactérienne |
| Ventilation non invasive (VNI) | Hypercapnie, acidose, fatigue respiratoire |
| Hydratation adaptée | Maintien de l’état général |
| Surveillance rapprochée | Détection précoce de dégradation |
5. Évaluation clinique respiratoire (exemple BPCO)
Signes observés chez patient en exacerbation :
- Posture penchée en avant, coudes appuyés
- Utilisation des muscles accessoires
- Parole par monosyllabes (détresse respiratoire)
- Somnolence intermittente
- Épuisement visible
Comportement à observer :
- Anxiété, agitation, somnolence, confusion, irritabilité
- Capacité à répondre et à parler en phrases complètes
État mental :
- Évaluer alerte, orientation, somnolence, confusion, agitation
- Outils : AVPU, orientation espace-temps-personne
Troubles possibles : hypoxémie, hypercapnie, fatigue respiratoire, carbonarcose
6. Paramètres vitaux à surveiller
| Paramètre | Importance |
|---|---|
| Fréquence respiratoire (FR) | Évaluer la gravité de la dyspnée |
| Saturation en oxygène (SpO₂) | Contrôle de l’oxygénation |
| Fréquence cardiaque (FC) | Réponse cardiovasculaire au stress |
| Tension artérielle (TA) | État hémodynamique |
| Température | Recherche d’infection |
| Douleur | Impact sur la respiration |
| État de conscience | Détection de troubles neurologiques |
| Glycémie | En cas de trouble de conscience |
| Gazométrie artérielle | En cas d’aggravation ou suspicion d’hypercapnie |
7. Inspection respiratoire (FARC)
| Élément | Critères possibles |
|---|---|
| Fréquence | Normale, tachypnée, bradypnée |
| Amplitude | Superficielle, ample, faible, asymétrique |
| Rythme | Régulier, irrégulier, pauses, périodique |
| Caractéristiques | Tirage, bruits respiratoires, posture, symétrie, expiration prolongée, lèvres pincées |
8. Signes de détresse respiratoire à connaître
- Fréquence respiratoire élevée
- SpO₂ basse
- Dyspnée au repos
- Impossibilité de parler
- Agitation, anxiété
- Somnolence
- Cyanose
- Sueurs
- Tirage (rétraction des espaces intercostaux)
- Utilisation des muscles accessoires
- Respiration abdominale paradoxale
- Battement des ailes du nez
- Silence auscultatoire
- Épuisement respiratoire
- Bradypnée secondaire (signe de gravité)
9. Coloration des téguments
- Cyanose : coloration bleutée des lèvres et extrémités, signe d’hypoxémie sévère
10. Signes d’urgence à repérer
- Déviation de la trachée → urgence vitale (pneumothorax compressif, tamponnade, etc.)
- Turgescence jugulaire → peut évoquer insuffisance cardiaque droite, embolie pulmonaire, tamponnade
À retenir : La déviation de la trachée est toujours une urgence médicale.
BPCO : bronchopneumopathie chronique obstructive
1. Signes cliniques et inspection
- Cyanose : signe d’hypoxémie sévère.
- Marbrures : indiquent une mauvaise perfusion périphérique.
- Hippocratisme digital : associé à certaines maladies respiratoires chroniques.
- Autres signes : pâleur, rougeur, chaleur, sueurs.
2. Palpation thoracique
Évaluer :
- Expansion thoracique et symétrie.
- Douleur.
- Emphysème sous-cutané (crépitations sous la peau).
- Vibrations vocales.
- Position de la trachée.
Anomalies possibles :
| Anomalie | Signification possible |
|---|---|
| Asymétrie d’expansion | Pathologie pulmonaire unilatérale |
| Douleur thoracique | Inflammation ou lésion |
| Crépitations sous-cutanées | Emphysème |
| Déviation trachéale | Masse ou atélectasie |
| Diminution vibrations vocales | Épanchement ou pneumothorax |
3. Percussion
- Hypersonorité : emphysème, pneumothorax.
- Matité : épanchement pleural, pneumonie, atélectasie.
4. Auscultation pulmonaire
Comparer toujours droite/gauche et haut/bas.
Rechercher :
- Murmure vésiculaire (normal).
- Sibilances : bruits aigus expiratoires → bronchospasme, asthme, BPCO.
- Ronchi : bruits graves → sécrétions bronchiques.
- Crépitants : bruits fins → pneumonie, OAP, fibrose, atélectasie.
- Silence auscultatoire : signe grave → obstruction majeure, ventilation faible, épuisement respiratoire.
- Asymétrie des bruits.
5. Surveillance infirmière en BPCO
Surveiller :
- Fréquence respiratoire (FR), SpO₂, fréquence cardiaque (FC), tension artérielle (TA), température.
- État de conscience, coloration cutanée, dyspnée, capacité à parler.
- Tirage, utilisation des muscles accessoires.
- Toux, quantité, couleur, odeur des expectorations.
- Douleur thoracique, auscultation.
- Efficacité des traitements inhalés, effets secondaires des bronchodilatateurs.
- Signes de carbonarcose (intoxication au CO₂).
- Signes d’épuisement respiratoire.
6. Signes d’amélioration
- Diminution de la FR.
- SpO₂ dans la cible.
- Amélioration de la parole.
- Réduction du tirage et de l’utilisation des muscles accessoires.
- Moins d’anxiété.
- Meilleure coloration.
- Expectoration facilitée.
- Auscultation améliorée.
- État mental plus clair.
7. Signes d’aggravation
- FR augmente puis diminue anormalement.
- Baisse de SpO₂.
- Augmentation du besoin en oxygène.
- Somnolence, confusion.
- Cyanose.
- Silence auscultatoire.
- Épuisement, incapacité à tousser.
- Sueurs, hypotension, tachycardie importante.
- Acidose respiratoire, augmentation de PaCO₂.
8. Priorités infirmières en cas de détresse respiratoire
- Appeler de l’aide rapidement.
- Installer le patient en position assise ou demi-assise (éviter le décubitus).
- Évaluer ABCDE (Airway, Breathing, Circulation, Disability, Exposure).
- Administrer oxygène selon prescription/protocole.
- Surveiller la cible de SpO₂, surtout chez BPCO.
- Préparer aérosols/nébulisations.
- Surveiller l’état neurologique.
- Préparer gazométrie artérielle.
- Prévenir le médecin.
- Préparer ventilation non invasive (VNI) si indiquée.
- Rassurer le patient, limiter les efforts, rester auprès de lui.
9. Pneumonie
a) Définition
Infection du parenchyme pulmonaire provoquant une inflammation des alvéoles et leur remplissage par :
- Pus, liquide inflammatoire, cellules immunitaires, débris cellulaires.
Conséquences :
- Diminution des échanges gazeux.
- Hypoxémie.
- Risque de détresse respiratoire.
b) Physiopathologie
- Alvéoles normalement remplies d’air, échanges gazeux efficaces.
- En pneumonie, invasion microbienne → inflammation → alvéoles remplies d’exsudat.
- Résultat : diminution ventilation, déséquilibre ventilation/perfusion (V/Q), hypoxémie, dyspnée, augmentation du travail respiratoire.
c) Germes fréquents
| Type | Germes principaux |
|---|---|
| Bactéries | Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Staphylococcus aureus, Klebsiella, germes atypiques |
| Virus | Influenza, COVID, Virus Respiratoire Syncytial (VRS) |
| Champignons | Plus rares |
d) Facteurs de risque
- Âge avancé, tabac, BPCO, immunosuppression.
- Alcool, dénutrition, troubles de la déglutition, aspiration.
- Hospitalisation, ventilation mécanique.
e) Pneumonie d’aspiration
- Due à inhalation de : aliments, salive, vomissements, contenu gastrique.
- Favorisée par troubles neurologiques, AVC, diminution de conscience, dysphagie, alcool, sédation.
f) Symptômes
- Respiratoires : dyspnée, toux, expectorations, douleur thoracique pleurale, tachypnée, désaturation.
- Infectieux : fièvre, frissons, fatigue, sueurs, altération de l’état général.
- Chez le sujet âgé : confusion, chute, décompensation, fièvre peu marquée.
g) Évaluation clinique
- Inspection : fréquence respiratoire, SpO₂, tirage.
Pneumonie
1. Pneumonie
a) Signes cliniques
- Symptômes généraux : fièvre, sueurs, agitation, fatigue.
- Auscultation :
- Crépitants fréquents, traduisant une ouverture brutale des alvéoles remplies de liquide.
- Diminution du murmure vésiculaire possible en cas de condensation importante.
- Ronchi en présence de sécrétions.
- Percussion : matité pouvant évoquer une condensation pulmonaire ou un épanchement associé.
b) Examens diagnostiques
| Examen | Objectif principal |
|---|---|
| Radiographie thoracique | Recherche infiltrat, condensation, foyer infectieux, épanchement pleural |
| Gazométrie | Recherche hypoxémie, hypercapnie si fatigue respiratoire |
| Biologie | CRP, leucocytes, procalcitonine (parfois), hémocultures si sévère |
c) Complications
- Insuffisance respiratoire aiguë
- Sepsis et choc septique
- Abcès pulmonaire
- Épanchement pleural, empyème
- Syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA)
d) Traitement
- Antibiotiques adaptés au germe suspecté
- Oxygénothérapie en cas d’hypoxémie
- Hydratation
- Antalgiques/antipyrétiques
- Kinésithérapie respiratoire et mobilisation précoce parfois
e) Surveillance infirmière
- Fréquence respiratoire (FR), SpO₂, température, fréquence cardiaque (FC), tension artérielle (TA)
- État neurologique, douleur, toux, expectorations
- Signes de sepsis, efficacité des antibiotiques, hydratation, fatigue
- Auscultation, signes de détresse respiratoire
f) Signes de gravité
- Hypotension, confusion, cyanose
- Tachypnée importante, SpO₂ basse
- Épuisement, sepsis, détresse respiratoire
2. Épanchement pleural
a) Définition
Accumulation anormale de liquide dans l’espace pleural, comprimant le poumon et diminuant son expansion.
b) Physiopathologie
- Liquide pleural normal : fine couche.
- Épanchement : augmentation de la production ou diminution de la résorption du liquide.
- Conséquences : compression pulmonaire, diminution de la ventilation, dyspnée.
c) Causes principales
| Type | Caractéristiques | Causes principales |
|---|---|---|
| Transsudat | Liquide pauvre en protéines | Insuffisance cardiaque, cirrhose, syndrome néphrotique |
| Exsudat | Liquide riche en protéines | Pneumonie, cancer, tuberculose, embolie pulmonaire |
d) Symptômes
- Dyspnée, douleur thoracique, toux sèche, oppression thoracique
e) Examen clinique
- Inspection : dyspnée, asymétrie thoracique
- Percussion : matité
- Auscultation : diminution voire abolition du murmure vésiculaire
- Palpation : diminution de l’expansion thoracique
f) Examens complémentaires
- Radiographie thorax : liquide pleural, comblement cul-de-sac costo-diaphragmatique
- Échographie : très utile pour visualiser le liquide
- Ponction pleurale : analyse du liquide
g) Complications
- Détresse respiratoire, infection, empyème, compression pulmonaire importante
h) Traitement
- Selon cause : antibiotiques, diurétiques, drainage pleural, thoracentèse
i) Surveillance infirmière drainage pleural
- Douleur, FR, SpO₂
- Quantité et couleur du drainage
- Fuite d’air, perméabilité du système, pansement
- Emphysème sous-cutané, signes de détresse respiratoire
3. Pneumothorax
a) Définition
Présence d’air dans l’espace pleural entraînant perte de la pression négative pleurale, affaissement du poumon et atélectasie partielle ou complète.
b) Physiopathologie
- Pression pleurale normale : négative, permettant l’expansion pulmonaire.
- Entrée d’air : pression devient positive, poumon se rétracte, ventilation diminuée.
c) Types de pneumothorax
| Type | Caractéristiques principales |
|---|---|
| Spontané primaire | Sans maladie pulmonaire connue, souvent homme jeune, grand, mince, fumeur |
| Spontané secondaire | Sur maladie pulmonaire (BPCO, emphysème, mucoviscidose) |
| Traumatique | Plaie, fracture, ventilation mécanique, geste médical |
d) Pneumothorax compressif
- Urgence vitale : air entre sans pouvoir ressortir, pression augmente fortement
- Compression poumon et médiastin, diminution du retour veineux, risque de choc obstructif
e) Symptômes
- Douleur thoracique brutale, dyspnée brutale, anxiété, tachycardie, tachypnée
- Si compressif : hypotension, cyanose, détresse respiratoire, turgescence jugulaire, déviation trachéale
f) Examen clinique
- Inspection : asymétrie thoracique, diminution des mouvements thoraciques
- Percussion : hypersonorité
- Auscultation : diminution ou abolition du murmure vésiculaire
- Palpation : emphysème sous-cutané possible
g) Examens complémentaires
- Radiographie thorax : décollement pleural, collapsus pulmonaire
- Échographie : rapide et utile en urgence
h) Complications
- Détresse respiratoire, récidive, pneumothorax compressif, arrêt cardio-respiratoire si sévère
i) Traitement
- Selon taille et gravité : surveillance, oxygène, exsufflation, drainage thoracique, chirurgie parfois
j) Drain thoracique
- Objectifs : évacuer air/liquide, restaurer pression négative, permettre réexpansion pulmonaire
k) Surveillance infirmière drain thoracique
- Douleur, FR, SpO₂
- Quantité et qualité du drainage
- Fuite d’air, perméabilité du système, pansement
- Emphysème sous-cutané, signes de détresse respiratoire
À retenir : La pneumonie se manifeste par des crépitants à l’auscultation et une condensation visible en radiographie, avec un risque majeur d’insuffisance respiratoire et de sepsis. L’épanchement pleural et le pneumothorax sont des complications fréquentes nécessitant une prise en charge rapide et une surveillance rigoureuse.
Épanchement pleural
1. Surveillance après pose de drain thoracique
- Signes à surveiller : douleur, fréquence respiratoire (FR), saturation en oxygène (SpO₂), emphysème sous-cutané, oscillation du système, bullage, quantité et couleur du drainage, perméabilité de la tubulure, état du pansement, position du système sous le niveau thoracique, signes de détresse respiratoire.
2. Urgence vitale : pneumothorax compressif
Signes d’alerte :
| Signes cliniques | Description |
|---|---|
| Hypotension | Chute tensionnelle |
| Cyanose | Coloration bleutée |
| Désaturation sévère | Baisse importante SpO₂ |
| Agitation | Trouble du comportement |
| Silence auscultatoire unilatéral | Absence de bruit respiratoire d’un côté |
| Déviation trachéale | Trachée déplacée |
| Turgescence jugulaire | Veines du cou distendues |
| Choc | Insuffisance circulatoire |
Décompression immédiate obligatoire.
3. Signes cliniques selon pathologies pleurales
| Pathologie | Contenu dans la plèvre | Auscultation | Percussion | Autres signes |
|---|---|---|---|---|
| Pneumonie | Infection parenchyme | Crépitants | - | Fièvre, infiltrat RX |
| Épanchement pleural | Liquide | Murmure vésiculaire diminué | Matité | - |
| Pneumothorax | Air | Abolition murmure | Hypersonorité | - |
| Pneumothorax compressif | Air sous pression | Urgence vitale | - | - |
4. Embolie pulmonaire (EP)
a) Définition
Obstruction brutale d’une ou plusieurs artères pulmonaires par un thrombus, souvent issu d’une thrombose veineuse profonde (TVP) des membres inférieurs.
b) Physiopathologie
- Obstruction artérielle → ventilation conservée, perfusion absente → augmentation de l’espace mort → déséquilibre ventilation/perfusion → hypoxémie.
- Surcharge du ventricule droit → risque d’insuffisance cardiaque droite aiguë.
- Obstruction massive → chute du retour veineux → baisse du débit cardiaque → choc obstructif → arrêt cardiaque possible.
c) Triade de Virchow (facteurs favorisant la thrombose)
| Facteurs | Exemples |
|---|---|
| Stase veineuse | Immobilisation, alitement, voyage prolongé, chirurgie, paralysie |
| Hypercoagulabilité | Cancer, grossesse, contraception hormonale, thrombophilie, post-partum |
| Lésion endothéliale | Chirurgie, traumatisme, cathéter |
d) Facteurs de risque EP
TVP antérieure, chirurgie récente, cancer, immobilisation, tabac, obésité, grossesse, contraception œstroprogestative, insuffisance cardiaque, âge, COVID, traumatisme.
5. Physiopathologie de l’hypoxémie dans l’EP
- Alvéoles ventilées mais non perfusées → espace mort.
- Résultat : échanges gazeux inefficaces, hypoxémie, hyperventilation réflexe, hypocapnie fréquente au début.
6. Signes cliniques de l’EP
| Type de symptômes | Signes principaux |
|---|---|
| Respiratoires | Dyspnée brutale, tachypnée, douleur thoracique pleurale, désaturation, cyanose, toux, hémoptysie possible |
| Cardiovasculaires | Tachycardie, hypotension, malaise, syncope, choc obstructif si massif |
| Neurologiques (hypoxémie) | Agitation, anxiété, confusion, sensation de mort imminente |
Douleur thoracique : brutale, latéralisée, pleurale, augmentée à l’inspiration.
7. Évaluation clinique rapide de l’EP
- Observer : détresse respiratoire, anxiété, agitation, sueurs, coloration, capacité à parler.
- Paramètres vitaux : FR, SpO₂, fréquence cardiaque (FC), tension artérielle (TA), température, état neurologique.
- Inspection : tachypnée, cyanose, sueurs, tirage, agitation, position antalgique.
- Auscultation : souvent peu spécifique, possible diminution du murmure vésiculaire, crépitants, parfois normale.
- Recherche signes TVP : douleur mollet, chaleur, rougeur, œdème unilatéral, différence de circonférence des jambes.
8. Signes de gravité EP
- Hypotension
- État de choc
- Syncope
- Cyanose
- Détresse respiratoire
- SpO₂ très basse
- Tachycardie importante
- Signes d’insuffisance cardiaque droite
9. Examens diagnostiques EP
| Examen | Utilité principale |
|---|---|
| D-dimères | Exclure EP si faible probabilité clinique |
| Angio-scanner thoracique | Examen de référence, visualise thrombus et obstruction |
| ECG | Tachycardie sinusale, surcharge cœur droit, S1Q3T3 possible |
| Gazométrie artérielle | Hypoxémie, hypocapnie, alcalose respiratoire |
| Échocardiographie | Dilatation ventricule droit, hypertension pulmonaire, retentissement cardiaque |
10. Traitement de l’EP
- Anticoagulation : empêche extension du caillot et nouvelles embolies (héparine, HBPM, anticoagulants oraux).
- Thrombolyse : en cas d’EP massive instable, dissout rapidement le thrombus.
- Oxygénothérapie : soutien respiratoire.
Pneumothorax
1. Pneumothorax
a) Définition
Le pneumothorax est la présence d’air dans la cavité pleurale, entraînant un collapsus pulmonaire partiel ou total.
2. Insuffisance Respiratoire Aiguë (IRA)
a) Définition
Incapacité brutale du système respiratoire à assurer :
- une oxygénation correcte (hypoxémie)
ou - une élimination correcte du CO₂ (hypercapnie).
C’est une urgence vitale.
b) Physiopathologie
- Hypoxémie (baisse PaO₂)
- Hypercapnie possible (augmentation PaCO₂)
- Acidose respiratoire possible (pH < 7,35)
- Fatigue respiratoire
- Risque de défaillance organique
c) Types d’IRA
| Type | Problème principal | Causes principales |
|---|---|---|
| IRA hypoxémique | Manque d’oxygène | Pneumonie, OAP, EP, SDRA, pneumothorax |
| IRA hypercapnique | Accumulation de CO₂ | BPCO, asthme sévère, fatigue musculaire, hypoventilation |
d) Causes fréquentes d’IRA
- Pneumonie
- BPCO
- Asthme
- Embolie pulmonaire (EP)
- Pneumothorax
- OAP
- Traumatisme
- Overdose
- Obstruction voies aériennes supérieures
- Maladies neuromusculaires
3. Signes Cliniques de l’IRA
a) Respiratoires
- Dyspnée, tachypnée
- Tirage, cyanose
- Respiration paradoxale
- Incapacité à parler
- Sueurs, silence auscultatoire
b) Neurologiques
- Agitation, anxiété
- Confusion, somnolence
- Coma
c) Cardiovasculaires
- Tachycardie
- HTA puis hypotension
- Arythmies
d) Signes de fatigue respiratoire (très graves)
- Bradypnée secondaire
- Diminution amplitude respiratoire
- Épuisement
- Confusion, somnolence
- Respiration paradoxale
- Silence auscultatoire
À retenir : Ces signes annoncent un risque d’arrêt respiratoire.
4. Gazométrie Artérielle (G.A.)
Mesure essentielle pour évaluer l’IRA :
- PaO₂ (pression partielle O₂)
- PaCO₂ (pression partielle CO₂)
- pH
- HCO₃⁻ (bicarbonates)
a) Troubles acido-basiques respiratoires
| Trouble | Mécanisme | Critère gazométrique |
|---|---|---|
| Acidose respiratoire | Hypoventilation → accumulation CO₂ | pH < 7,35 et PaCO₂ élevée |
| Alcalose respiratoire | Hyperventilation → baisse CO₂ | PaCO₂ < 35 mmHg |
5. Prise en Charge de l’IRA
- ABCDE (Airway, Breathing, Circulation, Disability, Exposure)
- Oxygénation adaptée
- Surveillance clinique et gazométrique
- Traitement de la cause
- Prévention de l’arrêt respiratoire
a) Positionnement du patient
- Assis ou demi-assis
- Éviter le décubitus forcé
6. Oxygénothérapie
a) Objectifs
- Corriger l’hypoxémie
- Diminuer le travail respiratoire
- Prévenir l’hypoxie tissulaire
b) Surveillance
- Fréquence respiratoire (FR)
- Saturation en oxygène (SpO₂)
- Conscience et tolérance
- Coloration cutanée
- Signes d’hypercapnie
- Efficacité clinique
c) Dispositifs
| Dispositif | Débit | Usage principal | Avantages |
|---|---|---|---|
| Lunettes nasales | Faible débit | Oxygénothérapie légère | Confort, patient peut parler/manger |
| Masque simple | Débit intermédiaire | Oxygénothérapie modérée | |
| Masque haute concentration | Fort débit | Hypoxémie sévère | Permet forte FiO₂ |
d) Objectifs de saturation
| Patient | Cible SpO₂ (%) |
|---|---|
| Patient standard | > 94 % |
| Patient BPCO hypercapnique | 88 - 92 % |
Attention : Éviter l’hyperoxie, surtout chez les BPCO.
7. Risques de l’Oxygénothérapie
- Sécheresse et irritation des muqueuses
- Hypercapnie chez BPCO (due à carbonarcose)
- Carbonarcose : troubles neurologiques liés à accumulation massive de CO₂ (somnolence, confusion, coma)
a) Mécanisme aggravant chez BPCO
- Centres respiratoires habitués à un CO₂ élevé
- Respiration dépendante de l’hypoxie
- Trop d’O₂ → diminution du stimulus respiratoire → hypoventilation → accumulation CO₂ → carbonarcose
8. Ventilation Non Invasive (VNI)
a) Définition
Ventilation assistée via masque sans intubation.
b) Objectifs
- Améliorer oxygénation
- Diminuer travail respiratoire
- Éliminer CO₂
- Reposer muscles respiratoires
- Éviter intubation
c) Indications
- Exacerbation BPCO hypercapnique
- OAP cardiogénique
- Fatigue respiratoire
- Certaines IRA
d) Effets physiologiques
- ↓ PaCO₂
- ↑ ventilation
- ↓ travail respiratoire
- ↑ oxygénation
- ↓ fatigue musculaire
e) Surveillance infirmière
- Tolérance masque
- FR, SpO₂
- État neurologique, agitation
- Fuites, douleurs ou plaies visage
- Efficacité gazométrique
- Fatigue respiratoire
f) Complications
- Inconfort, anxiété
- Lésions cutanées
- Sécheresse
- Distension gastrique
- Échec respiratoire
g) Signes d’échec VNI (intubation possible)
- Aggravation de la conscience
- Hypoxémie persistante
- Hypercapnie augmentée
- Agitation majeure
- Épuisement
- Instabilité hémodynamique
9. Intubation et Ventilation Invasive
a) Indications
- Arrêt respiratoire
- Coma
- Échec VNI
- Hypoxémie sévère
- Détresse majeure
- Incapacité à protéger voies aériennes
b) Surveillance du patient intubé
- Fixation sonde
- Paramètres ventilateur
- SpO₂, FR
- Aspiration et sécrétions
- Prévention pneumonie et escarres
- Surveillance hémodynamique
Embolie pulmonaire
1. Définition et étiologie
- Embolie pulmonaire (EP) : obstruction brutale d’une ou plusieurs artères pulmonaires par un embole, souvent un caillot sanguin (thrombus) provenant d’une veine profonde (phlébite).
- L’EP est une urgence médicale grave pouvant entraîner une insuffisance respiratoire et un choc cardiogénique.
2. Physiopathologie
- L’embole bloque la circulation sanguine dans les artères pulmonaires, provoquant :
- augmentation de la pression dans l’artère pulmonaire,
- diminution de la perfusion pulmonaire,
- hypoxémie par défaut d’oxygénation,
- surcharge du ventricule droit pouvant entraîner une défaillance cardiaque droite.
3. Facteurs de risque
| Facteurs favorisants | Exemples |
|---|---|
| Immobilisation prolongée | alitement, voyage long, plâtre |
| Chirurgie récente | surtout orthopédique, pelvienne |
| Pathologies thromboemboliques | thrombophilie, cancer |
| Grossesse et post-partum | hypercoagulabilité physiologique |
| Contraceptifs oraux / hormonothérapie | augmentation du risque thrombotique |
| Insuffisance cardiaque, obésité, tabac | facteurs associés |
4. Signes cliniques
-
Symptômes fréquents :
- Dyspnée brutale, souvent intense
- Douleur thoracique aiguë, parfois pleurétique
- Tachycardie, tachypnée
- Hémoptysie possible
- Syncope ou malaise dans les formes graves
-
Signes physiques :
- Hypoxémie (cyanose possible)
- Hypotension si choc
- Signe de thrombose veineuse profonde (douleur, œdème, chaleur, rougeur du membre inférieur)
5. Diagnostic
- Clinique : suspicion devant tableau évocateur et facteurs de risque.
- Examens complémentaires :
- D-dimères : dosage utile pour exclure l’EP si faible probabilité clinique.
- Angioscanner thoracique : examen de référence pour visualiser l’embole.
- Échographie cardiaque : recherche de signes de surcharge du ventricule droit.
- Échographie veineuse des membres inférieurs : recherche de thrombose veineuse profonde.
- Gaz du sang : hypoxémie, hypocapnie.
6. Classification de la gravité
| Type d’EP | Critères | Risques |
|---|---|---|
| EP massive | Hypotension, choc, défaillance ventriculaire droite | Mortalité élevée immédiate |
| EP submassive | Dysfonction ventriculaire droite sans hypotension | Risque de dégradation |
| EP non massive | Pas de défaillance hémodynamique | Pronostic favorable |
7. Traitement
- Urgence vitale : stabilisation hémodynamique (oxygène, perfusion, ventilation).
- Anticoagulation immédiate pour prévenir l’extension du thrombus :
- Héparine non fractionnée ou HBPM.
- Antivitamines K ou anticoagulants oraux directs (selon contexte).
- Thrombolyse en cas d’EP massive avec choc.
- Traitement chirurgical ou interventionnel (embolectomie) si échec ou contre-indication à la thrombolyse.
- Mesures complémentaires :
- Surveillance en unité de soins intensifs.
- Prévention secondaire : bas de contention, mobilisation précoce.
8. Prévention
- Mobilisation précoce après chirurgie ou immobilisation.
- Traitement anticoagulant prophylactique chez les patients à risque.
- Éducation sur les facteurs de risque et signes d’alerte.
À retenir : L’embolie pulmonaire est une obstruction aiguë des artères pulmonaires par un embole, souvent thrombotique, responsable d’une urgence vitale nécessitant un diagnostic rapide et un traitement anticoagulant immédiat.
Insuffisance respiratoire aiguë
1. Tuberculose et traitements
| Médicament | Risques principaux | Surveillance spécifique | Prévention / Remarques |
|---|---|---|---|
| Isoniazide | Neuropathies périphériques, fourmillements | Signes neurologiques | Vitamine B6 |
| Éthambutol | Névrite optique rétrobulbaire | Acuité visuelle, vision des couleurs | |
| Pyrazinamide | Hyperuricémie, douleurs articulaires, crise de goutte possible | Surveillance clinique |
2. Tuberculose multirésistante (TB-MR)
- Définition : Infection par bacilles résistants aux antibiotiques de première ligne.
- Causes :
- Mauvaise utilisation des médicaments
- Interruption prématurée du traitement
- Mauvaise observance
- Infection par souche déjà résistante
a) Traitement TB-MR
- Protocole court (6 mois) : BPaLM
- Bédaquiline
- Prétomanide
- Linézolide
- Moxifloxacine
- Protocoles longs (18-24 mois) avec médicaments de 2e ligne, plus coûteux et à effets secondaires fréquents.
3. Rôle infirmier en tuberculose
| Domaines | Actions clés |
|---|---|
| Isolement | Appliquer mesures d’isolement respiratoire, limiter expositions, porter matériel de protection |
| Surveillance clinique | Température, toux, expectorations, hémoptysie, dyspnée, SpO₂, poids, fatigue, état général |
| Surveillance traitement | Observance, effets secondaires, hépatotoxicité, troubles visuels, neuropathies, douleurs articulaires, interactions médicamenteuses |
| Éducation thérapeutique | Expliquer durée et importance du traitement, effets secondaires à signaler, enquête d’entourage, rassurer sur non-transmission par objets |
4. Points clés à retenir sur la tuberculose
- Transmission : Voie aérienne par fines gouttelettes.
- Forme latente :
- Asymptomatique, non contagieuse
- Radiographie souvent normale
- Forme active pulmonaire :
- Symptômes respiratoires et généraux
- Contagieuse, nécessite isolement et traitement
- Dépistage des contacts : IDR (intradermoréaction) ou IGRA (Interferon Gamma Release Assay)
- Observance : Cruciale pour éviter rechute, transmission et résistance.
5. Surveillance infirmière majeure en tuberculose
- Respect de l’isolement respiratoire
- Détection des effets secondaires (hépatotoxicité, troubles visuels, neuropathies)
- Suivi contraception avec rifampicine
6. Tableau comparatif des principales pathologies respiratoires aiguës et chroniques
| Maladie | Physiopathologie | Symptômes principaux | Signes cliniques importants | Examens clés | Traitements principaux | Complications / Signes de gravité |
|---|---|---|---|---|---|---|
| IRC (Insuffisance respiratoire chronique) | Incapacité chronique à assurer échanges gazeux (hypoxémie ± hypercapnie) | Dyspnée progressive, fatigue, céphalées, somnolence | Cyanose, tachypnée, utilisation muscles accessoires, troubles concentration | Gazométrie, spirométrie, RX thorax, scanner, ECG | Oxygénothérapie, VNI, réhabilitation, sevrage tabagique | Carbonarcose, HT pulmonaire, cœur pulmonaire chronique, IRA |
| Asthme | Inflammation chronique bronchique → bronchospasme, œdème, mucus → obstruction réversible | Dyspnée expiratoire, wheezing, toux, oppression thoracique | Sibilances, expiration prolongée, dyspnée par crises | Spirométrie + test bronchodilatateur, peak flow | CSI, LABA + CSI, SABA en crise, corticoïdes | État de mal asthmatique, silence auscultatoire, arrêt respiratoire |
| BPCO | Inflammation chronique liée au tabac → obstruction permanente + emphysème + air piégé | Dyspnée chronique, toux productive, expectorations | Thorax en tonneau, lèvres pincées, fatigue, cyanose | Spirométrie : VEMS/CVF < 70 % | Arrêt tabac, bronchodilatateurs, oxygène, VNI | Exacerbation, IRA, carbonarcose, HT pulmonaire |
| Pneumonie | Infection du parenchyme pulmonaire → alvéoles remplies de liquide inflammatoire | Fièvre, toux, expectorations, dyspnée | Crépitants, tachypnée, désaturation, douleur thoracique | RX thorax, biologie, gazométrie | Antibiotiques, oxygène, hydratation | Sepsis, IRA, SDRA, épanchement pleural |
| Tuberculose | Infection par Mycobacterium tuberculosis → atteinte pulmonaire chronique | Toux persistante, sueurs nocturnes, amaigrissement, fatigue | Hémoptysie, fièvre, altération état général | Expectorations, culture, IGRA/IDR, RX thorax | Antituberculeux prolongés, isolement respiratoire | Tuberculose multirésistante, insuffisance respiratoire |
7. Objectifs de la physiothérapie respiratoire
- Améliorer :
- Oxygénation
- Ventilation
- Échanges gazeux
- Désencombrer les bronches
- Diminuer le travail respiratoire
- Prévenir les complications pulmonaires
L’observance du traitement et le respect des mesures d’isolement sont essentiels pour maîtriser la tuberculose et éviter la résistance.
Tuberculose
1. Tuberculose
a) Définition
La tuberculose est une infection bactérienne chronique causée par Mycobacterium tuberculosis, principalement pulmonaire, transmissible par voie aérienne.
2. Physiopathologie
- Transmission : inhalation de gouttelettes contaminées.
- Localisation principale : poumons (tuberculose pulmonaire).
- Réaction immunitaire : formation de granulomes pour contenir l'infection.
- Évolution : peut rester latente ou évoluer vers une maladie active.
3. Signes cliniques
| Symptômes principaux | Description |
|---|---|
| Toux | Initialement sèche, puis productive |
| Hémoptysie | Crachat de sang |
| Fièvre | Souvent en fin de journée |
| Sueurs nocturnes | Transpiration excessive la nuit |
| Amaigrissement | Perte de poids inexpliquée |
| Fatigue | Asthénie persistante |
4. Diagnostic
- Examen clinique : recherche des signes respiratoires et généraux.
- Radiographie thoracique : opacités, cavitations, infiltrats.
- Bacilloscopie : mise en évidence du bacille dans les expectorations.
- Culture : confirmation et antibiogramme.
- Test immunologique : intradermo-réaction à la tuberculine (IDR).
- Tests moléculaires : PCR pour détection rapide.
5. Traitement
- Durée : minimum 6 mois.
- Médicaments de première ligne :
- Isoniazide (INH)
- Rifampicine (RIF)
- Pyrazinamide (PZA)
- Ethambutol (EMB)
- Schéma classique :
- Phase intensive (2 mois) : INH + RIF + PZA + EMB
- Phase de continuation (4 mois) : INH + RIF
- Observance : cruciale pour éviter résistances.
- Surveillance : contrôle clinique, radiologique et bactériologique.
6. Prévention
- Vaccination : BCG, protège surtout contre formes graves chez l’enfant.
- Dépistage : populations à risque, contacts.
- Mesures d’hygiène : port de masque, ventilation des locaux.
- Isolement : en cas de tuberculose active contagieuse.
À retenir : La tuberculose est une maladie infectieuse pulmonaire transmissible, diagnostiquée par bacilloscopie et radiographie, traitée par une association prolongée d’antibiotiques pour éviter les résistances.
Physiothérapie cardio-respiratoire
1. Physiothérapie cardio-respiratoire : techniques et traitements
a) Traitements instrumentaux selon la fréquence
| Fréquence | Zone ciblée | Techniques principales |
|---|---|---|
| Basses fréquences | Proximal | Toux, AFE, aspiration, cough assist |
| Moyennes fréquences | Moyen calibre | ELTGOL, flutter, drainage autogène |
| Hautes fréquences | Périphérique | EDIC, spirométrie, percussionnaire |
b) Cough Assist (Insufflation/Exsufflation mécanique)
- Indications : maladies neuromusculaires, faiblesse musculaire
- Contre-indications : pneumothorax non drainé, asthme sévère, bronchospasme, hypotension, trauma facial, SDRA
c) Aspiration naso-trachéale
- Risques : désaturation, troubles du rythme, arrêt cardiorespiratoire (ACR), bronchoaspiration, lésions muqueuses, infections, agitation
d) Mobilisation précoce
- Buts : prévenir complications, améliorer ventilation, faciliter sevrage ventilatoire
e) Sternalogie (soins post-sternotomie)
- À éviter : mouvements de torsion, traction des bras (éviter potence), bras au-dessus de la tête
- Important : protéger la cicatrice, soutenir pendant la toux
f) Spirométrie incitative
- But : prévenir atélectasies et complications postopératoires
- Principe : inspirations lentes et profondes
g) Asynchronies ventilatoires
- Définition : alvéoles se remplissent à des vitesses différentes, causant ventilation inégale et mauvais échanges
- Pause télé-inspiratoire : homogénéise la ventilation et remplit les alvéoles lentes
h) Aérosolthérapie
- Définition : administration de médicaments par aérosol
- Modes d’administration : nébulisation, spray doseur, chambre d’inhalation, poudre sèche, Respimat®
- Dépôt des particules :
| Mécanisme | Zone de dépôt | Optimisation |
|---|---|---|
| Impaction | Oropharynx | Inspiration lente |
| Sédimentation | Bronches/alvéoles | Pause inspiratoire |
| Diffusion | Très petites particules | - |
i) Oxygénothérapie
- FiO₂ air ambiant : 21%
- Saturation cible :
- Standard : 94%
- BPCO : 88–92% (attention risque de carbonarcose)
- Rapport PaO₂/FiO₂ (SDRA) :
| Sévérité SDRA | Rapport PaO₂/FiO₂ |
|---|---|
| Léger | 200 < PaO₂/FiO₂ < 300 |
| Modéré | 100 < PaO₂/FiO₂ < 200 |
| Sévère | PaO₂/FiO₂ < 100 |
- Modes d’administration :
| Interface | Débit O₂ (L/min) | Remarques |
|---|---|---|
| Lunettes | max 6 | |
| Masque simple | 5–10 | <5 L/min risque rétention CO₂ |
| Haute concentration | 10–15 | Sac toujours gonflé |
j) Oxygénation à haut débit (OHD / Optiflow)
- Caractéristiques : FiO₂ précise, chauffée, humidifiée, débit 40–70 L/min
- Effets : lavage de l’espace mort, effet PEEP, ↓ dyspnée, ↑ confort, améliore clairance
- Contre-indications : fracture base crâne, obstruction nasale, OAP, exacerbation aiguë BPCO
k) CPAP (Continuous Positive Airway Pressure)
- Définition : pression positive constante pour maintenir alvéoles ouvertes
- Indications : hypoxie, OAP, apnées du sommeil
l) VNI (Ventilation Non Invasive)
- Définition : ventilation avec 2 niveaux de pression (PEEP + aide inspiratoire)
- Fonctionnement :
- Déclenchement : patient initie inspiration
- Pressurisation : assistance machine
- Cyclage : retour à l’expiration
- Asynchronies : décalage patient-machine fréquent
- Contre-indications : coma, pneumothorax non drainé, trauma facial, obstruction voies aériennes supérieures, instabilité hémodynamique, encombrement majeur
- Complications : pneumothorax, bronchoaspiration, désaturation, hypotension, escarres, sécheresse, conjonctivite
- Surveillance :
- Clinique : FR, FC, TA, conscience, confort
- Ventilatoire : volume courant (VT), FiO₂, fuites, asynchronies
- Gazométrique : PaO₂, PaCO₂, pH, HCO₃⁻
- Indications principales : BPCO décompensée, OAP, détresse respiratoire
- Critères :
- FR > 24–30/min
- Utilisation muscles accessoires
- PaCO₂ > 45 mmHg
- pH < 7,35
- PaO₂/FiO₂ < 200
À retenir : La physiothérapie cardio-respiratoire utilise des techniques adaptées à la localisation bronchique (fréquences basses, moyennes, hautes) pour optimiser le drainage, la ventilation et la fonction respiratoire, tout en surveillant les risques et contre-indications spécifiques à chaque méthode.
Mucoviscidose
1. Définition et étiologie
- Mucoviscidose : maladie métabolique congénitale la plus fréquente en Europe, d'origine génétique héréditaire.
- Cause : mutation du gène CFTR sur le chromosome 7.
- Transmission autosomique récessive : si les deux parents sont porteurs, risque de 25 % d’enfant atteint.
- Prévalence : 4 % de porteurs du gène dans la population.
- En Suisse : environ 1000 personnes atteintes, 30 naissances/an, 50 en Valais.
- Maladie chronique rare nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire.
- Complication possible : insuffisance respiratoire sévère → transplantation pulmonaire.
2. Historique et évolution
| Année | Espérance de vie moyenne |
|---|---|
| 1960 | 5 ans |
| Aujourd’hui | ≈ 50 ans (en constante amélioration) |
- Amélioration grâce aux progrès de la recherche et des traitements.
3. Diagnostic
- Dépistage néonatal : sang prélevé au talon, recherche d’une protéine augmentée (depuis 2011 en Suisse).
- Test de la sueur : mesure de la concentration en sel, concentration élevée → suspicion.
- Analyse génétique : recherche des mutations sur les deux chromosomes 7, résultats parfois longs.
4. Physiopathologie
a) Atteinte pulmonaire
- Dysfonctionnement ou absence de la protéine CFTR → mucus épais et collant.
- Mauvaise élimination des sécrétions → accumulation bactérienne et infections répétées.
- Dommages pulmonaires permanents, diminution du volume respiratoire.
- Gravité liée principalement à l’atteinte pulmonaire.
b) Atteinte digestive
- Mauvaise digestion des graisses.
- Malabsorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K).
- Symptômes : douleurs abdominales, diarrhées, difficulté à prendre du poids.
c) Organes touchés
| Organes | Manifestations principales |
|---|---|
| Poumons / bronches | Mucus épais, infections répétées |
| Sinus | Congestion nasale chronique, baisse du goût |
| Glandes sudoripares | Sueur très salée |
| Foie / voies biliaires | Stase biliaire |
| Pancréas | Insuffisance pancréatique |
| Intestin grêle | Occlusions, constipation |
| Organes génitaux | Infertilité masculine, difficultés de grossesse féminine |
5. Tableau clinique
| Système | Signes cliniques principaux |
|---|---|
| Respiratoire | Toux chronique, encombrement bronchique, dyspnée, infections pulmonaires répétées, fatigue |
| Digestif | Selles grasses, diarrhées, douleurs abdominales, constipation chronique, retard pondéral |
| ORL | Sinusites, atteinte nasale |
| Peau | Sueur très salée |
| Génital (homme) | Infertilité (90 % si canal bouché) |
| Génital (femme) | Mucosités épaisses, difficulté à la grossesse |
6. Traitements
a) Respiratoires
- Aérosols, humidification, kinésithérapie respiratoire.
- Pulmozyme® : fluidifie le mucus.
- Antibiotiques adaptés aux infections.
- Surveillance : spirométrie dès 3 mois, radiographie thorax ou CT annuel, suivi fonction pulmonaire.
b) ORL
- Lavages avec eau physiologique.
- Contrôle ORL annuel.
c) Digestifs / pancréatiques
- Créon® : enzymes pancréatiques à chaque repas.
- Suppléments : calcium D3®, vitamines A, D, E.
- Traitement du diabète associé : suivi diabétologique, greffe des îlots de Langerhans possible.
- Surveillance : hyperglycémie provoquée, prise de sang trimestrielle, échographie abdominale annuelle.
- Traitement des calculs biliaires : Ursofalk®.
- Constipation chronique : surveillance, colonoscopie dès 40 ans, Urosit® si calcul urinaire.
d) Nouveaux traitements
- Trikafta® (depuis 2021 en Suisse) : modulateur CFTR, agit sur la cause génétique.
- Limites : 20 % des patients non éligibles selon mutation.
- Effets : survie prédite > 65 ans pour enfants nés 2020-2024, diminution des transplantations pulmonaires et des antibiothérapies IV.
e) Transplantation pulmonaire
- Dernière option en cas d’insuffisance respiratoire sévère.
- Transplantation bilatérale.
- Risques : rejet, infections.
- Donneurs rares → attente longue.
7. Vivre avec la mucoviscidose
- Traitements lourds et chronophages.
- Impact important sur la vie scolaire, professionnelle, familiale, sociale et financière.
- Passage à l’âge adulte critique, nécessite un accompagnement adapté.
8. Rôle infirmier
a) Relation soignant-soigné
- Partenariat et lien de confiance.
- Accompagnement sur le long terme.
- Soutien lors de la transition vers l’âge adulte.
b) Éducation thérapeutique
- Explication des traitements.
- Promotion de l’hygiène et prévention des infections.
- Favoriser l’adhésion thérapeutique.
c) Soutien psychosocial
- Soutien au patient et à la famille.
- Orientation vers associations.
- Aide à l’autonomie quotidienne.
La mucoviscidose est une maladie génétique chronique caractérisée par un mucus épais qui entraîne des atteintes pulmonaires et digestives majeures, nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire et un suivi rigoureux.