Les amétropies sphériques
1) 👁️ L’œil emmétrope
Lorsque la lumière passe d’un milieu à un autre sa direction se modifie : ce phénomène de déviation est appelé réfraction.
Le cristallin et la cornée sont les principaux éléments réfractifs de l’œil qui font converger les rayons lumineux vers la rétine. Leurs puissances de convergence se mesurent en dioptries.
- La puissance réfractive de la cornée est fonction de sa courbure qui ne varie plus une fois la croissance achevée (environ +40 dioptries).
- A l’inverse, la puissance réfractive du cristallin est variable du fait de la modification de ses rayons de courbure sous l’effet des contractions du muscle ciliaire à l’origine de l’accommodation (+20 dioptries au repos).
L’œil est dit emmétrope (optiquement parfait) si son pouvoir réfractif convergent permet à l’image d’un objet éloigné de se projeter sur le centre de la rétine de façon nette, sans effort d’accommodation (muscle ciliaire au repos).
Sous l’effet des contractions du muscle ciliaire, le cristallin peut augmenter la puissance convergente de l’œil. Ce phénomène appelé accommodation permet la vision nette de près.
La presbytie correspond à la perte de cette capacité avec l’âge.
Un œil est dit normal ou « emmétrope » lorsque les rayons lumineux émis d’un objet observé convergent sur la rétine en un point unique au niveau de la macula (rétine centrale).
Ces yeux n’ont aucun trouble de la réfraction et ne nécessite pas de correction optique.
2) 👁️ L’œil amétrope
L’œil amétrope est à l’inverse optiquement imparfait : l’image d’un objet éloigné ne converge pas sur la macula lorsque l’accommodation est inactive.
Les principales amétropies sont la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme (la presbytie n’est pas une amétropie mais un trouble de l’accommodation, qui concerne la vision de près et non pas la vision de loin).
- La myopie et l’hypermétropie sont des amétropies dites sphériques : les surfaces de la cornée et du cristallin ont bien une forme sphérique régulière, mais l’œil est trop court ou trop long par rapport à sa puissance de convergence. L’image d’un objet situé à l’infini ne se projette donc pas sur la rétine mais en arrière ou en avant de la macula.
- L’astigmatisme est une amétropie dite non sphérique : liée à un défaut de sphéricité de la cornée et/ou du cristallin dont les rayons de courbure ne sont pas les mêmes selon tous les axes (les images des 2 barres d’une croix ne se projettent alors pas dans le même plan).
Dans ces différents cas, l’œil est dit amétrope et la vision est floue.
Si l’image se forme :
- En avant de la rétine, l’œil est trop long par rapport à sa puissance, il est dit myope.
- En arrière de la rétine, l’œil est trop court par rapport à sa puissance, il est hypermétrope.
- En plusieurs points de la rétine, l’œil est astigmate.
3) Les différentes amétropies : causes et symptômes
a) La myopie
L’œil myope est caractérisé par une puissance de convergence des rayons lumineux trop importante pour sa longueur. En vision de loin, le myope voit flou : l’image de l’objet regardé se projette en avant de la macula et n’apparaît donc pas nette sur la rétine. La vision de près est en revanche parfaite.
La myopie est une anomalie de la vue fréquente qui affecte la vision de loin. Elle débute en général dans l’enfance et évolue jusqu’au début de l’âge adulte. Favorisée par le mode de vie moderne, la myopie devient plus fréquente et concernerait 30% des Français, ce qui pousse à parler « d’épidémie myopique ». Causée par un globe oculaire trop long, l’image dans l’œil myope, se focalise en avant de la rétine. Sa correction nécessite un dispositif optique divergent (lunettes, lentilles) ou une opération au laser.
Relation de la myopie avec d’autres troubles visuels
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Myopie et hypermétropie
La myopie s’oppose à l’hypermétropie, qui se caractérise par un œil trop court et une image qui se forme en arrière de la rétine. -
Myopie et astigmatisme
La myopie peut en revanche être associée à l’astigmatisme, qui se produit lorsqu’un œil est de forme ovale en plus d’être de trop grande taille. On parle alors d’astigmatisme myopique. -
Myopie et presbytie
Avec l’âge, un œil myope perdra sa faculté de mise au point (accommodation), rendant la vision de près difficile également. La presbytie s’ajoutera alors à la myopie, qui ne sont pas incompatibles.
La myopie en bref
- Évolution : débute dans l’enfance et évolue jusqu’au début de l’âge adulte
- Fréquence : 30% des Français environ
- Facteurs de risque : hérédité, mode de vie sédentaire
- Cause : œil de grande taille, image formée en avant de la rétine
- Mesure : en dioptries négatives, forte à partir de -5,00
- Symptômes principaux : vision floue de loin
- Associations possibles : astigmatisme, presbytie
- Correction optique : verres correcteurs ou lentilles de contact
- Traitement chirurgical : Traitement laser
La myopie s’exprime en dioptries négatives, valeur qui correspond au degré de correction du verre nécessaire à la correction. Par exemple, la myopie est dite forte au-delà de -6 (dioptries).
Symptômes et manifestations de la myopie
Le principal et presque unique symptôme de la myopie est la vision trouble de loin avec préservation de la vision de près. Les maux de tête sont rares.
- Symptômes d’une myopie isolée – Contrairement à l’hypermétropie entraînant des maux de tête, la myopie n’induit en règle générale pas de céphalées ni de vertiges. Elle rend en revanche la vision trouble en vision de loin, ce qui gêne les activités comme la conduite, l’observation de spectacles, la télévision... La vision de près est pour sa part conservée.
- Symptômes d’une myopie associée à un astigmatisme – Si la myopie s’associe à un astigmatisme, l’image sera en outre déformée de loin et de près. Des céphalées, vertiges peuvent s’ajouter.
- Symptômes d’une myopie associée à une presbytie – Avec l’âge, l’œil perd sa capacité de mise au point, ce qui conduit à l’apparition d’une presbytie (baisse de la vision de près). L’œil myope n’en est pas exempt, cependant, l’excellente vision de près dont jouissent les patients myopes conduit à « retarder » l’apparition de la presbytie, certains myopes ne devenant jamais réellement presbytes en conservant la capacité de lire en retirant leur équipement optique.
b) L’hypermétropie
L’hypermétropie n’est pas une maladie mais un trouble de la vision, une amétropie.
Contrairement à la myopie, où l’œil est trop long, dans le cas de l’hypermétropie l’œil est trop court et les rayons lumineux se rencontrent derrière la rétine, alors qu’ils devraient normalement se focaliser sur la rétine.
Le patient jeune ne s’aperçoit pas de son problème car les efforts d’accommodation de son cristallin - encore souple - lui permettent de compenser cette hypermétropie en recentrant les rayons lumineux sur la rétine. L’œil s’adapte alors mal aux courtes distances. Mais avec l’âge, le cristallin perd son élasticité et l’hypermétropie se dévoile progressivement.
A la longue, il devra également porter des lunettes pour voir de loin.
Pour résumer : l’hypermétrope voit flou de près mais il voit bien de loin, du moins si le patient est encore jeune. A partir d’un certain âge l’hypermétrope voit flou en toutes circonstances et aura tendance à porter des lunettes de manière permanente.
Lien vidéo : https://youtu.be/-uwt52Z4I84
Hypermetropie de l’enfant, quand consulter ?
- Consultation urgente : la perception, même intermittente, d’un strabisme chez l’enfant doit impérativement conduire à une consultation rapide chez un ophtalmologue. En cas de doutes sur la bonne vision de votre enfant, une consultation est toujours préférable, en particulier durant la petite enfance.
- Consultation systématique avant 2 ans : des antécédents familiaux (parents, fratrie) d’hypermétropie forte, de strabisme ou d’amblyopie doivent conduire impérativement à une consultation systématique avant l’âge de deux ans.
- Consultation systématique avant 4 ans : pour tous les enfants, y compris en l’absence d’antécédents familiaux et de symptômes particuliers, une consultation est nécessaire autour de l’âge de 4 ans.
Relation de la myopie avec les autres troubles de la vision
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Hypermétropie et myopie
L’hypermétropie s’oppose à la myopie, qui se caractérise par un œil trop long et une image qui se forme en avant de la rétine. Hypermétropie et myopie ne sont donc jamais associées. -
Hypermétropie et astigmatisme
L’hypermétrope peut en revanche être associée à l’astigmatisme, qui se produit lorsqu’un œil est de forme ovale en plus d’être de trop petite taille. On parle alors d’astigmatisme hypermétropique. En plus des symptômes de l’hypermétropie, la vision est légèrement déformée en vision de loin et de près. -
Hypermétropie et presbytie
Avec l’âge, l’œil perd sa capacité de mise au point. Ce défaut visuel appelé presbytie s’ajoute aux amétropies préexistantes. En cas d’hypermétropie, la presbytie pose d’autant plus vite problème qu’une partie de la mise au point (autofocus) est déjà mise en œuvre pour compenser l’hypermétropie. Ce phénomène consomme la réserve accommodative de l’œil, qui est ainsi réduite chez les patients hypermétropes. Voilà pourquoi, la presbytie, lorsqu’elle survient chez un patient hypermétrope, pose rapidement des difficultés en vision de près... et parfois même de loin !
La myopie en bref
- Évolution : débute dans l’enfance et évolue tout au long de la vie
- Fréquence : 10 à 15 % de la population française
- Facteurs de risque : hérédité
- Cause : œil de petite taille, image formée en arrière de la rétine
- Mesure : en dioptries positives, forte à partir de +5,00
- Symptômes principaux : vision floue de près, fatigue visuelle
- Associations possibles : astigmatisme, presbytie
- Complications possibles : amblyopie et strabisme chez l’enfant, glaucome chez l’adulte
- Correction optique : verres correcteurs ou lentilles de contact
ci. L’astigmatisme
L’astigmatisme est une anomalie de la vue fréquente caractérisée par une déformation de l’image de près et de loin. La vision est imprécise, floue, conduisant à confondre les lettres proches comme le M et le H ou le N et le M. L’œil astigmate est ovale comme un ballon de rugby, plutôt que sphérique. L’astigmatisme est en général présent dès la naissance. Assez bien toléré, seuls 30% des astigmates portent une correction.
Lien vidéo : https://youtu.be/cCD7l7Gg2to
Mécanismes, pourquoi est-on astigmate ?
L’astigmatisme est lié à un défaut de convergence de l’image au niveau de la rétine. L’œil étant ovale (asphérique), les rayons lumineux ne subissent pas le même trajet selon le point de la cornée qu’ils traversent. Pour les uns, traversant la cornée sur sa partie la plus cambrée, ils convergeront trop et l’image se formera en avant de la rétine. Pour les autres traversant la cornée sur sa partie la moins cambrée, ils ne convergeront pas suffisamment et l’image se formera en arrière de la rétine, si bien qu’il est impossible pour l’œil de faire correctement la mise au point.
Trajet de la lumière dans l’œil
Le trajet de la lumière à travers un œil permettant la vision de l’image observée, se résume ainsi : les rayons lumineux en provenance de l’objet regardé pénètrent l’œil par la cornée (structure transparente sur laquelle se posent les lentilles de contact). Ils passent ensuite la pupille, le cristallin et convergent sur la rétine où s’imprime l’image, conduite aux aires cérébrales chargées de les interpréter par l’intermédiaire du nerf optique.
L’œil est son anatomie :
- L’œil emmétrope :
Dans un œil qui n’est ni myope, ni hypermétrope, ni astigmate, ni presbyte la lumière converge très exactement sur la rétine en un point d’une taille d’un millimètre environ, nommé macula. En toute situation, le cristallin assure la mise au point en faisant varier la convergence des rayons qui se projettent toujours parfaitement sur la macula, ce qui assure une image nette. Cet œil est dit emmétrope, par opposition aux yeux présentant un trouble réfractif, dits amétropes. La cornée d’un œil emmétrope est parfaitement sphérique.
Astigmatisme cornéen :
Un œil astigmate est un œil ovalisé. Cela n’est pas visible extérieurement, mais le trouble est suffisamment marqué pour modifier sensiblement le trajet de la lumière dans l’œil et provoquer une gêne. Pour se représenter la cornée d’un œil astigmate, il faut imaginer une coupole ou un dôme (une lentille de contact par exemple), étirée en deux points opposés. L’axe par lequel s’effectue la traction sera aplati, tandis que l’axe opposé sera excessivement cambré (particularité géométrique nommée toricité). La lumière, selon qu’elle empreinte l’un ou l’autre des « méridiens », subira donc une convergence différente. Excessivement convergent pour les rayons passant par la partie la plus cambrée, peu convergent pour les rayons passant par la partie la moins cambrée.
Les différents types d’astigmatisme : Astigmatisme direct, inverse et oblique
L’astigmatisme prend 3 formes selon l’axe de son méridien le plus cambré
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Astigmatisme direct :
Il est le plus fréquent des astigmatismes. L’axe le plus cambré est vertical, le moins cambré horizontal. Cet astigmatisme est mieux toléré que les autres. -
Astigmatisme oblique :
On parle d’astigmatisme oblique lorsque les axes ne sont ni verticaux, ni horizontaux.