Les formes d'autorité
1. Les formes d'autorité
a) L'autoritarisme
- Abus d'autorité : volonté de démontrer son pouvoir aux autres et à soi-même.
- Caractéristiques : règles rigides, non adaptées à l'âge, aux besoins ou au contexte.
- Conséquences : impose un cadre strict sans choix, pouvant provoquer rébellion, fuite, isolement, voire suicide.
b) Le laxisme
- Manque d'autorité : laisser tout faire sans poser de limites.
- Conséquences : génère une insécurité chez l'autre, qui teste les limites pour vérifier la présence d'un cadre protecteur.
c) L'autorité saine
- Définition : cadre posé par des limites claires, offrant sécurité et protection, à l’image d’une maison avec murs et toit.
- Fonction : rassurer l’adolescent en lui disant « n’aie pas peur, je ne te laisserai pas aller trop loin ».
- Effet : permet à l’adolescent d’évoluer en sécurité physique et psychologique.
d) Attentes des jeunes face à l'autorité
- Recherche d’un juste milieu entre autoritarisme et laxisme.
- Souhait d’adultes responsables, ni trop stricts ni trop permissifs.
- Besoin d’être reconnus et respectés dans leur identité.
- Importance d’adultes justes et respectueux des règles, qui encouragent les jeunes à adopter les mêmes comportements.
2. Les adolescents et leurs parents
a) Changements dans la relation parentale
- La puberté impose à l’adolescent de modifier ses relations avec ses parents et de faire le deuil de son enfance.
- L’adolescent doit trouver un nouvel équilibre entre attachement familial et construction de liens extérieurs nécessaires à l’âge adulte.
b) Ambivalence fondamentale
- L’adolescent change son regard sur ses parents : ils ne sont plus les figures fortes et uniques de l’enfance.
- Il doit renoncer à être l’enfant idéal et se construire une personnalité propre.
- Apparente détérioration des liens : critique et distance, report des idéaux sur les pairs, idoles et passions extérieures.
3. Les conduites à risque et dérives de l’adolescent
a) Définition
- Actions mettant en danger la santé physique ou psychologique : prise de drogue, rapports sexuels non protégés, conduite sans casque, scarification, tentative de suicide, etc.
- Ces conduites impliquent un risque pour le corps et la santé, mais aussi pour le bien-être psychique.
À retenir : L’autorité saine est un cadre protecteur qui rassure l’adolescent, contrairement à l’autoritarisme ou au laxisme qui peuvent engendrer des comportements à risque ou des conflits.
Les changements relationnels à l'adolescence
1. Les conduites à risque à l’adolescence
- Les conduites à risque peuvent être minimes (ex. sortir sans pull en hiver) ou gravissimes (ex. suicide, accidents de la route, premières causes de mortalité chez les jeunes).
- Prédominance masculine : 3 garçons pour 1 fille dans ces conduites.
2. Spécificité de l’adolescence ?
- Non spécifique à l’adolescence : enfants et adultes prennent aussi des risques.
- Les adolescents se distinguent par une exhibition plus forte de leurs transgressions et une moindre soumission au contrôle social.
- L’enfance est souvent idéalisée, l’adolescence peut être diabolisée.
3. Explications des conduites à risque
La prise de risque peut s’expliquer par :
| Causes | Description |
|---|---|
| Méconnaissance | Immaturité cognitive et émotionnelle. |
| Maladresse | Défaut de coordination lié aux transformations corporelles. |
| Mauvaise évaluation du danger | Inexpérience dans l’appréciation des risques. |
Un acte est polysémique : il répond à plusieurs motivations conscientes et inconscientes.
4. Facteurs liés aux conduites à risque
| Facteur | Rôle dans la prise de risque |
|---|---|
| Le corps | Découverte du corps en mutation, recherche de sensations et de plaisir, exploration des limites physiques, affirmation d’une autonomie corporelle. |
| L’image de soi | Affirmation de sa valeur, estime de soi, passage de l’enfance à l’âge adulte, recherche de reconnaissance et d’amour, parfois acte héroïque. |
| L’interdit et l’autorité | Vérification des limites, affirmation d’indépendance, transgression pour comprendre le sens de l’interdit, parfois punition ou expiation (conduites ordaliques). |
| Le social | Recherche d’intégration, respect et admission dans un groupe, rites d’entrée dans des bandes ou groupes sociaux. |
À retenir : La prise de risque à l’adolescence est multifactorielle, mêlant découverte du corps, affirmation de soi, confrontation à l’autorité et besoin d’appartenance sociale.
Les conduites à risque chez l'adolescent
1. Les conduites à risque chez l'adolescent
Les conduites à risque peuvent être motivées par un effet anxiolytique (réduire une tension intérieure) ou un effet anti-dépresseur (se sentir vivant par des sensations fortes). Par exemple, « se faire peur » sert parfois à éviter une peur intérieure diffuse, plus difficile à identifier, ce qui explique des comportements comme les scarifications.
a) Normalité vs pathologie
Certaines conduites à risque sont normales dans la crise d'adolescence, d’autres traduisent une souffrance pathologique. On parle de pathologie si :
| Critère | Description |
|---|---|
| Signes associés | Présence de troubles scolaires, sociaux, sportifs ou culturels |
| Durée | L’état ou la conduite s’installe dans le temps |
| Répétition | Les conduites à risque se répètent fréquemment, sans prise de sens |
La répétition est un signe fort de pathologie, pouvant entraîner une dépendance. Le jeune cherche alors souvent une limite extérieure, car il ne l’a pas intégrée intérieurement. Ce comportement est souvent un appel à l’adulte : « regarde-moi, fais attention, arrête-moi ».
b) Que faire face aux conduites à risque ?
La prévention doit commencer dès le plus jeune âge par :
- Un lien affectif solide entre l’enfant et ses parents (confiance, respect)
- Des marques d’attention et un rapport sain au corps et aux autres (respect de la liberté)
- L’apprentissage des limites à ne pas dépasser
Face à une conduite à risque, il faut :
- Rappeler les règles de sécurité et les dangers, sans minimiser l’acte
- Reconnaître la valeur de l’acte pour ne pas rester indifférent
- Exprimer sa peur et reconnaître que l’enfant a changé :
« Tu as pris de grands risques. J’ai eu très peur. Je vois que tu n’es plus un enfant, je sais maintenant de quoi tu es capable. » - Condamner l’acte, pas l’adolescent :
Différence entre « ce que tu as fait est idiot » et « tu es idiot »
Les conduites à risque répétées chez l’adolescent sont souvent un appel à l’aide et un signe de souffrance pathologique.