Synthèse et données clés
1. Synthèse
L’édition 2025 du Bilan environnemental de la France présente un état des lieux actualisé des pressions économiques sur l’environnement, de l’état des milieux naturels, des risques liés au changement climatique, et des actions de protection engagées.
a) Contexte et enjeux
- Accord de Paris (2015) : objectif de limiter le réchauffement climatique à +2 °C, idéalement +1,5 °C d’ici 2100. En 2025, les efforts sont insuffisants pour atteindre +1,5 °C.
- Objectifs de développement durable (ODD) : progrès notables sur l’eau propre, l’assainissement et la lutte contre le changement climatique.
- Aires protégées : 31,2 % du territoire terrestre français protégé en 2025, dépassant l’objectif européen de 30 %.
- Préoccupations des Français : changement climatique en tête, suivi des catastrophes naturelles et des pollutions.
b) Pressions des activités économiques
| Secteur | Part des émissions nationales de GES (2024) | Évolution clé et impacts |
|---|---|---|
| Transports | 34 % | Stables depuis 1990, majoritairement routier (94 %), source majeure de polluants atmosphériques et de nuisances sonores |
| Industrie | 28 % | Baisse de 53 % des émissions depuis 1990, réduction des prélèvements d’eau et des déchets industriels |
| Logement-construction | 10 % | 8,4 % du territoire artificialisé, émissions de GES en baisse (-42 % depuis 1990), production importante de déchets (70 % du total) |
| Énergie | 10 % | Production primaire en hausse (+10,2 % en 2024), forte progression des renouvelables, baisse des émissions de 58 % depuis 1990 |
| Agriculture | 21 % | Principal émetteur de protoxyde d’azote (81 %) et méthane (71 %), émissions en baisse de 18 % depuis 1990 |
- En 2024, les émissions territoriales brutes de GES s’élèvent à 369 Mt CO₂éq (-1,8 % par rapport à 2023), soit 5,4 t CO₂éq/habitant.
- La consommation intérieure de matières premières a diminué de 14,3 t/hab (1990) à 11,9 t/hab (2023), avec une productivité matières en hausse de 70 %.
- Le recyclage des déchets non minéraux non dangereux reste insuffisant (48 % vs objectif 55 % en 2020).
c) État de l’environnement
- Air : amélioration générale de la qualité entre 2000 et 2024, mais dépassements persistants des normes européennes pour NO₂, ozone, PM10 et PM2,5.
- Eaux : 44 % des masses d’eau de surface en bon état écologique (2022), 68 % en bon état chimique.
- Sols : érosion moyenne de 1,5 t/ha/an, 11 607 sites pollués recensés, stockage de carbone variable selon les usages.
- Biodiversité : seulement 16 % des habitats naturels et 24 % des espèces en état favorable (2019-2024), déclin marqué des oiseaux spécialistes (-37 points depuis 1989).
- Milieux humides : 51 % dégradés, seulement 5 % des habitats en bon état.
- Milieux marins : 90 % des habitats marins en état défavorable, pollution plastique majeure (80 % des macrodéchets).
- Forêts : extension du couvert forestier, mais mortalité accrue des arbres (+125 % entre 2005-2013 et 2015-2023), séquestration carbone en baisse (-8 %).
d) Changement climatique et risques naturels
- Température moyenne en France métropolitaine augmentée de 2,1 °C (2015-2024) vs 1900-1930.
- Ressource en eau en baisse de 14 % entre 1990-2001 et 2002-2023, restrictions sur 34 % du territoire pour eaux de surface.
- Multiplication des catastrophes naturelles : 4 événements graves/an (2001-2024) contre 1/an (1950-2000), principalement inondations.
- 18 millions de personnes exposées aux risques d’inondations.
e) Actions pour la protection de l’environnement
- Dépenses environnementales : 100 Md€ en 2023 (3,5 % du PIB), dont 67 Md€ pour la gestion des déchets et eaux usées.
- Fiscalité environnementale : 50 Md€ de recettes en 2023, en hausse modérée depuis 1995, ciblant principalement les énergies fossiles et polluants.
- Éco-activités : 65,7 Md€ de valeur ajoutée (2,6 % du total), croissance annuelle moyenne de 4,7 % depuis 2004, 817 300 emplois (2,8 % des ETP).
- Métiers verts : 361 000 emplois en 2024, 1,2 % de la population active, avec une forte présence dans la prévention des pollutions.
- Formations environnementales : 250 diplômes recensés, 9 % des étudiants en dernière année en 2023.
- Contrôles et sanctions : 26 618 dossiers d’atteintes à l’environnement en 2024, 50 % avec réponse pénale, souvent sous forme de procédures alternatives.
2. Données clés
| Indicateur | Valeur 2024/2025 | Évolution récente / Objectifs |
|---|---|---|
| Émissions territoriales de GES | 369 Mt CO₂éq (5,4 t CO₂éq/hab) | -32 % depuis 1990 |
| Empreinte carbone par habitant | 8,2 t CO₂éq | -20 % depuis 1990 |
| Aires terrestres protégées | 31,2 % du territoire | Objectif UE : 30 % |
| Aires marines protégées | 35,7 % de la superficie maritime | Objectif UE : 30 % |
| Consommation intérieure de matières | 11,9 t/hab | En baisse depuis 1990 |
| Production de déchets | -7 % entre 2010 et 2022 | Objectif de réduction |
| Part des énergies renouvelables | 23 % de la consommation finale brute | En hausse |
| Nombre de décès prématurés liés aux PM2,5 | -66,4 % entre 2005 et 2023 | Objectif UE atteint (-55 %) |
| Part de l’agriculture biologique | 10,1 % des terres agricoles | Objectif UE : 25 % d’ici 2030 |
3. Points essentiels à retenir
La France a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 32 % depuis 1990, mais doit intensifier ses efforts pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Plus de 31 % du territoire terrestre est protégé, mais la biodiversité continue de décliner, notamment les habitats naturels et les espèces spécialistes.
Le changement climatique s’accélère en France (+2,1 °C depuis 1900-1930), avec une multiplication des catastrophes naturelles et une baisse significative des ressources en eau.
Les activités économiques, en particulier les transports, l’industrie, l’agriculture et le logement, restent les principales sources de pressions environnementales.
Les dépenses environnementales atteignent 100 Md€ en 2023, avec un développement croissant des éco-activités et des formations liées à l’environnement.
Cette synthèse regroupe les données clés et les tendances majeures du bilan environnemental français en 2025, indispensables pour comprendre les enjeux actuels et les défis à venir.
Contexte et enjeux
1. Pratiques environnementales des ménages français en 2025
- Tri des déchets : principale pratique environnementale (75 % des Français), facilitée par la collecte municipale, mais perçue comme moins efficace que d'autres actions.
- Actions jugées efficaces mais peu fréquentes : réduction de la consommation d'énergie, limitation des voyages en avion, moindre utilisation de la voiture, achat de produits éco-labellisés.
- Actions faciles et fréquentes : tri des déchets, achat de produits locaux.
- Actions simples mais peu mises en œuvre : réduction de la consommation d'eau, limitation des voyages aériens.
- Actions compliquées mais assez fréquentes : privilégier la marche, le vélo ou les transports en commun, faire des économies d'énergie.
2. Comparaison européenne des pratiques environnementales (2025)
| Action | France (%) | UE à 27 (%) | Particularités françaises |
|---|---|---|---|
| Tri des déchets | 75 | 64 | Très plébiscité |
| Réduction consommation viande | 34 | 25 | Plus élevée qu'en moyenne européenne |
| Offre électricité verte | 6 | 21 | Moins fréquente qu'en Suède |
| Acquisition voiture électrique | Faible | Plus élevée | 4x moins fréquente qu'au Danemark |
| Modes de déplacement alternatifs | 22 | 63 (Suède) | Retard par rapport à certains pays nordiques |
3. Changement climatique : préoccupation et implication (2025)
- 50 % des Français considèrent le changement climatique comme un problème très grave (moyenne UE : 37 %).
- 66 % des Français déclarent agir individuellement contre le changement climatique (moyenne UE : 59 %).
- Baisse de l'implication individuelle entre 2023 et 2025 (-3 points en France, -4 points en UE).
- Implication plus élevée dans les pays nordiques (Finlande, Suède), plus faible dans certains pays méditerranéens et de l'Est.
4. Pressions des activités économiques sur l’environnement
- Sources principales : extraction et consommation de ressources naturelles, émissions de gaz à effet de serre (GES), pollution atmosphérique, production de déchets, artificialisation des sols.
- Conséquences : dégradation des écosystèmes, perte de biodiversité, changement climatique.
- Politiques publiques : décarbonation, préservation des sols et biodiversité, économie circulaire.
5. Prélèvements de ressources naturelles
a) Eau douce
- Diminution des prélèvements de 12 % entre 2013 et 2023 (29 milliards de m³ en 2023).
- Usage majoritaire : refroidissement des centrales électriques (45 %), irrigation agricole (10 %), eau potable (18 %), industrie (7 %), canaux de navigation (20 %).
- 83 % de l’eau prélevée est restituée au milieu naturel.
- Consommation réelle d'eau : 3,8 milliards de m³ (58 m³/habitant), dont 61 % pour l’agriculture.
- Forte saisonnalité : 60 % de la consommation annuelle concentrée de juin à août, période de faible disponibilité.
- Objectif plan Eau (2023) : réduire les prélèvements de 10 % d’ici 2030 par rapport à 2018-2020.
b) Empreinte matières
- En 2023, extraction domestique : 627 Mt (9,2 t/hab), consommation apparente : 729 Mt (10,7 t/hab), empreinte matières : 835 Mt (12,2 t/hab).
- Empreinte matières > consommation apparente (+15 %) à cause des flux indirects liés aux importations.
- Dépendance aux importations : 100 % pour combustibles fossiles et minerais métalliques, faible pour biomasse et minéraux non métalliques.
- Baisse de l’empreinte matières de près de 30 % depuis 2008 (en t/hab).
- Biomasse : première énergie renouvelable (168 TWh en 2024), mais concurrence des usages et impact du changement climatique (augmentation du taux de mortalité forestière).
c) Artificialisation des sols
- Consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) la plus basse depuis 2009 : 19 263 ha en 2023 (-8 % par rapport à 2022).
- Zones les plus impactées : littoral, périphéries urbaines (Lyon, Marseille, Nantes).
- Loi Climat et Résilience (2021) : objectif « zéro artificialisation nette » en 2050, réduction de moitié de la consommation d’espaces entre 2021 et 2031.
- Consommation d’espaces pour infrastructures routières en baisse (4,3 % en 2023).
6. Émissions et rejets dans l’environnement
a) Gaz à effet de serre (GES)
- Émissions territoriales en 2024 : 369 Mt CO₂éq (5,4 t/hab).
- Secteurs principaux : transports (34 %), agriculture (21 %), industrie manufacturière et construction (17 %), bâtiments résidentiels et tertiaires (15 %).
- Baisse des émissions territoriales en 2024 : -1,8 % (moins rapide qu’en 2023).
- Évolution depuis 1990 : -32 % des émissions brutes.
- Empreinte carbone 2024 : 563 Mt CO₂éq (8,2 t/hab), plus bas niveau depuis 1990.
- Répartition de l’empreinte carbone : 50 % émissions importées, 32 % production nationale, 18 % émissions directes ménages.
- Postes de demande principaux : déplacements (25 %), alimentation (23 %), habitat (20 %).
b) Polluants atmosphériques
- Baisse des émissions anthropiques entre 2000 et 2024 pour la majorité des polluants :
- SO₂ : -87 %
- NOₓ : -65 %
- PM₁₀ : -52 %, PM₂,₅ : -59 %
- COVNM : -50 %
- NH₃ : -23 %
- Respect des plafonds d’émission européens pour 2020-2029.
- Sources principales : combustion dans transports, industrie, agriculture.
c) Déchets
- Production en 2022 : 343 Mt (5,1 t/hab), stable par rapport à 2018.
- Composition : 70 % déchets minéraux (construction), 27 % déchets non dangereux, 3 % déchets dangereux.
- Réduction de la production de déchets par unité de valeur produite : -17 % entre 2010 et 2022.
- Valorisation matière : 71 % des déchets en 2022 (recyclage + remblaiement).
- Recyclage des déchets non minéraux non dangereux : 48 % en 2022 (objectif 55 % en 2020).
- Filières à responsabilité élargie du producteur (REP) : 19 filières en 2024, 12,6 Mt collectées, performances contrastées.
- Dépenses de gestion des déchets en 2023 : 22 milliards d’euros, financées à 41 % par les entreprises, 35 % par les ménages, 24 % par les administrations.
d) Rejets dans l’eau
- Rejets de matières organiques (DBO5) en hausse de 17 % entre 2023 et 2024 (41,1 Mt).
- Rejets de métaux toxiques (Métox) en baisse de 17 % sur deux ans.
- Traitement via stations d’épuration urbaines (STEU) et entreprises.
7. Transports : enjeux environnementaux majeurs
- Réseau dense : 1,3 million km de routes, 27 600 km ferroviaires, 1 400 km métro/RER/tramway, 4 800 km voies navigables.
- Parc véhicules : 46 millions, 48 % voitures diesel en 2024.
- Transport intérieur voyageurs : 1 048 milliards de voyageurs-km, 82 % voiture individuelle.
- Transport marchandises : 89 % route, 9 % ferroviaire, 2 % fluvial.
a) Émissions de GES
- Transports = 34 % des émissions nationales (124,9 Mt CO₂éq en 2024).
- Transport routier = 94 % des émissions du secteur.
- Émissions stables depuis 1990 (+1 %), malgré progrès technologiques, à cause de l’augmentation du trafic (+42 %).
- Transport aérien international non inclus dans inventaire national, mais représente 15 % des émissions du secteur.
- Objectifs SNBC 3 (2024-2033) : réduction progressive des émissions, électrification du parc, baisse de la demande.
b) Pollution atmosphérique
- Transport routier principal émetteur de Cu (73 %), Zn (52 %), Cr (44 %), Pb (38 %), NOₓ (32 %).
- Émissions de NOₓ, CO, COVNM fortement réduites depuis 1990 (-78 %, -96 %, -97 %).
- Augmentation des émissions de certains métaux (arsenic, cadmium, chrome, cuivre, zinc).
- Autres modes : ferroviaire (21 % Cu), maritime (63 % Ni, 12 % SO₂), aérien (9,5 % Pb).
c) Artificialisation et fragmentation des espaces
- Surfaces transport : 1,7 million ha (2,6 % du territoire), 52 % imperméabilisées.
- Infrastructures favorisent l’artificialisation et le développement urbain le long des axes.
- Fragmentation des milieux naturels multipliée par 2,1 (routes) et 2,4 (ferroviaire) entre 1990 et 2018.
- Mortalité animale liée aux collisions estimée (ex. 37 000 chouettes effraies tuées sur autoroutes en 2024).
- Bruit : trafic routier principal source d’exposition en milieu urbain (67 % population exposée > 55 dB(A) en journée).
À retenir : Les activités économiques et les comportements individuels en France génèrent des pressions environnementales majeures (ressources, émissions, déchets, artificialisation), malgré des progrès récents. La transition vers un modèle durable repose sur la réduction des impacts, la décarbonation, la gestion circulaire des ressources et la préservation des écosystèmes.
Les activités économiques sources de pressions sur l’environnement
1. Industrie : principales sources de pressions environnementales
-
Emploi industriel (2023) :
- Fabrication de matériel de transport : 400 300 salariés
- Métallurgie et travail des métaux : 360 400 salariés
- Électricité et gaz : 222 400 salariés
- Distribution d’eau, gestion des déchets, dépollution : 196 800 salariés
- Extraction : 14 400 salariés
-
Émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2024 :
- Industrie totale : 113 Mt CO₂ équivalent (28 % des émissions totales)
- Industrie manufacturière : 61 % des émissions industrielles
- Eau, déchets, dépollution : 24 %
- Production d’énergie : 15 %
-
Répartition des émissions dans l’industrie manufacturière (2024) :
Secteur % des émissions manufacturières Caoutchouc, plastiques, minéraux non métalliques 23,3 % Chimie et pharmacie 22,2 % Métallurgie 21,6 % Cockéfaction-raffinage 13,8 % Agroalimentaire 10,5 % Autres industries manufacturières 8,6 % -
Évolution des émissions industrielles (1990-2024) :
- Baisse totale de 53 %
- Industries extractives : -96 %
- Industrie manufacturière : -57 %
- Eau, déchets, dépollution : émissions en hausse jusqu’en 2021
- Facteurs de baisse : désindustrialisation, délocalisation, amélioration des procédés, baisse de l’intensité énergétique (-35 % depuis 1990), substitution des combustibles fossiles par électricité et énergies renouvelables
-
Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) :
- 19 418 ICPE soumises à autorisation en 2025
- 54 % sont industrielles (42 % industrie manufacturière, 21 % eau/déchets/dépollution, 20 % industries extractives, 17 % production d’énergie)
- 1 299 installations Seveso (risques majeurs), dont 53 % dans l’industrie (82 % manufacturière)
-
Rejets polluants dans l’eau (2024) :
- 2 886 ICPE déclarantes, dont 2 521 industrielles (82 % manufacturières)
- Traitement des eaux usées élimine >50 % des polluants sauf cyanures totaux (7 %) et composés organohalogénés (11 %)
- Concentrations en sortie de traitement généralement inférieures aux normes
-
Prélèvements d’eau douce industriels (2023) :
- 2,2 milliards m³ (7,5 % des prélèvements totaux hors hydroélectricité)
- Usage : solvant, matière première, fluide caloporteur
- Baisse de 45 % depuis 1994 grâce à l’amélioration des procédés et ralentissement de certaines activités
- Chimie principale consommatrice (45 % des prélèvements industriels)
-
Déchets industriels (2022) :
- 45 Mt produits (13 % des déchets totaux hors nucléaire)
- 56 % proviennent du secteur eau, déchets et dépollution
- 41 % industrie manufacturière
- 6 Mt de déchets dangereux (50 % du total national), principalement eau/déchets/dépollution (64 %) et industrie manufacturière (35 %)
- Industries chimiques, pharmaceutiques, caoutchouc/plastique (41 % des déchets dangereux manufacturiers)
-
Émissions de polluants atmosphériques industriels (2024) :
- Industrie responsable de >50 % des émissions nationales de SO₂, HCB, Hg, Se, PCB, Cd, Ni
- Forte baisse depuis 1990 : SO₂ (-93 %), Hg (-93 %), Se (-40 % depuis 2000), HCB (forte diminution liée à l’incinération)
- Actions : réduction du pétrole, économies d’énergie, meilleure efficacité, limitation teneur en soufre, tri sélectif
2. Logement et construction : impacts environnementaux majeurs
-
Parc de logements (2025) :
- 38,3 millions de logements (82,6 % résidences principales)
- 54,4 % logements individuels, 45,6 % collectifs
- 379 222 logements autorisés en 2025 (+15 % par rapport à 2024)
-
Empreinte foncière médiane (2022) :
- 77 m² en grands centres urbains
- 676 m² en bourgs ruraux
- 2 132 m² en communes rurales peu denses
- Tendance à la réduction de la consommation d’espace, surtout en milieu rural (-36 % pour les terrains construits 2019-2022 vs 1971-1990)
-
Extraction de minéraux non métalliques (2023) :
- 427 Mt extraits, principalement sable et gravier pour construction
- Volume en baisse de 2 % par rapport à 2022
- Extraction localisée dans les zones de forte construction
-
Déchets du secteur construction (2022) :
- 247 Mt produits (70 % des déchets nationaux hors nucléaire)
- 96 % déchets minéraux non dangereux (gravats, bétons, tuiles, plâtre)
- 14 Mt déchets non minéraux non dangereux (bois, plastique, verre, métaux)
- 3 Mt déchets dangereux (27 % des déchets dangereux nationaux)
- Valorisation des déchets minéraux non dangereux : 81 % recyclés ou remblayés
-
Empreinte carbone de la construction (2024) :
- 63,1 Mt CO₂ équivalent (14 % de l’empreinte carbone de la demande finale intérieure hors ménages)
- Matériaux fortement carbonés : ciment, acier, verre
- Produits minéraux non métalliques : 20 % de l’empreinte carbone construction
- Produits métalliques et métallurgiques : 6-7 % chacun
-
Émissions GES liées à l’usage des bâtiments résidentiels (1990-2024) :
- Réduction de 42 % des émissions directes (chauffage, eau chaude, cuisson)
- En 2024 : 35,5 Mt CO₂ équivalent (10 % des émissions territoriales)
- Décarbonation via électrification et amélioration thermique
- Part des énergies fossiles dans chauffage résidentiel : 51 % en 2019 → 43 % en 2023
-
Artificialisation des sols (2023) :
- 8,4 % du territoire français artificialisé (9,5 % en métropole)
- 45 % des surfaces artificialisées liées à l’habitat (2,4 Mha)
- 35 % des sols artificialisés imperméabilisés dans l’habitat
- Consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers liée à l’habitat : 63 % entre 2009 et 2023
-
Pollution de l’air résidentielle (2024) :
- Secteur résidentiel émet 84 % des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), 82 % des particules PM₁, 71 % des dioxines/furanes
- Principalement due au chauffage au bois
- Émissions résidentielles en baisse depuis 1990, sauf HAP (-26 %) et PCDD-F (-11 %) moins marqués
3. Énergie : décarbonation et consommation
-
Production d’énergie primaire (2024) :
- 1 572 TWh, retour au niveau de 2019
- Nucléaire : 1 153 TWh (+12,5 %)
- Énergies renouvelables : 388 TWh (+4,5 %)
- Bois-énergie : 27,6 % des renouvelables
- Hydraulique : 18,3 %, pompes à chaleur : 13,4 %, éolien : 12,3 %
-
Émissions GES secteur énergie (2024) :
- 33,2 Mt CO₂ équivalent, plus bas depuis 1990
- Baisse de 10 % par rapport à 2023
- Production d’électricité : 31,6 % des émissions énergie, baisse de 25 % en 2024
- Baisse de 58 % des émissions depuis 1990
-
Consommation finale d’énergie corrigée du climat (2012-2024) :
- Baisse de 8,4 % (0,7 % par an)
- Diminution des énergies fossiles (-17,1 %) et électricité (-7,2 %)
- Croissance des renouvelables (+37,3 %) et chaleur commercialisée (+39,8 %)
- Part des fossiles dans la consommation corrigée : 71,8 % (1990) → 56,9 % (2024)
-
Émissions GES liées à la combustion d’énergie (2024) :
- 251 Mt CO₂ équivalent (68 % du total hors UTCATF et soutes internationales)
- Transports : 49 %
- Industrie manufacturière et construction : 14 %
- Résidentiel : 13 %
- Agriculture : 4 % (en hausse de 3,2 % en 2024)
- Baisse globale de 32 % depuis 1990, sauf transports (-1 %) et agriculture (-7 %)
-
Prélèvements d’eau douce pour refroidissement des centrales (2023) :
- 13,1 milliards m³ (45 % des prélèvements totaux hors hydroélectricité)
- Majoritairement pour centrales nucléaires à circuit ouvert sur Rhône
- Consommation nette faible (0,41 milliard m³)
- Vulnérabilité aux canicules et sécheresses, adaptation en cours
4. Agriculture : ressources, émissions et déchets
-
Surface agricole utile (2024) : 28,7 millions d’hectares (15 % de la SAU UE)
-
Production agricole : premier producteur européen en valeur (17 % UE)
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Évolution des surfaces agricoles (1982-2023) :
- Baisse de 8 % de la SAU (perte de 2,4 Mha)
- Cultures annuelles et légumes en hausse (+14 %)
- Prairies, jachères et cultures permanentes en baisse (-19 % à -36 %)
-
Irrigation (2023) :
- 2,7 Mha de surface agricole irrigable (11 % SAU)
- 24 % des exploitations ont surfaces irrigables
- 6 % des surfaces effectivement irriguées
-
Intrants agricoles :
- Azote vendu : 2,6 Mt en 1991-92 → 1,9 Mt en 2023-24
- Phosphore vendu : 2,2 Mt en 1972-73 → 0,3 Mt en 2022-23
- Produits phytopharmaceutiques : 65 600 t en 2023, baisse récente, augmentation des produits bio/biocontrôle (36 % des ventes en 2023)
-
Couverture végétale hivernale : 9 % des sols agricoles nus en hiver 2021, variable selon cultures
-
Émissions GES agricoles (2024) :
- 75,5 Mt CO₂ équivalent (20 % des émissions nationales)
- CH₄ : 42,5 Mt CO₂ eq (56 % des émissions agricoles), principalement fermentation entérique bovins (86 %)
- N₂O : 21,8 Mt CO₂ eq (29 %), lié à fertilisation et déjections
- CO₂ : 11,1 Mt CO₂ eq
- Baisse de 18,5 % depuis 1990
-
Polluants atmosphériques agricoles :
- Ammoniac (NH₃) : 96 % des émissions nationales, lié à épandage et élevage
- Particules (TSP) : 57 %
- Composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) : 40 %
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Déchets agricoles (2022) :
- 2,5 Mt produits (0,7 % du total national)
- 86 % non minéraux non dangereux (déchets végétaux 53 %, déchets animaux 23 %)
- 14 % dangereux (véhicules hors d’usage 16 %, piles et équipements électriques)
-
Agriculture biologique (2024) :
- 62 000 exploitations, 2,71 Mha (10,1 % SAU)
- Pratiques sans produits chimiques de synthèse, rotation, lutte biologique
- Favorisée dans les aires d’alimentation de captage (9 % de surfaces agricoles en bio)
À retenir : Les activités économiques, notamment l’industrie, la construction, l’énergie et l’agriculture, sont des sources majeures de pressions sur l’environnement via la consommation de ressources, les émissions de gaz à effet de serre et de polluants, ainsi que la production de déchets et l’artificialisation des sols. Des progrès significatifs ont été réalisés, mais des défis importants subsistent pour atteindre les objectifs climatiques et environnementaux.
L’état de l’environnement
1. Qualité de l’air en France (2000-2024)
- Polluants dépassant les normes européennes : principalement le NO₂, l’O₃, et parfois les PM₁₀ et PM₂,₅.
- Localisation des dépassements : surtout en agglomérations pour NO₂ et particules, mais O₃ dépasse aussi en milieu rural.
- Tendance :
- Forte diminution du % d’agglomérations en dépassement pour NO₂ et PM₁₀.
- Fluctuations marquées pour O₃, liées aux conditions climatiques.
- 2024 :
- 3 agglomérations dépassent pour PM₁₀, 2 pour NO₂, 17 pour O₃.
- Lyon sans dépassement annuel de NO₂ pour la première fois.
2. Mesures de lutte contre la pollution de l’air
| Niveau | Actions principales |
|---|---|
| Européen | Plafonds nationaux d’émission, normes qualité air, réglementations sectorielles (industrie, transports) |
| National | Politiques de surveillance, réduction des émissions, mesures réglementaires, fiscales, incitatives |
| Local | Plans de protection de l’atmosphère, mesures d’urgence lors d’épisodes de pollution |
- Directive UE 2024/2881 (décembre 2024) : renforce normes, surveillance et information publique, application dès 2026.
3. Financement de la protection de la qualité de l’air (2023)
- Montant total : 8,3 milliards d’euros (+21,5 % vs 2022).
- Répartition :
- Entreprises : 54 %
- Administrations publiques : 26 % (notamment aides à l’achat de véhicules propres)
- Ménages : 21 %
- Principaux postes : achat véhicules électriques/hybrides, infrastructures de recharge.
- Bénéfices sanitaires estimés : 9,6 Md€ pour PM₂,₅, 1,7 Md€ pour NO₂ si normes OMS atteintes.
- Synergies climat-pollution : scénarios bas-carbone améliorent qualité de l’air, co-bénéfices couvrant 30-60 % des coûts.
4. Eaux superficielles et souterraines
- Pressions : rejets industriels, pesticides, engrais, déchets domestiques.
- État écologique (2022) :
- 44 % des masses d’eau de surface en bon/très bon état (vs 41 % en 2010).
- 68 % des masses d’eau superficielles et souterraines en bon état chimique (vs 51 % et 59 % en 2010).
a) Nitrates
- Concentrations stables dans eaux de surface (~3 mg(N)/L, seuil bon état = 0,4 mg(N)/L).
- Eaux souterraines : moyenne nationale ~29 mg/L, au-dessus de la valeur guide (25 mg/L).
- Pollution plus marquée dans la moitié nord (Bretagne, Normandie).
b) Phosphore et phosphate
- Diminution significative entre 2000-2002 et 2021-2023 : phosphore total -36 %, phosphate -32 %.
- Année 2014 marquant une rupture avec forte baisse puis stabilisation.
c) Pesticides dans les eaux
- Indice des pressions toxiques cumulées (IPTC) : >1 indique risque pour écosystèmes.
- Disparités régionales fortes, avec zones critiques en Artois-Picardie, Seine-Normandie, Loire-Bretagne.
- En outre-mer, Guadeloupe et Martinique très impactées (>80 % des cours d’eau avec IPTC >1).
- Eaux souterraines contaminées par pesticides interdits depuis plusieurs années (ex : chlordécone, atrazine).
- Près de 50 % des masses d’eau souterraines dépassent le seuil qualité pesticides (0,5 μg/L).
d) Autres micropolluants dans eaux souterraines
- Présence de solvants, HAP, PFAS, résidus pharmaceutiques, métaux.
- Forte variabilité selon bassin hydrographique.
e) Captages d’eau potable
- 37 788 captages actifs en 2025, dont 36 207 en eaux souterraines.
- Depuis 1980, 14 640 captages fermés, 31,9 % à cause de dégradation qualité (nitrates, pesticides, microbiologie, arsenic, autres polluants).
- Depuis 2010, fermetures pour pollution représentent ~20 % des cas.
f) Financement de la lutte contre la pollution des eaux (2023)
- 18,4 Md€ engagés, dont 88 % pour l’assainissement des eaux usées.
- Moyenne annuelle d’augmentation des dépenses : +3 % (2016-2023).
- Baisse temporaire en 2020 liée à la crise sanitaire.
5. Sols
- Occupation : 8,3 % des terres artificialisées (infrastructures, constructions).
- Agriculture : 258 Mt de matières extraites en 2023 (3,7 t/hab).
- Érosion : perte moyenne de 1,5 t/ha/an, aggravée par intensification agricole, déforestation, imperméabilisation.
- Stabilisation des sols : variable selon région, faible dans grandes cultures, élevée en zones herbagères et sensibles à l’érosion.
a) Pratiques agricoles
- 51 % des grandes cultures en non-labour (limite érosion mais favorise tassement et recours aux pesticides).
- 9 % des grandes cultures laissées nues en hiver (contre 14 % en 2017).
b) Stockage du carbone dans les sols
- 6,91 Gt de carbone organique stockées en France métropolitaine.
- Stock moyen varie selon usage : vignobles (34 t/ha), grandes plaines cultivées (~60 t/ha), prairies/forêts (>80 t/ha).
c) Biodiversité des sols
- Moyenne de 260 vers de terre/m² (421 en prairies, 223 en cultures, 163 en vignes).
- Biomasse microbienne moyenne : 61 μg ADN/g sol, plus élevée dans sols argileux alcalins.
- Communautés bactériennes très diversifiées (1 million d’espèces/g).
d) Pollution des sols
- Présence persistante de substances interdites (lindane, chlordécone).
- Pesticides fréquents : AMPA (métabolite glyphosate), glyphosate, diflufenican, fluopyram, fluxapyroxad, epoxiconazole.
- Métaux (cuivre) élevés localement, liés aux traitements fongicides en viticulture/arboriculture.
- Pollution diffuse par plomb liée à trafic automobile (>90 %).
e) Financement de la protection des sols et eaux (2023)
- 2,3 Md€ alloués, dont 61 % pour prévention des infiltrations, 30 % pour dépollution, 4 % surveillance, 3 % lutte contre érosion.
- Dépenses en hausse nominale (+2 %/an depuis 2020), mais en baisse réelle (-1 %).
6. Biodiversité
- Richesse : 216 410 espèces recensées, dont 23 086 endémiques (10,7 %).
- Pressions humaines : habitat naturel en déclin, fragmentation accrue (taille moyenne des espaces naturels passée de 212 km² en 1990 à 164 km² en 2018).
- État des habitats d’intérêt communautaire (2019-2024) : 16 % en état favorable (vs 20 % en 2013-2018).
- Espèces menacées (2024) : 18 % éteintes ou menacées selon Liste rouge nationale.
- Indices d’oiseaux communs : chute de 37 points pour spécialistes (1989-2024), hausse de 6 points pour généralistes.
- Espèces emblématiques : recolonisation du loup gris, lynx boréal, ours brun (96 individus en Pyrénées, 2024).
- Pollution lumineuse : 72 % du territoire exposé à un niveau élevé en 2023 (-19 % depuis 2014).
a) Actions en faveur de la biodiversité
- 6 720 espaces protégés en métropole (0,95 % du territoire).
- 76 plans nationaux d’action couvrant 470+ espèces.
- Financement 2023 : 3,8 Md€, 60 % publics, 21 % entreprises, 13 % ménages/associations, 6 % UE.
- Mobilisation citoyenne accrue : 83 000 participants à sciences participatives en 2024 (vs 31 000 en 2013).
- 612 atlas de biodiversité communale recensés (2017-2024).
- 1 961 aires éducatives terrestres et marines en France (depuis 2012).
7. Milieux humides et aquatiques
- Surface : environ 18,7 % de l’Hexagone couvert par milieux humides (85 836 km² naturels, 16 623 km² artificiels).
- Dégradation : 51 % des milieux humides dégradés par agriculture intensive et urbanisation (1990-2020).
- État des habitats humides (2019-2024) : 5 % en état favorable, 54 % en état mauvais.
- État écologique des masses d’eau de surface (2021) : 56,4 % en état moyen à mauvais.
- Services écosystémiques : régulation des crues, recharge nappes, épuration de l’eau, réservoirs de biodiversité, stockage carbone (tourbières stockent ~160 Mt carbone).
- Stockage carbone zones humides intérieures : diminution de 24 % entre 2012 et 2022.
8. Milieux marins et côtiers
- Population littorale : 8,2 millions d’habitants (12 % population française), densité 2,4× moyenne nationale.
- Pressions : urbanisation, tourisme, pêche, aquaculture, transport maritime, extraction, énergies renouvelables.
- État des habitats marins et côtiers (2019-2024) : 90 % en état défavorable (47 % mauvais, 43 % inadéquat).
- État écologique masses d’eau littorales (2022) : 47 % en bon/très bon état.
- Qualité eaux de baignade (2024) : 93 % des sites en qualité « excellente » ou « bonne ».
- Pollutions en mer : baisse depuis 2000 grâce à la législation.
- Déchets marins : 386 macrodéchets/100 m de plage en moyenne (Méditerranée la plus touchée).
- Submersion marine et érosion côtière :
- 1,5 million de personnes exposées à la submersion.
- 30 km² de terres perdues en 50 ans.
- Jusqu’à 450 000 logements menacés d’ici 2100 selon scénario de recul du trait de côte.
- Protection : 94 % des communes littorales couvertes par au moins un dispositif de protection.
- Surfaces marines protégées : 33,6 % fin 2024 (45,6 % métropole, 32,5 % outre-mer).
9. Milieux forestiers
- Couverture : 17,6 Mha en 2024 (32 % du territoire métropolitain), 4e pays européen.
- Diversité : feuillus, résineux, peuplements purs ou mélangés, structures variées.
- Rôle : ressources, récréation, régulation climat, cycle de l’eau, sols, biodiversité, puits de carbone.
- Évolution : forêt en progression (+20 % depuis 1985) liée à déprise agricole et abandon des pratiques intensives.
Changement climatique et accroissement des risques naturels
1. Changement climatique en France : faits clés
- Hausse des températures : +2,1 °C en France métropolitaine (2015-2024 vs 1900-1930), supérieure à la moyenne mondiale (+1,2 °C).
- Élévation du niveau des mers : +9,4 cm en 25 ans (1999-2024), avec une accélération récente (+4,2 mm/an depuis 2010).
- Modification du cycle de l’eau : augmentation de l’évapotranspiration (+0,18 %/an depuis 1959), déficit d’humidité des sols doublé depuis les années 1960, baisse de 14 % de la ressource en eau entre 1990-2001 et 2002-2023.
- Impacts sur la biodiversité : environ 30 % des espèces terrestres menacées à +2 °C de réchauffement global (GIEC). Décalages dans les cycles biologiques, par exemple avancée de 4 jours du passage printanier des oiseaux migrateurs.
Le changement climatique est principalement dû aux activités humaines, notamment la combustion de combustibles fossiles, qui amplifient l’effet de serre naturel.
2. Impacts sur les risques naturels
| Risque naturel | Évolution récente et enjeux principaux |
|---|---|
| Inondations | 26,5 % de la population exposée (18 millions de personnes). |
| Retrait-gonflement argiles | 48 % des sols exposés, 54 % des maisons individuelles vulnérables. |
| Incendies de forêt | 1 367 incendies en 2024, diminution des surfaces brûlées grâce à la prévention. |
| Tempêtes | Peu fréquentes mais dévastatrices (ex. tempêtes Lothar et Martin en 1999). |
| Séismes | 3,9 millions de personnes exposées, forte exposition en Outre-mer. |
| Submersions marines | 1,5 million d’habitants exposés, risque accru par élévation du niveau de la mer. |
- Les événements naturels très graves ont quadruplé depuis 1950, avec une moyenne de 4 par an depuis 2001.
- Le coût des sinistres liés aux catastrophes naturelles s’élève à 1,7 milliard d’euros en 2024.
3. Perception et mobilisation face au changement climatique
- Inquiétude croissante : 36 % des Français considèrent le changement climatique comme leur principale préoccupation environnementale (vs 6 % en 2000).
- Consensus scientifique : 2/3 des Français reconnaissent la réalité scientifique du changement climatique et le lien avec les activités humaines.
- Effets ressentis : 41 % des Français perçoivent déjà les impacts dans leur vie quotidienne (vagues de chaleur, sécheresses, catastrophes naturelles).
- Attentes fortes : 75 % estiment que la priorité est la réduction des émissions de GES, mais 24 % privilégient l’adaptation.
- Scepticisme minoritaire : 4 % ne croient pas au changement climatique, 28 % pensent qu’il est d’origine naturelle.
4. Investissements et politiques climatiques
- Investissements climat en 2024 : 102 milliards d’euros, soit 3,5 % du PIB.
- Répartition des investissements :
- Construction de bâtiments performants : 21,3 Md€
- Rénovation énergétique : 20,5 Md€
- Infrastructures de transport durable : 20,3 Md€
- Acteurs principaux : 75 % des investissements sont privés (entreprises et ménages), le reste public via aides et subventions.
- Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) : vise à préparer la société à un réchauffement de +4 °C en France d’ici 2100.
5. Risques naturels : gestion et prévention
- Plans de prévention des risques naturels (PPRN) : couvrent 12 546 communes en France métropolitaine, avec des prescriptions réglementaires adaptées à chaque aléa.
- Exposition aux risques :
- 26,5 % de la population exposée au risque d’inondation.
- 54 % des maisons individuelles exposées au risque retrait-gonflement des argiles.
- Forte conscience des risques en Outre-mer (cycloniques, sismiques), moins en métropole.
- Coût des catastrophes naturelles : 53,7 Md€ entre 1982 et 2024, avec inondations (51,5 %) et sécheresse (42,2 %) en tête.
6. Synthèse des événements naturels très graves en France (1950-2024)
- Total : 161 événements (≥10 morts ou ≥30 M€ de dommages).
- Répartition : environ 2/3 inondations, le reste tempêtes, feux de forêt, séismes, mouvements de terrain.
- Fréquence annuelle moyenne : 4 événements graves depuis 2001 (contre 1 avant 2000).
7. Enjeux majeurs à retenir
- Changement climatique : hausse des températures, élévation du niveau des mers, modification du cycle de l’eau, impacts sur la biodiversité.
- Risques naturels : augmentation de la fréquence et de la gravité des événements, exposant une part croissante de la population.
- Mobilisation : investissements massifs pour atténuer et s’adapter, plans de prévention renforcés.
- Perception publique : conscience accrue mais disparités dans les attentes et la compréhension des actions à mener.
Le changement climatique amplifie les risques naturels, rendant indispensable une gestion intégrée et une adaptation rapide des territoires et des sociétés.
Un ensemble d’actions en faveur de la protection de l’environnement
1. Éco-activités : un secteur en croissance
- Définition : Les éco-activités regroupent les entreprises, administrations et associations dédiées à la protection de l’environnement ou à la gestion durable des ressources naturelles.
- Poids économique : En 2023, elles représentent 2,6 % de la valeur ajoutée française (65,7 Md€), en progression depuis 2004 (1,8 %).
- Croissance : La valeur ajoutée progresse en moyenne de 4,7 % par an entre 2004 et 2023, contre 2,7 % pour l’ensemble de l’économie.
- Domaines clés :
- Énergies renouvelables : 21,4 % de la valeur ajoutée, croissance multipliée par 6 depuis 2004.
- Gestion des déchets : 15,8 %.
- Maîtrise de l’énergie : 14,6 %, croissance multipliée par 2,5.
- Emploi : 817 300 ETP en 2023, soit 2,8 % de l’emploi total, avec une croissance annuelle moyenne de 3,5 % depuis 2004.
| Domaine environnemental | Valeur ajoutée (M€) | Emploi (ETP) | Balance commerciale (M€) |
|---|---|---|---|
| Protection de l'environnement | 28 550 | 391 900 | -11 500 |
| Production d'énergies renouvelables | 14 100 | 156 750 | -4 500 |
| Maîtrise de l'énergie | 9 600 | 136 150 | -1 050 |
| Gestion des déchets | 10 400 | 105 650 | -350 |
| Récupération de matières pour recyclage | 2 650 | 33 700 | +3 550 |
- Commerce extérieur : En 2023, déficit commercial de -13,5 Md€ lié à une forte hausse des importations, notamment dans la protection de l’air extérieur (-11,25 Md€) et les énergies renouvelables (-4,5 Md€). Seule la récupération de matières pour recyclage affiche un excédent (+3,55 Md€).
2. Métiers à finalité environnementale
- Définition : Métiers dont les compétences contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser ou corriger les impacts négatifs sur l’environnement.
- Effectifs : 361 000 personnes en 2024 (1,2 % de la population active).
- Répartition par domaine :
- Prévention et réduction des pollutions : 34 %.
- Aménagement du territoire et cadre de vie : 23 %.
- Hygiène, sécurité, santé, environnement : 20 %.
- Caractéristiques :
- 54 % ont un niveau de diplôme inférieur ou égal au Bac.
- 23 % de femmes dans ces métiers, avec une féminisation plus forte dans les métiers à haute qualification.
- 76 % en CDI ou fonctionnaires.
- Niveaux de qualification :
- 46 % possèdent un diplôme supérieur.
- Forte proportion d’ouvriers (40 %) contre 18 % dans l’ensemble des métiers.
3. Formations environnementales
- Types :
- Formation initiale : première formation conduisant à un métier.
- Formation continue : acquisition ou renforcement de compétences pour les actifs.
- Offre :
- En 2022-2023, près de 250 diplômes environnementaux recensés, représentant 14 % de l’ensemble des diplômes.
- 9 % des étudiants en dernière année suivent une formation environnementale.
- Domaines principaux :
- Énergie et énergies renouvelables : 30 % des diplômes.
- Protection de la nature : 28 %.
- Aménagement du territoire, HSSE, gestion sociétale : 22 %.
- Évolution : Effectifs en formation initiale environnementale passés de 93 000 en 2012 à 114 000 en 2023, avec une hausse notable des formations de niveau Bac +4 et plus.
- Féminisation : 31 % de femmes inscrites en 2023, majoritairement dans les formations supérieures.
4. Lutte contre les atteintes à l’environnement
- Cadre réglementaire : Le Code de l’environnement encadre la protection des milieux, des espaces, du patrimoine naturel et la prévention des pollutions et risques.
- Contrôles :
- Réalisés par des acteurs publics coordonnés par les préfets et procureurs.
- En 2024, environ 105 000 contrôles eau et nature ont été effectués.
- Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) :
- 18 963 installations en régime d’autorisation, 22 920 enregistrement, 450 000 déclaration.
- 24 514 visites de contrôle en 2024.
- Sanctions administratives en hausse depuis 2014.
- Installations ou ouvrages ayant une incidence sur l’eau (IOTA) :
- Environ 465 000 en 2024, soumis à autorisation ou déclaration.
- Détention et commerce d’espèces sauvages :
- Réglementés par la Convention CITES.
- En 2024, 130 000 permis délivrés.
- Contrôles et saisies importants contre le commerce illégal.
- Suites judiciaires :
- 26 618 dossiers d’atteinte à l’environnement enregistrés en 2024.
- 44 % concernent les ordures et déchets.
- 13 233 affaires ont reçu une réponse pénale, dont 50 % sous forme de procédures alternatives.
À retenir : La protection de l’environnement en France repose sur un ensemble d’actions économiques, professionnelles, éducatives et réglementaires qui contribuent à réduire les impacts négatifs tout en développant une économie verte dynamique.