Contexte et enjeux de la désinformation environnementale et climatique
1. Désinformation et mésinformation environnementales et climatiques
- Désinformation : diffusion intentionnelle de fausses informations pour manipuler l’opinion publique.
- Mésinformation : diffusion involontaire d’informations erronées, sans volonté de nuire, mais aux effets délétères.
La différence clé : la désinformation implique une intention de nuire, la mésinformation non.
2. Contexte actuel
- La désinformation environnementale/climatique progresse, avec une vingtaine de narratifs principaux en France, ciblant surtout :
- Énergies renouvelables
- Émissions de gaz à effet de serre
- Changement climatique
- Amplification par les réseaux sociaux, souvent dans un but plus large de défiance envers les institutions.
- Pics de désinformation lors de temps forts politiques, événements climatiques extrêmes, ou déclarations publiques influentes.
- La multiplication des sources d’information et la polarisation rendent difficile la distinction entre information fiable et fausse pour environ la moitié des Européens.
3. Caractéristiques des statistiques environnementales et climatiques
- Relativement jeunes et plus complexes que les statistiques économiques et sociales.
- En phase de développement, malgré une production riche et bien établie.
- Statistiques officielles (publiques) jouent un rôle crucial pour fournir des données indépendantes et fiables.
4. Rôle des statistiques officielles dans la lutte contre la désinformation
- Prévention : diffusion de messages clairs, factuels, sur la situation environnementale et climatique.
- Détection : veille sur les usages inappropriés des statistiques à des fins de désinformation.
- Riposte : réponses adaptées aux mésusages et controverses.
5. Cinq défis posés aux statistiques officielles
| Défis liés à la prévention | Défis liés à la détection et riposte |
|---|---|
| 1. Identifier les sujets de controverse | 4. Détecter les usages inappropriés des statistiques |
| 2. Rendre visible l’intégrité informationnelle | 5. Répondre de manière proportionnée aux mésusages |
| 3. Faciliter la compréhension des messages |
6. Dix leviers d’action pour répondre aux défis
| Leviers d’action | Objectif principal | Acteurs impliqués |
|---|---|---|
| 1. Identifier les sujets de controverse | Produire des statistiques sur les thèmes controversés | Statisticiens, associations, fact-checkers |
| 2. Rendre visibles les sources fiables | Mettre en avant les sites et fournisseurs de données fiables | Services de communication |
| 3. Reconnaître les bonnes pratiques | Valoriser les statistiques respectant les codes européens | ESGAB, autorités nationales, instituts statistiques |
| 4. Informer sur les méthodes | Expliquer clairement les méthodes de production des données | Producteurs de statistiques |
| 5. Faciliter la compréhension | Diffuser les données avec des supports pédagogiques | Producteurs de statistiques |
| 6. Partenariats médias et influenceurs | Relayer une information fiable via presse et influenceurs | Statisticiens, médias, influenceurs |
| 7. Préparer les données pour IA | Rendre les données exploitables par l’intelligence artificielle | Producteurs de statistiques |
| 8. Détecter les mésusages | Mettre en place des outils de veille sur les usages abusifs | Statisticiens, communication |
| 9. Cadre de réponse proportionnée | Réagir sans confrontation aux mésusages moins graves | Statisticiens, communication |
| 10. Coopération avec fact-checkers | Soutenir la société civile dans la diffusion d’avis étayés | Statisticiens, fact-checkers, société civile |
7. Enjeux sociétaux et historiques
- Depuis le 19e siècle, les médias de masse ont accru l’importance de l’information dans la société.
- Internet et réseaux sociaux ont accéléré la circulation et la mondialisation de l’information.
- L’économie numérique repose sur la captation de l’attention, influençant citoyens et décideurs.
- Les préoccupations environnementales sont fortes depuis les années 1970, avec un regain d’intérêt récent (ex. marches pour le climat 2019-2020).
- Le consensus mondial est fragilisé par des intérêts économiques et politiques divergents, favorisant la circulation de fausses informations.
- Le retour d’un président climato-sceptique aux États-Unis (2025) illustre ces tensions.
8. Importance des statistiques officielles
- Fournir des données indépendantes, fiables et accessibles est essentiel pour éclairer les citoyens et décideurs.
- La lutte contre la désinformation nécessite une collaboration entre statisticiens, communicants, journalistes, fact-checkers et société civile.
Les statistiques officielles sont un outil clé pour prévenir, détecter et répondre à la désinformation environnementale et climatique.
Le halo de la désinformation environnementale et climatique
1. Définitions clés
- Désinformation : diffusion intentionnelle de fausses informations pour nuire ou manipuler.
- Mésinformation : diffusion involontaire de fausses informations.
- Dans ce cours, désinformation englobe les deux notions.
2. Difficultés d’identification
- L’intentionnalité de nuire est souvent difficile à prouver.
- La désinformation environnementale est parfois mêlée à d’autres enjeux politiques (ex. campagne du Brexit).
- Certains acteurs contestent des solutions d’atténuation (ex. techno-solutionnisme) sans nier le changement climatique.
3. Le halo de la désinformation environnementale et climatique en France
a) Observatoire des médias sur l’écologie (lancé en 2024)
- Regroupe acteurs engagés pour une information fiable (Climat Médias, Data for Good, Science Feedback, etc.).
- Rapport 2025 sur la désinformation climatique dans les médias audiovisuels (hors réseaux sociaux) :
| Points saillants | Détails |
|---|---|
| Progression | Triplement des cas de désinformation entre début et été 2025 |
| Thèmes principaux | Énergies (renouvelables, nucléaire), mobilité, politiques climatiques, agriculture, part de la France dans les émissions, origine anthropique du changement climatique, crédibilité des scientifiques |
| Narratifs | 19 narratifs principaux identifiés, souvent récurrents |
4. Les 19 narratifs majeurs de désinformation climatique (extraits)
- Les énergies renouvelables font exploser le prix de l’électricité
- Les énergies renouvelables sont inefficaces à cause de leur intermittence
- Le nucléaire suffit à décarboner la France
- La France émet peu de gaz à effet de serre
- Réduire les émissions françaises n’a aucun impact climatique
- Le climat a toujours fluctué naturellement, pas d’inquiétude
- Les données scientifiques sont falsifiées
- L’origine anthropique du changement climatique est incertaine
- L’agriculture et l’élevage sont inoffensifs voire bénéfiques
5. Amplification et diffusion sur les réseaux sociaux
- Diffuseurs ultra-minoritaires (1 %) mais amplification par algorithmes et modèles économiques (bulles cognitives, clivage).
- Les mêmes comptes propagent successivement des fake news sur vaccins, conflits, puis climat.
- Objectif : semer le doute et la défiance envers les institutions et médias « mainstream ».
- Pics de désinformation coïncident avec événements climatiques majeurs ou COP.
6. Impact sur les perceptions et opinions publiques
- Le réchauffement climatique reste la principale préoccupation environnementale en France (29 % en 2025), mais en baisse depuis 2020.
- Augmentation des préoccupations pour catastrophes naturelles (20 %) et pollution de l’eau (16 %).
- Croissance du scepticisme sur l’origine anthropique (30 % en 2024, 28 % en 2025).
- Politisation marquée : soutien écologique plus fort à gauche, rejet plus marqué à droite et extrême droite.
- Usage de sources marginales ou climato-sceptiques en rejet des institutions officielles (GIEC, Ademe).
- En UE, 50 % des citoyens ont du mal à distinguer info fiable/non fiable sur le climat, 52 % jugent les médias peu clairs.
7. Désinformation et mésusage des statistiques officielles
- Narratifs exploitent la complexité, les lacunes ou l’absence de données officielles.
- Exemples :
- Contestation des chiffres sur les émissions françaises ou l’efficacité des énergies renouvelables.
- Différences entre méthodes de comptabilisation (inventaire CCNUCC vs Secten) créant confusion.
- Absence de données sur certains impacts (ex. ZFE).
- Sortie de contexte ou mauvaise interprétation des chiffres (ex. émissions par pays sans ajustement par habitant).
| Enjeux pour les statistiques officielles |
|---|
| Produire des réponses solides et nuancées aux questions du débat public |
| Rendre les messages compréhensibles malgré la complexité |
| Détecter en temps réel les usages inappropriés et organiser une riposte |
8. Indépendance et qualité des statistiques publiques en France
- Loi n° 51-711 du 7 juin 1951 : indépendance professionnelle dans la conception, production et diffusion des statistiques publiques.
- Renforcement en 2008 avec création de l’Autorité de la statistique publique garantissant indépendance, objectivité et qualité.
La désinformation environnementale et climatique s’appuie sur un nombre limité de narratifs récurrents, amplifiés par les réseaux sociaux et la complexité des données statistiques, ce qui nécessite une réponse claire, indépendante et pédagogique des institutions statistiques.
Défis posés aux statistiques officielles sur l'environnement et le climat
1. Cadre réglementaire et principes des statistiques officielles européennes
-
Les statistiques officielles européennes sont régies par le règlement de 2009, fondé sur des principes clés :
- Indépendance professionnelle (principe 1)
- Impartialité et objectivité (principe 6)
- Méthodologie solide (principe 7)
- Pertinence (principe 11)
- Exactitude et fiabilité (principe 12)
- Actualité et ponctualité (principe 13)
- Cohérence et comparabilité (principe 14)
- Accessibilité et clarté (principe 15)
-
L’European Statistical Governance Advisory Board (ESGAB) veille à la mise en œuvre de ce cadre, analogue à l’Autorité de la statistique publique (ASP) en France.
-
Le Code de bonnes pratiques permet aux instituts statistiques de répondre publiquement aux critiques et usages abusifs des statistiques, notamment en cas de désinformation.
2. Spécificités et défis des statistiques environnementales et climatiques
-
Les statistiques environnementales sont plus récentes et moins matures que celles économiques ou sociales, avec des méthodologies souvent en construction progressive.
-
La désinformation environnementale exploite :
- Les lacunes et la complexité des données
- Le manque d’informations méthodologiques accessibles
- La défiance générale envers les institutions
-
Défis majeurs à relever :
- Élargir les productions statistiques pour couvrir les thèmes du débat public et contrer les narratifs de désinformation
- Renforcer la visibilité de l’indépendance et de la qualité des statistiques publiques
- Faciliter l’appropriation des données malgré leur technicité
- Surveiller en temps réel les déformations et contestations
- Organiser une riposte adaptée face aux usages abusifs
La diffusion et l’appropriation des statistiques officielles sont le levier principal pour lutter contre la désinformation environnementale et climatique.
3. Bonnes pratiques institutionnelles internationales
| Pays | Initiatives clés | Objectifs / Particularités |
|---|---|---|
| France | - Observatoire des médias sur l’écologie (Quota Climat) <br> - Procédures judiciaires contre désinformation <br> - Sensibilisation via sites ministériels et plan national en préparation | - Réponse juridique et médiatique <br> - Simplification de l’information <br> - Coordination ministérielle |
| Belgique | - Baromètre belge de l'information environnementale (2025) <br> - Site Climat.be <br> - Conseils de fact-checking via Centre de crise national | - Analyse médiatique <br> - Compréhension des phénomènes de désinformation <br> - Concertation avec médias |
| Royaume-Uni | OFCOM compétent pour sanctionner les « mensonges climatiques » dans les médias audiovisuels | Régulation des contenus médiatiques sur le climat |
| Espagne | Congrès national des journalistes environnementaux <br> Guide pratique pour journalistes sur la désinformation | Formation et mise à jour annuelle des ressources |
| Allemagne | Agence de protection de l’environnement (UBA) développe une stratégie de « pré-bunking » (immunisation psychologique) | Prévention par exposition à des versions affaiblies des arguments trompeurs avant confrontation réelle |
| Suède | Task force interne dédiée à la désinformation <br> Plan national en préparation | Anticipation des sujets sensibles <br> Communication proactive |
| Union Européenne | Adoption en 2026 de la Déclaration onusienne sur l’intégrité de l’information sur le changement climatique <br> DG CLIMA anime un site de référence | Soutien politique et ressources pour identifier et combattre la désinformation climatique |
4. Synthèse des leviers pour renforcer la fiabilité et la lutte contre la désinformation
- Respect strict des principes d’indépendance, d’impartialité et de qualité dans la production statistique
- Communication transparente et pédagogique pour rendre les données accessibles et compréhensibles
- Surveillance active des usages médiatiques et sociaux des statistiques
- Collaboration entre institutions, médias et société civile pour diffuser une information fiable
- Mise en place de dispositifs juridiques et réglementaires pour sanctionner la désinformation
La statistique officielle doit être un pilier de la confiance publique dans le débat environnemental et climatique.
Bonnes pratiques institutionnelles et gouvernementales
1. Initiatives européennes contre la désinformation environnementale
- EuroClimateCheck : projet européen associant une vingtaine d’organisations de fact-checking (ex. Les Surligneurs, Science Feedback, AFP en France) pour répondre aux cas répandus de désinformation climatique.
- DG CLIMA : mène la campagne #ClimateFactsMatter sur les réseaux sociaux (Instagram, YouTube) avec des articles pédagogiques sur des sujets clés (facture d’électricité, COP, biogaz, prix du carbone, énergies renouvelables).
- DG ENV : via le réseau Green Spider Network, facilite le partage de bonnes pratiques entre ministères de l’environnement européens pour prévenir et réduire la désinformation environnementale. La France y est représentée par la communication du ministère de la transition écologique.
2. Rôle de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE)
- Regroupe 32 pays membres et 8 partenaires.
- Collecte des données environnementales selon des directives européennes (eau, qualité de l’air).
- Données validées par 3 600 experts du réseau Eionet.
- Fournit des données officielles fiables issues du consensus scientifique.
- Stratégie proactive contre la désinformation via :
- Réputation d’indépendance et fiabilité.
- Transparence et accessibilité des données (site web, médias, réseaux sociaux).
- Service presse de qualité et assistance aux journalistes.
- Réponses aux demandes du public et acteurs variés (> 2 000/an).
- FAQ en ligne.
- Coordination avec d’autres institutions européennes.
3. Exemples internationaux et recommandations
| Pays | Initiative principale | Objectifs clés |
|---|---|---|
| Brésil | Gouvernance associant société civile et agences gouvernementales | Recommandations conjointes pour lutter contre la désinformation environnementale |
| Australie | Comité sénatorial transpartisan sur l’intégrité de l’information climatique (rapport 2026) | 21 recommandations : adhésion à la Déclaration ONU, suivi indépendant, réforme législative |
| ONU | Déclaration sur l’intégrité de l’information sur le changement climatique (signée par 27 pays) | Promouvoir une dynamique internationale positive, éviter le terme « lutte contre la désinformation » |
| OCDE | Groupe de travail sur l’information environnementale (mars 2026) | Encourager une approche coordonnée des pays (définitions, outils communs) pour 2027-2030 |
4. Actions des instituts nationaux de statistiques
-
France (Insee & SDES) :
- Accessibilité accrue des données et études publiques (bibliographies, blog explicatif).
- Collaboration avec SDES sur statistiques environnementales et climatiques.
- Reconnaissance d’intérêt général pour certaines statistiques non officielles (ex. Citepa, I4CE).
- Diffusion régulière de publications et infographies synthétiques.
- Mise en valeur du Bilan environnemental annuel enrichi.
-
Belgique (StatBel) :
- Explication du rôle et de l’indépendance des statisticiens aux journalistes.
- Adaptation au rythme rapide de l’information, notamment via les réseaux sociaux.
- Réponses rapides pour clarifier les mauvaises interprétations.
-
Royaume-Uni (ONS & OSR) :
- Outils de détection des usages inappropriés des statistiques (Hootsuite, Pulsar, Onclusive).
- Cadre d’analyse pour décider de répondre ou non à la mésinformation/désinformation.
- Observation : la mésinformation se résout souvent par le dialogue, la désinformation intentionnelle est rarement à traiter car répondre peut renforcer la fausse information.
- Cadre présenté à l’Unece en 2025.
5. Cadre analytique britannique pour la gestion de la mésinformation/désinformation
| Niveau de risque | Caractéristiques principales | Modalités de suivi et réponse |
|---|---|---|
| Mineur | 1 000 à 99 999 vues ou 50 à 249 mentions sur réseaux sociaux, impact faible sur réputation | Information du service presse, réponse aux commentaires négatifs peu probable |
| Modéré | 100 000 à 249 999 vues ou 250 à 499 mentions, ou moins de 10 commentaires négatifs publics | Suivi renforcé, évaluation de la nécessité de réponse selon impact et contexte |
| Élevé | Plus de 250 000 vues ou 500+ mentions, commentaires négatifs de personnalités influentes | Intervention coordonnée, communication proactive pour protéger la crédibilité |
À retenir : La lutte contre la désinformation environnementale repose sur la transparence, la fiabilité des données officielles, la coopération internationale et une gestion stratégique des réponses à la mésinformation.
Initiatives des services producteurs de statistiques officielles
1. Gestion de la désinformation par les services statistiques officiels
Les services statistiques officiels adoptent des protocoles de réponse graduée selon l'impact de la désinformation sur leur réputation :
| Niveau d'impact | Critères clés | Actions de réponse | Suivi |
|---|---|---|---|
| Modéré | - < 250 000 vues<br>- < 500 mentions<br>- < 10 commentaires négatifs de personnalités | - Préparation de réponses par l’équipe réseaux sociaux<br>- Validation par direction communication sous 24h<br>- Publication | Rapports sur impact les 2 jours suivants avant 9h30 |
| Majeur | - > 250 000 vues<br>- > 500 mentions<br>- > 10 commentaires négatifs de personnalités publiques | - Préparation et validation similaires<br>- Suivi intensif : rapports 2 jours, tous les 4h, réunions de suivi, surveillance hors horaires | Suivi renforcé avec réunions et veille hors bureau |
La rapidité et la coordination entre équipes réseaux sociaux et communication sont essentielles pour limiter les effets négatifs.
2. Exemples internationaux d’initiatives contre la désinformation
- Royaume-Uni (ONS) : Détachement permanent d’un statisticien à la BBC pour garantir la bonne interprétation des données dans un média très suivi.
- Irlande (CSO Ireland) : Publication régulière de clés de lecture accessibles sur des sujets controversés via médias publics (RTÉ) et tribunes.
- Allemagne (Destatis) : Collaboration avec des fact-checkers (ex. ONG Correctiv) pour fournir rapidement des données fiables, surtout en période électorale.
- Canada (StatCan) : Analyse de l’impact de la désinformation, création d’outils pédagogiques (guide d’évaluation de la fiabilité, formations), valorisation progressive des données environnementales.
- Europe (Eurostat) : Stratégie de communication adoptée en 2025, avec focus sur la littératie statistique, qualité des produits (compatibilité IA), réception des données (web-analytics), et promotion de la réputation.
3. Stratégie de communication d’Eurostat (2025)
| Axe stratégique | Objectifs clés |
|---|---|
| 1. Augmenter la culture statistique | Promotion de Masters européens (EMOS), compétitions statistiques dans les lycées |
| 2. Améliorer la qualité des produits | Compatibilité IA, meilleure visibilité sur réseaux sociaux et moteurs de recherche |
| 3. Optimiser la réception | Utilisation de web-analytics pour mesurer l’audience et l’impact des publications |
| 4. Promouvoir la réputation | Renforcement de la visibilité et de l’image de marque d’Eurostat dans le débat public |
Eurostat renforce aussi son service de soutien aux utilisateurs selon 4 niveaux : citoyens, médias, institutions, réseaux sociaux.
4. Rôle de la Commission économique pour l’Europe de l’ONU (Unece)
- Encourage les statisticiens à lutter contre la désinformation, fondé sur le Principe fondamental 4 : droit d’observer les usages abusifs des statistiques.
- A produit un arbre de décision pour guider la réaction des services statistiques face à la désinformation.
- Organise des réunions pour partager les retours d’expérience sur la riposte aux fausses informations (inflation, migration), mais peu sur l’environnement/climat à ce jour.
5. Levers d’action pour lutter contre la désinformation environnementale et climatique
| Levier d’action | Acteurs impliqués | Objectifs et actions clés |
|---|---|---|
| 1. Identifier les sujets de désinformation | Services statistiques, organismes internationaux, fact-checkers | Produire des statistiques et études sur thèmes sensibles (ex : énergies renouvelables, GES, biodiversité) |
| 2. Rendre visibles les sources fiables | Services de communication | Promouvoir les sites et fournisseurs de données fiables pour faciliter la reconnaissance par le public et les vérificateurs |
| 3. Reconnaître la qualité statistique | ESGAB, autorités nationales, instituts statistiques | Appliquer et valoriser le code européen de bonnes pratiques pour garantir la qualité et la pérennité des données |
| 4. Transparence méthodologique | Producteurs de statistiques | Publier systématiquement des fiches méthodologiques claires et vulgarisées pour renforcer la confiance et réduire les contestations |
La transparence sur les méthodes, sources et limites des données est un facteur clé de crédibilité.
6. Approche préventive : le « prebunking »
- Identifier en amont les thématiques sensibles susceptibles de générer des controverses.
- Produire et diffuser des contenus explicatifs avant que des narratifs trompeurs ne se propagent.
- Favoriser la coopération entre services statistiques, organismes internationaux, fact-checkers et médias pour détecter rapidement les désinformations transnationales.
À retenir : La lutte contre la désinformation environnementale repose sur une combinaison d’actions préventives (éducation, transparence, visibilité des sources) et réactives (réponses rapides, suivi intensif), impliquant statisticiens, communicants, médias et société civile.
Outils et leviers d'action pour lutter contre la désinformation
1. Faciliter la compréhension des statistiques officielles
Les services statistiques officiels développent des formats pédagogiques pour rendre les données accessibles aux non-spécialistes et limiter les mauvaises interprétations. Ces formats incluent :
| Type de format | Exemple d’utilisation |
|---|---|
| Articles explicatifs | Institut national de statistiques irlandais (origine de l’électricité) |
| Visualisations interactives | Tableau de bord Eurostat sur les comptes de l’environnement |
| Vidéos courtes | Réels Instagram d’Eurostat sur les exportations de déchets |
| Infographies | SDES en France |
| Foires aux questions (FAQ) | FAQ de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) |
2. Levier d’action 5 : Vecteurs d’information adaptés
Les producteurs de statistiques doivent prévoir des supports facilitant la compréhension des messages diffusés.
3. Levier d’action 6 : Partenariats avec médias et influenceurs
Construire des partenariats solides avec la presse, les médias audiovisuels et les influenceurs permet d’étendre la diffusion d’une information fiable.
4. Intégration des statistiques officielles dans l’intelligence artificielle (IA)
Avec le recours massif à l’IA pour s’informer, il est crucial que les statistiques officielles soient préparées pour être utilisées par ces systèmes.
5. Levier d’action 7 : Adaptation des données pour l’IA
Les producteurs doivent formater leurs données pour faciliter leur intégration dans les réponses construites par les IA.
6. Détection et gestion des usages inappropriés des statistiques
Les services statistiques doivent identifier les cas où leurs données sont mal interprétées ou détournées, notamment dans les controverses.
- Dispositifs de veille : Peu répandus, mais essentiels pour repérer les mésusages (exemple : Royaume-Uni).
- Capteurs internes : Statisticiens, communicants et services d’assistance utilisateurs peuvent détecter les erreurs récurrentes.
7. Levier d’action 8 : Outils de détection
Mettre en place des mécanismes pour détecter les usages inappropriés des statistiques, surtout lorsqu’ils alimentent des controverses.
8. Réponses proportionnées aux mésusages
Il n’est ni possible ni souhaitable de répondre à chaque déformation. L’analyse préalable de la situation guide la réponse selon :
- Audience du contenu erroné
- Impact sur la réputation du service statistique
- Intention apparente de l’auteur
- Risque d’amplification par la réponse officielle
Stratégies efficaces :
| Type de réponse | Description | Avantage |
|---|---|---|
| Publication d’éléments méthodologiques | Notes, FAQ, articles explicatifs | Rassure sur la qualité sans amplifier la polémique |
| Réponse différée | Retarder la réaction pour limiter l’exposition | Réduit la visibilité de la polémique |
| Prise de parole publique | Justifiée si la crédibilité est directement menacée | Défend l’intégrité des données |
Les principes fondamentaux des Nations unies reconnaissent le droit des services statistiques à réagir aux usages abusifs.
9. Levier d’action 9 : Cadre de réponse
Établir des procédures internes pour évaluer et répondre aux mésusages, privilégiant des réponses non confrontatives dans les cas mineurs.
10. Soutien aux fact-checkers et acteurs de la société civile
Le soutien aux fact-checkers (ex. Correctiv en Allemagne) et aux relais de la société civile permet de diffuser des avis étayés et crédibles.
11. Levier d’action 10 : Collaboration avec la société civile
Créer des liens entre producteurs de statistiques, fact-checkers et acteurs civiques pour renforcer la lutte contre la désinformation.
À retenir : La lutte contre la désinformation passe par une communication claire, des partenariats solides, une veille active des mésusages et des réponses proportionnées, en s’appuyant aussi sur la société civile et les fact-checkers.