Définition de la conscience et de l'inconscient
1. La conscience
- Définition large : La conscience est le fait d'être éveillé, c’est-à-dire être dans un état opposé à l’inconscience, au sommeil profond ou au coma.
- Définition philosophique : La conscience est la capacité à se rendre compte d’une réalité et à savoir qu’on s’en rend compte, impliquant une prise de conscience réflexive.
2. L'inconscient
Le terme inconscient varie selon son usage :
| Usage | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| Adjectif 1 | Ce qui n’est pas éclairé par la conscience, fait sans y penser | Un mouvement inconscient |
| Adjectif 2 | Ce qui est fait sans considérer les conséquences | Un geste téméraire, « tu es inconscient ! » |
| Nom | État d’un sujet qui ne possède pas la conscience (absence de conscience) | « Lorsqu’il est inconscient » |
À retenir : La conscience est la capacité d’être éveillé et de se rendre compte de ce que l’on perçoit, tandis que l’inconscient désigne soit ce qui échappe à la conscience, soit l’absence même de conscience.
La conscience chez les philosophes classiques
1. La conscience selon Blaise Pascal
- Conscience : ce qui définit l'homme, plus que la raison.
- L'homme est à la fois grand et misérable.
- Grand : parce qu'il est un être vivant doté de conscience.
- Misérable : limité dans le temps et l'espace, faible physiquement et intellectuellement, jamais satisfait (désir ≠ besoin).
- L'homme est un être pensant, capable de gérer son existence, d'assumer sa condition humaine, et d'être responsable et autonome.
- Citation clé : « Nous ne tenons jamais au temps présent » → souligne la conscience du temps et de la condition humaine.
2. L'inconscient chez Freud (rappel pour contexte)
- Inconscient : ensemble des fonctions et activités mentales qui échappent à la conscience.
- Région du psychisme inaccessible à la conscience.
La conscience est ce qui permet à l'homme de se penser lui-même et de prendre en charge sa condition, tandis que l'inconscient désigne ce qui échappe à cette prise de conscience.
La conscience de soi et son développement
1. La conscience de soi selon Descartes
- Conscience : expérience immédiate et constante, base indubitable de toute connaissance.
- Méthode du doute : tout est mis en doute sauf la conscience de penser.
- Cogito ergo sum (« Je pense donc je suis ») : affirmation que l'existence du sujet pensant est certaine.
- Les sens sont trompeurs et ne peuvent fonder la certitude.
La conscience est la seule chose qui résiste au doute.
2. La conscience de soi chez Kant
- La conscience de soi est une condition nécessaire de toute expérience.
- Elle permet de relier les représentations entre elles, assurant l'unité de l'expérience.
- La conscience n’est pas seulement un fait passif, mais une activité qui organise les perceptions.
| Philosophe | Conception de la conscience de soi | Point clé |
|---|---|---|
| Descartes | Conscience immédiate, indubitable | Fondement certain du savoir |
| Kant | Conscience comme activité unificatrice des représentations | Condition de possibilité de l'expérience |
3. Synthèse
- La conscience de soi est indispensable pour penser et connaître.
- Elle se manifeste par une activité réflexive (penser que l’on pense).
- Son développement implique de passer d’une conscience simple à une conscience réfléchie et unifiée.
La conscience interne et externe
1. La conscience interne et externe
- La conscience n'est pas immédiate : elle se forme et se complète avec le temps.
- L'individu devient une personne lorsqu'il est capable d'avoir une idée de lui-même.
- Le « je » est universel et représente l'unité et l'identité d'un sujet moral, c’est-à-dire un être doté de raison (raisonnable) et responsable de ses actions.
- L'homme possède l'entendement, la faculté de penser, qui permet cette conscience de soi.
- La conscience est dite complète ou totale lorsque l'homme a conscience de lui-même, c’est-à-dire qu’il peut se penser en tant que « je ».
- Pour se penser soi-même, il faut :
- Avoir la capacité de parler correctement (langage élaboré).
- Avoir la capacité de dire « je », ce qui est un processus progressif.
- Un enfant qui ne dit pas encore « je » n’a pas encore la pleine conscience de lui-même, même s’il ressent son corps par ses sens. Il s’observe sans se reconnaître comme un individu distinct.
À retenir : La conscience de soi (le « je ») est une construction progressive qui nécessite le langage et la capacité à se représenter comme sujet moral et responsable.
L'inconscient : perceptions et pensées inaperçues
1. L'inconscient : perceptions et pensées inaperçues
Conscience de soi selon Hegel
- Conscience interne (théorique) : c’est la conscience réflexive, où l’homme se pense lui-même, se prend pour objet → Être pour soi.
- Conscience externe (pratique) : la conscience se manifeste par l’activité et ses effets dans le monde → Être en soi.
L’homme accède à la conscience de soi par ces deux voies : la pensée réflexive et l’action concrète.
2. L'inconscient selon Leibniz
- L’esprit humain contient une infinité de petites perceptions qui échappent à la conscience.
- Ces perceptions sont inaperçues, mais influencent néanmoins nos pensées et comportements.
À retenir : L’inconscient n’est pas un vide, mais un ensemble de perceptions et pensées qui échappent à la conscience immédiate, influençant pourtant notre expérience et nos actions.
L'inconscient et la critique du sujet pensant
1. Perception, Aperception et Conscience
- Perception : impressions reçues sans réflexion ni conscience, stockées dans l'esprit suite à un événement extérieur.
- Aperception : perception dont on a conscience, c’est-à-dire la prise de conscience des impressions perçues.
- La mémorisation des perceptions se fait de manière non consciente.
« Il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous, mais sans aperceptions et sans réflexion »
(Nouveaux essais sur l'entendement humain)
2. Nietzsche et la critique du sujet pensant
- La pensée n’est pas contrôlée par un « moi » conscient, mais est un processus autonome.
- Critique du cogito de Descartes : le « je » attribué à la pensée est une erreur de langage.
- Le fait qu’une action mentale ait lieu n’implique pas nécessairement l’existence d’un sujet pensant conscient.
- La notion de sujet pensant est remise en cause : la pensée peut exister sans un « je » qui la dirige.
Point clé : La pensée est un phénomène autonome, indépendant d’un sujet conscient qui la contrôlerait.
La psychanalyse et l'inconscient freudien
1. La psychanalyse et l'inconscient freudien
L'inconscient selon Freud
- La conscience ne maîtrise pas entièrement nos pensées : « une pensée se présente quand « elle » veut, et non pas quand « je » veux » (Nietzsche, Par-delà le bien et le mal).
- Freud invente la psychanalyse, méthode thérapeutique visant à explorer l'inconscient par le biais du divan, où le patient est invité à rêver et à révéler ce qui est caché.
2. Les topiques freudiennes
| Topique | Description | Composantes |
|---|---|---|
| 1ère topique | Structure de l'appareil psychique selon la conscience | - Conscient : pensées et perceptions actuelles<br>- Préconscient : souvenirs accessibles<br>- Inconscient : réservoir des désirs et pulsions refoulés |
| 2nde topique | Dynamique des instances psychiques | - Ça : réservoir des pulsions instinctives<br>- Moi : instance rationnelle, médiatrice<br>- Surmoi : instance morale, intériorisation des interdits |
3. Points clés
- La conscience ne représente qu'environ 10% de l'appareil psychique ; le reste est inconscient.
- Le divan psychanalytique permet d'accéder à cet inconscient caché par le biais des rêves et des associations libres.
- « Le moi n'est pas maître dans sa propre maison » : le moi est soumis aux forces inconscientes du ça et aux exigences du surmoi, ce qui complique la maîtrise de soi.
À retenir : L'inconscient freudien est un réservoir actif de pensées et désirs refoulés qui influencent notre comportement sans que nous en ayons conscience.