La France à la veille de la Révolution
1. La France à la veille de la Révolution
a) Définitions clés
- Révolution : changement profond et rapide d’un régime politique.
- Nation : communauté unie par une langue, une histoire et une culture communes, pouvant s’étendre sur plusieurs États.
- Société d’ordres : société divisée en groupes sociaux distincts (clergé, noblesse, tiers état) avec des privilèges inégaux.
2. La société française sous l’Ancien Régime : une société d’ordres
La France est organisée en trois ordres sociaux aux statuts et privilèges très différents :
| Ordre | Composition | Privilèges principaux | Poids démographique |
|---|---|---|---|
| Clergé | Membres de l’Église | Exemption d’impôts, pouvoir religieux | ~0,5% |
| Noblesse | Aristocratie, noblesse de cour et de province | Exemption d’impôts, droits seigneuriaux | ~1,5% |
| Tiers État | Paysans, bourgeois, artisans | Imposés, sans privilèges politiques | ~98% |
- Inégalités sociales et fiscales marquent la société : le Tiers État supporte la majorité des impôts.
- La société est hiérarchisée et figée, sans mobilité sociale réelle.
3. La nation française avant la Révolution : une notion floue
- Sous l’Ancien Régime, la France est un royaume uni autour du roi, mais la notion de nation n’est pas politique ni citoyenne.
- La population est divisée par les privilèges et les statuts, non par une appartenance commune à une nation politique.
- La langue, la culture et l’histoire sont partagées, mais la nation n’est pas encore un concept politique mobilisateur.
4. Les prémices du changement : la crise de 1788-1789
-
La France est en crise économique, sociale et politique :
- Crise financière due aux dépenses royales et aux guerres.
- Mécontentement du Tiers État face aux inégalités fiscales et sociales.
- Demande de réformes politiques pour limiter le pouvoir royal et établir une représentation plus juste.
-
En 1788, la Journée des Toiles à Vizille marque le début des revendications populaires.
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Le roi convoque les États généraux le 5 mai 1789, assemblée des trois ordres, pour résoudre la crise.
5. La Révolution : vers une nation de citoyens
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La Révolution transforme la société d’ordres en une nation politique fondée sur la citoyenneté et l’égalité devant la loi.
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Les événements clés :
- 20 juin 1789 : Serment du Jeu de Paume, affirmation de la souveraineté nationale.
- 26 août 1789 : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, fondement des droits universels et de la nation citoyenne.
- 14 juillet 1789 : Prise de la Bastille, symbole de la fin de l’absolutisme.
-
La nation devient un corps politique unifié, où chaque citoyen a des droits et des devoirs.
À retenir : La Révolution française fait passer la France d’une société d’ordres inégalitaire à une nation de citoyens égaux en droits, fondant ainsi la modernité politique européenne.
La remise en question de la société d'ordre
1. La remise en question de la société d'ordre
a) Contexte économique et social avant 1789
- Arthur Young (1787) décrit une France en crise :
- Déficit budgétaire important et « grande confusion dans les finances ».
- Un roi jugé faible face aux difficultés.
- Une aspiration forte au changement et à la liberté.
- La Révolution américaine montre qu’une révolution démocratique est possible, inspirant les Français.
b) La critique de la société d’ordres
- Vers 1788, de nombreuses caricatures dénoncent la société d’ordres :
- Le clergé et la noblesse imposent au Tiers-État des impôts lourds (taille, corvées, redevances).
- Le Tiers-État est écrasé par ces charges, ce qui alimente le mécontentement.
c) Les cahiers de doléances (1788-1789)
- Le 26 janvier 1788, chaque Français est invité à rédiger ses vœux et réclamations dans les cahiers de doléances.
- Ces cahiers sont des registres recueillant les doléances des Français, avec environ 50 000 cahiers rédigés.
- Ils représentent « le testament de l’ancienne société française » et expriment les désirs profonds du peuple.
| Milieu | Doléances principales |
|---|---|
| Ruraux | Suppression des droits seigneuriaux, hostilité envers les villes |
| Urbains | Plus politisés, réclament une constitution, fin de l’arbitraire judiciaire (lettres de cachet) |
- Les cahiers urbains demandent une représentation nationale.
d) Crise économique et sociale (1784-1789)
- Hausse des prix liée aux mauvaises récoltes, surtout en 1786.
- Problèmes d’alimentation dans les campagnes et surtout dans les villes.
- Les salaires ne suivent pas la hausse des prix, provoquant :
- Chômage urbain
- Difficultés pour les artisans
- Tensions sociales accrues
e) Convocation des États généraux (1789)
- Le roi convoque les États généraux pour résoudre la crise budgétaire et l’endettement.
- Composition :
- Le Tiers-État a autant de députés que le clergé et la noblesse réunis, mais cela ne reflète pas sa population réelle.
- Le vote se fait par ordre (un vote par ordre), ce qui donne la majorité aux ordres privilégiés contre le Tiers-État.
f) Ouverture des États généraux (5 mai 1789)
- Le roi, en roi absolu, s’installe sur une estrade, avec les ordres privilégiés à ses côtés, le Tiers-État au fond.
- Les députés du Tiers-État contestent cette disposition, estimant que le roi et Necker (ministre des finances) ne s’occupent que des finances de l’État et pas de leur situation personnelle.
- Cette situation symbolise la fracture entre le Tiers-État et les ordres privilégiés, annonçant la remise en cause de la société d’ordres.
À retenir : La société d’ordres est remise en question par un Tiers-État écrasé par les impôts et exclu du pouvoir, dans un contexte de crise économique et de revendications politiques exprimées dans les cahiers de doléances.
La construction d'une nouvelle France et l'abolition des privilèges
1. La société d'Ancien Régime : une société d'ordres inégalitaire
La société française avant la Révolution est divisée en trois ordres inégalitaires, hérités du Moyen Âge :
| Ordre | Pourcentage | Rôle principal | Particularités |
|---|---|---|---|
| Clergé | 1% | Ceux qui prient | Haut clergé (évêques, cardinaux, nobles) et bas clergé (curés, issus du Tiers-État) |
| Noblesse | 2% | Ceux qui combattent | Haute noblesse (proches du roi), petite noblesse (province), noblesse de robe (récente, juridique ou achat de charge) |
| Tiers-État | 97% | Ceux qui travaillent | Paysans (85%), citadins (15%) avec une bourgeoisie moyenne à grande |
- Seul le Tiers-État paie des impôts, alors que la noblesse et le clergé bénéficient de privilèges fiscaux.
- Chaque ordre est lui-même marqué par des inégalités internes, notamment sociales et économiques.
2. Les aspirations à l'égalité et la naissance de la nation politique
- Le Tiers-État revendique plus de libertés politiques et économiques, ainsi qu'une égalité devant l'impôt.
- Le 17 juin 1789, les députés du Tiers-État se proclament Assemblée nationale, acte fondateur de la souveraineté nationale.
- Le 20 juin 1789, le serment du Jeu de Paume marque leur engagement à ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France.
Constitution : texte fondamental qui organise les pouvoirs de l'État et affirme la souveraineté de la nation.
- Le 5 juillet 1789, la monarchie absolue est remise en cause, amorçant la transition vers une monarchie constitutionnelle.
3. La Révolution populaire et la fin des privilèges
- Le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille par le peuple parisien symbolise la révolte contre l'arbitraire royal.
- La peur d'une répression militaire déclenche la Grande Peur dans les campagnes : les paysans s'arment et attaquent les châteaux, brûlant les titres seigneuriaux.
- En réponse, l'Assemblée nationale constituante décide :
| Décision | Date | Objectif |
|---|---|---|
| Abolition des privilèges | Nuit du 4 août 1789 | Mettre fin aux droits seigneuriaux et privilèges fiscaux |
| Possibilité pour les paysans de racheter les droits seigneuriaux | 1789 | Apaiser les campagnes et mettre fin à l'insurrection |
À retenir : La nuit du 4 août 1789 marque l'abolition des privilèges, un tournant majeur vers l'égalité juridique et fiscale en France.