Les besoins alimentaires du chien
1. Les besoins alimentaires du chien
a) Objectifs essentiels
- Identifier les besoins alimentaires du chien et comprendre l'impact des troubles digestifs mineurs.
- Comparer les modes d’alimentation (BARF, croquettes, pâtés, ration ménagère).
- Alimenter pour la survie, la santé, la longévité, la performance, le bien-être et le plaisir.
2. Digestion chez le chien
- Digestion = transformation des aliments en nutriments assimilables.
- Le tube digestif est une barrière sélective et perméable entre l’extérieur et l’intérieur.
- Trois mécanismes de digestion : physique, chimique, microbiologique.
| Partie du tube digestif | Longueur (m) | Contenance (%) | Temps de transit | Fonctions principales |
|---|---|---|---|---|
| Estomac | 0,62 | 62 | 25 min à 7 h | Stockage, digestion initiale, formation du chyme |
| Intestin grêle | 4,5 | 23 | 5 min à 1 h | Digestion enzymatique, absorption (90%) |
| Gros intestin | 1,35 | 15 | 12 h | Absorption eau/minéraux (10%), formation des selles, digestion microbienne |
- Transit total : 12,5 à 20 h.
- Fréquence des selles : 1 à 2 par jour.
3. Estomac : fonctions et mécanismes
-
3 fonctions principales :
- Réservoir temporaire (stockage).
- Début de la digestion (protéines).
- Régulation du passage vers l’intestin (formation du chyme).
-
Mécanismes :
- Physique : brassage par tissu musculaire fin et extensible.
- Chimique : sécrétion de suc gastrique (acide chlorhydrique, pepsine, mucus, bicarbonate).
| Composant du suc gastrique | Rôle principal |
|---|---|
| Acide chlorhydrique | Acidification du milieu stomacal |
| Pepsine | Enzyme dégradant les protéines |
| Mucus | Protection des muqueuses |
| Bicarbonate | Neutralisation partielle de l’acidité |
- Vidange gastrique :
- Estomac vide : 25 min.
- Estomac plein : jusqu’à 7 h.
- Dépend du type d’aliment, densité énergétique, taille des particules.
4. Intestin grêle et gros intestin
- Intestin grêle : digestion enzymatique et absorption majeure (90% des nutriments).
- Gros intestin : absorption d’eau et minéraux (10%), formation et stockage des selles, digestion microbienne (rôle mineur chez carnivores).
5. Foie et vésicule biliaire
-
Foie : situé sous l’arc costal droit, 6 lobes.
-
Vésicule biliaire : en regard du 8ème espace intercostal, en contact avec le diaphragme.
-
Fonctions exocrines :
- Libération de sels biliaires → activation des sucs pancréatiques.
- Émulsion des graisses → facilite action de la lipase.
- Dissolution des acides gras et absorption des vitamines liposolubles.
6. Composition et fonction des nutriments essentiels
- Énergie : fournie par protéines, lipides, glucides.
- Matériaux : protéines pour hormones, anticorps, muscles, os.
- Outils : macro, micro et oligo-éléments indispensables.
7. Modes d’alimentation
| Mode alimentaire | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| BARF | Alimentation crue, naturelle | Naturelle, proche du régime ancestral | Risques sanitaires, équilibre difficile |
| Croquettes | Aliments industriels secs | Pratique, équilibré, conservation longue | Moins naturel, additifs possibles |
| Pâtés | Aliments industriels humides | Appétence, hydratation | Conservation plus courte, coût |
| Ration ménagère | Préparation maison équilibrée | Contrôle total, fraîcheur | Temps, connaissances nécessaires |
8. À retenir
L’alimentation du chien doit être équilibrée pour assurer survie, santé, longévité et bien-être, en tenant compte de ses besoins énergétiques, digestifs et comportementaux.
Les différentes étapes de la digestion
1. Les différentes étapes de la digestion chez le chien
a) Comportement alimentaire et caractéristiques digestives
- Chien = carnivore opportuniste : utilise son odorat pour initier la digestion, capable de rogner os et viande.
- Tube digestif court : transit < 24h, intestin vide après 24h sans repas.
- Estomac extensible : grande capacité de réplétion pour gros repas.
- Comportement glouton : gros repas possible, courte satiété, gamelle à volonté déconseillée.
- Animal social : prise alimentaire influencée par la présence humaine et congénères.
- Variabilité raciale :
- Races primitives (eurasier, husky...) régulent bien leur prise alimentaire.
- Races sensibles au stress (spitz, chihuahua) plus fragiles digestivement.
b) Conseils pratiques pour la prise alimentaire
| Mode d'alimentation | Effets sur digestion | Recommandations |
|---|---|---|
| Grignotage | Sécrétion régulière d’insuline, estomac toujours plein, digestion lente | À éviter, car empêche régulation de la faim |
| Petits repas séquencés | Moins d’acide/mucus, pas de leptine, vidange gastrique rapide | Favoriser pour meilleure digestion |
| Gros repas | Sécrétion d’acide/mucus stimulée, leptine sécrétée, vidange lente | Possible mais attention aux risques |
- Nombre de repas conseillé : 2 repas/jour + collation, avec au moins 10h sans manger sur 24h.
- À éviter : nourriture à volonté (sauf exception), jeûne > 24h (impact négatif sur motilité intestinale et microbiote).
c) Activités liées à la digestion
- Mastication, léchage, recherche alimentaire, interaction avec l’humain favorisent la digestion.
- Refus régulier de la gamelle = risque de carence, nécessite changement alimentaire.
d) Particularités du chien et précautions
- Manger vite : risque de mauvaise digestion (peu de mélange avec salive, ingestion de gros morceaux).
- Solutions anti-glouton : gamelle antiglouton, balles distributrices, tapis de léchage.
- Surélévation de la gamelle : recommandée si douleurs ou troubles (obligatoire en cas de mégaœsophage).
- Mélange croquettes/viande crue : possible, même enzymes, stimule sécrétion d’acide.
- Mélange croquettes/os crus : déconseillé, os longs à digérer ralentissent digestion.
À retenir : Le chien digère mieux avec des repas fractionnés, une alimentation adaptée à son comportement naturel, et une gestion du stress alimentaire. Le jeûne prolongé est déconseillé.
Le comportement alimentaire du chien
1. Comportement alimentaire du chien : points clés
a) Évolution alimentaire et domestication
- Chien = carnivore par ordre, mais régime alimentaire évolutif : digestion de l’amidon possible grâce à la domestication.
- Domestication (depuis 100 000 ans) : adaptation progressive à l’alimentation humaine, plus riche en amidon.
- Morphologie modifiée : dents plus courtes, mâchoire moins puissante.
- Comportement : aboiement, relation sociale étroite avec l’homme.
- Biologie : digestion deux fois plus rapide que le loup, capacité à digérer l’amidon grâce à la multiplication des copies du gène AMY2B (7,4 copies en moyenne chez le chien, 2 chez le loup).
| Aspect | Chien domestique | Loup sauvage |
|---|---|---|
| Copies gène AMY2B | 4 à 34 (moyenne 7,4) | 2 |
| Digestion amidon | Efficace | Faible |
| Morphologie | Canines plus courtes, mâchoire amoindrie | Adaptée à la prédation |
| Digestion | 2x plus rapide que le loup | Plus lente |
- Certaines races (Husky, Samoyède) ont peu de copies AMY2B, donc moins adaptées à l’amidon.
b) Microbiote intestinal
- Ensemble de micro-organismes (bactéries, virus, champignons) dans le gros intestin.
- Unique à chaque individu, influencé par génétique et environnement.
- Rôles essentiels :
- Digestion des fibres fermentescibles
- Absorption d’eau et d’électrolytes
- Stimulation de la motilité intestinale
- Régénération de la muqueuse intestinale
- Stimulation du système immunitaire
- Barrière contre les endotoxines
c) Apports nutritionnels essentiels
- Nutriments indispensables : glucides, protéines, lipides, eau, fibres, vitamines, minéraux.
- Protéines : chaînes longues d’acides aminés, dont 10 essentiels pour le chien.
- Rôles : énergie, structure des tissus, enzymes, hormones, anticorps.
- Sources animales (viande, abats, os, poisson, œuf, lait) et végétales (légumineuses, céréales, graines oléagineuses).
- Qualité protéique :
- Oeuf > viande musculaire/poisson > abats > os crus charnus
- Viande musculaire > légumineuses > céréales
- Excès de protéines végétales ou de mauvaise qualité → fermentation colique, flatulences, selles molles.
| Source de protéines | Qualité en acides aminés essentiels | Risque en excès |
|---|---|---|
| Œuf | Très haute | Faible |
| Viande musculaire | Haute | Faible |
| Légumineuses | Moyenne | Fermentation |
| Céréales | Faible | Fermentation |
- Lipides : micelles d’acides gras essentiels et non essentiels.
- Rôles : source d’énergie, structure membranaire, régulation cellulaire, transport des vitamines liposolubles.
d) Conseils alimentaires et erreurs fréquentes
- Ne pas donner une seule ration par jour : déconseillé car
- Ralentit la digestion
- Risque de syndrome dilatation-torsion de l’estomac (SDTE) chez les grands chiens
- Risque d’hypoglycémie chez les petits chiens
- Éviter la distribution à volonté :
- Favorise un comportement glouton
- Sensation de satiété post-prandiale courte → surconsommation
e) Mythes et réalités
- Le chien ne digère pas les céréales ? Faux : grâce à la domestication, il peut digérer l’amidon.
- La viande crue est dangereuse ? Non, l’acidité gastrique détruit la plupart des bactéries pathogènes.
- Excès de protéines animales : sans risque chez un chien en bonne santé si protéines de bonne qualité.
Le chien est un carnivore évolutif, capable d’adapter son comportement et sa digestion à une alimentation variée incluant amidon et protéines animales, grâce à sa domestication et à son microbiote intestinal.
L'évolution alimentaire du chien
1. Les lipides chez le chien
-
Origines des lipides :
- Animale : porc, volaille, œuf, poisson gras, sardines.
- Végétale : huiles de maïs, soja, tournesol, colza, noix, lin, chanvre.
-
Acides gras essentiels :
Acide gras Rôle principal Source animale Source végétale Ω6 Fonctionnement du système immunitaire, fabrication membrane cellulaire porc, volaille, œuf huile de maïs, soja, tournesol Ω3 Développement cerveau, vision, effet anti-inflammatoire poisson gras, huile de poisson huile de soja, colza, noix, lin, chanvre -
Conséquences des déséquilibres en lipides :
- Excès : risque de surpoids et d’obésité.
- Carences : vomissements, diarrhées, problèmes de peau et pelage, perte de poids, apathie, diminution de l’acuité visuelle et des capacités cognitives.
2. Les glucides et fibres alimentaires
-
Types de glucides :
- Glucides absorbables : monosaccharides et disaccharides (glucose, fructose, saccharose, lactose).
- Glucides assimilables : amidon (polymère de glucose).
- Fibres alimentaires :
- Fermentescibles (prébiotiques) : favorisent la santé intestinale.
- Non fermentescibles : non dégradées ni absorbées.
-
Sources végétales : légumes, fruits, céréales, légumineuses, pomme de terre, patate douce.
-
Conséquences des déséquilibres en glucides/fibres :
Excès Carences Embonpoint Perte de poids / utilisation des réserves Inflammations intestinales Constipation (microbiote altéré) Diarrhées Déséquilibre en minéraux et vitamines
3. Minéraux et vitamines essentiels
-
Minéraux clés : Calcium (Ca), Phosphore (P), Magnésium (Mg), Iode (I), Fer (Fe), Cuivre (Cu), Zinc (Zn), Sélénium (Se), Manganèse (Mn).
-
Vitamines importantes : A (rétinol), D, E, groupe B (dont B12).
-
Rôles principaux :
- Squelette : Ca, P, Vitamine D.
- Métabolisme général : Cu, Fe, Zn, Se, vitamines A, E, B.
- Pelage et peau : Cu, Zn, Vitamine A, E.
-
Sources alimentaires :
Minéraux/Vitamines Sources principales Ca, P Os, coquilles, algues Vitamine E Huiles végétales Mg, Mn, Cu Céréales, abats Iode, Se Poisson, abats Vitamines B Abats, céréales
4. Alimentation maison équilibrée
-
Composition minimale d’une ration ménagère complète :
- Viande ou poisson (crus ou cuits vapeur/eau) ou œuf.
- Légumes cuits ou mixés, fruits.
- Huile végétale crue.
- Céréales ou féculents bien cuits.
- Compléments minéraux et vitamines.
-
Attention : une ration non équilibrée entraîne des carences ou excès, impactant la santé du chien.
5. Cas pratiques illustratifs
| Chien | Problème alimentaire | Diagnostic nutritionnel | Solution recommandée |
|---|---|---|---|
| Mini australien | Constipation, refus des croquettes | Manque de fibres | Ajouter légumes (carottes), fruits (banane) |
| Croisé poils longs | Pelage terne, coussinets secs | Carence en vitamines et minéraux (zinc) et acides aminés essentiels | Ajuster proportion abats/viande, supplémenter en zinc |
| Bouvier Bernois | Pelage terne, peau fragile | Manque d’huiles et vitamines/minéraux | Ajouter huile végétale, compléments adaptés |
À retenir : L’alimentation du chien doit être complète et équilibrée, combinant protéines, lipides essentiels, glucides, fibres, vitamines et minéraux, adaptés à ses besoins individuels.
Les nutriments essentiels pour une gamelle complète
1. Viande cuite vs viande crue
| Critères | Viande cuite | Viande crue |
|---|---|---|
| Acceptation | Parfois moins bien acceptée | Parfois mieux acceptée |
| Préparation | Nécessite préparation | Pas de préparation |
| Digestibilité | Améliorée par la cuisson | Naturelle |
| Contamination bactérienne | Limitation grâce à la cuisson | Risques microbiologiques élevés |
| Contamination parasitaire | Limitation grâce à la cuisson | Risques parasitaires importants |
| Stockage | Moins risqué | Risques microbiologiques importants |
| Cuisson excessive | Détérioration des nutriments | N/A |
2. Règles hygiéno-diététiques
- Laver régulièrement gamelles et ustensiles (couteaux, planches).
- Maintenir les zones de stockage propres.
- Pour viande crue :
- Congeler au moins 1 mois avant usage.
- Décongeler au réfrigérateur.
- Respecter la chaîne du froid.
- Choisir un fournisseur fiable (risques bactériens et parasitaires).
- Conservation au réfrigérateur : 48h maximum.
3. Alimentation industrielle vs ration ménagère
| Critères | Alimentation industrielle | Ration ménagère |
|---|---|---|
| Praticabilité | Facile | Préparation longue |
| Équilibre nutritionnel | Contrôlé, complet | Souvent pauvre en minéraux |
| Digestibilité | Améliorée (hydrolysats) | Variable |
| Allergénicité | Faible (hydrolysats) | Variable |
| Appétence | Bonne | Variable |
| Contrôle des protéines | Source non toujours contrôlée | Contrôle précis des sources |
| Taux de glucides | Souvent trop élevé | Variable |
| Taux d’humidité | Faible | Variable |
| Risques | Faible | Danger si mal préparée |
| Implication du propriétaire | Faible | Forte |
4. Alimentation mixte : compromis
- Combinaison d’aliments industriels complets + légumes, laitage, viandes ou poissons.
- Respecter les besoins nutritionnels du chien.
- Attention au dosage :
- Pas d’apport minéral supplémentaire si aliments industriels + 10% calories en légumes/laitage.
- Pas d’apport minéral supplémentaire si aliments industriels + 25g viande / 5kg poids vif.
- Pour un chien difficile ou en surpoids, adapter la ration (ajout de fibres, protéines).
- Risque de déséquilibre si mélange 50% industriel + 50% ménager sans accompagnement diététique.
5. Aliments toxiques à éviter
| Aliment | Toxine principale | Effets/toxicité | Dose toxique approximative |
|---|---|---|---|
| Chocolat, café | Méthylxanthines (caféine, théobromine) | Intoxication, cardiotoxicité, mort | 4g/kg chocolat noir (intoxication) |
| Ail, oignon | Composés soufrés (alline → allicine) | Anémie hémolytique | 15g/kg chien |
| Raisin | Inconnue | Insuffisance rénale aiguë | 20-30g/kg raisin frais |
| Sel | Sodium | Mortel à forte dose | 4g/kg |
| Foie | Vitamine A (excès) | Toxicité chronique : anorexie, fractures | Variable selon taille et poids |
| Épinard | Acide oxalique | Risque pour voies urinaires sensibles | N/A |
| Avocat | Persine (noyau, peau) | Intoxication possible | N/A |
6. Transition alimentaire
a) Croquettes → croquettes (10-15 jours)
- Jours 1-2 : tester appétence, donner nouvelles croquettes en récompense.
- Jours 3-5 : ¼ nouvelles + ¾ anciennes.
- Jours 6-8 : ½ nouvelles + ½ anciennes.
- Jours 9-11 : ¾ nouvelles + ¼ anciennes.
- Jour 12 : 100% nouvelles croquettes.
- Surveiller selles, poils, comportement.
b) Croquettes → ration ménagère (minimum 2 semaines)
- Jours 1-5 : test digestibilité viande, diminuer croquettes de 5-20g, ajouter 20-80g viande cuite.
- Jours 6-8 : 20% besoins énergétiques par ration ménagère (viande + légumes).
- Jours 9-11 : 40% besoins énergétiques (viande + légumes + féculents).
- Jours 12-14 : 60% besoins énergétiques (ration maison complète).
- Jours 15-17 : 80% besoins énergétiques ration maison.
À retenir : La transition alimentaire doit être progressive pour éviter troubles digestifs et assurer l’acceptation.
Alimenter son chien aujourd'hui
1. Transition vers une ration ménagère maison
- Jours 1 à 20 : test de digestibilité de la viande, diminuer croquettes de 5 à 20 g, ajouter 20 à 80 g de viande cuite selon taille du chien.
- Jours 21 à 23 : 20% des besoins énergétiques par ration ménagère (viande + légumes).
- Jours 24 à 26 : 40% des besoins énergétiques (viande + légumes + féculents).
- Jours 27 à 29 : 60% des besoins énergétiques (viande + légumes + féculents).
- Jours 30 à 32 : 80% des besoins énergétiques (viande + légumes + féculents + huile).
- Jour 33 : 100% des besoins énergétiques (viande + légumes + féculents + huile + compléments).
a) Conseils pour la transition
- Donner la même viande pendant 7 à 10 jours pour détecter une intolérance.
- Ne pas introduire deux nouveaux aliments simultanément.
- Viande cuite pendant la transition, puis crue après.
- Congeler la viande au moins 1 mois avant consommation.
2. Alimentation industrielle
- Composition : mélange viande, poisson, céréales, légumes, vitamines et minéraux.
- Objectif : répondre aux besoins nutritionnels selon âge, activité, pathologies.
- Réglementation : FEDIAF (Europe), FACCO (France).
a) Types d'aliments industriels
| Type | Taux d'humidité | Exemples / Particularités |
|---|---|---|
| Sec (croquettes) | < 14% (8-10%) | Cuisson-extrusion ou pressage à froid |
| Semi-humide | 14-60% (~20%) | Friandises, croquettes souples (Frolic, Alpha Spirit) |
| Humide | > 60% | Pâté, BARF mixé, ration ménagère en pochon |
3. Principe de l’extrusion (croquettes sèches)
- Mélange des ingrédients avec vapeur et eau.
- Cuisson par friction et cisaillement sous haute pression (30 bars) et température (130°C).
- Mise en forme puis séchage (humidité de 25% à 10%).
- Enrobage avec matières grasses et appétence.
a) Effets de l’extrusion
- Gélatinisation des glucides : améliore la digestibilité (80-90% de modification de l’amidon).
- Réduction des bactéries : population microbienne thermolabile éliminée.
- Risques : dénaturation des protéines, vitamines et minéraux.
- Solution : ajout d’un prémix de vitamines et minéraux pour un aliment complet.
4. Pressage à froid
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Ingrédients peu chauffés (<40°C) | Processus plus lent et coûteux |
| Conservation des huiles végétales | Taux de matières grasses minimum 14-15% pour agglomération |
| Meilleure préservation des nutriments | Impossible d’augmenter protéines ou diminuer glucides |
| Assemblage par pressage | Digestion moindre des glucides |
5. Alimentation humide (pâtée, BARF mixé, ration ménagère en pochon)
- Ingrédients : viande, abats, légumes congelés, huile, algues.
- Nécessité d’ajouter un prémix de vitamines et minéraux (zinc, vitamine E, vitamine D si absence de poisson).
- Processus : hachage, mixage, conditionnement, stérilisation-cuisson (pour pâtée).
- Conservation : 7 jours max sans congélation pour BARF mixé ou ration ménagère en pochon (moins contrôlé).
À retenir : La transition alimentaire doit être progressive, avec un seul nouvel aliment à la fois, viande cuite au début, puis crue, et la viande doit être congelée au moins un mois avant consommation pour éviter les risques sanitaires.
L'alimentation industrielle
1. Croquettes sans céréales
- Aucune preuve scientifique que les croquettes sans céréales sont meilleures pour la digestion.
- Certaines légumineuses dans ces croquettes sont moins digestes, provoquant flatulences et diarrhées.
- Amidon de riz, maïs et fécule de pomme de terre sont bien digérés.
- Préférer croquettes avec moins de 10% de pois, placés en fin de liste d’ingrédients.
2. Croquettes dites naturelles
| Affirmation | Réalité |
|---|---|
| Croquettes naturelles = sans additifs | Faux : toutes contiennent des additifs synthétiques indispensables à l’équilibre nutritionnel. |
| Pâtée ou BARF mixé sans additifs nutritionnels | Non complet : risque de carences (zinc, iode, vitamine E, etc.). |
3. Croquettes vegan pour chien
- Risque élevé de carences en acides aminés essentiels si produit non analysé.
- Croquettes vétérinaires (Hill’s, Royal Canin, Pro Plan) sont analysées et équilibrées.
- Pas de croquettes 100% vegan, mais des croquettes végétariennes avec huile de poisson.
- La formulation vegan industrielle est théoriquement possible, mais nécessite encore des recherches.
4. Publicité et images sur les paquets
- La publicité doit éviter toute tromperie visuelle sur la composition réelle.
- Les images de viande ne doivent pas être trop valorisantes par rapport à la quantité réelle dans le produit.
5. Croquettes light et sénior
- Besoins nutritionnels spécifiques :
- Sénior : plus de protéines pour éviter la fonte musculaire.
- Surpoids : moins de matières grasses, plus de fibres pour satiété et transit.
- Allégation « light » = réduction d’au moins 15% de la densité énergétique par rapport à un aliment standard comparable.
- Certaines marques ne respectent pas toujours ces critères, surtout pour la mention sénior.
6. Sous-produits animaux dans les aliments industriels
| Catégorie | Description | Usage |
|---|---|---|
| 1 | Risque contamination (virus, hormones) | Destruction, combustibles |
| 2 | Parties non consommables (résidus médicaments) | Engrais, combustibles |
| 3 | Animaux sains, non consommés par humains | Graisses et protéines pour petfood |
- Interdits en petfood : griffes, poils, cornes, peaux, plumes, dents, becs, sabots, contenus intestinaux, tissus adipeux.
7. Lecture d’étiquettes de petfood
-
Aliment complet doit contenir :
- Protéines avec 10-11 acides aminés essentiels
- Lipides avec acides gras essentiels (Ω3 et Ω6)
- Glucides
- Minéraux majeurs : Ca, P, K, Na, Cl, Mg
- Oligo-éléments : Zn, Cu, Se, Mn, I, Fe
- Vitamines : A, D, E, K, groupe B
-
Les pourcentages indiqués sont en poids pour 100 g d’aliment.
L’alimentation industrielle doit garantir un apport équilibré en nutriments essentiels pour couvrir les besoins journaliers du chien.
La lecture d'étiquettes de Petfood
1. Lecture d’étiquettes de Petfood : principes clés
a) Transparence et honnêteté du fabricant
- Le fabricant doit fournir une liste d’ingrédients claire et fixe (composition constante pour tous les lots).
- Pas de références à l’alimentation humaine ni d’allégations mensongères (ex : « sans additifs », « naturelle »).
- Pas d’allégations santé non prouvées.
b) Étape 1 : Analyse de la liste des ingrédients
- Formule fixe : liste détaillée, composition constante.
- Formule variable : liste vague, ingrédients changent selon le prix, mais analyse moyenne stable.
- Exemple : « farine de poulet » ou « poulet (min 15%) » garantit la présence de poulet.
c) Étape 2 : Décryptage des ingrédients (ordre décroissant)
- La première protéine listée doit être une viande ou protéine animale.
- La somme des protéines animales doit être supérieure à celle des protéines végétales.
- Pour la viande fraîche, le poids indiqué est avant séchage (diviser par 4 pour poids déshydraté).
d) Étape 3 : Champ lexical des ingrédients
| Terme | Signification / Remarque |
|---|---|
| Poulet déshydraté | Farine de poulet = protéines de poulet déshydratées |
| Viande(s) | Muscle squelettique uniquement (ex : filet) |
| Viande fraîche | Congelée puis transformée en farine |
| Sous-produits | Produits secondaires (ex : cœur, foie, poumons) |
| Amidon | Glucides uniquement |
| Gluten | Famille de protéines |
e) Lecture de la composition analytique
| Nutriment | Croquettes (chien) | Pâtées (chien) |
|---|---|---|
| Protéines | > 30% | > 9% |
| Lipides | 15-18% (selon activité) | 4-6% |
| Glucides (ENA) | ≤ 35% | - |
| Cendres (minéraux) | < 8,5% | < 2% |
| Calcium/Phosphore | Phosphore < 1,3% (croquettes), < 0,2% (pâtées) |
- Un taux élevé de cendres peut indiquer une forte présence de carcasses ou arrêtes.
f) Calculs importants
- Humidité moyenne : 8% dans les croquettes.
- ENA (Extractif Non Azoté) =
- Apport énergétique (Kcal/100g) :
- Croquettes :
- Pâtées :
- RPC (Ratio Protéines/Énergie) en g/Mcal :
g) Exemple d’analyse d’étiquette (extrait)
| Ingrédients principaux | % |
|---|---|
| Poulet déshydraté | 25% |
| Riz | 24% |
| Patate douce | 14% |
| Orge | 6% |
| Dinde déshydratée | 3,9% |
| Canard déshydraté | 2,4% |
| Huile de poisson (saumon) | 2% |
| Constituants analytiques | Valeur |
|---|---|
| Protéines brutes | 27% |
| Matières grasses brutes | 14% |
| Matières minérales brutes (cendres) | 6,8% |
| Cellulose brute | 3% |
| Calcium | 1,4% |
| Phosphore | 0,85% |
- ENA calculé : (après soustraction des autres composants).
- Apport énergétique : 357,7 Kcal/100g.
- RPC : 75,5 g/Mcal.
- Rapport Ca/P : 1,6 (valeur idéale entre 1 et 2).
À retenir : La lecture d’étiquettes repose sur la transparence des ingrédients, la priorité aux protéines animales, la composition analytique équilibrée (protéines, lipides, glucides, minéraux) et le respect des ratios nutritionnels (Ca/P, RPC).
La note d'état corporel du chien
1. La Note d'État Corporel (NEC) du Chien
La note d'état corporel permet d'évaluer si un chien a un poids optimal, un surpoids, une obésité ou s'il est maigre, en observant et palpant son corps.
a) Méthode d'évaluation
-
Observation de profil :
- Le ventre doit être plus haut que le sternum.
- La taille doit être visible derrière le thorax.
-
Observation de dessus :
- La taille doit être visible.
-
Palpation des côtes :
- Les côtes doivent se sentir facilement sans appuyer.
- Si on doit appuyer pour sentir les côtes, le chien est en surpoids.
b) Interprétation
| Critère | Poids optimal | Surpoids | Obésité | Maigre |
|---|---|---|---|---|
| Visibilité de la taille | Visible | Peu visible | Non visible | Très visible |
| Position du ventre | Plus haut que le sternum | Au même niveau ou plus bas | Très bas | Très haut |
| Palpation des côtes | Facile | Difficile (doit appuyer) | Impossible | Très facile |
| Musculature | Bien développée | Moins développée | Faible | Très faible |
À retenir : La NEC reflète la masse maigre, c’est-à-dire tous les tissus mous hors tissu adipeux.
2. Calcul du Poids Optimal
- NEC : note d'état corporel sur 9 (5 = poids idéal).
- Permet d’ajuster le poids actuel en fonction de la condition corporelle.
3. Besoin Énergétique du Chien Adulte
Le besoin énergétique dépend du poids optimal et de plusieurs coefficients.
a) Formules selon le poids
| Poids du chien | Formule BEE (Besoin Énergétique de Base) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 kg | |
| Plus de 10 kg |
- : poids optimal (kg)
- : coefficient racial
- : coefficient comportemental
- : coefficient physiologique
- : coefficient pathologique (par défaut = 1)
b) Coefficients raciaux ()
| Races concernées | |
|---|---|
| 0,8 | Races nordiques (Husky, Malamute, Samoyède), Spitz asiatique (Akita, Shiba), Retriever (Labrador, Golden) |
| 0,9 | Races à risque de surpoids (Basset), Dogue, Bouviers, Epagneuls, Cockers, Chihuahua, Carlin |
| 1,1 | Boxer, Doberman |
| 1,2 | Lévrier, Dogue Allemand, Barzoï |
c) Coefficients comportementaux ()
| Activité quotidienne | |
|---|---|
| 0,8 | Calme, moins d’1h d’activité |
| 0,9 | Calme, 1h à 1h30 d’activité |
| 1 | Calme, 1h30 à 2h d’activité |
| 1,1 | Actif > 2h d’activité ou stressé |
d) Coefficients physiologiques ()
| Statut physiologique | |
|---|---|
| 1 | Chien adulte entier |
| 0,9 | Chien sénior (7-12 ans selon taille) |
| 0,8 | Chien gériatrique (>10 ans selon taille) |
| 0,8 | Après stérilisation (quel que soit l’âge) |
4. Équilibre énergétique et poids
- Poids idéal : énergie apportée = énergie utilisée
- Surpoids : énergie apportée > énergie utilisée
- Sous-poids : énergie apportée < énergie utilisée
5. Exemple de calcul du poids optimal
- NEC = 9/9, poids actuel = 3,1 kg
- NEC = 2/9, poids actuel = 29,5 kg
À retenir : La note d’état corporel et le calcul du poids optimal sont essentiels pour adapter l’alimentation et maintenir la santé du chien.
Le besoin énergétique et en protéines du chien adulte
1. Besoin Énergétique du Chien Adulte
Le Besoin Énergétique d’Entretien (BEE) se calcule selon la formule générale :
- : poids optimal (kg)
- : coefficient de base (ex. 156 pour Labrador, 130 pour Lévrier)
- : coefficients d’ajustement selon activité, stérilisation, comportement, etc.
| Chien | Poids (kg) | Formule BEE | Résultat (Kcal/jour) |
|---|---|---|---|
| Labrador | 30 | 780 | |
| Lévrier (mâle non stérilisé, actif) | 4 | 529 | |
| Berger Allemand (femelle stérilisée, active) | 28 | 1164 |
2. Besoin en Protéines
- Le Rapport Protido-Calorique (RPC) exprime la quantité de protéines (g) par 1000 Kcal d’énergie.
- RPC dépend du type de chien, son activité et son statut (stérilisé ou non).
| Chien | RPC (g/Mcal) |
|---|---|
| Labrador (stérilisé, sédentaire) | 102 |
| Lévrier (entier, actif) | 55 |
| Berger Allemand (stérilisée, active) | 81 |
3. Calcul de la Ration Industrielle
- Humidité des croquettes : 8%
- Extractif Non Azoté (ENA) =
- Apport énergétique (Kcal/100g) :
| Aliment | Formule énergétique (Kcal/100g) |
|---|---|
| Croquettes | |
| Pâtées |
- RPC en g/Mcal :
4. Exemple : Quantité d’aliment pour le Labrador
| Aliment | Énergie Métabolisable (EM) Kcal/100g | Quantité (g/jour) calculée |
|---|---|---|
| Virbac | 315 | |
| Ultra Premium | 342,1 |
Optimisation : ajouter 25g de filet de poulet cuit par 5kg de chien → 150g de viande + 168g de croquettes/jour.
5. Coût Comparatif des Repas
| Repas Complet (Valie) | Tarif journalier (€) | Tarif mensuel (€) |
|---|---|---|
| Viande + légumes + complément | 4,42 | 133 |
| Croquettes Wolfood Adult Fish (320g) | 1,78 | 53 |
| Croquettes + pâtée Wolfood | 3,35 | 100 |
6. Pathologies Alimentaires : Dilatation-Torsion de l’Estomac (SDTE)
- Dilatation : gonflement important de l’estomac par accumulation d’aliments et de gaz.
- Torsion : estomac se retourne, occlusion des voies d’entrée et sortie.
Conséquences :
- Arrêt de l’apport sanguin → nécrose gastrique, risque de perforation.
- Compression veine cave → baisse débit cardiaque → perfusion insuffisante des organes, risque vital.
Facteurs prédisposants :
- Repas volumineux et rapide
- Grande quantité d’eau pendant le repas
- Exercice physique immédiat après repas
- Stress
Prévention :
- Fractionner l’alimentation (minimum 2 repas/jour)
- Choisir aliments non fermentescibles et peu volumineux
- Éviter stress pendant repas
- Fractionner l’abreuvement sur la journée
- Repos d’au moins 1h après repas avant exercice
7. Effets du Stress sur la Digestion
- Ralentit ou arrête le travail gastrique
- Accélère transit intestinal et défécation
- Impact négatif sur la flore intestinale
- Possible lien entre stress et maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI)
8. Comportements Alimentaires Indésirables
- PICA : ingestion d’objets non alimentaires, souvent lié à stress, traumatisme ou ennui.
- Sensation de faim ou douleur gastrique → recherche de satiété temporaire.
- Alimentation inadaptée peut aggraver ces troubles.
À retenir : Le BEE s’adapte au poids, activité et statut du chien, et le besoin en protéines s’exprime via le RPC. La ration doit être équilibrée en énergie et protéines, fractionnée pour prévenir les troubles digestifs graves comme la dilatation-torsion de l’estomac.
Les petits maux et inconforts alimentaires
1. Déséquilibre minéral et ingestion de terre
- Petite quantité de terre : généralement éliminée dans les selles, peut traduire un besoin d’eau ou de fibres ou un simple goût pour l’herbe (craving alimentaire).
- Grande quantité de terre : provoque une irritation de la muqueuse gastrique entraînant des vomissements, souvent liée à un besoin de se faire vomir (présence de vers, ingestion d’éléments indigestes, estomac douloureux).
2. Pica et ingestion d’herbe
- L’ingestion d’herbe est fréquente et peut être normale.
- Ingestion de matières fécales d’herbivores est un comportement normal chez le chien.
- Causes possibles d’ingestion anormale :
- Parasites : gênent l’assimilation, selles avec résidus non digérés.
- Gastrites : irritation digestive chronique, l’herbe peut soulager.
- Causes comportementales : stress, ennui, anxiété.
- Aliments peu digestes : plus de résidus dans les selles (ex : aliments pour chats).
- Malabsorption ou carence enzymatique : aliments non digérés dans les selles.
3. Coprophagie chez le chien
- Comportement normal si :
- Le chien mange vite et lèche sa gamelle.
- Il attend son repas avec impatience (bave, aboie, se couche à vos pieds).
- Il vient dans la cuisine lors de la préparation des repas.
- La coprophagie peut aussi être liée à des troubles digestifs ou comportementaux.
4. Signes de faim chez le chien
- Le chien a faim si :
- Il maigrit.
- Il est nerveux ou fouille dans les placards.
- Il mange de l’herbe.
- Il vomit.
5. Cas pratiques
| Chien | Comportement observé | Interprétation |
|---|---|---|
| Lady | Faim apparente, léchage prolongé de la gamelle, aboiements lors de la préparation | Pas forcément faim, mais apprécie la ration maison |
| Guizmo | Stress, selles molles ou diarrhée | Le stress provoque des troubles digestifs |
6. Conseils généraux
- Choisir un produit alimentaire adapté à l’animal et au mode de vie.
- Respecter les consignes de dosage et précautions pour éviter les effets indésirables.
- "Faire à manger à son chien, c’est bien ; bien donner à manger à son chien, c’est mieux."
À retenir : L’ingestion d’herbe ou de terre peut traduire un besoin physiologique ou un trouble digestif, mais aussi un comportement normal ou lié au stress. La coprophagie est souvent normale si elle s’accompagne d’un comportement alimentaire sain.