La communication au théâtre : signes verbaux et non verbaux
1. La communication au théâtre : signes verbaux et non verbaux
Au théâtre, la communication ne se limite pas aux paroles des personnages. Elle s’appuie aussi sur des signes non verbaux essentiels qui enrichissent le sens et l’émotion de la scène.
a) Signes verbaux et non verbaux
- Signes verbaux : les paroles prononcées par les acteurs, qui transmettent directement l’intrigue, les sentiments et les intentions.
- Signes non verbaux : tout ce qui accompagne les paroles et communique sans mots :
- Le jeu des acteurs : gestes, expressions faciales, postures.
- Les décors : lieux représentés sur scène, qui situent l’action.
- Les costumes : indiquent l’époque, le statut social, la personnalité.
- La lumière : crée l’ambiance, souligne un moment dramatique.
- Le bruit : effets sonores qui renforcent l’atmosphère.
Ces éléments forment un langage visuel et sonore qui complète et parfois contredit les paroles.
b) L’espace au théâtre
L’espace scénique est un élément clé de la communication théâtrale. Il peut être divisé en :
| Espace | Description | Exemple dans la scène |
|---|---|---|
| Scène | Lieu visible du public, où se joue l’action | Un cabinet, un bureau de Titus |
| Hors scène | Espace invisible au public, où se passent des actions hors regard | Départ d’un personnage (ex : départ de Titus) |
Le déplacement d’un personnage hors scène (quand il sort de la scène) est un signe non verbal qui indique un changement dans l’action ou dans les relations entre personnages.
c) Évolution du lieu théâtral
- Théâtre antique grec :
- Origine religieuse, dédié à Dionysos.
- Fonction de rassemblement des citoyens.
- Présence du chœur, qui commente l’action.
- Théâtre en amphithéâtre, favorisant la visibilité et l’acoustique.
Cette évolution montre comment le lieu scénique est aussi un signe non verbal, chargé de sens culturel et social.
La communication théâtrale combine paroles et signes non verbaux (gestes, décors, lumière, bruit) pour transmettre l’histoire et les émotions.
L'espace et l'évolution du lieu théâtral
1. L'invention du théâtre : tragédie et comédie
- Le théâtre naît dans l'Antiquité avec deux genres majeurs : la tragédie et la comédie.
- À l'origine, les représentations ont lieu en plein air, souvent devant une église, car le théâtre est lié à la religion chrétienne.
- Les premières pièces sont tirées de la Bible, reflétant les croyances religieuses de l'époque.
2. Évolution des lieux théâtraux
| Époque | Lieu théâtral | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Moyen Âge | Théâtre en plein air devant église | Théâtre religieux, pièces bibliques |
| 17ème siècle | Salle de théâtre | Apparition de salles dédiées au théâtre |
| 18ème siècle | Théâtre italien | Salles réservées exclusivement au théâtre |
- Le théâtre évolue d’un espace religieux vers un espace spécifique et réservé à la représentation.
- Cette évolution marque la séparation entre le théâtre et la religion, avec un lieu adapté à la mise en scène.
3. Joël Pommerat : auteur et metteur en scène contemporain
- Joël Pommerat est un auteur qui contrôle l’ensemble du processus de création : de l’écriture à la mise en scène.
- Il pratique l’écriture de plateau, c’est-à-dire une écriture pensée pour la scène et le jeu des acteurs.
- Ses spectacles s’adressent à tout public et posent des questions universelles, renouvelant ainsi la fonction du théâtre.
Le théâtre est un art vivant qui évolue avec ses lieux, passant d’un espace religieux ouvert à des salles dédiées, et s’adapte aujourd’hui à des formes contemporaines où l’auteur maîtrise la création complète.
Joël Pommerat et sa démarche théâtrale
1. Joël Pommerat et sa démarche théâtrale
Joël Pommerat adapte le conte traditionnel de Cendrillon en le modernisant et en approfondissant les dimensions psychologiques des personnages. Sa démarche théâtrale se caractérise par une réécriture contemporaine qui mêle réalisme et symbolisme.
a) Sources et adaptation
- Cendrillon est un conte ancien, transmis oralement avant d’être fixé par écrit.
- Charles Perrault (17e siècle) est le premier à avoir transcrit ce conte oral, posant les bases de la version classique.
- Pommerat s’appuie sur cette tradition tout en la transformant pour interroger les thèmes actuels.
b) Modernisation du conte
Pommerat introduit des éléments contemporains pour rendre l’histoire plus proche du public actuel :
| Élément traditionnel | Modernisation chez Pommerat |
|---|---|
| Surnom "Cendrillon" | Utilisé comme un surnom cruel et stigmatisant |
| Tâches ménagères | Présence d’une machine à laver, symbolisant la charge domestique |
| Communication | Usage du téléphone, ancrant l’histoire dans le présent |
c) Dimension psychologique et sociale
- La figure de Sandra (Cendrillon) accepte les tâches difficiles par culpabilité, ce qui donne une profondeur psychologique au personnage.
- La belle-mère est présentée comme une figure d’obsession et de domination, renforçant la tension dramatique.
- La scène 11 est particulièrement cruelle, soulignant la violence psychologique subie par Sandra.
À retenir : Joël Pommerat modernise le conte de Cendrillon en mêlant éléments contemporains et exploration psychologique, pour interroger les relations humaines et les mécanismes de domination.
Les sources de Cendrillon : du conte au spectacle
1. Les sources de Cendrillon : du conte au spectacle
a) Le personnage de la fée
- Fée comique et bienveillante : elle intervient pour aider Sandra, la protagoniste, à grandir et à faire son deuil.
- Mise en scène originale : la fée est représentée somnolente, allongée comme dans un cabinet de psychiatre, ce qui apporte une touche humoristique.
b) La scène de transformation
- Ellipse narrative : la préparation de la soirée est suggérée sans être montrée en détail.
- Parodie de la transformation : la scène reprend de manière humoristique le moment où la fée aide Sandra à se préparer pour l'événement important.
c) Enjeux dramatiques
- La fée joue un rôle clé dans l'évolution de Sandra, symbolisant l'aide extérieure nécessaire pour surmonter les épreuves.
- La transformation, moment central du conte, est revisitée avec humour pour souligner la modernité et la distance critique du spectacle vis-à-vis du conte traditionnel.
La fée, personnage à la fois comique et aidant, incarne l’accompagnement nécessaire à la métamorphose de Sandra dans une mise en scène décalée.
La modernisation du conte dans la pièce
1. La modernisation du conte dans la pièce
La pièce modernise le conte traditionnel en intégrant des éléments contemporains et un langage familier, créant ainsi un contraste avec le ton classique.
a) Langage familier et oralité
- Négation incomplète : expressions comme "T'inquiète pas" reflètent un langage courant, spontané.
- Vocabulaire familier et argotique : mots comme "je bosse", "fouquine" ancrent le récit dans la vie quotidienne.
- Vocabulaire grossier : l’usage de termes comme "merde" introduit une dimension réaliste et crue, éloignée du conte traditionnel.
b) La magie revisitée
- La magie n’est pas uniquement naturelle ou surnaturelle : elle est aussi liée à des illusions, des mécanismes et des préparatifs visibles, ce qui la rend plus concrète et accessible.
- Cette approche crée une distance avec le conte classique, en montrant que la magie peut être une mise en scène, une construction humaine.
c) Trois points de vue sur la magie
| Personnage / Public | Attitude face à la magie | Rôle dans la pièce |
|---|---|---|
| Sandra | Doute, contradiction | Questionne la magie, apporte du réalisme |
| La fée elle-même | Défend la magie | Incarnation de la magie, rassure |
| Le public | Besoin de se rassurer | Cherche à croire en la magie |
d) Temporalité et distance
- Le conte est inventé dans les années 50, ce qui crée un décalage entre passé et futur.
- Cette temporalité souligne la modernisation du récit, qui s’inscrit dans une époque précise tout en jouant avec les codes du conte traditionnel.
La modernisation du conte passe par un langage familier et une magie concrète, qui instaurent une distance critique tout en maintenant l’enchantement.
La scène de transformation et la magie
1. La scène de transformation et la magie
La scène de transformation est un moment clé où un changement profond s’opère, souvent lié à la révélation d’une vérité ou à l’intervention d’un élément magique.
a) Le pouvoir surnaturel
- La magie agit comme un pouvoir surnaturel qui modifie la réalité.
- Elle est souvent source de mystère et suscite méfiance, stress, inquiétude (exemple : « vous avez intérêt à ce que ça ne fasse rien qui m’arrive »).
- Cette peur traduit une expression enfantine face à l’inconnu.
b) La révélation et la transformation
- La scène de révélation permet aux personnages, ici deux enfants, de comprendre leur situation réelle.
- Le déni et le mensonge sont des obstacles à la vie authentique.
- La vérité révélée transforme les personnages, les libérant.
c) La fin du récit
- La pièce se conclut par la voix de la narratrice, marquant la fin du récit.
- Cette fin rappelle la structure d’un conte traditionnel.
- Un malentendu est dissipé grâce à la parole sincère de la mère, rétablissant la confiance.
La vérité révélée dans la scène de transformation libère les personnages et fait basculer le récit dans l’univers du conte.
Thèmes principaux et originalité de la pièce
1. Thèmes principaux de la pièce
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La transformation : Cendrillon subit une transformation, notamment vestimentaire, qui est centrale dans la pièce. La fée tente de lui trouver une robe en utilisant des tours de magie, mais sans vraie magie, ce qui souligne une transformation imparfaite ou symbolique.
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Le deuil : La pièce aborde aussi le thème du deuil, qui touche Cendrillon, ajoutant une dimension émotionnelle et psychologique à son personnage.
2. Originalité de la pièce par rapport au conte
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Contrairement au conte traditionnel, la magie n’est pas réelle mais simulée par des tours, ce qui donne une dimension plus humaine et moins féerique à l’histoire.
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La transformation de Cendrillon est donc moins spectaculaire et plus symbolique, mettant en avant ses efforts personnels plutôt qu’une intervention magique parfaite.
La pièce se distingue par une magie imparfaite et un traitement plus réaliste des émotions, notamment le deuil, qui enrichissent le personnage de Cendrillon.