Le travail
Définitions
n°1
Premier sens
Le travail peut désigner une activité professionnelle, un métier.
n°2
Deuxième sens
Le travail peut aussi désigner une activité de transformation d’un matériau brut. (En ce sens, la femme au foyer travaille tout autant même si elle n’a pas de métier)
Exemple : Transformer de la farine en pain par exemple.
Problématiques
Le travail n’est-il qu’une contrainte ?
| OUI | NON | EN FAIT : |
|---|---|---|
| Le travail est pénible car il demande un effort et nous prive de notre temps libre. | Car le travail permet de s’épanouir en réalisant ses idées dans la matière. (Voir Hegel, plus bas) | Si le travail est celui d’un ouvrier transformé en machine, alors il n’est pas épanouissant. (Voir Marx, plus bas) Mais, si l’artisan est maître de son travail, qu’il a la liberté de créer à sa manière, alors il est épanouissant. |
La technique doit-elle nous libérer du travail ?
| OUI | NON | NON |
|---|---|---|
| La technique permet de faciliter nos conditions de travail. (Voir Adam Smith plus bas et Aristote, fiche sur la technique) | La machine peut rendre le travail encore plus pénible car l’ouvrier est au service de la machine sur une chaîne de montage. Ce n’est plus lui qui contrôle l’outil. (Voir Marx, plus bas) | Car le travail est une source d’épanouissement, il ne faut pas rêver d’une société sans travail. (Voir Hegel plus bas). |
Portraits de penseurs
Adam Smith :
La technique moderne a grandement soulagé l’homme des tâches pénibles :
La hache cède la place à la tronçonneuse, la faux à la moissonneuse-batteuse. Elle permet aussi un gain de productivité impressionnant.
Adam Smith, témoin de l’industrialisation au XVIIIe siècle, illustre cela avec l’exemple d’une fabrique d’épingles : Là où un artisan isolé produisait une vingtaine d’épingles par jour, dix ouvriers spécialisés dans des tâches précises peuvent en fabriquer 48 000, soit 240 fois plus par tête.
Hegel :
Le travail c’est ce qui nous permet de dépasser l’animal car l’animal vit dans un rapport immédiat à la nature. Il est en symbiose avec elle.
Par exemple, la vache mange directement de l’herbe elle n’a pas besoin de transformer la nature alors que l’homme au contraire va devoir transformer cette nature hostile : Labourer, semer, récolter, moudre les grains de blé, faire de la pâte, cuire... autant de processus de transformation des matériaux bruts naturels.
L’homme dépasse la nature en la transformant.
Son esprit est plus fort que la nature car à partir d’une idée qu’il forge dans son esprit, il peut dominer la nature et la transformer.
Donc, le travail nous rend humain et on dépasse ainsi notre animalité.
Ce travail est source d’épanouissement. C’est le plaisir que nous avons à faire un gâteau. Il est peut être moins bon que celui de la pâtisserie mais nous avons le plaisir de transformer une idée (la recette du gâteau) dans la matière, dans le réel. Ce passage de l’idée à la réalité est source de bonheur.
Marx :
Tout travail n’est pas épanouissant pour autant, car si l’ouvrier ne peut pas se reconnaître dans le produit de son travail, (Voir Hegel plus haut) alors il est aliéné par le travail. Vous êtes aliéné quand vous n’êtes plus libre. Quelque chose à pris le contrôle sur vous et cette chose dans la technique moderne, c’est la machine.
(une chaîne de montage par exemple)
C’est toute la différence selon Marx entre l’outil et la machine : L’artisan se sert d’un outil. C’est lui qui crée avec son outil. Mais avec la machine, c’est l’ouvrier qui est à son service. Il est commandé par la machine. Ce n’est plus lui qui commande. Le travail est alors une déshumanisation de l’homme.
Cette aliénation est double, nous dit Marx car le patron exproprie également l’ouvrier de la valeur qu’il a créé car c’est lui qui empoche tous les bénéfices. (La plus-value)
L’ouvrier est payé juste de quoi survivre et la valeur qu’il crée par son travail est empochée par le patron capitaliste.