Fontenelle 1ᵉʳ texte : le monde, comme un opéra
Intro : partir visée générale œuvre : vulgarisation scientifique plaisante. Différents entretiens ont lieu entre le Neur et une marquise qu'il instruit. Extrait se situe au début 1ᵉʳ soir : la conversation porte assez vite sur l'astronomie et le Neur, avant d'exposer le système de Copernic, propose une image, celle de l'opéra, pour faire comprendre la démarche spécifique des astronomes
en quoi peut-on parler d'un exposé efficace, à la fois plaisant et instructif ?
1 L'opéra
P 1 je me figure : Neur fait exposé, dirige conversation. Mais allie science (astronomie) et imagination (ici, positive) pr être + clair, + efficace : s'adresse à néophyte, qqn qui ne connait rien aux dernières découvertes ds ce domaine, comme c'est le cas de la M et plupart des lecteurs de F. « tjrs » signale que cette image est pleinement valide (pas fantaisie ou approximation
nature est grd spectacle : ce nom va mener à la métaphore de « l'opéra », mais rappelle les circonstances de l'entretien : contemplation du ciel nocturne, et sa beauté, son caractère admirables.
grand renforce cette impression et rappelle aussi les dimensions considérables de ce dont il s'agit.
Pourquoi métaphore, qui sera filée, de l'opéra ? : lecteur de F appartient forcément à élite culturelle = image concrète et appartenant à monde qu'il connait bien, donc efficacité pédagogique
P 2-3 le vous, normal ds conversation, s'adresse à la M, mais aussi i objectivement qu'au lecteur. Ch lexical du théâtre (« ... »), mais avec insistance sur les machines, (= trucages) qui avaient tant de succès à l'époque (cf agréable : plaisir premier, immédiat).
Si le spectateur lambda s'en tient à la contemplation (du ciel ou du théâtre), il n'a pas une vision exacte, complète, de la situation, comme la plupart des gens qui contemplent le ciel
vs ne voyez pas le théâtre comme il est, on cache, vs ne vs embarrassez guère de deviner (mais « ne...guère » est une négation restrictive intéressante, à différencier avec « ne...pas » : on n'a pas à être un spécialiste pr aller au-delà de cette perception ; mais « embarrassez » suggère difficulté de la tâche). Cela va inciter à aller au-delà des apparences, vers un questionnement, au lieu de s'en tenir à simple contemplation / admiration : les mécanismes de l'univers peuvent s'expliquer, comme ceux du théâtre. Donc notre curiosité est attirée : de quels mécanismes s'agit-il ?, plaisir de découvrir qq chose qui est caché.
machines, mouvement, contrepoids, roues annoncent la vision mécanique de l'univers telle qu'elle sera exposée plus tard
P 4 : cas particulier du machiniste (donc un spécialiste, comme l'est un astronome), qui est exceptionnel : négation restrictive de il n'y a peut-être que le signale ; il n'appartient pas à l'élite sociale : il est ds le parterre, est caché, mais pourtant est admirable car s'inquiète (...) et veut démêler comment : pas de passivité béate, comme la plupart des gens, mais questionnement positif. On attend tjrs de voir ce que ça va donner ds le domaine de l'astronomie
P 5 : métaphore explicitée, comme une évidence vs voyez, renforcée par bien :
machiniste = philosophe (= homme de savoir, en particulier connaissances scientifiques), qui va au-delà des apparences, et veut comprendre.
2 Les erreurs du passé, montées par une anecdote fantaisiste
P 1 représentez-vs : imagination suscitée, car ce qui va suivre est pure vue de l'esprit.
Tous les sages laisse présager contenu sérieux et rappelle le jugement élogieux dont ils bénéficient à l'époque (leur nom fait tant de bruit) Pythagore, Platon Aristote, sont des philosophes et scientifiques connus et admirés à l'époque
Ce n'est pas l'avis du Neur, qui va les ridiculiser, ni de F, partisan des Modernes ds la « querelle des Anciens et des Modernes ». sages est de l'ironie. F fait précéder les noms de façon étonnante (normalement pas d'article avant un nom propre) par l'anaphore du démonstratif ces, qui peut avoir une valeur péjorative. Ces gds hommes cessent d'être des individualités marquantes, exceptionnelles par le déterminant pluriel.
bruit, qui suggère de la cacophonie n'est par ailleurs pas élogieux. Ce jugement sévère va se justifier : en astronomie, ils ont eu tort
Le Neur reprend alors la métaphore filée de départ de l'opéra, et imagine ces penseurs devant des « machines », lors d'un spectacle qui avait eu grd succès peu de tps avant (Phaëton est une tragédie lyrique, par ailleurs adaptée à la thématique de l'astronomie, puisque ce personnage a tenté de voler ds les airs pr se rapprocher du soleil) : là encore, le Neur est très pédagogue. Apparemment les vents enlèvent Phaëton (trucage faisable à l'époque, avec des poulies et des cordes : le Neur prend soin de dévoiler le trucage), mais les philosophes de l'Antiquité ne peuvent connaitre ces mécanismes, (double négation de ils ne pouvaient / ils ne savaient point = négation renforcée) : ils sont mis par le Neur ds une position qq peu ridicule, inférieure au spectateur / lecteur lambda
P 2-3 : les explications proposées par ces supposés grands penseurs, au vu du contexte, sont éminemment ridicules. Le Neur leur donne la parole (discours direct qui ressort en italique, comme pour mieux souligner leur bêtise, ou signaler un recul critique), sans signaler qui est à l'origine de chaque théorie (mais le lecteur peut s'amuser à deviner de qui il s'agit) ; il peut aussi s'agir d'une ultime manière de les décrédibiliser : après le pluriel de « ces », leur nom disparait, comme s'ils ne méritaient même plus d'être nommés. Le Neur, ds cette anecdote fantaisiste, caricature la pensée des philosophe et la plaque artificiellement sur la situation, donc double comique.
"la vertu secrète qui enlève Phaëton" (comment une vertu, impalpable, pourrait elle avoir un effet mécanique ?! + « secret » : ça manque là aussi r=de rigueur, de précision) est d'inspiration aristotélicienne.
Certains nombres le font voler est un clin d'œil à Pythagore, et n'est en rien une explication raisonnable, pr les mêmes raisons. C'est donc un passage plaisant, qui ridiculise les Anciens, et les vieilles théories dépassées
cent autres rêveries confirme cette condamnation : rêveries met en avant le côté irrationnel et ridicule de ces théories, renforcé par l'hyperbole cent. Le rejet de l'Antiquité est donc total pr le Neur et F : il n'y a rien de bon à en tirer, c'est toute (généralisation frappante) l'antiquité qui est ici remise en cause, condamnée. Que ce ne soit pas le cas « étonné », là encore la formulation est très forte, car ce verbe a un sens intense au XVIIe (mot de la famille de « tonnerre »). On est donc ds un monde où les préjugés, les idées irrationnelles dominent
P4
à la fin et qqs autres modernes (formulation significative, qui rappelle explicitement la querelle à laquelle F a participé) : après ttes les théories stupides, une évolution notable a lieu, qui est une coupure avec le passé. Mais Descartes est le seul nommé = en valeur, il est effectivement le penseur sur lequel le Neur et F vont continuellement se baser par la suite
ce qui suit est là encore en italique, pr assurer la continuité avec ce qui précède (chacun donne son explication), et cela va renforcer le contraste entre les idées grotesques énoncées auparavant, et la théorie raisonnable, juste, de Descartes, auquel le lecteur ne peut qu'adhérer :
il est tiré par des cordes et un poids plus pesant que lui descend. Il y a ici réellement un raisonnement, marqué le « parce que », l'explication étant double. Et l'on retrouve une explication d'ordre mécanique.
Donc exposé efficace, car pédagogique (image de l'opéra et des « machines » dont on peut vouloir chercher explication des mécanismes, l'opéra étant la métaphore de l'univers) mettant en avant les erreurs du passé / les progrès au présent mêlant sérieux, rigueur, fantaisie et humour, donc ensemble plaisant tt en étant simple