Les processus d'érosion selon les domaines morphoclimatiques
1. Processus d’érosion dans les milieux chauds
Les processus d’érosion dans les milieux chauds dépendent principalement des variations de température (chaleur/fraîcheur) et d’humidité (présence ou déficit en eau), qui influencent l’érosion mécanique et chimique.
| Domaine morphoclimatique | Température moyenne | Précipitations annuelles | Type d’érosion dominante | Caractéristiques principales |
|---|---|---|---|---|
| Milieu chaud forestier | 27-28 °C | ~1500 mm | Érosion chimique | Altération intense, formation d’altérités argileuses et sableuses |
| Milieu savanien | Chaud | Saison des pluies | Érosion mécanique + chimique limitée | Ravinement par cours d’eau saisonniers, érosion chimique freinée par saisonnalité |
| Milieu désertique | Très chaud | Très faible ou nulle | Érosion mécanique | Thermoclastie (érosion thermique) et érosion éolienne prédominantes, écoulements rares |
a) Points clés
- Érosion chimique prédomine dans les milieux chauds et humides (forêts tropicales), favorisant la décomposition des roches en argiles et sables.
- Érosion mécanique intervient surtout dans les milieux à humidité saisonnière ou faible, par ravinement ou par l’action du vent et des variations thermiques.
- En milieu désertique, l’érosion chimique est quasi nulle, l’érosion mécanique est dominée par la thermoclastie (fragmentation due aux fortes variations de température) et l’érosion éolienne.
L’alternance chaleur/fraîcheur et humidité/déficit en eau contrôle la nature et l’intensité des processus d’érosion dans les milieux chauds.
2. Structure du sol dans les milieux chauds
Le sol est généralement composé de trois horizons distincts, reflétant l’intensité et le type d’altération selon le domaine morphoclimatique.
L'eau comme agent d'érosion variable selon le domaine
1. Altération des roches et horizons du sol
- Horizon A (accumulation) : accumulation de matières organiques (feuilles mortes, cadavres d’animaux) en surface.
- Horizon B (altération) : infiltration et dépôt des matières issues de l’horizon A.
- Horizon C (roche mère) : influence directe de la roche mère, décomposition initiale, base du futur sol.
L’altération des roches est favorisée par la présence d’humidité et accélérée par la chaleur.
2. L'eau, agent d'érosion variable selon le domaine morphoclimatique
| Domaine | Caractéristiques principales | Type d’érosion dominante | Particularités |
|---|---|---|---|
| Domaine forestier | Relief en collines et bas-fonds, drainage incertain | Érosion mécanique faible, modèle multiconvexe (demi-orange) | Matériel argileux (altérites) |
| Milieu de savane | Disparition du couvert forestier, saison des pluies marquée | Érosion mécanique intense en début de saison des pluies | Érosion chimique active (altération ferrallitique) |
- En domaine forestier, la végétation protège le sol, limitant l’érosion mécanique. Le relief est complexe avec un drainage peu organisé, formant un modèle multiconvexe.
- En milieu de savane, la perte du couvert forestier expose le sol, favorisant une érosion mécanique importante au début des pluies.
- L’érosion chimique reste active surtout pendant la saison des pluies, se manifestant par une altération ferrallitique caractéristique (silicification, dégradation des minéraux).
À retenir : L’action de l’eau sur l’érosion varie fortement selon le domaine morphoclimatique, modulée par la végétation, le relief et la saisonnalité des précipitations.
La thermoclastie et les actions mécaniques contrastées
1. La thermoclastie
La thermoclastie est un processus d’érosion mécanique lié aux variations de température, particulièrement marquées dans les milieux désertiques. Ces fortes amplitudes thermiques provoquent des fractures et éclatements des roches par dilatation et contraction répétées.
- Elle est dominante dans les zones à climat aride où l’eau est rare.
- La thermoclastie fragmente les roches en grains plus fins, facilitant leur transport par le vent ou l’eau lors de rares précipitations.
2. Actions mécaniques contrastées de l’eau
L’érosion par l’eau dans les milieux désertiques est caractérisée par des actions mécaniques contrastées selon l’échelle temporelle :
| Échelle temporelle | Type d’action mécanique | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Année | Érosion ponctuelle | Forte lors des rares pluies intenses, mais globalement faible |
| Millénaires (Quaternaire) | Érosion cumulative | Alternance de phases humides et sèches modifiant le paysage |
3. Fluctuations climatiques et façonnement des glacis
Dans les marges désertiques, la pluviométrie est irrégulière et contrastée, ce qui influence la formation des glacis (pentes douces formées par accumulation et érosion).
- Exemple : Atlas tunisien au contact du Sahara, où l’on observe au moins deux niveaux de glacis emboîtés.
- Ces niveaux correspondent à des fluctuations climatiques répétées au Quaternaire entre :
- Pluvial : phase avec pluviométrie faible mais régulière, favorisant l’érosion aréolaire (érosion de surface) dans des roches meubles comme les marnes.
- Interpluvial : phase aride, avec peu ou pas d’érosion par l’eau.
La thermoclastie et les actions mécaniques contrastées de l’eau expliquent la faible érosion globale malgré des épisodes ponctuels d’érosion intense dans les milieux désertiques.
Les systèmes morphogéniques peu actifs en milieu désertique
1. Systèmes morphogéniques peu actifs en milieu désertique
Les systèmes morphogéniques peu actifs se caractérisent par une faible énergie du relief, une planéité marquée des interfluves et une forte influence des héritages géologiques tertiaires et quaternaires. L’érosion y est modérée, avec une absence ou quasi-absence de gel, et une fourniture d’eau régulière mais faible.
a) Phases d’évolution morphogénique en milieu désertique
| Phase | Caractéristiques principales |
|---|---|
| Début d’aridification (catapluvial) | Formation d’un glacis couvert, constitué de débris d’érosion restés en place, non évacués par le ruissellement, souvent encroûté par évaporation. |
| Phase aride / début du retour pluvial (anapluvial) | Pluies irrégulières mais de forte intensité, provoquant un écoulement concentré qui dissèque le glacis antérieur. |
| Installation du nouveau pluvial | Façonnement d’un nouveau glacis emboîté en contrebas du premier, marquant la reprise d’une dynamique morphogénique. |
b) Caractéristiques clés du système
- Faible énergie du relief : relief peu marqué, limitant la puissance des processus érosifs.
- Planéité des interfluves : surfaces relativement planes entre les vallées, témoignant d’une faible incision.
- Importance des héritages : structures et formes héritées des périodes tertiaires et quaternaires dominent la morphologie actuelle.
- Érosion modérée : absence de gel, donc peu d’altération mécanique, et alimentation en eau faible mais régulière, limitant l’intensité de l’érosion.
À retenir : En milieu désertique, les systèmes morphogéniques peu actifs se traduisent par des glacis encroûtés et peu modifiés, soumis à des phases alternées d’aridification et de pluies intenses mais irrégulières, avec une érosion modérée liée à la faible énergie du relief et à la rareté de l’eau.