Définition et historique de l'observation
1. Définition de l'observation
- Observation : activité consistant à porter une attention méthodique et concentrée sur un objet (être, fait) pour en saisir les conditions, le déroulement et le sens, sans intervention du chercheur.
- En science, l'observation est un mode de recueil de données qui peut être qualitative ou quantitative.
- Elle se distingue de l'expérimentation où le chercheur provoque les phénomènes étudiés.
- L'observation peut être une méthodologie de recherche (ensemble de démarches intellectuelles) ou un instrument parmi d'autres (entretiens, questionnaires).
2. Bref historique
| Auteur | Date | Apport clé |
|---|---|---|
| Wilhelm Wundt | 1902 | Fondateur de la psychologie expérimentale, pose les bases de l'observation scientifique. |
| Claude Bernard | 1872 | Différencie observation (phénomènes naturels) et expérimentation (phénomènes provoqués). |
| Bronislaw Malinowski | 1930 | Formalise l'observation participante en anthropologie, oppose aux études en chambre. |
| Konrad Lorenz | 1978 | Étude du comportement animal pour comprendre l'humain, pionnier de l'éthologie. |
3. Définitions clés
- Observation comme méthodologie : ensemble de démarches intellectuelles pour découvrir et vérifier des connaissances.
- Observation comme données : recueil d'informations (statistiques, cliniques).
- Observation comme méthode/instrument : technique d'enquête pour collecter des données, souvent combinée à d'autres outils.
4. Objectifs de l'observation
- Observer le déroulement des événements et des situations.
- Contextualiser pour expliquer les différences de comportements selon les dimensions sociales, idéologiques, culturelles, géographiques, historiques et temporelles (espace-temps).
- Expliquer les comportements et relations sociales sans intervention.
5. Notion d'observation in situ
- Observation des comportements dans leur environnement naturel et au moment où ils se produisent.
- Exemple : D. Jodelet (1989) a utilisé l'observation participante pour étudier les représentations sociales de la folie dans une communauté proche d'un hôpital psychiatrique.
À retenir : L'observation est une démarche méthodique d'attention portée à un phénomène naturel, sans intervention du chercheur, visant à comprendre les comportements dans leur contexte socio-culturel.
Types et classifications de l'observation
1. Types et classifications de l'observation
L'observation est une méthode clé en recherche, permettant de recueillir des données sans passer par l'intermédiaire du discours. Elle efface les biais liés à l'auto-présentation des sujets.
2. Observation directe vs indirecte
| Type | Définition | Exemple / Particularité |
|---|---|---|
| Observation directe | Observation in situ, sans intermédiaire ni expérimentation. | Observer un comportement sur le terrain, en temps réel. |
| Observation indirecte | Observation par l'intermédiaire de médiateurs ou de situations provoquées par le chercheur. | Utiliser des témoins ou des enregistrements rapportés. |
Exemple Mayer et al (2000) distingue :
- Observation directe libre (1ère étape)
- Observation directe méthodique (2ème étape)
- Observation clinique (étude de cas)
3. Observation participante vs non participante
| Type | Définition |
|---|---|
| Observation non participante | Observateur désengagé, extérieur à l'action. |
| Observation participante | Observateur engagé, impliqué dans l'action. |
4. Observation non systématique vs systématique
| Type | Caractéristiques principales |
|---|---|
| Non systématique | Observation libre, spontanée, empirique, sans plan ni cadre théorique. |
| Systématique | Observation scientifique, méthodique, préparée avec un plan d'exploration précis (hypothèses, objectifs). |
- L'observation systématique est répétable, vérifiable, contrôlable → fiabilité des résultats.
- L'observation non systématique est une étape préalable nécessaire pour construire l'observation systématique.
5. Observation non dissimulée vs dissimulée
| Type | Définition |
|---|---|
| Non dissimulée | Les sujets savent qu'ils sont observés (observation ouverte). |
| Dissimulée | Les sujets ignorent qu'ils sont observés (observation clandestine). |
6. Synthèse : critères clés de classification
| Critère | Options principales | Usage / Impact |
|---|---|---|
| Présence de l'observateur | Directe / Indirecte | Influence la nature des données recueillies. |
| Engagement de l'observateur | Participant / Non participant | Affecte l'interprétation et la dynamique. |
| Méthode | Systématique / Non systématique | Détermine la rigueur et la reproductibilité. |
| Transparence | Dissimuler / Non dissimuler | Impacte le comportement des sujets observés. |
À retenir : L'observation systématique, directe, participante ou non, et non dissimulée est la plus rigoureuse car elle repose sur un cadre théorique, un plan précis et garantit la fiabilité des résultats.
7. Démarche scientifique liée à l'observation
- Choix de la thématique : définir la question de départ.
- Exploration de la thématique : état des connaissances théoriques.
- Définition des objectifs : ce que l'on souhaite observer.
- Conceptualisation : concepts → variables → indicateurs.
- Délimitation du champ d’analyse : espace social, géographique, temporel, population.
- Choix des instruments : outils d'observation adaptés.
- Mise en œuvre : observation selon le plan défini.
Cette classification permet d'adapter la méthode d'observation aux objectifs et contraintes de la recherche.
L'insertion de l'observation dans la démarche scientifique
1. Insertion de l'observation dans la démarche scientifique
L'observation s'intègre dans une démarche scientifique structurée en plusieurs étapes clés, permettant de passer de la question initiale à l'interprétation des résultats.
2. Étapes de la démarche scientifique intégrant l'observation
| Étape | Description | Objectifs clés |
|---|---|---|
| 1. Choix de la thématique | Définir la question de départ | Orienter la recherche |
| 2. Exploration du terrain | Observation libre et entretiens exploratoires avec spécialistes | Recueillir des données préliminaires, affiner la problématique |
| 3. Construction de la problématique | Élaboration du plan d’exploration conceptuel | Positionnement théorique, définition de la population parente, formulation des hypothèses générales ou objectifs |
| 4. Construction du modèle d’analyse | Plan d’exploration opérationnel : choix des concepts, variables, indicateurs, élaboration de l’outil (grille d’observation) | Définir les variables indépendantes (VI), dépendantes (VD), et préparer le protocole d’observation |
| 5. Recueil des données | Mise en œuvre de la grille d’observation auprès de l’échantillon | Collecte systématique des données |
| 6. Analyse des informations | Traitement des données recueillies | Obtenir des résultats objectifs |
| 7. Interprétation et conclusions | Mise en relation avec la problématique initiale | Aller au-delà des résultats, valider ou infirmer les hypothèses |
3. Construction de la problématique
- Positionnement théorique : cadre disciplinaire (ex. psychologie sociale, sociologie) et concepts clés (rapports de domination, représentations sociales, appropriation de l’espace).
- Population parente : groupe ciblé (ex. adolescents, enfants, adultes).
- Hypothèse(s) générale(s) / Objectif(s) : formulation claire de ce que l’on cherche à étudier.
Exemple : Étudier le développement des modes d’exploration et d’appropriation de l’environnement urbain au cours de l’enfance (Legendre, 2009).
4. Définition des variables et indicateurs
| Élément | Description |
|---|---|
| Concepts | Idées abstraites à étudier (ex. comportements de politesse) |
| Variables | Concrétisation des concepts, pouvant varier (VI : variables indépendantes, VD : variables dépendantes) |
| Indicateurs | Manifestations observables des variables |
Exemple (Moser & Corroyer, 2001) :
- Hypothèse : Les comportements de politesse varient selon la taille de la ville.
- VI 1 : Densité de la ville (forte/faible)
- VI 2 : Sexe de la personne retenant la porte
- VI 3 : Sexe de la personne pour qui la porte est retenue
- VI 4 : Ville (Paris, Nantes)
- VD : Porte retenue ou non
5. Méthodes d’échantillonnage en observation directe systématique
- Échantillonnage « tout venant » ou « par convenance » : sélection non aléatoire basée sur la disponibilité.
- Échantillonnage par temps successifs ou balayage : observations à intervalles réguliers.
- Échantillonnage par comportement : ciblage de comportements spécifiques.
Types classiques :
| Type | Description |
|---|---|
| Empirique | Basé sur des quotas ou critères prédéfinis |
| Quasi-expérimental | Approche contrôlée avec certaines conditions expérimentales |
6. Résumé des étapes clés pour l’observation scientifique
- Choix de la thématique → définir la question.
- Exploration du terrain → observation libre + entretiens.
- Construction de la problématique → hypothèses et objectifs.
- Modèle d’analyse → variables, indicateurs, outil d’observation.
- Recueil des données → utilisation de la grille.
- Analyse → traitement et vérification (ex. accord inter-juges).
- Interprétation → conclusions en lien avec la problématique.
L’observation s’inscrit ainsi dans un cadre rigoureux garantissant la validité scientifique des résultats.
Construction des outils d'observation
1. Construction des outils d'observation
a) Échantillonnage et représentativité
- Représentativité de l’échantillon : essentielle pour généraliser les résultats à la population.
- Variables indépendantes (VI) : structurent l’échantillon pour garantir cette représentativité.
- Taux de sondage : proportion de la population totale retenue dans l’échantillon.
- Sélection a priori ou a posteriori : méthode choisie pour assurer la représentativité selon la taille et la composition de la population.
b) Méthode quasi-expérimentale
- Favorise l’étude des liens entre modalités des variables.
- Exemple : même nombre d’enfants par catégorie pour équilibrer l’échantillon.
- Nécessite de choisir un seuil de population à atteindre.
c) Nature des observables
| Type d’observable | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Événements / Comportements | Dénombrement ou présence/absence | Compter un comportement, présence d’un événement |
| État - Durée / Intensité | Mesure de la durée ou intensité | Durée du sommeil, échelle de douleur |
| Séquence / Enchaînement | Ordre et temps entre comportements | Temps de latence entre actions |
d) Construction de la grille d’observation
- Doit être conçue en fonction des hypothèses de recherche et des objectifs.
- 4 règles clés (Chauchat, 1995) :
| Règle | Description |
|---|---|
| Exclusion mutuelle | Chaque observable appartient à une seule catégorie. |
| Cohérence et homogénéité | Catégories homogènes, définies selon les mêmes critères (ex : comparaison pertinente). |
| Objectivité et fidélité | Vérifiées par pré-test : plusieurs observateurs doivent classer les mêmes observables de façon identique. |
| Productivité et pertinence | Catégories doivent répondre aux objectifs et être mobilisées lors de l’observation terrain. |
- Exemple : grille de Bales.
e) Vérification de la fiabilité : accord inter-juges
- Calcul de l’accord inter-juges : mesure du pourcentage d’accord entre observateurs.
- Exemples : 95% d’accord pour le sexe, 96% pour la porte, 95% global.
- Kappa de Cohen : indice statistique tenant compte du hasard, basé sur :
- Nombre de modalités de la catégorie
- Nombre d’observations
- Nombre de juges
f) Observation sur le terrain
- Exemple d’exercice : analyse d’un épisode de la série La Planète des enfants (Valérie Lumbroso, sous la direction de Boris Cyrulnik).
- Observation spontanée : noter comportements et contexte.
g) Lieux d’observation
-
Variété de contextes possibles :
- Lieux publics et privés
- Groupes, foules (ex : manifestations)
- Groupes de travail
-
Exemple historique : E. Mayo (1927-1932), observation participante partielle dans une entreprise (Hawthorne Works).
h) Observation des interactions
- Prise en compte des comportements :
- Verbaux
- Non verbaux
i) Contraintes de l’observation
- Procédé coûteux en :
- Temps
- Argent (observateurs, matériel)
- Effort psychologique (observations longues, notamment participantes)
À retenir : La construction d’outils d’observation repose sur une grille rigoureuse, fiable et pertinente, adaptée aux hypothèses, avec un échantillon représentatif pour garantir la validité des résultats.
L'observation non participante
1. Définition de l'observation non participante
L'observation non participante est une méthode où l'observateur reste extérieur à l'activité sociale observée, sans y intervenir. Elle s'applique à des activités sociales discontinues ou ponctuelles, réalisées in situ (dans un lieu et un temps donnés). Cette technique est particulièrement utile pour enregistrer des comportements routiniers, peu visibles ou difficilement verbalisables.
L'observation non participante consiste à observer de manière extérieure et sans interaction directe les comportements dans leur contexte naturel.
2. Domaines d'application
- Comportements routiniers ou inconscients
- Comportements socialement indésirables ou tabous (ex : violence, sexualité)
- Populations avec difficultés de langage ou particulières
3. Méthodologie type
| Étape / Élément | Description |
|---|---|
| Objectif | Améliorer l'aménagement d'un lieu pour sa fonction sociale (ex : lieu de rencontre informelle) |
| Outils | Entretiens semi-directifs, grille d'observation, enregistrement vidéo |
| Durée d'observation | 90 à 120 minutes, sur plusieurs mois, à intervalles réguliers |
| Variables observées | Comportements spatiaux, durée d'occupation, répartition dans l'espace |
| Variables contrôles | Sexe, tranche d'âge, présence seule ou en groupe, période hors repas |
| Type d'observation | Systématique, non dissimulée (affichage des moments de filmage) |
| Échantillon | Exemple : 200 usagers (100 par site) |
4. Variables clés
| Type | Variables |
|---|---|
| Variables indépendantes (VI) | - Type de cafétéria (ex : Institut de Psychologie, Galerie Nationale) <br> - Type d'éclairage (naturel, artificiel) |
| Variables dépendantes (VD) | - Comportements observés en fonction de la lumière <br> - Type d'activité et durée d'occupation (zones de densité) |
| Variables contrôles | Sexe, âge, groupe/individu, période hors repas |
5. Indicateurs observés
- Comportements : présence/absence, fréquence
- Durée : temps d'occupation des espaces
- Activités : détente, travail, groupe d'amis, supports utilisés (ex : ouvrages)
6. Exemples d'application
- Cafétérias : étude des comportements spatiaux en fonction de l'éclairage et de l'aménagement (Matheau-Police, Casal et Legendre, 2005)
- Lieux d’accueil petite enfance : observation des interactions et comportements (Fontaine, 2008)
- Comportements de vandalisme : observation provoquée via cabines téléphoniques truquées (Moser & Levy-Leboyer, 1985)
L'observation non participante permet de collecter des données comportementales objectives, notamment lorsque les comportements sont difficiles à verbaliser ou socialement sensibles.
L'observation participante
1. Définition et intérêt de l'observation participante
L'observation participante consiste à s'immerger dans un groupe social pour comprendre ses pratiques, comportements et croyances de l’intérieur. Elle permet d’accéder à des éléments invisibles par entretiens ou documents, comme les gestes, rituels, styles de vie et interactions quotidiennes.
2. Types d’observation participante
| Type | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Implication | De simple invité à membre impliqué (Mayer et al., 2000) | |
| Niveaux de participation | - Périphérique/partielle : participation limitée, non-membre du groupe<br>- Active : participation engagée (Norimatsu & Pigem, 2008) | Observateur interagissant avec ouvriers |
| Démarche | Utilisation d’un carnet de bord, observation continue ou discontinue selon l’activité observée | Observation de communautés |
3. Étude de cas : L’échec d’une prophétie (Festinger, Riecken, Schachter, 1956)
- Contexte : Étude d’un groupe croyant à la fin du monde annoncée au 21 mai 2011.
- Question : Comment une collectivité réagit-elle quand sa croyance fondamentale est démentie ?
- Réponse : La croyance ne s’effondre pas, phénomène expliqué par la dissonance cognitive.
a) Conditions pour observer l’hypothèse de recherche
- Conviction profonde
- Engagement irrévocable
- Ancrage réel dans la vie quotidienne
- Démenti clair et sans équivoque
- Soutien social fort
4. Méthodologie et observations dans l’étude sectaire
- Prise de contact : Les chercheurs cachent leur identité réelle.
- Nombre d’observateurs : 5 à 8 participants.
- Intégration : Facilités par des échanges d’histoires (ex : extra-terrestres).
- Observations clés :
- Réunions, discussions, rituels (ex : séparation avec pièces de métal)
- Transes et messages du Créateur Sananda
- Relations avec non-initiés et presse
- Démentis précis : prières ont sauvé la Terre malgré la prophétie fausse
- Communiqué de presse : recherche de confirmations, prosélytisme limité, éviter la panique
5. Réflexions sur la méthode (Favret-Saada, 2012)
- Usage de la tromperie pour obtenir des informations (ex : se faire passer pour un homme d’affaires).
- Difficultés d’intégration dans certains groupes (ex : expériences extra-sensorielles à Collegeville).
- Importance de la description fine des pratiques et croyances pour comprendre les dynamiques internes.
À retenir : L’observation participante permet d’accéder à des dimensions invisibles des groupes sociaux, notamment leurs pratiques quotidiennes et la robustesse de leurs croyances face à des faits contraires, grâce à une immersion active et prolongée.
Comparaison des méthodes et obstacles
1. Intégration des observateurs
- Intégration banale : observateurs acceptés après lecture d’un article ou discussion en groupe.
- Intégration après désaveu : observateur intégré pour soulager les autres membres.
- Observation participante clandestine : observateurs jouent un rôle, trompent sur leur intérêt et croyances.
- Rôle souhaité passif : influence des croyances renforçant les certitudes, adaptation mutuelle des récits entre sites.
- Adaptation en cours d’observation : intégration progressive, prise de responsabilités (ex. présidence de réunion).
2. Comparaison des méthodes d’observation
| Méthode | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Observation non participante | - Distance entre chercheur et phénomène<br>- Usage possible de matériel d’enregistrement<br>- Moins d’artificialisation des comportements | - Risque de comportements artificiels<br>- Difficulté d’accès à certaines infos |
| Observation participante | - Accès à plus d’informations<br>- Compréhension plus profonde du phénomène | - Risque de conflit de rôles<br>- Objectivité compromise<br>- Temps d’investissement long |
3. Supports d’observation (Norimatsu & Pigem, 2014)
| Support | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Sans support | Comportements plus spontanés | Données basées sur mémoire, attention sélective, pas de retour en arrière |
| Papier-crayon | Investissement financier faible<br>Acceptation des participants<br>Notes prises dans l’instant | Difficulté à observer comportements simultanés<br>Pas de retour en arrière |
| Enregistrement audio | Codage et observation simultanés<br>Description des enchaînements<br>Retour en arrière possible | Voix de l’observateur audible |
| Enregistrement vidéo | Micro-analyses invisibles<br>Retour en arrière possible | Champ de vision limité<br>Coût et problèmes techniques<br>Réticence des observés<br>Temps de codage long |
4. Observation vs autres méthodes
| Critère | Observation | Autres méthodes |
|---|---|---|
| Avantages | - Étude de la vie sociale en temps réel<br>- Observation in situ<br>- Forte validité externe<br>- Sans intermédiaire (documents, témoignages) | - Validité interne souvent meilleure |
| Inconvénients | - Investissement temporel important<br>- Risque d’artificialisation<br>- Difficulté d’imprégnation<br>- Subjectivité transférée observé → chercheur<br>- Vision limitée à la situation<br>- Problèmes éthiques si observation dissimulée | - Parfois moins proche du réel |
À retenir : L’observation permet une compréhension directe et profonde du phénomène social, mais demande un investissement important et comporte des risques de biais et d’artificialisation.
5. Obstacles à l’observation
a) Obstacles liés à la perception humaine
- Observation partielle et sélective.
- Fatigabilité de l’attention.
- Biais d’observation : effet de concentration, effet de contraste.
- Difficultés de remémoration.
- Influence des types perceptuels.
b) Obstacles liés à l’observateur
- Appartenances sociales et culturelles influençant la perception.
- Cadre théorique et attentes biaisant l’interprétation.
- Biais de confirmation (Festinger, 1957) : tendance à privilégier les informations confirmant ses hypothèses.
- Expériences de Rosenthal & Fode (1963) et Rosenthal & Jacobson (1968) illustrant l’effet des attentes sur les résultats.
À retenir : Les biais cognitifs et sociaux de l’observateur peuvent altérer la validité des observations, il est crucial d’en prendre conscience et de les contrôler.