Sémiologie
1. Notions de base
- Sémiologie : recueil et interprétation des symptômes ou signes cliniques, langage et méthode d’examen du patient malade.
- Symptôme : manifestation physique ou psychologique ressentie, signe d’une maladie.
- Syndrome : ensemble de symptômes.
- Symptôme pathognomonique : signe spécifique qui, seul, confirme une maladie (ex : signe du tiroir → rupture du ligament croisé crânial).
2. Langage médical
-
Suffixes courants :
Suffixe Signification Exemple -ite inflammation entérite, colite -algie douleur myalgie -plégie paralysie paraplégie -urie présence dans l’urine glucosurie -ose dégénérescence arthrose, endocardiose -ome tumeur mélanome -
Préfixes courants :
Préfixe Signification Exemple endo- intérieur endocarde péri- autour péricarde myo- muscle myocarde -
Nomenclature profane : expressions populaires traduites en termes médicaux (ex : « marcher sur des œufs » → démarche douloureuse).
3. Anamnèse
-
Anamnèse : interrogation complète et systématique sur la maladie.
-
Diffère du signalement (identité de l’animal : sexe, âge, race).
-
Caractérisation des signes cliniques selon 6 critères :
- Nature : matériel (lésion visible) ou fonctionnel (trouble fonction).
- Siège : local ou général.
- Ordre d’apparition : prodrome, primaire, secondaire.
- Importance : essentiel, principal, accessoire, accidentel.
- Durée : permanent, passager, intermittent.
- Caractère : subjectif (ressenti) ou objectif (constaté).
-
Questions clés : date début, évolution, appétit, soif, urines, selles, vomissements, toux, statut vaccinal, contacts, voyages, mode de vie.
4. Examen clinique : recueil des symptômes
-
Observation à distance : posture, démarche, comportement (ex : position du prieur, abdomen en poire).
-
Examen général : évaluation des grandes fonctions :
- Hydratation : pli de peau, muqueuses sèches, énophtalmie.
- Thermorégulation : température rectale.
- Circulation : couleur muqueuses, pouls, TRC, auscultation cardiaque.
- Respiration : couleur muqueuses, mouvements respiratoires, auscultation.
- Palpation abdominale et ganglionnaire.
-
Mobilisation des cinq sens :
- Vue : de loin, de près, en mouvement.
- Odorat : ex. odeur des oreilles.
- Toucher : palpation, percussion, toucher rectal.
- Ouïe : auscultation.
- Goût : obsolète.
-
Techniques spécifiques :
- Percussion : main et doigts, comparer côtés droit/gauche.
- Succussion : détection d’ondes liquides.
- Auscultation : abdomen, thorax, trachée, en silence et animal immobile.
-
Constantes normales :
Espèce Température (°C) Fréquence cardiaque (bpm) Fréquence respiratoire (mouvements/min) Chien 38–39 70–140 15–25 Chat 38–39 120–180 25–35 -
Poids et score corporel :
- Poids : mesure chiffrée pour suivre prise ou perte.
- Score corporel (sur 5) : évalue embonpoint indépendamment du poids.
5. Examens complémentaires
- Objectif : préciser diagnostic/pronostic.
- Exemples :
- Toucher rectal (prostate), examen vaginal (spéculum).
- Test fluorescéine (ulcère cornée).
- Lampe de Wood (teigne).
- Microscopie cérumen (gale d’oreille).
- Imagerie : radiographie, échographie, IRM, scanner.
- Biologie : bilan sanguin, sérologie, bactériologie, histopathologie.
6. Diagnostic
- Types :
- Symptomatique : basé sur symptômes.
- Anatomique : basé sur localisation des lésions.
- Étiologique : basé sur cause (ex : parvovirose).
- Diagnostic direct ou indirect (ex : diagnostic par exclusion).
- Difficultés : mauvaise anamnèse, décès rapide, animal inexaminable, phase prodromique, complications.
7. Pronostic
- Dépend de la maladie, du patient, des moyens disponibles.
- Qualificatifs : favorable, bon, excellent, défavorable, mauvais, sombre, réservé.
- Évaluation à court et long terme (ex : pronostic vital favorable mais fonctionnel réservé).
8. Traitements
-
Selon objectif :
Objectif Description Exemple Préventif Éviter apparition maladie vaccination Curatif Guérir la maladie antibiotiques Palliatif Soulager sans guérir analgésiques -
Selon modalité :
- Médical (médicaments, soins).
- Comportemental (modifier comportement).
- Euthanasique (fin de souffrances).
9. Rôle de l’ASV dans l’examen
- Réalise examen général : température, fréquences cardiaque et respiratoire, hydratation, couleur muqueuses, TRC, poids.
- Compare aux constantes normales.
- Alerte vétérinaire en cas d’anomalie, sans poser de diagnostic.
- Tenue d’un dossier précis et régulier pour suivi.
À retenir : La sémiologie est la base du diagnostic vétérinaire, combinant anamnèse, observation, examen général et examens complémentaires pour orienter pronostic et traitement.
Virologie canine et vaccination
1. Diagnostic, traitement et prévention de la parvovirose canine
- Diagnostic : recherche d’antigènes viraux dans les selles via kits vétérinaires (Snap, Witness).
- Risques : faux positifs (interférence avec vaccination), faux négatifs (excrétion virale à partir du 3ᵉ jour).
- Traitement : pas de traitement étiologique, traitement symptomatique (hospitalisation, perfusions, anti-diarrhéiques, anti-vomitifs).
- Pronostic : très réservé.
- Prévention : vaccination dès 6 semaines (voire 4 selon AMM), protocole classique : primo-vaccination à 8 semaines, rappels à 12 et 16 semaines, rappel à 1 an puis tous les 3 ans.
- Important : ne pas vacciner un animal malade, mais vaccination en incubation n’aggrave pas la maladie.
- Rôle ASV : isolement en chenil contagieux, matériel dédié, désinfection rigoureuse, surveillance vétérinaire.
2. Maladie de Carré
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Agent | Morbillivirus |
| Espèces touchées | Chien, furet, vison, raton laveur, grands félins |
| Transmission | Excrétion par salive, larmes, jetage nasal, urines, fèces ; entrée par voies respiratoires |
| Population à risque | Chiots surtout, individus non vaccinés |
| Symptômes | 4 systèmes atteints : respiratoire, digestif, dermatologique, neurologique (mnémotechnique « Carré ») |
| Diagnostic | Histopathologie, anticorps dans LCR, antigènes dans sang/LCR |
| Vaccination | Protocole standard : 8, 12, 16 semaines, rappel à 1 an puis tous les 3 ans |
3. Hépatite infectieuse canine (Maladie de Rubarth)
- Agent : Adénovirus canin.
- Cible : Chiens non vaccinés < 1 an.
- Transmission : Urines (principalement), fèces, salive ; voie oro-nasale.
- Atteinte principale : Foie.
- Symptômes : Fièvre, apathie, anorexie, polydipsie, douleurs abdominales, vomissements, diarrhées, ictère, œdèmes, troubles de la coagulation.
- Diagnostic : Isolement viral dans sang/urines, sérologie.
- Vaccination : 8, 12, 16 semaines, rappel à 1 an puis tous les 3 ans.
4. Herpèsvirose canine
- Agent : Herpèsvirus canin type 1.
- Transmission : Sécrétions vaginales, jetage nasal, voie transplacentaire, accouplement, passage en filière pelvienne.
- Formes cliniques :
- Chiots < 4 semaines : maladie hémorragique mortelle.
- Chiots > 4 semaines : infections respiratoires.
- Femelles gestantes : avortements, mortinatalité.
- Portage latent : réactivation possible en cas de stress.
- Diagnostic : Recherche anticorps (porteurs latents séronégatifs) ou antigènes viraux.
- Vaccination : Vacciner la mère gravide (au moment des chaleurs ou 10 j après fécondation, puis en fin de gestation). Vaccins réservés aux éleveurs.
5. Rage
| Aspect | Détail |
|---|---|
| Agent | Rhabdovirus (Lyssavirus) |
| Statut | Maladie à déclaration obligatoire |
| Issue | Zoonose mortelle à 100 % dès symptômes |
| Souches en Europe | Sylvatique (renards), urbaine (chien) |
| Transmission | Morsure, salive sur plaie ou muqueuse |
| Incubation | Quelques jours à 6 mois (latence dans muscle puis dissémination nerveuse) |
| Formes cliniques | Furieuse (hyperthermie, nervosité, hypersalivation, paralysie mâchoire), paralytique (incoordination, paralysie, coma) |
| Diagnostic | Clinique, confirmation par autopsie (corne d’Ammon) |
| Vaccination | Primo-vaccination à 12 semaines minimum, rappel annuel ou tous les 3 ans, validité 21 jours après injection |
| Surveillance animal mordeur | Interdiction d’euthanasier, suivi sanitaire à J0, J7, J15, déclaration mairie, évaluation comportementale obligatoire |
- Voyages et importation : titrage anticorps antirabiques ≥ 0,5 UI/ml requis 30 j après vaccination et 3 mois avant départ.
- Interdiction : importer chiots/chatons non vaccinés contre la rage (vaccination possible à partir de 3 mois + 21 jours de validité).
- Chez l’homme : incubation variable, transmission par morsure ou contact salive-plaie, traitement urgent post-exposition (soins locaux + vaccination + immunoglobulines si nécessaire).
6. Toux du chenil (Trachéobronchite infectieuse canine)
- Agents majeurs : Virus parainfluenza, Bordetella bronchiseptica.
- Agent mineur : Adénovirus canin 2.
- Transmission : Voie nasale, maladie de collectivité (chenils, SPA, élevages).
- Symptômes : Toux sèche, quinteuse, jetage nasal, fièvre, parfois pneumonie.
- Gravité : Bénigne chez vacciné, grave voire mortelle chez jeune non vacciné.
- Vaccination :
- Parainfluenza incluse dans vaccins multivalents.
- Bordetella injectable (primo à 8 sem, rappel à 12 sem, possible dès 4 sem) ou intranasal (primo dès 8 sem, sans rappel), rappel annuel.
- Voie orale possible (dose unique).
7. Vaccination du chien : principes et protocole courant
| Vaccin | Type | Protocole classique (âge en semaines) | Rappels et fréquence |
|---|---|---|---|
| Carré (Distemper) | Vivant atténué | 8, 12, 16 | Rappel à 1 an, puis tous les 3 ans |
| Hépatite (Rubarth) | Vivant atténué | 8, 12, 16 | Rappel à 1 an, puis tous les 3 ans |
| Parvovirose | Vivant atténué | 8, 12, 16 | Rappel à 1 an, puis tous les 3 ans |
| Leptospirose (L4) | Inactivé | 8, 12, 16 | Rappel annuel (voire tous les 6 mois si risque élevé) |
| Parainfluenza (pi) | Vivant atténué | 8, 12, 16 | Rappel à 1 an, puis tous les 3 ans |
| Rage (R) | Vivant atténué | Primo à ≥12 semaines | Rappel à 1 an, puis tous les 3 ans |
- Vaccins vivants atténués : virulence supprimée, bonne immunogénicité, protection ~3 ans, souvent une injection suffit.
- Vaccins inactivés : non réplicatifs, moins immunogènes, nécessitent 2 injections à 3-4 semaines d’intervalle, protection 1-3 ans.
- Primo-vaccination : au moins 2 injections espacées de 3-5 semaines, dernière injection à ≥ 4 mois.
- Adaptations : rappels plus fréquents possibles selon risque (ex. leptospirose tous les 6 mois).
- Vaccination antirabique : obligatoire pour identification, passeport, validité 21 jours après primo-vaccination.
La vaccination est la clé de la prévention des maladies virales canines graves, avec un protocole adapté à l’âge, au risque et au mode de vie du chien.
Virologie féline et vaccination
1. Rhinotrachéite virale féline (Coryza)
- Agent : herpèsvirus félin
- Mortalité : faible
- Morbidité : élevée
- Transmission : contact direct (oral, nasal, conjonctival) avec porteurs latents en réactivation
- Signes cliniques : hyperthermie, abattement, anorexie, éternuements, jetage nasal/oculaire, conjonctivite, kératite, toux
- Évolution : guérison, portage latent ou atteinte chronique (conjonctivite/kératite)
- Diagnostic : PCR sur écouvillons (rarement pratiquée)
- Vaccination : protection partielle (protège la maladie, pas l’infection)
- Protocole : injections à 8, 12, 16 semaines, rappel à 1 an puis annuel
Le coryza est un syndrome associant herpèsvirus, calicivirus et bactéries.
2. Calicivirose féline
- Agent : calicivirus
- Localisation : bouche (épithélium nasal, lingual, palais, 3e paupière)
- Transmission : contact direct, excrétion par salive, jetage nasal/oculaire
- Symptômes : hyperthermie, abattement, anorexie, rhinite, conjonctivite, vésicules et ulcères buccaux
- Forme chronique : gingivo-stomatite chronique récidivante (CGSC)
- Diagnostic : isolement viral sur écouvillons buccaux ou cyto-brosses conjonctivales
- Vaccination : protection incomplète (ne prévient pas infection chronique ni toutes les souches)
- Protocole : 8, 12, 16 semaines, rappel à 1 an puis annuel
- Traitement : interférons sous-cutanés ou intra-lésionnels
3. Typhus (Panleucopénie féline)
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Agent | parvovirus félin |
| Cible | chatons 6-14 sem., adultes non vaccinés, furet |
| Mortalité | élevée |
| Transmission | oro-nasale, virus excrété dans fèces, salive, urine, vomissements |
| Signes cliniques | fièvre, diarrhée (parfois hémorragique), vomissements, coliques, abattement |
| Formes cliniques | suraiguë (mort rapide), aiguë |
| Complications | ataxie cérébelleuse chez chatons nés de mères infectées (atrophie cérébelleuse) |
| Diagnostic | leucopénie, détection virus dans fèces (snap test) |
| Vaccination | 8, 12, 16 semaines, rappel à 1 an puis annuel |
| Traitement | hospitalisation sous perfusion, soins symptomatiques |
Le parvovirus du chien peut exceptionnellement infecter le chat, mais pas l’inverse.
4. Rage féline
- Sensibilité : plus sensible que le chien à la souche vulpine
- Transmission : morsure d’animaux enragés (renard, autres carnivores)
- Formes cliniques : forme furieuse (marquée), forme paralytique, rages silencieuses
- Zoonose : mortelle à 100%, transmission possible au humain par morsure
- Vaccination : injection unique à partir de 3 mois, rappel à 1 an puis annuel ou tous les 3 ans selon vaccin
5. Syndrome d’immunodéficience féline (FIV)
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Type | rétrovirus (virus du sida du chat) |
| Transmission | morsures, bagarres, voie sexuelle, transplacentaire, lait, filière pelvienne |
| Signes cliniques | immunodéficience, infections opportunistes, tumeurs, maladies nerveuses |
| Phases | 1. Fièvre (souvent inaperçue) |
- Asymptomatique (~5 ans)
- Fièvres récurrentes (6-12 mois)
- Phase SIDA (infections, tumeurs, stomatites, décès) |
| Diagnostic | détection anticorps (tests rapides) 2-4 sem. après infection, attention aux faux négatifs/début et fin maladie, anticorps maternels chez chatons |
| Vaccin | aucun disponible
| Gestion | castration, isolement, suppression sorties et contacts |
Pas de transmission entre homme et chat pour FIV ni VIH.
6. Leucose féline (FeLV)
- Type : rétrovirus oncogène, infection virale persistante
- Transmission : contacts directs répétés, excrétion salivaire, nasal, larmes, fèces, urine, lait
- Évolution : élimination du virus ou virémie persistante (maladie chronique et excrétion)
- Signes cliniques : tumeurs (lymphosarcomes, leucémies), anémies, leucopénies, immunodéficience, troubles neurologiques et reproductifs
- Diagnostic : test rapide antigène sur sang/sérum/plasma (attention faux négatifs en incubation, faux positifs en virémie transitoire)
- Vaccination : 12 et 16 semaines (ou 8, 12, 16 selon labo), rappel à 1 an puis annuel ou tous les 3 ans
- Gestion : isolement, castration, interdiction contacts pour positifs confirmés
7. Péritonite infectieuse féline (PIF)
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Agent | coronavirus félin muté |
| Mortalité | ≈ 95 % |
| Formes | - Coronavirose (forme peu virulente, intestin subclinique) |
- PIF (mutation virale, infection généralisée) | | Transmission | oro-fécale (coronavirus non muté), pas de transmission du mutant PIF | | Population touchée | jeunes chats de chatterie post-immunité colostrale, rares adultes | | Forme humide | exsudats (ascite, épanchements pleural/péricardique), fièvre fluctuante, péritonite, liquide jaune citrin visqueux | | Forme sèche | lésions granulomateuses sur organes abdominaux, yeux, SNC, fièvre fluctuante, anorexie | | Diagnostic | PCR antigènes viraux dans liquides, anticorps/antigènes sanguins (peu fiable) | | Vaccination | existe mais non pratiquée en France | | Traitement | GS-441524 (efficacité démontrée, commercialisé) |
8. Protocoles vaccinaux du chat
| Âge | Chat qui sort / en contact | Chat d’intérieur strict |
|---|---|---|
| 8 sem. | T · C · (L) · (ch) | T · C · (ch) |
| 12 sem. | T · C · L · (ch) | T · C · (ch) |
| 16 sem. | T · C · L · (ch) | T · C · (ch) |
| 1 an | T · C · L · (ch) | T · C · (ch) |
| 2 ans | T · C · L · (ch) | rien |
| 3 ans | T · C · L · (ch) | rien |
| 4 ans | T · C · (ch) | T · C · (ch) |
| Puis | T · C annuel / L tous les 3 ans | T · C tous les 3 ans |
- Valences :
- T = typhus (panleucopénie)
- C = coryza (herpèsvirus + calicivirus)
- L = leucose (FeLV)
- ch = chlamydiose (non systématique)
- Primo-vaccination : au moins 1 injection + rappel 3-5 semaines après
- Dernière injection : à 4 mois ou plus (ex : 2 injections à 3 et 4 mois, ou 3 injections si début à 2 mois)
- Leucose et chlamydiose : début idéal à 12 semaines, certains vaccins FeLV dès 8 semaines
La vaccination protège de la maladie mais pas toujours de l’infection ni du portage latent ou chronique.
À retenir : Le coryza félin associe herpèsvirus, calicivirus et bactéries, avec portage latent possible. Le typhus est très contagieux et résistant, provoquant une ataxie cérébelleuse chez les chatons nés de mères infectées. FIV et FeLV sont des rétrovirus félin majeurs, sans vaccin pour le FIV.
Les réactions vaccinales
1. Les réactions « normales »
- Hyperthermie : élévation de la température dans les 48 heures suivant la vaccination, non systématique, généralement sans traitement. Surveillez si elle persiste au-delà de 48 h.
- Nodule au point d’injection : masse localisée, variable selon l’animal, le vaccin et le site d’injection. Apparaît dans les heures ou jours suivant la vaccination, régresse en quelques jours à un mois. Contrôle conseillé si inquiétude.
2. Les réactions « anormales » (urgences)
| Type d’hypersensibilité | Moment de survenue | Lieu | Signes principaux | Traitement principal | Espèce plus touchée |
|---|---|---|---|---|---|
| Type 1 (immédiate) | Secondes à minutes | Clinique | Vasodilatation généralisée, syncope, choc anaphylactique, animal mou et pâle | Frictions, secousses, adrénaline IV si besoin | Chien |
| Type 4 (retardée) | Quelques heures (surtout après 2e injection) | Domicile | Œdème de Quincke, œdèmes, érythème, prurit localisés ou généralisés | Corticoïdes à action rapide ± antihistaminiques | Chien |
- Fibrosarcome : tumeur maligne envahissante, fréquente chez le chat, sans lien prouvé avec la vaccination. Éviter les vaccins avec adjuvants à base d’aluminium.
3. Gestion des réactions vaccinales
- En cas d’appel après vaccination, repérer les urgences :
- Animal très mou et pâle dans les minutes → hypersensibilité type 1 → alerter vétérinaire immédiatement.
- Œdème facial, érythème, démangeaisons après quelques heures → hypersensibilité type 4 → urgence, alerter vétérinaire.
- En l’absence d’urgence, fièvre ≤ 48 h ou nodule transitoire → réaction normale, rassurer le propriétaire, proposer un contrôle si persistance ou inquiétude.
4. Questions clés à poser au propriétaire
- Espèce, âge de l’animal
- Date et nature du vaccin
- Temps écoulé depuis l’injection
- Localisation, taille, consistance, douleur et évolution de la masse
- État général : vivacité, appétit, température, respiration
- Présence d’œdème facial ou démangeaisons
Une hyperthermie dans les 48 heures et un nodule transitoire au point d’injection sont des réactions normales ; les hypersensibilités de type 1 et 4 sont des urgences nécessitant une intervention rapide.
5. Synthèse rapide
| Réaction | Moment de survenue | Gravité | Traitement / Action |
|---|---|---|---|
| Hyperthermie | ≤ 48 h post-vaccination | Normale | Surveillance, rassurer le propriétaire |
| Nodule au point d’injection | Heures à jours | Normale | Surveillance, contrôle si inquiétude |
| Hypersensibilité type 1 | Minutes (à la clinique) | Urgence | Adrénaline IV, frictions, secousses douces |
| Hypersensibilité type 4 | Heures (à domicile) | Urgence | Corticoïdes rapides ± antihistaminiques |
| Fibrosarcome | Long terme | Tumeur maligne | Éviter vaccins avec aluminium, suivi vétérinaire |
6. Rôle de l’ASV
- Recueillir les informations précises auprès du propriétaire
- Expliquer les premiers gestes à effectuer
- Détecter les urgences et alerter le vétérinaire
- Conseiller sur la surveillance et la nécessité d’un contrôle
Le fibrosarcome, bien que plus fréquent chez le chat, n’a pas de lien prouvé avec la vaccination ; la prévention passe par l’évitement des adjuvants à base d’aluminium.