Qu'est-ce que la philosophie ? Tentative de définition
1. Qu'est-ce que la philosophie ? Tentative de définition
La philosophie est une discipline complexe à définir, car la définition même engage une démarche philosophique. Elle se distingue notamment des sciences.
a) Traits caractéristiques de la philosophie
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Difficulté de définition | Définir la philosophie nécessite déjà une réflexion philosophique, ce qui la rend complexe. |
| Non-scientifique | La philosophie n'est pas une science au sens strict, elle ne repose pas sur un dispositif expérimental. |
| Absence de dispositif expérimental | Contrairement aux sciences, elle ne s'appuie pas sur des expériences contrôlées pour valider ses hypothèses. |
La philosophie se définit par sa méthode réflexive et critique, plus que par un objet ou une méthode scientifique.
b) Approche pédagogique
- Le cours invite à choisir une image représentant la philosophie pour en extraire ses caractéristiques, soulignant son aspect conceptuel et symbolique.
- La prise de notes est essentielle pour entrer dans la compréhension, car le contenu ne se résume pas à des mots-clés.
Cette définition met en lumière la spécificité de la philosophie : une discipline réflexive, critique, qui questionne les fondements mêmes de la connaissance, sans recourir à la méthode expérimentale des sciences.
L'éthique comme discipline philosophique
1. Nature et spécificité de la philosophie
- La philosophie est un savoir distinct des savoirs expérimentaux.
- Elle implique une réflexion sur son histoire, car ses thèses sont toujours disputées : les concepts et systèmes philosophiques s’opposent sans s’invalider mutuellement.
- Contrairement à une idée reçue, la philosophie n’est pas simplement subjective ou propre à chacun ; elle se construit par l’échange, l’étonnement et la résolution de problèmes.
- Penser n’est pas réservé aux philosophes : la philosophie désigne certaines manières spécifiques de penser, souvent associées à l’esprit critique.
2. L’éthique en philosophie
- L’éthique est la discipline qui traite des principes régulateurs de l’action et de la conduite morale.
- Elle pose la question fondamentale : « Comment bien agir ? »
- La réflexion éthique intervient surtout lorsque les règles sont incertaines ou contestées.
- L’éthique est explicitement abordée dans certaines parties du cours, mais la philosophie dans son ensemble permet de traiter ces questions.
- L’exigence philosophique est de dépasser le simple accord ou désaccord pour saisir les articulations et nuances des pensées.
3. Deux définitions emblématiques de la philosophie
| Philosophe | Définition / Approche | Points clés |
|---|---|---|
| Socrate | Philosophie = amour de la sagesse | Dialogue, maïeutique, conscience de son ignorance (« Je ne sais que ce que je sais ») |
| Gilles Deleuze | Philosophie = création de concepts | Philosophie comme activité créative, au-delà de la simple réflexion |
À retenir : L’éthique philosophique est une réflexion critique sur les principes de l’action morale, qui cherche à comprendre et à nuancer les différentes positions plutôt qu’à imposer une vérité unique.
Deux conceptions de la philosophie : Socrate et Deleuze
1. Deux conceptions de la philosophie : Socrate et Deleuze
a) La philosophie selon Socrate : une puissance de réflexion critique
- La philosophie n’est pas simplement une réflexion sur les choses, mais une activité critique qui engage à penser par soi-même.
- Socrate rejette l’idée d’une philosophie qui viendrait suppléer ou éclairer d’autres domaines de manière supérieure.
- Pour lui, personne n’a besoin de la philosophie pour réfléchir, car la réflexion est une capacité naturelle.
- La philosophie a donc un contenu propre, qui ne se limite pas à une simple réflexion ou représentation.
b) La philosophie selon Deleuze : la création de concepts
- Deleuze conçoit la philosophie comme une création active de concepts, qui ne sont pas donnés d’avance.
- Un concept n’existe pas tout fait, il faut le fabriquer.
- Le concept n’est pas une représentation de la réalité, mais un outil pour répondre à un problème, c’est-à-dire à une question posée.
- La philosophie est donc une activité créatrice, qui invente des concepts pour penser autrement.
c) Contexte historique : l’héritage de la modernité
| Période historique | Dates approximatives | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
| Modernité | 1453/1492 - 1789 | Réclamation de nouveauté, dépassement de l’ancien |
| Révolutions | Politiques, géopolitiques, économiques, scientifiques | |
| Révolution scientifique | Copernic (1473-1543), Galilée (1564-1642) | |
| Renaissance | Ouverture à la modernité |
- La modernité est marquée par une série de révolutions qui transforment la pensée, la politique, l’économie et la science.
- Ces transformations posent un cadre pour comprendre l’évolution de la philosophie, notamment la rupture avec l’Antiquité et la naissance d’une pensée moderne.
À retenir : La philosophie n’est pas une simple réflexion sur le monde, mais une activité créatrice qui fabrique des concepts pour répondre à des problèmes, selon Deleuze, tandis que Socrate insiste sur la philosophie comme une puissance critique autonome, distincte de la simple réflexion.
L'héritage de la modernité : contexte historique et enjeux
1. Transition vers la modernité (XVe-XVIe siècles)
- Passage d’une vision médiévale à une conception où le texte est vu comme une production de l’esprit.
- Émergence de l’humanisme civique, qui place l’homme au centre de la réflexion philosophique et politique.
- Développement des sciences et techniques, illustré par des figures comme Albrecht Dürer (usage du compas, équerre, perspectographe) et Léonard de Vinci (L’homme de Vitruve, 1592), symboles de la rationalité et de la mesure.
2. Les Lumières (XVIIIe siècle) : apogée de la modernité
- Considérées comme l’aboutissement de la modernité, les Lumières critiquent le clergé et les pouvoirs établis.
- Affirmation d’une foi dans le progrès de l’humanité par la raison.
- Valorisation de l’autonomie individuelle comme modèle social et politique.
- Résultats concrets : Révolution française, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, symboles de la liberté et de la démocratie.
3. Limites et enjeux contemporains
| Enjeux historiques | Problèmes actuels |
|---|---|
| Modèle occidentalo-centré | Question de la diversité des formes de raison, non universalisables |
| Raison présentée comme universelle | Masque la pluralité des savoirs et cultures |
| Révolution industrielle → prospérité occidentale | Bouleversement des modes de vie, inégalités croissantes |
| Démocratie et liberté mises en avant | Remise en question de leur effectivité réelle |
| Progrès technique et scientifique | Crise écologique majeure (changement climatique) |
L’héritage de la modernité est marqué par un inachèvement et un caractère potentiellement destructeur, posant des questions sur la portée réelle de ses idéaux.