Rappels et généralités
1. Rappels et généralités
a) Unités et équations aux dimensions
-
Système MKSA (après 1961) :
Grandeur Unité Symbole Longueur Mètre m Masse Kilogramme kg Temps Seconde s Intensité électrique Ampère A Intensité lumineuse Candela Cd Quantité de matière Mole mol Température Kelvin K -
Système CGS (avant 1961) :
Grandeur Unité Symbole Longueur Centimètre cm Masse Gramme g -
Conversions et rappels importants :
- L'énergie cinétique d'un électron soumis à une différence de potentiel est :
avec la charge élémentaire en Coulombs, la ddp en Volts.
-
Dimensions des grandeurs physiques :
Grandeur Dimension (en fonction de L, M, T) Vitesse Accélération Force (Newton) Pression (Pa) Énergie (J) -
Exemples de vérification d’unités :
-
Conversion d’énergie :
2. Les rayonnements électromagnétiques
a) Théorie ondulatoire
- Les rayonnements électromagnétiques sont considérés comme des ondes caractérisées par :
- Période (en secondes)
- Fréquence (en Hz)
À retenir : L'énergie d'un photon est proportionnelle à sa fréquence, ce qui relie la nature ondulatoire à la nature corpusculaire des rayonnements.
Les rayonnements électromagnétiques
1. Grandeurs caractéristiques des ondes électromagnétiques
| Grandeur | Unité | Formule | Remarque |
|---|---|---|---|
| Fréquence | Hertz (s) | = période | |
| Pulsation | rad/s | ||
| Longueur d’onde | m | m/s |
2. Théorie corpusculaire (photons)
-
Énergie d’un photon :
avec J.s (constante de Planck) -
En fonction de la longueur d’onde :
avec m/s -
Approximation pratique (avec en eV et en nm) :
3. Classification des rayonnements électromagnétiques ionisants
- Un rayonnement est ionisant si son énergie eV (capable d’éjecter un électron).
- Énergie des rayonnements visibles : à eV.
- Classification selon l’énergie et la longueur d’onde (inversement proportionnelles) :
| Domaine | Énergie (eV) | Longueur d’onde (nm) |
|---|---|---|
| Infrarouge (IR) | ||
| Visible | ||
| Ultraviolet (UV) |
4. Grandeurs radiométriques
| Grandeur | Définition | Formule | Unité |
|---|---|---|---|
| Flux énergétique | Énergie reçue par unité de temps | Watt (J/s) | |
| Éclairement énergétique | Flux énergétique par unité de surface | W/m | |
| Intensité énergétique | Flux énergétique émis par unité d’angle solide | W/sr |
-
Angle solide :
- Espace total : sr
- Demi-espace : sr
- Relation surface-angle solide :
- Intensité exprimée aussi par :
-
Loi de l’inverse du carré de la distance :
5. Propriétés du noyau atomique
-
Composé de nucléons :
- Neutrons : charge , masse kg = 1,0087 uma
- Protons : charge C, masse kg = 1,0073 uma
-
Composition en quarks :
Particule Quarks Neutron 2 quarks down (-1/3), 1 quark up (+2/3) Proton 1 quark up (+2/3), 2 quarks down (-1/3) -
Définitions :
- = nombre de masse = nombre total de nucléons
- = nombre de charge = nombre de protons
- = nombre de neutrons
-
Types d’éléments :
Type Caractéristique Exemple Isotopes Même , et différents C, C Isobares Même , et différents C, N Isotones Même , et différents C, N
6. Propriétés des électrons
-
Masse négligeable : kg (2000 fois plus léger qu’un nucléon)
-
Charge négative : C
-
Quantité de mouvement :
- Classique :
- Relativiste : avec
- Masse relativiste :
-
Énergie totale relativiste :
avec énergie cinétique -
Énergie au repos de l’électron :
7. Longueur d’onde associée
-
Pour un photon (onde) :
-
Pour une particule de masse non nulle (ex : électron) :
-
Pour un électron accéléré par une tension (en volts) :
- Si V :
- Si V :
- Si V :
8. Modèle planétaire de Rutherford
-
Équilibre entre deux forces sur l’électron en orbite :
- Force d’attraction électrostatique (Coulomb) :
En système CGS :
- Force centrifuge :
- Force d’attraction électrostatique (Coulomb) :
-
À l’équilibre :
-
Énergie cinétique :
-
Énergie potentielle (travail pour passer de à ) :
-
Pour , et énergie totale :
-
Exemple hydrogène (, Å) :
9. Modèle de Bohr
-
Orbites stationnaires où l’électron reste indéfiniment.
-
Condition de quantification :
-
En remplaçant :
-
Rayon de l’orbite :
-
Énergie totale sur l’orbite :
-
Relations importantes :
-
Niveaux d’énergie et couches électroniques :
Couche électronique 1 K 2 L 3 M
À retenir : L’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à sa longueur d’onde, et un rayonnement est ionisant si son énergie dépasse 10 eV.
La matière et la structure atomique
1. Nombres quantiques et structure électronique
-
Nombres quantiques : décrivent l’état d’un électron (position, spin, énergie).
- (principal) : , couche électronique (K, L, M, ...)
- (azimutal) : , sous-couche (s=0, p=1, d=2, f=3)
- (magnétique) : , orientation orbitale
- (spin) :
-
Principe d’exclusion de Pauli : deux électrons dans un atome ne peuvent avoir le même jeu de 4 nombres quantiques.
-
Règle de Klechkowski (ordre de remplissage des orbitales) :
- Exemple :
- Saturation d’une couche : électrons max.
| Couche (n) | Sous-couche (l) | Nombre d’électrons max |
|---|---|---|
| 1 (K) | 0 (s) | 2 |
| 2 (L) | 0 (s), 1 (p) | 8 |
| 3 (M) | 0 (s), 1 (p), 2 (d) | 18 |
| 4 (N) | 0 (s), 1 (p), 2 (d), 3 (f) | 32 |
2. Transitions électroniques
- Excitation : passage à un niveau d’énergie supérieur par absorption d’un photon.
- Désexcitation : retour à un niveau inférieur avec émission d’un photon d’énergie égale à la différence des niveaux.
- Ionisation : perte d’un électron lorsque l’énergie reçue dépasse l’énergie de liaison à l’atome.
Énergies des niveaux de l’atome d’hydrogène (en eV) :
Relation énergie-photon :
- Séries de transitions (hydrogène) :
- Lyman : (UV)
- Balmer : (visible)
- Paschen : (IR)
- Brackett :
3. Radioactivité
a) Historique
- Découverte par Becquerel (1896), Curie (1898)
- Types de rayonnements : , ,
- Radioactivité artificielle découverte en 1934 (Joliot-Curie)
- Accidents majeurs : Hiroshima (1945), Tchernobyl (1986), Fukushima (2011)
b) Stabilité des noyaux
-
Vallée de stabilité : équilibre neutron/proton optimal pour la stabilité nucléaire.
-
Noyaux instables cherchent à se rapprocher de cette vallée par fission (noyaux lourds) ou fusion (noyaux légers).
-
Défaut de masse :
avec , masses proton et neutron. -
Énergie de cohésion :
Plus est élevé, plus le noyau est stable. -
Courbe d’Aston : stabilité maximale autour du fer-56.
- Noyaux à gauche tendent à fusionner.
- Noyaux à droite tendent à se fissionner.
4. Types de radioactivité
| Type | Cause principale | Transformation nucléaire | Rayonnement émis | Caractéristiques principales |
|---|---|---|---|---|
| Excès de protons et neutrons | Émission d’une particule (2p + 2n, noyau d’hélium) | Particule (noyau d’hélium) | Parcours court (~10 μm dans l’eau), très ionisant, arrêté par une feuille de papier | |
| Excès de neutrons | Neutron → proton + + antineutrino | Électron () + antineutrino | Parcours sinueux, plus long (~mm dans l’eau), spectre d’énergie continu | |
| Excès de protons | Proton → neutron + + neutrino | Positron () + neutrino | Nécessite énergie MeV (2), diminue le numéro atomique | |
| Excitation nucléaire | Transition entre niveaux d’énergie | Photon électromagnétique (rayonnement ) | Rayonnement pénétrant, accompagne souvent ou |
5. Conservation dans les désintégrations radioactives
- Conservation du nombre de masse
- Conservation du nombre de charge
- Conservation de l’énergie
- Conservation de la quantité de mouvement
6. Énergie et vitesse des particules
-
Énergie libérée :
-
Conservation de la quantité de mouvement (noyau initial au repos) :
-
Transfert linéique d’énergie (TEL) : énergie transférée par unité de longueur parcourue
À retenir : La stabilité nucléaire dépend du rapport neutron/proton et de l’énergie de cohésion ; la radioactivité est un phénomène naturel de retour à la stabilité par émission de particules ou rayonnements.
La radioactivité : types et mécanismes
1. Désintégration β⁺ (Bêta plus)
- La désintégration β⁺ émet un positon et un neutrino, partageant l'énergie, ce qui explique un spectre continu.
- Le parcours du positon est court dans la matière.
- Condition obligatoire pour que la désintégration β⁺ ait lieu :
où et sont les masses des noyaux père et fils. - Réaction d’annihilation : positon + électron → 2 photons de 511 keV émis à 180° l’un de l’autre.
Utilisée en imagerie médicale (TEP).
2. Capture électronique (CE)
- Un proton capture un électron d’une couche proche → se transforme en neutron → baisse du numéro atomique .
- Effet similaire à la désintégration β⁺.
- Après capture, un trou électronique est créé, comblé par un électron plus périphérique avec émission de :
- Photon de fluorescence
- Électron Auger
3. Parcours des particules dans la matière
| Particule | Parcours dans la matière | Distance parcourue dans l'eau |
|---|---|---|
| α | Court et linéaire | Quelques μm |
| β⁻ | Long et sinueux | Ordre du mm |
| β⁺ | Court | - |
4. Désexcitation électronique
a) Émission d’un électron Auger
- Lors d’un réarrangement électronique, l’énergie libérée est transférée à un électron qui est éjecté (électron Auger, noté ).
- Énergie cinétique :
avec la couche initiale ionisée, la couche comblant le trou, la couche d’origine de l’électron éjecté. - Condition : .
b) Émission par fluorescence X
- Un électron d’une couche externe comble un trou dans une couche interne → émission d’un photon de fluorescence X.
- L’énergie du photon correspond à la différence entre les niveaux énergétiques :
- Effet Auger prédomine pour , fluorescence pour .
5. Désexcitation nucléaire
- Modifications de la structure énergétique du noyau → émission de rayonnement ou d’électron de conversion interne.
- Environ 60% d’émission , 40% conversion interne.
- Deux types :
- Spontanée : retour direct à l’état fondamental.
- Indirecte : passage par un état métastable (ex : Tc).
- Exemple médical : Mo → Tc + + neutrino.
Le Tc est utilisé en imagerie grâce à son rayonnement détectable.
a) Électron de conversion interne
- L’énergie de désexcitation est transférée directement à un électron (souvent de la couche K) qui est éjecté.
- Énergie cinétique :
- Le trou créé est comblé par un réarrangement électronique avec émission de rayons X de fluorescence.
b) Rayonnement
- Onde électromagnétique de haute énergie, sans émission de particule.
- Énergie :
avec état excité, état fondamental. - Très pénétrant, non dévié par champs électriques ou magnétiques.
- Provient de la désexcitation nucléaire, distinct des rayons X de fluorescence électronique.
6. Schéma de désintégration radioactive
- Processus nucléaire spontané et aléatoire où un noyau instable se transforme en noyau plus stable en libérant énergie et particules/photons.
- Types de désintégrations :
| Type de désintégration | Description |
|---|---|
| β⁻ pure | Pas de rayonnement , fils au niveau fondamental |
| β⁻ + γ | β⁻ vers état transitoire, puis émission de rayonnement |
| α | Avec ou sans rayonnement |
| β⁺ | Chute d’énergie de 1,022 MeV puis émission de β⁺ vers état stable ou transitoire |
7. Cinétique des transformations radioactives
a) Constante de désintégration
- Probabilité qu’un noyau se désintègre par unité de temps, propre à chaque noyau.
- Activité radioactive :
où est le nombre de noyaux. - Unité : Becquerel (Bq) = 1 désintégration/seconde.
b) Loi de décroissance radioactive
- Nombre de noyaux radioactifs décroît exponentiellement :
c) Activité
- Nombre de désintégrations par seconde, unité Becquerel (Bq).
- Unité historique : Curie (Ci) avec
d) Demi-vie / Période radioactive
- Temps nécessaire pour que la moitié des noyaux initiaux se désintègrent :
- Relation inverse :
- Après périodes :
- Vie moyenne :
La radioactivité est un phénomène aléatoire caractérisé par une décroissance exponentielle du nombre de noyaux instables, régie par la constante de désintégration et la demi-vie .
Cinétique des transformations radioactives
1. Proportionnalité radioactive et masse
- Nombre d’Avogadro : atomes/mol associé à une masse molaire (g).
- Pour atomes, la masse est :
- L’activité radioactive (en Bq) est liée au nombre d’atomes par :
où est la constante radioactive, la demi-vie. - Masse en fonction de l’activité :
2. Unités d’activité
| Unité | Valeur en Bq | Remarque |
|---|---|---|
| 1 Ci | Bq | Activité d’1 g de Ra (T=1600 ans) |
| 1 mCi | Bq | |
| 1 MBq | Bq |
À retenir : 1 Ci = 37 GBq = Bq.
3. Évolution temporelle de l’activité et du nombre de noyaux
- Loi de décroissance exponentielle :
avec . - La décroissance est monoexponentielle.
- Demi-vie liée à par :
4. Représentation graphique
- Utilisation du papier semi-logarithmique :
- Abscisse en échelle linéaire (temps ).
- Ordonnée en échelle logarithmique (activité ).
- Avantages :
- La décroissance exponentielle apparaît comme une droite.
- Permet de tracer facilement des données couvrant plusieurs ordres de grandeur.
5. Filiation radioactive (chaîne de désintégration)
Considérons la chaîne :
avec stable.
-
Équations différentielles :
-
Nombre d’atomes fils :
-
Activité du fils :
6. Équilibre instantané
- Se produit au temps tel que :
- Temps d’équilibre :
7. Équilibre séculaire
- Condition :
(période du père beaucoup plus grande que celle du fils) - Dans ce cas, l’activité du fils tend à égaler celle du père :
- La quantité de fils reste quasi constante car la production compense la désintégration.
- Exemple médical : générateur Mo () / Tc ()
- Après élution, l’activité du Tc se reconstitue en 24h.
À retenir :
- La décroissance radioactive suit une loi exponentielle avec constante .
- En chaîne radioactive, l’équilibre séculaire implique que l’activité du fils égale celle du père si .
8. Résumé des formules clés
| Grandeur | Formule |
|---|---|
| Nombre d’atomes | |
| Activité | |
| Constante radioactive | |
| Décroissance du nombre | |
| Décroissance de l’activité | |
| Nombre d’atomes fils | |
| Activité fils |
9. Notions complémentaires
- Curie (Ci) : unité historique d’activité, 1 Ci = Bq.
- Demi-vie (T) : temps nécessaire pour que la moitié des noyaux se désintègrent.
- Papier semi-logarithmique : outil graphique pour linéariser les décroissances exponentielles.
- Filiation radioactive : succession de désintégrations avec équilibre instantané ou séculaire selon les demi-vies relatives.
Exemple d’application :
Pour 1 g de Ra (T=1600 ans), l’activité est Bq = 1 Ci.
La décroissance de l’activité suit avec .