L'urgence d'agir : constats et enjeux de la biodiversité
1. La France, un patrimoine naturel exceptionnel
- La France abrite 10 % des espèces connues sur la planète (plus de 200 000 espèces recensées).
- Elle est le 6e pays au monde pour le nombre d’espèces menacées (2 700 espèces, dont 25 % endémiques strictes).
- La diversité géographique est très large : des plaines aux montagnes, forêts urbaines, glaciers, estuaires, forêts tropicales, terres australes.
- Seulement 20 % des habitats et 25 % des espèces d’intérêt communautaire sont en état de conservation favorable.
- La préservation de cette biodiversité est cruciale pour atteindre les objectifs internationaux.
2. Les Outre-mer, un enjeu central
- Représentent 0,08 % des terres émergées, mais concentrent 80 % de la biodiversité nationale.
- Milieux variés : subarctique (Saint-Pierre-et-Miquelon), antarctique (Terre Adélie), forêt amazonienne (Guyane), zones tropicales (Antilles, Réunion, Polynésie, Nouvelle-Calédonie).
- Juridiction française couvre le 2e espace maritime mondial (plus de 10 millions de km², dont 96 % ultramarins).
- Très fort endémisme : plus de 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires spécifiques à la France se trouvent en Outre-mer.
- Exemples : un hectare de forêt guyanaise abrite plus de 300 espèces d’arbres, plus que toute l’Europe continentale.
3. Les services rendus par la nature
La biodiversité fournit des services essentiels, gratuits, indispensables à la vie humaine :
| Catégorie de services | Exemples clés |
|---|---|
| Régulation des processus | Pollinisation, qualité de l’air et de l’eau, climat, acidification des océans |
| Contributions matérielles | Alimentation, énergie, matériaux, ressources médicinales |
| Contributions immatérielles | Inspiration, apprentissage, bien-être psychologique, soutien identitaire |
- Le concept « Une seule santé » souligne l’interdépendance entre santé humaine, animale et végétale.
- La biodiversité est donc un pilier pour la santé globale et la résilience des sociétés.
4. Un déclin accéléré de la biodiversité dû aux activités humaines
- La communauté scientifique parle d’une 6e extinction de masse, la première depuis 66 millions d’années.
- Le rythme d’extinction est dramatiquement plus rapide que le rythme naturel.
- L’IPBES identifie 5 pressions anthropiques majeures responsables de ce déclin, par ordre d’importance :
| Pression | Description |
|---|---|
| Changement d’usage des terres et mers | Urbanisation, déforestation |
| Surexploitation des ressources | Consommation supérieure au renouvellement naturel |
| Changement climatique | Modifications rapides des écosystèmes |
| Pollutions | Intrants agricoles, chimiques, lumineuses, sonores, thermiques |
| Espèces exotiques envahissantes | Remplacement des espèces locales, souvent dans des écosystèmes dégradés |
- Ces pressions sont particulièrement fortes en Outre-mer, zones à forte biodiversité mais vulnérables.
- La lutte contre la perte de biodiversité est indissociable de la lutte contre le changement climatique.
5. Climat et biodiversité : une interaction cruciale
- La biodiversité contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la protection contre les impacts climatiques.
- La dégradation des écosystèmes réduit leur capacité à agir comme puits de carbone.
- Il est indispensable de coordonner les politiques climat et biodiversité, notamment via la planification écologique.
- Les solutions fondées sur la nature restaurent la biodiversité et renforcent la résilience climatique.
- Le principe de sobriété (faire mieux avec moins) est essentiel pour une gestion durable des ressources, conformément à l’Objectif de développement durable n°12 (consommation et production durables).
6. Impacts des activités humaines sur la biodiversité et les écosystèmes
| Activité | Impacts sur la biodiversité et les écosystèmes | Conséquences pour l’homme |
|---|---|---|
| Agriculture et élevage | Pollution des sols et eaux (phytosanitaires), émissions de GES (70 % du méthane) | Dégradation de la qualité de l’eau et de l’air, appauvrissement des sols |
| Pêche | Surexploitation (23 % de surpêche), appauvrissement des milieux marins | Effondrement des ressources halieutiques |
| Urbanisation | Artificialisation des sols (42 % liée au logement), fragmentation des habitats | Perte d’habitats naturels, augmentation des îlots de chaleur urbains |
| Pollutions diverses | Pollutions chimiques, lumineuses, sonores, thermiques | Effets sur la faune, la flore, et la santé humaine |
| Déforestation | Perte de biodiversité, effondrement des populations de pollinisateurs | Difficultés pour la production alimentaire (fruits, légumes) |
À retenir : La biodiversité est indispensable à la vie humaine et subit un déclin rapide causé principalement par cinq pressions humaines majeures, nécessitant une action urgente et coordonnée.
Élaboration et ambitions de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030
1. Contexte international et cadre mondial
- Convention sur la diversité biologique (CDB) adoptée en 1992 à Rio, cadre des engagements internationaux pour la biodiversité.
- Après les objectifs d’Aïchi (2011-2020), un nouveau cadre mondial a été adopté en 2022 à la COP15 : l’Accord de Kunming-Montréal.
- Objectifs clés de cet accord pour 2030 :
- Protéger 30 % des terres et des mers.
- Restaurer 30 % des habitats dégradés.
- Réduire de 50 % les risques liés aux produits phytopharmaceutiques.
- Le cadre mondial insiste sur :
- La sobriété dans l’usage des ressources.
- La synergie entre biodiversité et lutte contre le changement climatique.
- L’intégration de la biodiversité dans toutes les politiques.
- Un pilotage transparent et pluraliste avec indicateurs pertinents.
2. Engagements et initiatives françaises
- La France a joué un rôle moteur dans la négociation et l’adoption de l’Accord de Kunming-Montréal.
- Soutien à des traités internationaux complémentaires :
- Traité sur la biodiversité en haute mer (BBNJ).
- Traité international sur la pollution plastique.
- La Stratégie Nationale Biodiversité (SNB) 2030 s’inscrit dans ce cadre mondial, visant à réduire les pressions sur la biodiversité et à restaurer les milieux, en mobilisant tous les acteurs (État, collectivités, entreprises, citoyens, associations, recherche).
3. Élaboration de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030
La stratégie a été construite en 4 phases :
| Phase | Description | Période |
|---|---|---|
| 1. Évaluation de la stratégie précédente | Bilan de la SNB 2011-2020, analyse des résultats et faiblesses. | 2019-2020 |
| 2. Consultation des territoires et citoyens | Recueil de contributions territoriales (798) et consultation citoyenne via questionnaire. | 2020-2021 |
| 3. Co-construction avec experts et parties prenantes | Groupes de travail thématiques, consultation des instances nationales (CNB, CNPN, etc.). | 2021-2022 |
| 4. Finalisation de la stratégie | Intégration du cadre mondial, plan de financement, dispositif de suivi et évaluation. | Fin 2022-2023 |
a) Bilan de la stratégie 2011-2020
- Pressions sur la biodiversité non significativement réduites.
- Manque d’objectifs clairs, de cibles chiffrées et de plans d’action.
- Faible coordination intersectorielle et gouvernance insuffisante.
- Mobilisation des acteurs en déclin, absence de suivi-évaluation efficace.
- Recommandations clés pour la nouvelle stratégie :
- Document concret avec cibles, responsabilités, échéances et indicateurs.
- Portage politique de haut niveau, intégrant biodiversité, climat et santé.
- Plans opérationnels coordonnés avec collectivités.
- Dispositif de suivi et d’évaluation robuste.
b) Consultation des acteurs territoriaux et citoyens
- Implication des préfets, conseils régionaux, collectivités d’Outre-mer, comités régionaux, etc.
- 798 contributions territoriales analysées.
- Consultation citoyenne via questionnaire en ligne pour sensibiliser et recueillir avis.
- Complément par rencontres prospectives « sciences pour l’action » en Outre-mer, avec trois axes majeurs :
- Développement économique endogène respectueux de la biodiversité.
- Fonctionnalités du continuum terre-mer et aménagement du territoire.
- Liens Humain-Nature et protection de la biodiversité.
c) Co-construction avec experts et parties prenantes
- Groupes de travail nationaux sur suivi-évaluation, instruments socio-économiques, recherche, sensibilisation, etc.
- Consultation d’instances nationales (CNB, CNPN, CNE, CNML, CNTE, CESE).
- Publication d’une version « pré-COP15 » en mars 2022.
d) Finalisation de la stratégie
- Plan de financement élaboré par l’Inspection générale des finances et de l’environnement (rapport novembre 2022).
- Groupe de travail pour cadre de suivi et d’évaluation (décembre 2022 - février 2023).
- Intégration des 4 objectifs et 23 cibles du cadre mondial.
- Concertation finalisée lors du Conseil National de la Refondation Biodiversité (automne 2022).
- Avis des conseils nationaux obtenus en octobre 2023.
4. Ambitions et axes stratégiques de la SNB 2030
La stratégie s’appuie sur la vision 2050 du cadre mondial : la biodiversité doit être appréciée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse.
| Axe | Objectif principal |
|---|---|
| 1 | Réduire les pressions sur la biodiversité. |
| 2 | Restaurer la biodiversité dégradée partout où c’est possible. |
| 3 | Mobiliser tous les acteurs (État, collectivités, entreprises, citoyens, associations, recherche). |
| 4 | Garantir les moyens nécessaires pour atteindre ces ambitions. |
- La stratégie comprend 40 mesures détaillées dans des fiches précises, avec :
- Contexte et enjeux.
- Responsables et partenaires.
- Pressions ciblées (selon IPBES).
- Indicateurs de suivi.
- Calendrier et ressources.
La réussite de la Stratégie Nationale Biodiversité 2030 repose sur une mobilisation collective, un pilotage clair et des objectifs mesurables pour inverser l’érosion de la biodiversité d’ici 2030.
Réduire les pressions qui s'exercent sur la biodiversité
1. Réduire les pressions qui s’exercent sur la biodiversité
L’objectif principal est de contrôler et réduire les pressions directes sur la biodiversité, en France et à l’international, pour préserver les écosystèmes et leurs services.
2. Limiter le changement d’usage des terres et des mers
- Protection d’au moins 30 % du territoire national (terrestre et marin) d’ici 2030, dont 10 % en protection forte.
- Protection intégrale des récifs coralliens (10 % des récifs mondiaux) et des herbiers de Posidonie en Méditerranée.
- Création de plus de 400 nouvelles aires protégées en métropole et Outre-mer d’ici 2027.
- Lutte contre l’artificialisation des sols : objectif de réduction par deux d’ici 2030 et zéro artificialisation nette d’ici 2050.
- En Outre-mer, développement des parcs naturels marins (ex : Martinique, Mayotte, mer de Corail).
- Engagement de la France pour la création de 2 aires marines protégées en haute-mer (traité BBNJ).
3. Lutter contre la surexploitation des espèces
- Réduction de la surexploitation sur le territoire et via les importations.
- Extension de la gestion adaptative (ajustement des prélèvements selon les populations) à de nouvelles espèces et pratiques (pêche, chasse, cueillette).
- Création d’un service dédié à la lutte contre les impacts importés (trafics d’espèces, commerce lié à la déforestation, minerais de conflits).
- Renforcement de la lutte contre les trafics via la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées).
4. Réduire l’impact du changement climatique sur la biodiversité
- Intégration des enjeux biodiversité dans la planification écologique (LPEC, SNBC, PPE, PNACC).
- Promotion de l’agroécologie, restauration des puits forestiers, lutte contre l’artificialisation.
- Contribution de la biodiversité à la neutralité carbone via la protection et restauration des écosystèmes.
5. Réduire les pollutions
- Réduction des pollutions agricoles, notamment via le Plan Ecophyto 2030 visant à diminuer l’usage des pesticides.
- Diminution de 30 % de la consommation d’azote minéral d’ici 2030 pour limiter les excès de nitrates.
- Lutte contre la pollution plastique, notamment par l’application de la loi anti-gaspillage (AGEC) visant à réduire les plastiques à usage unique.
- Objectif global de réduction des pollutions impactant la biodiversité.
À retenir : La Stratégie Nationale Biodiversité 2030 vise à réduire au maximum les pressions directes sur la biodiversité par une planification écologique intégrée, la protection renforcée des espaces naturels, la gestion durable des ressources, la lutte contre le changement climatique et la réduction des pollutions.
Restaurer la biodiversité dégradée partout où c'est possible
1. Objectif principal
- 75 % des milieux terrestres et 40 % des écosystèmes marins sont fortement dégradés.
- Un million d’espèces menacées d’extinction à l’échelle mondiale.
- Nécessité de restaurer les écosystèmes prioritaires terrestres et marins, en renforçant la renaturation et la résilience climatique.
- Passage d’une conservation centrée sur les espèces à une logique d’intégrité des écosystèmes.
- Engagement international : d’ici 2030, 30 % des zones d’écosystèmes dégradés doivent être restaurées (accord de Kunming-Montréal, COP15).
2. Mesures clés pour restaurer la biodiversité dégradée
| Mesure | Objectif / Action principale | Détails clés |
|---|---|---|
| 20-21 | Restaurer les continuités écologiques et ramener la nature en ville | - Déploiement des Trames vertes et bleues (continuités terrestres et aquatiques).<br>- Mise en place des Trames noires pour réduire la pollution lumineuse.<br>- Identification et résorption des points noirs écologiques par région.<br>- Renaturation et désimperméabilisation des villes (500 M€ mobilisés 2022-2027).<br>- Objectif : accès à la nature à moins de 15 min pour tous. |
| 22 | Renforcer la résilience des écosystèmes forestiers | - Plan de plantation d’au moins 1 milliard d’arbres d’ici 2030.<br>- Utilisation d’essences variées adaptées au climat futur.<br>- Préservation des vieux bois et forêts subnaturelles. |
| 23 | Favoriser les haies, surtout en milieu agricole | - Gain net d’au moins 50 000 km de haies d’ici 2030.<br>- Importance pour la biodiversité et l’agriculture durable. |
| 24 | Maintenir et restaurer les prairies permanentes | - Préservation des prairies pour biodiversité, élevage et stockage carbone.<br>- Développement de systèmes d’élevage extensifs et résilients. |
| 25 | Restaurer les zones humides | - Rôle clé dans la biodiversité, épuration, régulation de l’eau, stockage carbone.<br>- Création d’un parc national dédié.<br>- Objectif : 50 000 ha restaurés d’ici 2026, poursuite jusqu’en 2030. |
| 26 | Restaurer les sols | - 90 % des organismes terrestres vivent dans les sols.<br>- Fonctions essentielles : stockage carbone, cycle de l’eau, production biomasse.<br>- Actions sur sols forestiers, agricoles (diagnostic santé des sols), urbains (lutte contre artificialisation).<br>- Soutien à une directive européenne sur la santé des sols. |
| 27 | Inverser le déclin d’espèces phares menacées, surtout en Outre-mer | - La France abrite un tiers des espèces d’oiseaux menacées à La Réunion.<br>- Priorité à la protection des espèces endémiques et menacées. |
3. Enjeux complémentaires
- La restauration contribue à la prévention des risques naturels, à la lutte contre le changement climatique et à la protection des ressources en eau.
- En Outre-mer, la renaturation urbaine aide à la gestion durable des ressources, à l’adaptation climatique et à la réduction des inégalités sociales.
- La stratégie prévoit un plan national de restauration et soutient un règlement européen ambitieux et mesurable.
À retenir : D’ici 2030, au moins 30 % des zones d’écosystèmes dégradés doivent faire l’objet d’une restauration effective, intégrant renaturation, continuités écologiques et résilience climatique.
Mobiliser tous les acteurs
1. Mobiliser tous les acteurs
Pour préserver et restaurer la biodiversité, tous les acteurs doivent être mobilisés : État, collectivités territoriales, entreprises, associations, citoyens.
2. Exemplarité de l’État et des services publics (Mesures 28 et 29)
- L’État doit être un modèle écologique pour répondre à l’urgence environnementale.
- Objectifs clés :
- Désartificialiser plus qu’artificialiser ses bâtiments dès 2027.
- Former 2,5 millions d’agents publics aux crises écologiques (climat, biodiversité, ressources) d’ici 2027.
- Encourager l’engagement des agents dans des associations environnementales via le mécénat de compétences.
- Lancer un label ou partenariat pour une gestion exemplaire des jardins de l’État, ouverts au public lors de la Fête de la nature.
- Intégrer l’approche « Une seule santé » (interrelations santé publique, animale, végétale et environnement).
3. Accompagner les collectivités territoriales (Mesure 30)
- La biodiversité est un enjeu territorial majeur.
- Objectifs :
- Généraliser les solutions efficaces déjà expérimentées localement.
- Renforcer la planification écologique pour un équilibre durable entre activités humaines et biodiversité.
- Soutenir les collectivités dans la mise en œuvre de la séquence Éviter-Réduire-Compenser.
- Intégrer la biodiversité dans les documents d’urbanisme et de planification territoriale.
- Mettre à disposition des outils comme les Atlas de la biodiversité communale (ABC).
- Intégrer systématiquement un volet biodiversité dans les contrats de relance et de transition écologique (CRTE).
4. Accompagner l’engagement des entreprises (Mesure 31)
- Toutes les entreprises ont des impacts et dépendances à la biodiversité.
- Objectifs :
- Aider les entreprises à respecter leurs obligations de transparence et reporting (CSRD, loi énergie-climat).
- Soutenir les petites entreprises dans la connaissance de leurs impacts.
- Développer des outils (Bpifrance, Ademe, OFB) pour évaluer impacts et dépendances selon des indicateurs robustes.
- Poursuivre le programme « Entreprises engagées pour la nature » avec un objectif de 5 000 entreprises engagées d’ici 2030.
5. Mobiliser les citoyens tout au long de la vie (Mesures 32 à 35)
- Sensibiliser et former les citoyens pour les mobiliser en faveur de la biodiversité.
- Moyens :
- Renforcer l’éducation au développement durable dans tous les niveaux scolaires.
- Un établissement scolaire sur trois disposera d’un projet d’aire éducative pour protéger un territoire local.
- Mobiliser au moins 5 millions de citoyens via la Fête de la nature, dont 200 000 en Outre-mer.
- Développer un guide spécifique Outre-mer pour la transition écologique dans les écoles.
- Accompagner chaque année 800 élèves écoresponsables (dont 80 en Outre-mer) via le Plan « Enseigner à produire autrement ».
- Multiplier par 10 le nombre de jeunes engagés en service civique écologique d’ici 2030.
- Cartographier les métiers et formations liés à la biodiversité, notamment via Parcoursup.
- Déployer un affichage environnemental sur les produits textiles et agroalimentaires dès 2024, puis étendre aux autres biens et services.
- Améliorer les labels existants pour lutter contre l’éco-blanchiment.
- Soutenir les grands événements citoyens autour de la biodiversité : Fête de la nature (printemps) et Journées européennes du patrimoine (septembre).
À retenir : La mobilisation de tous les acteurs, de l’État aux citoyens, est indispensable pour atteindre les objectifs de la Stratégie nationale biodiversité 2030, via exemplarité, accompagnement, engagement et sensibilisation.
Garantir les moyens d'atteindre ces ambitions
1. Financement innovant et mobilisation des acteurs
- Label bas-carbone (créé en 2018) : mobilisé pour financer la gestion des aires protégées et projets locaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec des exigences renforcées sur les cobénéfices biodiversité.
- Loto de la biodiversité « Mission nature » (lancé en 2023) : partenariat entre la Française des jeux et l’Office Français pour la Biodiversité, outil pédagogique et de financement participatif pour des projets locaux.
- Financement international : la France vise à doubler les financements de l’Agence Française de Développement pour la biodiversité d’ici 2025, atteignant 1 milliard d’euros par an, et mène une diplomatie active pour respecter les engagements de l’Accord de Kunming-Montréal.
2. Gouvernance interministérielle et pilotage
- Pilotage basé sur des indicateurs précis : chaque action est suivie par une direction ou un opérateur responsable du reporting.
- Office français de la biodiversité (OFB) : compile les indicateurs et rapporte régulièrement au Secrétariat général à la planification écologique (SGPE).
- Comité national de la biodiversité (CNB) : chargé du suivi annuel, analyse l’avancement et les effets de la stratégie, et émet des avis pour guider le Gouvernement et le Parlement.
3. Cadre de suivi et indicateurs clés
- Objectif : suivre les progrès vers les ambitions et cibles de la stratégie via des indicateurs d’impact global et de mise en œuvre.
- Indicateurs-clés : sélectionnés pour représenter les enjeux majeurs, être intelligibles et actualisés annuellement.
- Tableau de bord exhaustif : géré par l’OFB sous la supervision du Ministère de la Transition écologique et du SGPE, intégrant aussi les indicateurs internationaux (Convention sur la diversité biologique, règlement européen sur la restauration).
- Évolution des indicateurs : susceptibles d’être améliorés au fil du déploiement.
4. Exemples d’indicateurs clés et cibles à 2030
| Thématique | Indicateur principal | Cible 2030 / échéance |
|---|---|---|
| État de la biodiversité | Abondance des oiseaux spécialistes, état écologique des eaux, habitats d’intérêt communautaire | Amélioration attendue |
| Pression sur la biodiversité | Consommation d’espaces naturels (-50%), stocks halieutiques à 100%, espèces exotiques envahissantes stabilisées | Réduction et stabilisation |
| Pollution | Pollution chimique des eaux (IPTC ≤ 1), doses phytopharmaceutiques (-50%) | Respect des seuils |
| Émissions de gaz à effet de serre | Réduction nette de 55% par rapport à 1990 | 55% net |
| Aires protégées | 10% du territoire terrestre et marin protégé | 10% d’ici 2030 |
| Transition agroécologique | 21% de la surface agricole utile en agriculture biologique | 21% en 2030 |
| Restauration des écosystèmes | 50 000 ha de zones humides restaurées, 15,7 Mha de prairies permanentes | 2026 et 2030 |
| Formation et sensibilisation | 100% des maires et cadres formés aux enjeux biodiversité et climat | 2030 |
| Mobilisation économique | 5 000 entreprises avec plans d’action biodiversité | 2030 |
5. Correspondance entre cibles mondiales et mesures nationales
- La Stratégie nationale biodiversité 2030 décline 23 cibles mondiales (ex. aménagement, restauration, aires protégées, pollution, changement climatique, etc.) en mesures précises (numérotées de 1 à 40).
- Cette articulation garantit la cohérence entre engagements internationaux et actions nationales.
À retenir : La réussite de la Stratégie nationale biodiversité 2030 repose sur un financement innovant, une gouvernance interministérielle rigoureuse, un pilotage précis via des indicateurs clés, et une articulation claire avec les objectifs mondiaux.