Cadre pour l'action et définitions du travail social
1. Cadre pour l'action
Le cadre regroupe les règles, valeurs et limites qui orientent l'action du travailleur social. Il est indispensable pour agir de façon légitime et éthique. Ce cadre peut être menacé par :
- Certaines lois
- La hiérarchie
- Les partenaires
qui peuvent pousser à agir en dehors des valeurs ou missions du travailleur social.
2. Définitions clés
| Notion | Définition essentielle |
|---|---|
| Travail social | Profession et discipline visant à faciliter le changement social, la cohésion, l'autonomisation et la justice sociale. Respecte les droits, la dignité, garantit le secret professionnel, sans stigmatisation ni contrôle. |
| Assistant social | Professionnel du travail social qui promeut la justice sociale, accompagne individuellement et collectivement, lutte contre l'exclusion, et agit selon les valeurs des droits humains et de l'éthique professionnelle. |
3. Missions du travail social : la triple mission
-
Éveilleur :
- Révèle et dénonce les injustices sociales et dysfonctionnements structurels.
- Prend en compte à la fois l’histoire individuelle et le contexte général.
- Exemple : dénoncer la discrimination au logement.
-
Relieur :
- Agent d’intégration sociale, il développe et renforce le lien social.
- Favorise la participation et l’inclusion dans la société.
-
Acteur de changement :
- S’implique pour transformer les injustices et dysfonctionnements sociaux.
4. Le lien social (dimension du relieur)
Le lien social se compose de deux besoins fondamentaux :
| Dimension | Description |
|---|---|
| Protection | Pouvoir compter sur les autres ou sur des institutions. |
| Reconnaissance | Se sentir respecté, considéré et reconnu socialement. |
Types de liens sociaux :
- Lien de filiation (famille)
- Lien de participation élective (amis, relations choisies)
- Lien de participation organique (travail, protection sociale)
- Lien de citoyenneté (droits et participation à la société)
5. Rôle et valeurs de l’assistant social
- Promouvoir la justice sociale, la citoyenneté et l’émancipation.
- Accompagner dans la résolution des problèmes en respectant les droits et la dignité.
- Lutter contre l’exclusion et participer à la prévention sociale.
- Respecter l’éthique professionnelle et placer l’humain au centre de l’action.
À retenir : Le travail social ne doit jamais servir à contrôler, juger, exclure ou garantir l’ordre public et moral.
6. Exemples concrets
- Un assistant social aide une personne handicapée à remplir des formulaires administratifs (ex : SPF Handicap).
- Un assistant social informe les habitants sur les aides disponibles et encourage la participation à des activités de quartier pour créer du lien social.
- La manifestation contre une réforme sociale illustre la mission d’éveilleur en rendant visibles les injustices structurelles.
7. Synthèse
Le travail social s’appuie sur un cadre éthique strict, une triple mission (éveilleur, relieur, acteur de changement) et vise à renforcer le lien social, protéger et reconnaître les personnes, tout en promouvant la justice et l’inclusion sociale.
Principes et méthodologies du travail social
1. Être un acteur de changement social
Le travailleur social agit pour transformer les structures sociales en s'engageant contre les injustices. Il ne se limite pas à observer, mais cherche à modifier les conditions sociales injustes.
- Exemple : face aux discriminations dans le logement, une association peut créer une charte anti-discrimination, lancer une campagne de recherche de logements, et interpeller les pouvoirs publics pour réguler les loyers.
- Objectif : développer des réponses plus justes et respectueuses de la dignité humaine.
L’acteur de changement social agit collectivement pour influencer les politiques publiques et transformer la société.
2. Méthodologies du travail social
Le travail social intervient à trois niveaux complémentaires, selon la nature de l’intervention :
| Niveau | Objectif principal | Exemple d’intervention |
|---|---|---|
| Individuelle | Comprendre les difficultés, trouver des ressources, améliorer l’autonomie | Aide administrative pour une personne handicapée |
| Groupe | Partage d’expérience, entraide, apprentissage collectif | Animation pour personnes en difficulté financière |
| Communautaire | Identifier causes collectives, mobiliser habitants, créer solutions collectives | Campagne de sensibilisation dans un quartier sur le tabagisme |
Le travail social agit aussi bien sur les situations individuelles que sur les causes sociales collectives.
3. Principes du manifeste du travail social
Le manifeste rappelle les principes fondamentaux qui guident l’action des travailleurs sociaux.
| Principe | Description clé |
|---|---|
| La personne est un sujet, pas un objet | La personne doit être actrice de sa vie, reconnue comme capable de réflexion et décision. |
| - Reconnaître l’individu | Considérer la personne comme partenaire, pas simple bénéficiaire. |
| - Articuler histoire individuelle et contexte général | Comprendre la situation à la fois personnellement et socialement. |
| - Expliquer le cadre légal | Transparence sur les règles pour instaurer confiance et loyauté. |
| Défendre la dignité et la justice sociale | Lutter contre les injustices et favoriser l’émancipation des personnes. |
| Travailler en réseau | Coopérer avec d’autres institutions pour un accompagnement global. |
- Exemple : un assistant social peut dénoncer une politique excluant certaines populations de l’aide sociale.
La reconnaissance de la personne comme sujet est la base éthique du travail social.
4. Cadre de travail respectueux
Les conditions de travail influencent la qualité de l’accompagnement social :
- Pression administrative, manque de moyens, individualisation du travail peuvent nuire à l’efficacité.
- Il est essentiel de reconnaître les travailleurs sociaux comme acteurs de réflexion, pas simples exécutants.
- Favoriser les discussions éthiques, affirmer l’identité professionnelle, garantir des conditions stables (contrats, salaires).
Un cadre de travail respectueux est indispensable pour un travail social de qualité.
5. Identité professionnelle et professionnalisme
- Identité professionnelle = identité personnelle (valeurs, personnalité) + expérience professionnelle.
- Elle évolue avec les expériences, stages, et réflexions personnelles.
- Connaître son identité professionnelle permet de choisir comment exercer son métier et d’éviter la dévalorisation.
Construire son identité professionnelle est un processus continu essentiel dans le travail social.
Identité professionnelle et professionnalisme
1. Identité professionnelle et professionnalisme
L’identité professionnelle est la construction d’un soi professionnel qui combine authenticité personnelle et adaptation aux exigences du métier. Elle est personnelle, évolutive et essentielle pour établir une relation d’aide juste et adaptée. Le professionnalisme implique de dépasser sa personnalité pour répondre aux besoins des bénéficiaires, respecter le cadre institutionnel, et mobiliser connaissances et expérience.
À retenir : L’identité professionnelle est un équilibre entre authenticité personnelle et exigences professionnelles.
2. Grille de Crucifix et Crispeels : Typologie des identités professionnelles
Cette grille repose sur deux axes fondamentaux :
| Axe 1 : Acceptation des règles | Axe 2 : Usage des règles pour le vivre ensemble |
|---|---|
| Intégration : Respect des règles | Structure : Importance des règles et cadres |
| Changement social : Volonté de les transformer | Communitas : Priorité à la relation humaine et au lien social |
Ces axes combinés donnent 4 identités professionnelles :
| Identité professionnelle | Description | Exemple d’action |
|---|---|---|
| Spécialiste | Utilise les règles pour intégrer les personnes | Accompagnement vers l’emploi |
| Animateur | Met l’accent sur la relation et le développement personnel | Animation d’ateliers sociaux |
| Politique | Utilise les institutions pour réformer la société | Participation à des débats publics |
| Militant | Mobilise collectivement pour transformer la société | Campagnes de sensibilisation |
À retenir : L’identité professionnelle combine intégration des règles et importance des relations humaines.
3. Évolution de l’identité professionnelle
- L’expérience transforme la manière d’être, de ressentir et d’agir.
- Parfois, il faut dépasser le cadre institutionnel pour agir avec éthique et au bénéfice des personnes accompagnées.
- Savoir reconnaître ses limites est aussi un aspect clé du professionnalisme (exemple : démission face à un cadre non éthique).
4. La grille d’Ardoino : Un outil d’analyse professionnelle
Permet d’analyser une situation sociale selon 5 niveaux complémentaires :
| Niveau | Focus principal | Exemple |
|---|---|---|
| Individuel | Personnalité, histoire, motivations | Comportement d’un élève turbulent |
| Relationnel | Interactions entre personnes | Influence de la relation élève-enseignant |
| Groupal | Dynamique du groupe | Rôle de leader ou bouc émissaire dans une classe |
| Organisationnel | Fonctionnement de l’organisation (règles, pouvoir) | Répartition des élèves dans les classes |
| Institutionnel | Lois, politiques sociales, valeurs sociétales | Système scolaire et ses contraintes |
À retenir : Une situation sociale s’analyse toujours à plusieurs niveaux pour une intervention adaptée.
5. Synthèse
- L’identité professionnelle est un équilibre entre soi personnel et exigences du métier.
- Le professionnalisme nécessite de combiner règles, relations humaines, éthique et expérience.
- Les outils comme la grille de Crucifix et Crispeels et la grille d’Ardoino aident à comprendre et positionner son identité professionnelle et à analyser les situations sociales de manière complète.
Grille d'analyse d'Ardoino
1. Grille d'analyse d'Ardoino
La grille d'analyse d'Ardoino permet d'examiner les difficultés rencontrées dans le travail social à plusieurs niveaux interdépendants :
| Niveau | Facteurs clés | Exemples / Impacts |
|---|---|---|
| Individuel | Problèmes personnels, fragilités | Difficultés liées à la santé, emploi, logement |
| Organisationnel | Manque de personnel, surcharge, procédures institutionnelles | Décisions rigides, contraintes internes |
| Institutionnel | Politiques sociales, financements non tenus | Décalage entre décisions politiques et réalité du terrain |
Le délégué de la CSC souligne l'écart important entre les finalités politiques et la réalité vécue sur le terrain, illustrant la contrainte institutionnelle.
2. Points clés à retenir
- Niveaux d'analyse : individuel, organisationnel, institutionnel.
- Décalage majeur entre les politiques sociales décidées et leur mise en œuvre concrète.
- Contraintes institutionnelles : règles et financements qui s'imposent aux organisations sociales.
- Conséquences : surcharge de travail, manque de ressources, réponses inadéquates aux besoins des usagers.
La grille d'Ardoino aide à comprendre que les difficultés sociales ne sont pas uniquement individuelles, mais aussi liées aux structures et politiques en place.
Pauvreté et précarité
1. Pauvreté et précarité
a) Inégalités économiques
- Une minorité très riche coexiste avec une grande partie de la population vivant avec peu.
- Exemple : certains gagnent des millions par an, d’autres vivent avec quelques euros par jour.
- Cette situation soulève la question de la justice sociale.
2. Justice sociale
Définition : La justice sociale garantit à chacun des conditions de vie justes et équitables, avec les mêmes droits, sans discrimination, et la possibilité d’améliorer sa vie.
Valeurs clés :
- Égalité
- Droits humains
- Protection sociale
- Inclusion
- Lutte contre les inégalités
Objectifs des organisations internationales (ONU, OIT) :
- Réduire les inégalités
- Favoriser un travail digne
- Permettre la pleine participation à la société
La justice sociale vise à ce que chacun puisse vivre dignement : logement, alimentation, soins, travail.
3. Justice sociale : idéal vs réalité
- Organisations internationales : vision idéale et objectifs à atteindre.
- ONG comme Oxfam : dénoncent les problèmes concrets (pauvreté, exclusion).
- Exemple : accès aux soins difficile pour certains malgré les aides (CPAS, associations).
4. Égalité et justice sociale
| Type d'égalité | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Égalité formelle | Même droit pour tous devant la loi | Droit au travail décent |
| Égalité d’accès | Même droit mais conditions différentes | Tous peuvent s’inscrire à l’école |
| Égalité des chances | Aide selon les besoins pour compenser les handicaps | Soutien scolaire pour élèves en difficulté |
| Égalité de réussite | Suppression des obstacles pour égaliser les résultats | Tous réussissent à l’école malgré les difficultés |
- Égalité substantielle : mesures assurant l’application effective des droits, après définition de l’égalité formelle.
5. Non-recours aux droits
Même avec des droits formels, tout le monde ne peut pas en bénéficier. Causes principales :
| Cause | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Non-connaissance | Droit ignoré par la personne | Bourses d’études non sollicitées |
| Non-demande | Droit connu mais non demandé | Personnes âgées ne demandant pas d’aide en ligne |
| Non-accès | Droit demandé mais non perçu | Difficultés administratives |
| Non-proposition | Intervenant ne propose pas le droit | Aides non suggérées par les travailleurs sociaux |
6. Acceptation de l’injustice sociale
- Les inégalités sont liées à un système (pas à des histoires individuelles).
- Pour qu’il y ait des exclus, il faut des exclueurs.
- Ce système est le capitalisme.
7. Capitalisme et inégalités
- Organisation économique basée sur :
- Propriété privée des moyens de production
- Liberté d’entreprendre
- Libre concurrence
- Recherche du profit
- Relations dominants/dominés, avec un salaire comme lien.
8. Principe de réciprocité
- Pacte social tacite entre dominants et dominés.
- On accepte des conditions difficiles (travail mal payé, mauvaises conditions) en échange d’un avantage (revenu, sécurité relative).
La justice sociale reste un idéal souvent remis en cause par les réalités économiques et sociales.
Justice et injustice sociale
1. Justice sociale : définition et enjeux
- Justice sociale = garantir à chaque individu les mêmes droits fondamentaux et les mêmes chances (accès au revenu, logement, santé, éducation, participation sociale).
- Objectif : réduire les inégalités sociales et assurer une vie digne à tous.
- Exemples concrets : aides au logement, allocations sociales, accès gratuit ou subventionné aux soins et à l’éducation.
La justice sociale vise à assurer l’égalité des chances et la protection des plus vulnérables.
2. Injustice sociale et exclusion
- Certaines personnes, malgré leur volonté de travailler, sont exclues du marché du travail (exemple : chômeurs exclus des allocations).
- Cette exclusion entraîne précarité, pauvreté, endettement, rupture sociale.
- Certaines bénéficient du CPAS tout en travaillant à bas salaire, souvent mal rémunéré (ex : gardienne).
3. Hégémonie culturelle et acceptation des inégalités
- Hégémonie culturelle = idée dominante selon laquelle le capitalisme, le marché et la mondialisation sont inévitables et bénéfiques, et qu’aucune autre voie n’est possible (principe TINA : There Is No Alternative).
- Cette pensée paralyse et pousse à accepter la précarisation et les réformes restrictives comme inévitables.
- Exemple : réforme du chômage présentée comme nécessaire pour relancer l’emploi et réduire les dépenses publiques.
4. Politiques publiques et sociales
| Aspect | Définition | Objectif principal | Exemple lié au chômage |
|---|---|---|---|
| Politique publique | Actions gouvernementales pour résoudre un problème public (ex : chômage, sécurité) | Trouver et appliquer une solution | Modifier conditions d’accès aux allocations |
| Politique sociale | Ensemble de mesures pour protéger les individus face aux risques sociaux (chômage, pauvreté) | Assurer protection sociale et réduire inégalités | Soutien aux chômeurs, aides sociales |
5. Cycle des politiques publiques
- Prise de conscience du problème (ex : hausse du chômage)
- Détermination de la réponse (ex : réforme des allocations)
- Mise en œuvre (ex : application des nouvelles règles)
- Évaluation des résultats (ex : impact sur la précarité)
6. Prise en charge des risques sociaux
- Risques sociaux = événements pouvant entraîner une baisse de ressources ou une hausse des dépenses (maladie, chômage, accidents, retraite).
- L’État organise la solidarité pour protéger les individus contre ces risques.
- Le chômage est un risque social majeur, illustré par la précarité des exclus dans le documentaire.
7. Types de politiques sociales
| Type | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Globales | Protection universelle (tous les citoyens) | Sécurité sociale |
| Sectorielles | Protection dans un domaine spécifique | Santé mentale |
| Catégorielles | Protection pour un groupe spécifique | Personnes âgées |
| Transversales | Interventions dans plusieurs domaines à la fois | Lutte contre la pauvreté |
8. Fondements des politiques sociales
| Fondement | Logique | Financement | Exemple |
|---|---|---|---|
| Assurance | Cotisation liée au travail | Cotisations sociales | Allocations chômage, pensions |
| Assistance | Aide aux personnes sans ressources | Impôts | Revenu d’Intégration Sociale (CPAS) |
| Solidarité | Droits universels, sans condition | Impôts | Éducation obligatoire, santé publique |
La justice sociale n’est pas encore atteinte : les inégalités sont structurelles et nécessitent des actions pour améliorer l’accès aux droits et réduire les disparités.
État social et politiques sociales
1. Évolution des politiques sociales et rôle de l’État
a) 4ème époque : État ultra-libéral et social actif (fin 70 - début 80)
- Vision ultra-libérale : L’individu est autonome, responsable de sa réussite, un « entrepreneur de soi ».
- La société est un marché où la concurrence doit organiser la vie sociale.
- Critique des politiques sociales : vues comme un frein à la croissance économique, coûteuses, limitant l’initiative individuelle.
- Privatisation et ciblage : proposition de privatiser certains services (ex. sécurité sociale) et d’orienter les aides vers les plus pauvres (logique d’assistance sélective) plutôt que la solidarité universelle.
L’aide sociale devient conditionnelle, ciblée sur les plus démunis, au détriment d’une solidarité collective.
b) 5ème époque : L’État social actif (années 2000)
- Principe : Combiner prospérité économique et progrès social via la participation au marché du travail.
- Le travail est central : l’aide sociale vise à encourager l’autonomie par l’emploi.
- Employabilité : capacité à travailler et à s’insérer professionnellement, clé pour lutter contre l’exclusion.
- L’individu a des droits (protection sociale) mais aussi des devoirs (recherche active d’emploi, responsabilité personnelle).
- Le chômage devient conditionnel, renforçant la responsabilité individuelle.
L’État social actif valorise l’activation des individus plutôt que la simple protection.
c) Situation actuelle : Gouvernement « Arizona »
- Réforme du chômage à partir de 2026 : réduction de la protection sociale, exclusion progressive de 194 000 personnes.
- Impact fort sur les chômeurs de longue durée, malades, femmes, personnes peu scolarisées.
- Beaucoup travaillent de façon précaire mais ne remplissent pas les conditions pour garder leurs droits.
- Justification officielle : inciter à chercher activement un emploi, mais peu d’emplois disponibles et accompagnement insuffisant.
| Catégorie touchée | Raisons principales |
|---|---|
| Chômeurs longue durée | Exclusion progressive selon durée du chômage |
| Femmes | Allocations plus faibles, fragilité financière |
| Peu scolarisés | Difficultés d’accès à l’emploi stable |
| Travailleurs précaires | Emplois temporaires non reconnus pour droits |
2. Société civile : auto-organisation des citoyens
- Définition : Organisation indépendante de l’État, politique et économie, basée sur le volontariat et l’intérêt collectif.
- Fonction : répondre aux besoins sociaux par des actions collectives, sensibiliser la société.
- Exemple : habitants d’un quartier créant un groupe pour aider les personnes âgées isolées.
- Rôle complémentaire aux politiques publiques, notamment via des associations comme les Restos du Cœur.
| Caractéristiques de la société civile | Exemples concrets |
|---|---|
| Volontariat | Bénévolat dans les associations |
| Autonomie par rapport à l’État | Initiatives locales indépendantes |
| Intérêt collectif | Actions de solidarité (distribution alimentaire, accompagnement social) |
La société civile agit en complément de l’État pour répondre aux urgences sociales et sensibiliser la population.
À retenir : L’évolution des politiques sociales va d’une solidarité universelle vers une aide ciblée conditionnée à l’activité, dans un contexte où la société civile joue un rôle clé d’auto-organisation et de soutien aux plus vulnérables.
Société civile et corps intermédiaires
1. Corps intermédiaires et société civile
Les corps intermédiaires sont des organisations qui font le lien entre les citoyens et l’autorité politique. Ils jouent un rôle de médiation et sont reconnus comme partenaires sociaux ou institutionnels. Ils font partie de la société civile à condition de conserver une autonomie réelle et une base citoyenne active.
| Types de corps intermédiaires | Rôle principal | Exemples |
|---|---|---|
| Organisations syndicales | Défense des droits des travailleurs, dialogue social | FGTB, CSC, CGLSB |
| Organisations patronales | Représentation des employeurs, négociations sociales | FEB, UCM, UNIZO |
| Mutualités | Gestion de l’assurance maladie, protection sociale | Chrétienne, Socialiste, Libérale, Neutre, Libre |
| Associations et ONG | Défense de causes sociales, économiques, environnementales | Ligues de famille, Test achat, CNCD |
| Institutions représentatives | Représentation des intérêts divers | CNT, CCE, Conseiller supérieur indépendant, PME, CFFB |
À retenir : Les corps intermédiaires structurent le dialogue social et influencent les décisions politiques en Belgique.
2. Conflits sociaux
Un conflit social est une opposition entre groupes sociaux aux intérêts divergents. Il est normal et moteur de changement social, visant à modifier le rapport de force en faveur d’un groupe.
- Objectif : faire évoluer les droits et la situation sociale.
- Exemple : opposition entre gouvernement et syndicats sur les réformes du chômage.
À retenir : Le conflit social n’est pas une pathologie, mais un levier essentiel pour le progrès social.
3. Clivages sociaux
Un clivage est un déséquilibre profond et durable dans une société, générant des tensions persistantes et la formation de groupes ou partis opposés.
Processus de formation d’un clivage :
- Déséquilibre ressenti sur un enjeu important.
- Auto-organisation du groupe dominé.
- Réaction d’organisation des dominants.
Exemples historiques :
- Conflit Église vs État.
- Possédants vs travailleurs à l’ère industrielle.
À retenir : Les clivages traduisent des rapports de domination et sont à l’origine de luttes pour plus de justice sociale.
4. Sécurité sociale
La sécurité sociale est un système d’assurance sociale fondé sur la solidarité face aux risques sociaux (maladie, chômage, vieillesse, etc.).
- Créée en 1945 pour protéger les travailleurs et les plus vulnérables.
- Réduit significativement le taux de pauvreté (de 27,8% à 13,1% en 2021 grâce aux transferts sociaux).
- Fonctionne par des mécanismes de redistribution entre actifs, chômeurs, familles, etc.
À retenir : La sécurité sociale est un rempart essentiel contre la pauvreté, mais son accès peut être conditionné à des obligations (activation, recherche d’emploi).
5. Synthèse des rôles et enjeux
| Notion | Rôle clé | Enjeux actuels |
|---|---|---|
| Corps intermédiaires | Médiation entre citoyens et État, dialogue social | Maintenir autonomie et base citoyenne active |
| Conflit social | Moteur de changement social | Reconnaître le conflit comme levier positif |
| Clivage | Expression des déséquilibres sociaux | Organisation politique pour corriger les inégalités |
| Sécurité sociale | Protection contre les risques sociaux | Équilibre entre protection et responsabilisation individuelle |
À retenir : La démocratie sociale repose sur l’interaction entre corps intermédiaires, conflits, clivages et un système de sécurité sociale protecteur.