Les figures par analogie
1. Les figures par analogie
Les figures par analogie servent à créer des images en établissant des liens entre des éléments.
| Figure | Définition | Caractéristiques clés | Exemple |
|---|---|---|---|
| Comparaison | Rapport de ressemblance entre deux éléments (comparé et comparant) avec un outil de comparaison | Utilise des mots comme comme, ainsi que, ressembler à | Gaston est aussi aimable qu’une porte de prison. |
| Métaphore | Comparaison implicite, sans outil de comparaison, avec termes au sens figuré | Fusionne comparé et comparant, image directe | Il pleut des cordes. |
| Personnification | Attribution de traits humains à une chose ou une idée | Représentation d’un objet ou d’une idée comme une personne | La forêt gémit sous le vent. |
| Allégorie | Représentation concrète et imagée d’une idée abstraite, souvent par personnification | Souvent identifiable par une majuscule, symbolisation prolongée | La Liberté guidant le peuple (tableau) |
a) Points clés à retenir
- Comparaison = deux éléments liés par un outil de comparaison.
- Métaphore = comparaison sans outil, plus forte et imagée.
- Personnification = chose ou idée décrite comme une personne.
- Allégorie = idée abstraite incarnée de façon concrète et symbolique.
Une figure par analogie crée une image en rapprochant deux éléments, soit explicitement (comparaison), soit implicitement (métaphore), ou en donnant vie à une idée ou une chose (personnification, allégorie).
Les figures de substitution
1. Les figures de substitution
Les figures de substitution remplacent un terme par un autre terme ou par une expression entière, créant ainsi un effet de style.
| Figure | Définition | Exemple(s) | Particularités clés |
|---|---|---|---|
| Métonymie | Remplace un mot par un autre selon un lien logique ou analogique. | « Boire un verre » ; « Je viens de lire un Zola » | Partie pour le tout, matière pour l’objet, particulier pour le général. |
| Synecdoque (cas particulier de la métonymie) | Désigne la partie pour le tout ou le tout pour la partie. | « Les voiles disparurent à l’horizon » ; « Croiser le fer » | Souvent une relation de quantité ou de composition. |
| Périphrase | Remplace un mot par une expression qui le définit, souvent plus longue. | « La Venise du Nord » (= Bruges) ; « Le roi des animaux » | Crée un effet d’implicite et d’enrichissement du sens. |
À retenir : La métonymie remplace un mot par un autre lié logiquement, la périphrase remplace un mot par une expression qui le décrit.
Les figures de l'insistance ou de l'atténuation
1. Les figures de l'insistance
Ces figures servent à exagérer pour mettre en valeur une idée ou un sentiment.
-
Accumulation : énumération plus ou moins longue de termes pour amplifier une idée.
-
Gradation : énumération organisée de façon croissante ou décroissante.
Exemple croissant Exemple décroissant Va, cours, vole et nous venge ! Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?… c’est une péninsule ! -
Anaphore : répétition d’un même terme en début de plusieurs phrases ou vers pour insister.
Exemple :
Coeur qui a tant rêvé,
Ô coeur charnel,
Ô coeur inachevé,
Coeur éternel (Charles Péguy) -
Parallélisme : répétition de la même construction syntaxique (non détaillé ici).
2. Les figures de l'atténuation
Elles servent à adoucir ou minimiser une idée ou un sentiment.
-
Euphémisme : atténuation pour ne pas choquer ou déplaire.
Exemples :
- Il nous a quittés (= il est mort)
- Aller au petit coin (= aller aux toilettes)
- Mon épouse est un peu enveloppée (= elle est ronde)
-
Litote : dire moins pour faire entendre plus.
Exemples :
- Va, je ne te hais point (= je t’aime)
- Il n’est pas sot (= il est intelligent)
- Je ne dis pas non (= j’accepte volontiers)
À retenir : Les figures de l'insistance exagèrent pour renforcer un message, tandis que celles de l'atténuation minimisent pour adoucir ou suggérer.
Les figures d'opposition
1. Les figures d'opposition
Les figures d'opposition jouent sur le contraste entre des idées, des mots ou des expressions pour renforcer le sens ou créer un effet particulier.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Antithèse | Opposition très forte entre deux termes ou idées. | « Qui aime bien châtie bien. »<br>« Là c’était le paradis, ailleurs l’enfer. » (Voltaire) |
| Oxymore | Union de deux mots grammaticalement liés mais de sens opposés, créant un effet frappant. | « Un silence assourdissant » (Camus)<br>« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille) |
| Antiphrase | Expression d’une idée par son contraire, souvent pour ironiser. | « Tu as eu un zéro en histoire ? Ah, bravo ! »<br>« Je suis dans de beaux draps ! » |
| Chiasme | Deux expressions se suivent avec un ordre inversé (A–B / B’–A’). | « Il y a de l’Urgo dans l’air, il y a de l’air dans l’Urgo. » |
Question oratoire / rhétorique
Forme d’affirmation déguisée en question, dont la réponse est connue, pour renforcer un propos.
Ex : « Ne suis-je pas adorable ? »
Ex : « Comment mon client a-t-il pu tuer sa femme, alors qu’au moment du crime, il était à mille kilomètres ? »
À retenir : L’antithèse oppose fortement deux idées, l’oxymore réunit deux mots contraires, l’antiphrase dit le contraire pour ironiser, et le chiasme inverse l’ordre des termes pour créer un effet de symétrie.
Les figures de rupture
1. Figures de rupture
Les figures de rupture créent un effet de surprise ou de choc en modifiant la construction habituelle du langage.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Paradoxe | Opinion contraire à l’idée commune pour surprendre ou inviter à réfléchir. | Les premiers seront les derniers. / In vino veritas. |
| Anacoluthe | Rupture dans la construction syntaxique. | Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face de la terre en eût été changée. |
| Ellipse | Omission d’un ou plusieurs mots dans la phrase. | L’Oréal, parce que je le vaux bien. |
| Zeugma | Rapprochement d’un mot concret et d’un mot abstrait dans une même phrase. | Il prit du ventre et de l’importance. |
2. Figures qui jouent sur les sons
Ces figures reposent sur la répétition de sons pour créer un effet rythmique ou sonore.
| Figure | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Assonance | Répétition d’un même son de voyelle dans une phrase ou un vers. | Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. (Verlaine) |
| Allitération | Répétition d’un même son de consonne. | Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Racine) |
| Paronomase | Rapprochement de deux mots proches par le son (homonymes ou presque). | Exemple non fourni dans le cours. |
À retenir : Les figures de rupture bouleversent la syntaxe ou le sens attendu pour créer un effet marquant, tandis que les figures sonores jouent sur la répétition des sons pour renforcer le rythme et l’émotion.
Les figures qui jouent sur les sons
1. Les figures qui jouent sur les sons
Les figures de style qui jouent sur les sons créent des effets sonores pour renforcer le sens ou l’émotion d’un texte.
a) Paronymes
- Définition : mots qui se prononcent presque pareil mais ont des sens différents.
- Exemple : Il n’y a que Maille qui m’aille !
- Effet : jeu sur la ressemblance phonétique pour surprendre ou amuser.
b) Autres exemples de jeux sonores
- Répétition : répétition d’un même son ou mot pour insister.
- Assonance : répétition de voyelles identiques ou proches dans une phrase.
- Allitération : répétition de consonnes identiques ou proches.
Ces procédés créent un rythme, une musicalité, ou soulignent une idée.
À retenir : Les figures sonores utilisent la répétition ou la ressemblance des sons pour renforcer le sens ou l’émotion d’un texte.
Les caractéristiques du Romantisme
1. Les caractéristiques du Romantisme
Le Romantisme se distingue par plusieurs traits majeurs qui traduisent la sensibilité et les préoccupations des auteurs de cette époque.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Pulsion morbide | La mort, souvent vécue ou côtoyée par les auteurs (anciens militaires), est un thème central, qu’elle soit physique ou spirituelle (vie après la mort). |
| Présence de la nature | La nature est un refuge et un moyen d’évasion pour le héros romantique. Elle reflète son état d’âme : luxuriante quand il est heureux, triste quand il est déprimé. |
| Recherche de l’évasion | Les auteurs voyagent pour le plaisir ou pour fuir leurs tourments, explorant des lieux comme l’Orient ou le Nouveau Monde, sources d’exotisme et d’orientalisme. |
| Dimension spirituelle | Se manifeste par : |
- Le rêve, qui libère les tensions intérieures du héros.
- Le merveilleux, avec des êtres surnaturels issus de l’imaginaire médiéval (fées, magiciens).
- La religion, refuge des âmes tourmentées, mais aussi source d’éléments sombres (vampires, fantômes). |
À retenir : Le Romantisme mêle une sensibilité profonde à la mort, à la nature, à l’évasion et au spirituel, exprimant ainsi les tourments et les rêves du héros romantique.