Maladies parodontales nécrotiques
1. Maladies parodontales nécrotiques (MNP)
a) Types principaux
| Maladie | Caractéristiques clés | Localisation fréquente | Symptômes associés |
|---|---|---|---|
| Gingivite nécrotique (GN) | Pas de perte d’attache, papilles décapitées, douleurs, halitose | Sextant 5 principalement, parfois 2 | Douleurs, halitose, adénopathies, fièvre possible |
| Parodontite nécrotique (PN) | Perte d’attache, cratères interproximaux, alvéolyse, os nécrotique exposé | Zones interproximales | Destruction rapide du parodonte |
| Gingivostomatite nécrotique (GSN) | Lésions étendues au-delà de la ligne mucogingivale | Étendue plus large | Lésions sévères |
Une MNP non traitée peut évoluer vers un Noma, une forme grave associée à des facteurs comme l’eau contaminée.
b) Étiologie et facteurs prédisposants
- Étiologie bactérienne : présence de spirochètes et de bactéries fusiformes.
- Facteurs prédisposants :
- Locaux : mauvaise hygiène bucco-dentaire (HB), composition de la plaque, antécédents de MNP.
- Non modifiables : âge, saison.
- Généraux : immunodéficience, stress, tabac.
c) Prise en charge thérapeutique
| Maladie | Traitement principal | Suivi et conseils |
|---|---|---|
| Gingivite nécrotique (GN) | - Élimination du biofilm (détartrage ultrasonique, brossage manuel doux, rinçage au CHX) <br> - Prescription d’antibiotiques si adénopathies (par médecin) | - Hygiène bucco-dentaire stricte à domicile <br> - Arrêt tabac et alcool <br> - Alimentation riche en vitamines, éviter épices <br> - Paracétamol si douleur <br> - Revue à 2-5 jours pour éliminer débris nécrotiques et réévaluation |
| Parodontite nécrotique (PN) | Référence urgente à un spécialiste (traitement plus complexe) | Surveillance rapprochée en raison de la rapidité de destruction |
Les maladies parodontales nécrotiques nécessitent un traitement d’urgence pour éviter une destruction rapide du parodonte.
Parodontite : définition, stades et grades
La parodontite est une maladie inflammatoire chronique liée à un biofilm dysbiotique (plaque bactérienne) qui provoque la destruction progressive de l’appareil de support de la dent.
1. Caractéristiques cliniques principales
- Perte des tissus de support : perte d’attache et d’os alvéolaire visible en radiographie.
- Présence de poches parodontales.
- Saignement gingival.
2. Formes de parodontite
| Forme | Description |
|---|---|
| Parodontite classique | Maladie inflammatoire chronique du parodonte |
| Parodontite nécrosante | Forme aiguë avec nécrose des tissus |
| Parodontite liée à maladies systémiques | Manifestation directe de pathologies générales |
3. Stades et grades de la parodontite
| Critère | Définition | Objectif |
|---|---|---|
| Stade | Sévérité et complexité de la maladie | Évaluer l’étendue des lésions |
| Grade | Rapidité de progression et risques | Estimer la vitesse d’évolution et les facteurs aggravants |
Le diagnostic repose sur un examen clinique (mesure des poches parodontales) et un examen radiologique (perte osseuse), permettant de déterminer le stade et le grade.
4. Parodontite et maladies systémiques
Certaines maladies systémiques influencent la perte des tissus parodontaux en modifiant l’inflammation locale :
| Maladies systémiques | Impact sur la parodontite |
|---|---|
| Troubles génétiques | Troubles immunologiques, maladies des muqueuses, tissus conjonctifs |
| Immunodéficiences acquises (ex. VIH) | Atteinte des lymphocytes T, manifestations orales fréquentes |
| Maladies inflammatoires (ex. Crohn) | Influence sur l’inflammation parodontale |
| Diabète type I ou II | Hyperglycémie chronique favorisant l’inflammation |
À retenir : La parodontite est une maladie inflammatoire chronique liée à un déséquilibre bactérien, caractérisée par la perte d’attache, la formation de poches et le saignement gingival, dont la sévérité et la progression sont classées en stades et grades.
Parodontite comme manifestation de maladies systémiques
1. Diabète et parodontite
- Relation bidirectionnelle entre diabète et parodontite.
- Diabète associé à un niveau élevé de marqueurs inflammatoires.
- L’état inflammatoire favorise la survenue de la parodontite.
- La parodontite aggrave l’insulinorésistance.
- Le traitement de la parodontite permet un meilleur contrôle glycémique via la diminution des médiateurs inflammatoires sériques.
2. Obésité
- Accumulation anormale de graisse nuisible à la santé.
- Caractérisée par un état inflammatoire systémique.
- Impact négatif sur l’état parodontal.
3. Ostéoporose
- Maladie osseuse avec réduction de la masse osseuse et détérioration de la structure interne.
- Peut influencer la santé parodontale par la fragilisation osseuse.
4. Arthrites (polyarthrite rhumatoïde - PR)
| Aspect | Parodontite | Polyarthrite rhumatoïde (PR) |
|---|---|---|
| Prévalence | Plus élevée chez patients PR | Maladie inflammatoire chronique |
| Caractéristiques communes | Réactions inflammatoires chroniques, augmentation des MMP, surexpression RANK/RANKL/OPG | Réactions inflammatoires chroniques, augmentation des MMP, surexpression RANK/RANKL/OPG |
| Facteurs de risque | Environnementaux similaires | Environnementaux similaires |
| Cause commune | Inconnue | Inconnue |
5. Stress émotionnel et dépression
- Excès de cortisol entraîne :
- Suppression de la réponse inflammatoire
- Augmentation de la glycémie
- Altération des niveaux de facteurs de croissance et cytokines (retard cicatrisation)
- Comportements nuisibles associés : mauvaise hygiène bucco-dentaire, tabac, alcool, mauvaise alimentation, bruxisme.
6. Tabagisme
- Facteur de risque majeur des maladies parodontales.
- Effet dose : plus la consommation est élevée, plus les effets délétères augmentent.
- Mécanismes :
- Vasoconstriction masquant les symptômes cliniques de la gingivite.
- Création d’un écosystème pauvre en oxygène, favorisant les pathogènes anaérobies.
- Altération de la fonction phagocytaire des neutrophiles.
La parodontite est souvent la manifestation locale d’un état systémique inflammatoire ou métabolique, influencé par des facteurs comme le diabète, l’obésité, l’ostéoporose, les arthrites, le stress et le tabagisme.
Pathogenèse et facteurs de risque de la maladie parodontale
1. Pathogenèse de la maladie parodontale
La maladie parodontale est une maladie multifactorielle résultant de l'interaction entre la présence de bactéries pathogènes et des facteurs de risque associés. La santé parodontale repose sur un équilibre immunitaire qui maintient l'homéostasie tissulaire.
- Gingivite : stade réversible caractérisé par une surcharge bactérienne modérée et une réponse immunitaire efficace.
- Parodontite : rupture de l'équilibre, maladie irréversible avec perte d’attache, où le système immunitaire ne parvient plus à contrôler l’infection.
2. Facteurs de risque avérés
| Facteur | Mécanisme / Impact clé |
|---|---|
| Tabac | Principal facteur aggravant : augmente la sévérité, la prévalence et l’évolution de la maladie. |
| - Nicotine inhibe les fibroblastes, diminue la production de collagène et fibronectine. | |
| - Augmentation de l’activité des collagénases. | |
| - Tabagisme passif augmente aussi la prévalence et le risque de progression. | |
| Diabète | Hyperglycémie chronique → formation d’AGE (produits de glycation avancée) qui se lient aux récepteurs RAGE sur monocytes/macrophages. |
| → Production accrue de radicaux libres et cytokines pro-inflammatoires, accélérant la destruction parodontale. | |
| Stress émotionnel et dépression | Facteurs psychologiques pouvant altérer la réponse immunitaire et favoriser la progression. |
| Médicaments | Peuvent provoquer des effets indésirables comme la xérostomie, la dysgueusie, ou la stomatite, favorisant la maladie. |
| Obésité | Associée à un état inflammatoire systémique qui peut aggraver la maladie parodontale. |
| Ostéoporose | Diminution de la densité osseuse pouvant faciliter la perte osseuse parodontale. |
À retenir : La maladie parodontale résulte d’un déséquilibre entre la charge bactérienne et la capacité de défense immunitaire, aggravé par des facteurs de risque majeurs comme le tabac et le diabète.
Microbiologie et immunologie parodontales
1. Facteurs influençant la parodontite
- Âge : la prévalence de la parodontite augmente avec l’âge, aggravée par une accumulation de tartre.
- Sexe : plus fréquente chez les hommes.
- Origine ethnique : liée aux inégalités socio-économiques et à l’exposition variable aux facteurs de risque.
- Facteurs génétiques : jouent un rôle dans la susceptibilité.
2. Microbiologie parodontale
a) Diversité bactérienne
- Plus de 700 espèces bactériennes orales identifiées.
- Une bouche saine héberge entre 100 et 200 espèces différentes.
- Ces bactéries sont regroupées en 5 complexes bactériens : jaune, vert, violet, orange, rouge.
- Chaque complexe agit comme un organisme à part entière.
| Complexe | Association clinique | Rôle principal |
|---|---|---|
| Jaune & Vert | Poches < 3 mm (parodonte intact) | Colonisateurs précoces, parodonte sain |
| Violet | Forte irritation, début du stade initial | Colonisateurs précoces |
| Orange & Rouge | Parodontite, poches profondes | Agents pathogènes majeurs |
b) Agents pathogènes majeurs
- Complexe orange : Prevotella intermedia, Prevotella nigriscens, Fusobacterium nucleatum.
- Complexe rouge : Porphyromonas gingivalis, Treponema denticola, Tannarella forsynthia.
- Autres : Aggregatibacter actinomycetemcomitans (AA).
À retenir : P. gingivalis, T. forsynthia, T. denticola et AA sont les principaux agents pathogènes de la parodontite.
c) Rôle des virus
- Peuvent agir directement sur le parodonte.
- Modifient la pathogénicité bactérienne.
- Altèrent la réponse immunitaire de l’hôte face à l’agression bactérienne.
3. Immunologie parodontale
a) Barrières de défense du système d’attache parodontal
- Barrière épithéliale : première ligne de défense, assure l’herméticité et protège les tissus conjonctifs sous-jacents.
- Salive : effet de chasse mécanique des microbes.
- Fluide gingival : participe à la défense locale.
- Turn-over tissulaire : renouvellement cellulaire permettant de maintenir l’intégrité du système d’attache.
b) Immunité innée
- Première ligne de défense contre les pathogènes.
- Utilise des médiateurs humoraux innés et des cellules comme les neutrophiles.
- Objectif : détruire rapidement les agents pathogènes avant qu’ils ne provoquent une infection durable.
À retenir : L’immunité innée est essentielle pour contrôler l’agression bactérienne initiale dans le parodonte.
Associations entre parodontite et autres maladies
1. Associations entre parodontite et autres maladies
a) Addictions
- La dépendance est un dysfonctionnement cérébral.
- L’hyposialie, la malnutrition et les habitudes de vie associées favorisent les lésions carieuses, érosions et maladies parodontales.
b) Grossesse
- Lien possible entre parodontite et accouchements prématurés ou naissances de faible poids.
- Voie directe : bactéries et produits de dégradation pénètrent le placenta.
- Voie indirecte : production et relargage de molécules inflammatoires.
- Importance d’informer et de traiter la parodontite chez la femme enceinte.
c) Infections à Helicobacter pylori
- Bactérie Gram- négative, transmise par contact oro-oral ou oro-fécal.
- Présence possible dans les poches parodontales après infection gastrique.
- La parodontite peut être une source de réinfection gastrique, justifiant un traitement parodontal.
d) Maladie d’Alzheimer
- Maladie neurodégénérative multifactorielle avec perte progressive des cellules nerveuses.
- Parodontites agressives sont un facteur de risque potentiel.
- Hypothèses d’association :
- Invasion bactérienne par voie hématogène ou nerveuse.
- Réponse inflammatoire systémique.
- Influence indirecte via risque cardiovasculaire lié aux bactéries parodontales.
e) Maladies cardio-vasculaires
- Troubles du cœur et des vaisseaux sanguins.
- Mécanismes d’association avec la parodontite :
- Immuno-inflammatoire (indirect) : réaction inflammatoire avec marqueurs pro-inflammatoires.
- Bactérien (direct) : présence bactérienne favorisant les lésions cardiovasculaires.
f) Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin
- Association évoquée mais non détaillée dans ce cours.
La parodontite est liée à plusieurs pathologies systémiques via des mécanismes bactériens directs et des réponses inflammatoires systémiques.
Cicatrisation et régénération tissulaire parodontale
1. Cicatrisation tissulaire parodontale
La cicatrisation après surfaçage radiculaire implique plusieurs types de tissus, chacun avec un délai et un mécanisme spécifiques.
| Type de tissu | Durée approximative | Mécanisme clé |
|---|---|---|
| Épithéliale | Quelques jours | Migration des kératinocytes depuis la couche basale vers l’apex à 0,5-1 mm/jour. Résultat : un épithélium jonctionnel long en 2 semaines. |
| Tissus conjonctifs | Quelques semaines | Dépend de la cicatrisation épithéliale. Trois phases chevauchantes : inflammatoire, formation du tissu de granulation, formation et remodelage de la matrice extracellulaire. |
| Cémentaire | Plusieurs mois | Régénération lente du cément. |
| Desmodontale | Plusieurs mois | Reconstruction du ligament parodontal. |
| Osseuse | Environ 6 mois | Remodelage osseux complet. |
2. Techniques de régénération tissulaire parodontale
| Technique | Principe et avantages |
|---|---|
| Régénération tissulaire guidée (RTG) | Utilisation d’une membrane résorbable pour empêcher l’invasion des tissus épithéliaux et favoriser la repousse des tissus conjonctifs et osseux. Risque d’exposition faible, donc faible risque d’infection. Intervention en une seule fois. |
| Régénération induite par les amélogenines | Application d’amélogenines (produit Straumann) pour stimuler la formation de cément, induisant la régénération osseuse et du système d’attache parodontal. |
3. Facteurs influençant la cicatrisation parodontale
a) Facteurs généraux
- Âge : la cicatrisation ralentit avec l’âge.
- Facteur génétique : influence la capacité de réparation.
- Malnutrition : retarde la cicatrisation.
- Médicaments : certains peuvent altérer la guérison.
- Diabète : ralentit et complique la cicatrisation.
- Déficits immunitaires : fragilisent la réponse cicatricielle.
b) Facteurs locaux
- Salive : effet positif sur la cicatrisation grâce à ses propriétés antimicrobiennes et trophiques.
- Bactéries : peuvent être favorables ou défavorables selon la nature et la charge bactérienne. Une infection (abcès parodontal, lésion endo-parodontale) compromet la cicatrisation.
La cicatrisation parodontale est un processus complexe, multi-tissulaire et multi-phasique, influencé par des facteurs locaux et généraux qui doivent être maîtrisés pour optimiser la régénération.
Abcès parodontaux
1. Définition
Un abcès parodontal est une accumulation localisée de pus dans la paroi gingivale de la poche parodontale ou du sulcus, provoquant une dégradation importante des tissus.
2. Classification des abcès parodontaux
| Type | Patients atteints de parodontite | Patients non atteints de parodontite |
|---|---|---|
| Abcès parodontal aigu | - Pas de fistule<br>- Suppuration spontanée ou provoquée<br>- Pus s’évacue par le sulcus<br>- Douleurs à la pression/percussion<br>- Douleurs irradiantes ou absentes<br>- Adénopathies et fièvre possibles | Même présentation que chez les parodontites mais sans antécédents parodontaux |
| Abcès parodontal chronique | - Présence de fistule (drainage par la poche parodontale)<br>- Pas de douleur | Rare chez patients non parodontopathes |
3. Signes et symptômes
- Élévation ovoïde de la gencive le long de la partie latérale
- Surface lisse, brillante, rouge/rose parfois jaunâtre
- Saignements, suppuration, douleurs au sondage
- Poches parodontales profondes
- Mobilité accrue de la dent touchée
- Test de vitalité positif
4. Prise en charge
a) Diagnostic
- Radiographie (Rx)
- Test de vitalité
b) Traitement en 2 temps
| Étape | Objectifs et actions |
|---|---|
| 1er temps | - Soulager la douleur<br>- Contrôler la diffusion de l’infection<br>- Drainer le pus (par sulcus ou incision)<br>- Rinçage au chlorhexidine (CHX)<br>- Détartrage ultrasonique et manuel superficiel<br>- Prescription de CHX à domicile |
| 2ème temps (après 1 semaine) | - Diagnostic précis<br>- Thérapeutique adaptée (surfaçage radiculaire, chirurgie si nécessaire) |
5. Pronostic
- Favorable si traitement réalisé
- Réservé si étiologie non supprimée
- Défavorable en l’absence de traitement
À retenir : L’abcès parodontal est une urgence infectieuse localisée nécessitant un drainage rapide et un traitement adapté pour éviter la destruction tissulaire.
Lésions endo-parodontales
1. Lésions endo-parodontales (LEP)
a) Signes cliniques principaux
- Poches parodontales profondes pouvant atteindre l’apex.
- Réponse négative ou modifiée aux tests de vitalité pulpaire.
- Résorption osseuse visible radiologiquement.
- Douleurs spontanées ou à la percussion.
- Exsudat purulent ou suppuration.
- Mobilité dentaire.
- Tractus sinusal ou fistule.
- Altération de la couleur de la dent et/ou de la gencive.
b) Prise en charge
- Réaliser un examen clinique et radiologique approfondi.
- Déterminer si l’atteinte est radiculaire ou non.
- Ne pas instrumenter immédiatement : traiter d’abord la composante endodontique, puis la composante parodontale.
- En cas de LEP avec abcès parodontal, effectuer le traitement endodontique en priorité, puis un surfaçage parodontal 2 à 3 mois après si nécessaire.
- Référer le patient si besoin.
c) Pronostic
| Type de lésion | Pronostic |
|---|---|
| LEP traumatique ou iatrogène | Dent non concevable |
| Infection endo-parodontale grave | Pronostic réservé |
| Infection endo-parodontale modérée | Pronostic favorable selon l’étendue et la gravité |
d) Diagnostic différentiel : abcès parodontal vs lésion endo-parodontale
- S’appuyer sur l’anamnèse, l’examen clinique et l’imagerie radiologique.
2. Péricoronarite
a) Définition
Inflammation des tissus entourant la couronne dentaire en cours d’éruption, souvent localisée au niveau des dents de sagesse inférieures.
b) Étiologie
- Persistance d’un capuchon muqueux difficile à nettoyer.
- Communication du sac péricoronaire avec la cavité buccale.
- Présence de plaque dentaire (streptocoques).
- Accumulation de débris alimentaires.
- Irritations mécaniques.
c) Aspects cliniques et symptômes
| Forme aiguë | Forme chronique |
|---|---|
| Inflammation brutale | Inflammation modérée |
| Douleurs intenses | Symptômes plus discrets |
| Signes infectieux marqués | Épisodes récurrents |
Une péricoronarite est une inflammation localisée liée à l’éruption d’une dent, favorisée par un capuchon muqueux persistant et la difficulté d’hygiène.
Péricoronarite
1. Péricoronarite : définition et évolution
- Péricoronarite : inflammation modérée persistante évoluant par poussées, entrecoupées d’épisodes aigus.
2. Aspect clinique
| Signes cliniques | Description |
|---|---|
| Lésion érythémateuse | Rougeur et tuméfaction locale |
| Œdème externe | Possible au niveau de l’angle mandibulaire |
| Halitose et altération du goût | Mauvaise haleine et modification du goût |
| Trismus | Contraction musculaire involontaire de la mâchoire |
| Gêne à la mastication | Difficulté liée au volume du capuchon muqueux |
| Adénopathies locales | Ganglions enflés |
| Fièvre | Présente lors des poussées aiguës |
| Pus | Possible dans le stade aigu |
| Douleur | Présente, variable selon le stade |
3. Aspects histologiques et radiologiques
| Aspect | Description |
|---|---|
| Histologique | Infiltrat de cellules inflammatoires, dilatation et engorgement des vaisseaux sanguins, œdème du tissu conjonctif |
| Radiologique | Stade initial : absence de signe à la radiographie<br>Stade avancé : radiotransparence localisée autour de la dent |
4. Pronostic
- Pronostic favorable si traitement au stade initial.
- Sans traitement, infection peut diminuer mais récidive fréquente.
- Risques de complications : destruction des tissus parodontaux, lésions endo-parodontales, caries, rhizalyse de la deuxième molaire, abcès des amygdales, angine, septicémie.
5. Prise en charge thérapeutique
a) Phase aiguë
- Révision de la plaque bactérienne (MTPNC 2)
- Radiographie de contrôle
- Irrigation avec chlorhexidine (CHX)
- Détartrage ultrasonique (US) ou manuel si supportable
- Drainage éventuel avec gaze sous le capuchon muqueux pendant 24h
- Prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) par médecin
- Rinçage à la CHX et application de gel CHX à domicile
- Antibiothérapie si fièvre, adénopathies ou autres signes systémiques (prescription médicale)
- Extraction de la dent concernée après élimination de l’infection (par médecin)
b) Phase chronique
- Radiographie de contrôle
- Rinçage à la CHX
- Détartrage ultrasonique ou manuel
- Rinçage à la CHX ou brossage avec gel CHX à domicile
- Référer au médecin pour élimination du capuchon muqueux ou extraction
6. Maintien des implants dentaires
- Conseils d’hygiène et prévention ciblée pour éviter la péricoronarite autour des implants.
À retenir : La péricoronarite nécessite un traitement précoce pour éviter les récidives et complications graves.
Implants dentaires et péri-implantites
1. Critères de succès d’un implant dentaire
- Absence de mobilité clinique détectable (implant ankylosé)
- Absence de radiotransparence péri-implantaire sur les radiographies
- Diminution du niveau osseux après la première année < 0,1 mm/an (tolérance de 0,5 à 1,5 mm la première année)
- Absence de signes cliniques : douleur, infection, neuropathie, paresthésie
2. Surveillance post-opératoire des implants
| Moment post-opératoire | Actes réalisés | Responsable |
|---|---|---|
| 1 semaine – 10 jours | Contrôle cicatrisation, ablation des points de suture | Médecin dentiste (MD) |
| 3 semaines | Contrôle cicatrisation, établissement du programme d’hygiène | Hygiéniste dentaire (HD) |
| 7 semaines | Contrôle cicatrisation, établissement du programme d’hygiène | Hygiéniste dentaire (HD) |
3. Examens cliniques péri-implantaires
- État de la suprastructure : vis, fractures, mobilité (doit être nulle), dépôts
- État du parodonte péri-implantaire :
- Niveau osseux : radiographie baseline le jour de la pose, puis contrôle à 3-6 mois, 6-12 mois, puis tous les 1-2 ans
- Signes d’inflammation : couleur, fermeté, contour, saignement, suppuration
- Profondeur des poches : sondage avec comparaison à la baseline, à 3 mois post-pose, puis à chaque rappel
4. Pathologies péri-implantaires
| Pathologie | Critères | Prise en charge principale |
|---|---|---|
| Péri-implantite | Inflammation + perte osseuse | Référer au spécialiste, quel que soit le stade |
| Mucosite péri-implantaire | Poches 4-5 mm + inflammation sans perte osseuse | Détartrage, airflow, révision hygiène buccale, ajustement du rappel |
5. Traitements péri-implantaires
- Détartrage + ultrasons + airflow
- Révision de l’hygiène buccale
- Chlorhexidine (CHX)
- Rappels tous les 2-3 mois en cas de pathologie
6. Facteurs de risque des péri-implantites
- Bio-tribocorrosion : relargage de particules métalliques issues des implants dentaires, facteur de risque à long terme
- Facteurs influençant la bio-tribocorrosion :
- Type d’alliage de titane
- pH acide et présence de fluorures
- Cycle masticatoire (usure mécanique)
- Composition de la salive
- Utilisation de CHX (questionnée)
La surveillance rigoureuse et la gestion précoce des signes inflammatoires sont essentielles pour prévenir les péri-implantites.