IV. La physiopathologie et les dysfonctionnements de l’appareil digestif
A) Les états dyspeptiques
Dyspepsie : dys- difficulté - pepsie digestion
Ensemble de troubles digestifs caractérisés par des difficultés à digérer certains aliments (graisses, fritures, ail, oignon, ...), une digestion lente, des ballonnements après le repas, un excès de gaz, ...
B) L’œsophagite
Lésion inflammatoire de la muqueuse œsophagienne. Des douleurs oropharyngées, rétrosternales, épigastriques sont alors ressenties.
Aliments chauds, méconnaissance
C) Le reflux gastro-œsophagien
C’est une insuffisance du sphincter inférieur de l’œsophage qui entraîne une remontée du contenu gastrique dans l’œsophage.
Les symptômes ressentis sont : le pyrosis, une toux et voix enrouée ainsi que des difficultés à avaler.
D) La gastrite
La gastrite est une inflammation chronique ou aiguë de la muqueuse stomacale.
En fonction de la gravité de la lésion de la muqueuse, on distingue :
- la gastrite érosive due à la prise de médicaments, l’alcool et le stress.
- La gastrite non érosive est principalement due à la présence d’une bactérie Helicobacter pylori.
- Elle est asymptomatique. La maladie est découverte par endoscopie et recherche histologique.
- Le traitement est basé sur l’élimination de l’Helicobacter pylori.
E) L’ulcère gastro-duodénal
Définition
Un ulcère est une lésion en forme de cratère dans une membrane.
L’ulcère peptique correspond à tout ulcère qui se forme dans les régions du tube digestif exposées à l’acidité du suc digestif.
La plupart de ces ulcères se forment sur la petite courbure de l’estomac (ulcères gastriques), dans le sphincter pylorique ou dans la première partie du duodénum (ulcères duodénaux).
Causes de la maladie
Les ulcères gastro-duodénaux résultent de la rupture de l’équilibre entre les forces de protection et les forces de destruction.
- Ils semblent être surtout causés par l’hypersécrétion de suc gastrique acide qui est une force destructrice.
- Cependant, la cause peut être l’hyposécrétion de mucus, qui protège les revêtements de l’estomac et du duodénum contre le suc gastrique acide.
- Les ulcères duodénaux peuvent également être dus à une sécrétion insuffisante de bicarbonate de sodium dans le suc pancréatique. Dans ce cas, l’acide gastrique n’est pas tamponné.
Parmi les facteurs susceptibles d’augmenter la sécrétion acide ou diminuer les sécrétions de substances protectrices, mentionnons :
- le stress,
- le tabagisme,
- l’alcool,
- le café,
- certains médicaments tels que l’Aspirine®,
- la stimulation excessive du nerf vague.
On a la preuve que certains ulcères peptiques sont associés à une bactérie Helicobacter pylori.
Symptômes principaux
- Douleurs épigastriques type crampes souvent calmées par la prise d’un repas.
- Dyspepsie.
- Nausées et vomissements possibles.
Complications
- L’hémorragie est la complication la plus courante. Elle peut entraîner une anémie si la perte de sang est importante.
- Perforation de l’estomac pouvant engendrer une péritonite.
- À long terme, un ulcère non traité ou mal soigné peut se cancériser.
Diagnostic
Endoscopie avec biopsie pour vérifier l’absence cancérisation et mettre en évidence la présence d’Helicobacter pylori.
Prévention
Le patient doit modifier ses habitudes alimentaires :
- Éviter les agrumes, épices, alcool qui irritent la muqueuse gastroduodénale.
- Éviter les repas copieux riches en graisses ou protéines, qui augmentent le travail de l’estomac et entraînent une hypersécrétion d’acide chlorhydrique.
- Prendre ses repas au calme en mâchant ses aliments avec un temps de repos après le repas, ce qui va faciliter le travail de l’estomac.
Éviter le stress et favoriser le repos.
Éviter la prise de médicaments irritants ou favorisant les saignements de l’ulcère.
L’arrêt du tabac. En effet celui-ci favorise la réapparition de l’ulcère en augmentant la réaction acide.
Ne pas interrompre le traitement, même en l’absence de douleur, en raison des risques de rebond d’acidité et de rechute de l’ulcère avant sa cicatrisation.
F) Hernie hiatale
L’hernie hiatale est une ascension de l’estomac dans le thorax au travers de l’orifice œsophagien du diaphragme appelé « orifice hiatal ».
G) Gastro-entérites
Ces pathologies infectieuses peuvent être causées par divers agents pathogènes : des virus, des bactéries ou des protozoaires parasites.
Parlons de la gastro-entérite virale aiguë à rotavirus
La gastro-entérite virale aiguë est une infection de courte durée, 3 à 5 jours, due à un rotavirus, souvent responsable d’une épidémie hivernale.
Les symptômes les plus observés sont une perte d’appétit, des vomissements, des diarrhées fréquentes accompagnées de douleurs abdominales et une fièvre peu élevée.
Les conséquences sont graves chez les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées. Elle peut provoquer chez eux des déshydratations sévères en 24 h, nécessitant une hospitalisation.
L’invasion des virus entraîne une inflammation de l’estomac (gastro) et de l’intestin (entérite). En détruisant les cellules bordantes du sommet des villosités, les virus entraînent des troubles de l’absorption intestinale. L’eau et les autres nutriments sont rejetés dans des selles liquides accompagnés de particules virales. Le même mécanisme au niveau de la paroi gastrique est à l’origine de vomissements.
Pour éviter la déshydratation, il faut boire souvent et de petites quantités d’eau, de bouillon, des tisanes ou utiliser des solutions de réhydratation. Des médicaments peuvent être prescrits pour atténuer les symptômes.
La prévention nécessite une hygiène rigoureuse des mains du malade et du personnel en collectivité après un contact avec le malade ou ses rejets, la désinfection des surfaces et objets en contact avec le malade (jouets, vaisselle, ...).
Deux vaccins, présentés sous forme buvable, sont proposés pour protéger les nourrissons à partir des 6 semaines des gastro-entérites virales.
H) Les vomissements
Le vomissement est un rejet involontaire et soudain du contenu de l’estomac par la bouche. Les signes annonciateurs sont une augmentation de la salivation, une pâleur, des nausées et une pesanteur stomacale.
Les causes possibles sont un excès alimentaire, l’absorption excessive d’agents irritants (alcool, aliments épicés, ...), la prise de médicaments ou la présence d’un agent infectieux, générine, phase.
En réaction, l’organisme contracte les muscles du diaphragme et des abdominaux. Le contenu de l’estomac est repoussé vers le haut lors de spasmes, de l’œsophage vers le pharynx puis jusqu’à la bouche.
La conséquence principale est le risque de déshydratation sévère puis de dénutrition en cas de vomissements répétés et prolongés.
La prévention et les traitements dépendent des causes.
I) La constipation
La constipation est le résultat du séjour prolongé des selles dans le côlon avec déshydratation des matières.
Elle est définie par une fréquence de selles inférieure à trois selles par semaine.
Les selles sont de consistance dure et difficiles à évacuer.
Le patient ressent des douleurs coliques dues à la présence permanente de matière dans le gros intestin.
Certaines règles hygiéno-diététiques simples permettent de diminuer la fréquence de la constipation :
- La prise d’un verre d’eau froide le matin, au lever, déclenche une contraction intestinale et une sécrétion de bile qui vont accélérer le transit et déclencher les selles.
- Avoir une bonne hydratation et boire beaucoup d’eau (1,5 l à 2 l d’eau par jour).
- Consommer des aliments riches en fibres (crudités, pain complet, ...) et des laitages (au bifidus actif).
- Renforcer la sangle intestinale par des exercices physiques (marche, gymnastique, ...), ce qui favorise le transit.
- Ne pas ignorer les besoins de défécation et prendre le temps nécessaire aux toilettes.
- Éviter les aliments qui constipent.
J) Traitements
- Les médicaments antiacides
Les antiacides sont des bases qui permettent d’élever le pH intragastrique en neutralisant l’acidité gastrique.
L’ingestion de :
- carbonate de calcium : CaCO₃,
- de bicarbonate de soude : NaHCO₃,
- d’hydroxyde d’aluminium : Al(OH)₃,
- d’hydroxyde de magnésium : Mg(OH)₂
« consomme » les protons et neutralise l’acidité gastrique.
- Les inhibiteurs de la sécrétion acide
Les cellules pariétales sécrètent de l’acide dans l’estomac.
- Cette sécrétion est assurée par une pompe à protons.
- Les médicaments inhibiteurs de la pompe à proton empêchent donc la sécrétion acide dans l’estomac.
- L’acétylcholine, la gastrine et l’histamine libérée au niveau de la muqueuse stimulent les cellules pariétales et augmentent la sécrétion d’HCl.
- Les effets de l’histamine peuvent être bloqués par des antagonistes des récepteurs H₂.
- Les médicaments appelés antagonistes des récepteurs histaminiques H₂ empêchent donc la sécrétion acide dans l’estomac.
- Éradication de la bactérie Helicobacter pylori
Administration de 2 antibiotiques (amoxicilline et clarithromycine) associés à un IPP durant 3 semaines.