Examen clinique du système nerveux
1. Observation de l’animal
- État d’éveil : géré par prosencéphale et tronc cérébral (TC). États possibles : alerte, désorienté, déprimé, stuporeux, comateux.
- Comportement : contrôlé par le prosencéphale (ex. démarche en cercle, pousser au mur).
- Posture : tête penchée (atteinte vestibulaire) ou tournée (atteinte prosencéphale).
- Démarche :
- Boiterie : origine orthopédique ou neurologique (moelle épinière, ME).
- Ataxie proprioceptive (atteinte ME ou TC), cérébelleuse, vestibulaire.
- Parésie (faiblesse motrice) : atteinte ME/SNP/TC, différenciation motoneurone central (MNC) ou périphérique (MNP).
Motoneurones
| Type | Localisation | Fonction | Atteinte entraîne |
|---|---|---|---|
| MNC (motoneurone central) | SNC | Acheminer influx du SNC vers ME, contrôle inhibiteur du MNP | ↑ tonus musculaire et réflexes médullaires |
| MNP (motoneurone périphérique) | SNP (racines ME) | Transmet ordre du MNC aux muscles | ↓ tonus musculaire et réflexes |
-
Paralysies :
- Parésie = faiblesse motrice volontaire
- Plégie = absence totale de mouvement volontaire
- Types : hémiplégie (1/2 corps vertical), paraplégie (1/2 corps horizontal), quadriplégie (4 membres), monoplégie (1 membre).
-
Vision : évaluée via nerf optique, œil, prosencéphale, parcours obstacle, test laser.
-
Mouvements anormaux : tremblements, convulsions, myoclonies, tétanie (conscient mais raideur), chorées (mouvements involontaires).
2. Réactions posturales
Évaluent la proprioception (consciente et inconsciente) impliquant nerfs, ME, TC, prosencéphale.
- Placers proprioceptifs : repositionnement volontaire d’un membre placé anormalement.
- Sautillements : proprioception inconsciente, surtout chez le chat.
- Brouette : test de proprioception inconsciente.
3. Réflexes médullaires
Permettent de localiser une lésion nerveuse, sans intervention des centres supérieurs.
| Réflexe | Stimulus | Nerfs/segments impliqués | Interprétation |
|---|---|---|---|
| Patellaire | Percussion ligament rotulien | Nerf fémoral, segments L4-L6 | ↓/absent = lésion nf fémoral ou ME L4-L6 (MNP) ; ↑ = intact |
| Retrait membre postérieur | Tirer espace interdigité | Nerfs sciatique, fémoral, L6-S2 | ↓/absent = lésion sciatique ou ME L6-S2 (MNP) |
| Retrait membre thoracique | Tirer membre | Nerfs médian, radial, ulnaire C6-T2 | Même interprétation que membre postérieur |
| Cutané du tronc | Pincer peau du dos | Nerfs thoraciques latéraux, segments L5-L6 à C8-T1 | Évalue intégrité sensitive et motrice locale |
| Périnéal | Stimulation périnée | Nerfs sacrés | Évalue intégrité des segments sacrés |
4. Évaluation sensitive
- Recherche de douleur par pincement (nociception) et observation comportementale.
- Différencier nociception (perception douleur) et réflexe de retrait (réflexe spinal).
- Sensibilité cutanée variable selon race et morphologie.
5. Réflexes et réponses des nerfs crâniens
| Nerf | Fonction | Test clinique | Signes de lésion |
|---|---|---|---|
| I (olfactif) | Sensitif olfaction | Rarement testé | Anosmie bilatérale |
| II (optique) | Sensitif vision | Parcours obstacle, menace, réflexe pupillaire | Cécité |
| III (oculomoteur) | Moteur œil et paupières, parasympathique | Symétrie oculaire, nystagmus, réflexe pupillaire | Strabisme ventro-lat, absence réflexe pupillaire |
| IV (trochléaire) | Moteur muscle oblique dorsal | Symétrie oculaire | Strabisme dors-lat |
| V (trijumeau) | Sensitif face, moteur mastication | Réflexe cornéen, palpébral, sensibilité nasale, tonus mâchoire | Absence réflexes, amyotrophie masticateurs |
| VI (abducens) | Moteur muscle latéral œil | Symétrie oculaire | Strabisme convergent |
| VII (facial) | Moteur face, sensitif langue antérieure, parasympathique | Réflexe cornéen, menace, test Schirmer | Parésie faciale, kératoconjonctivite sèche |
| VIII (vestibulo-cochléaire) | Sensitif audition et équilibre | Posture, nystagmus, PEA | Syndrome vestibulaire, absence nystagmus |
| IX (glosso-pharyngien) | Moteur larynx, sensitif langue postérieure | Prise d’eau, réflexes déglutition/pharyngé | Dysphagie, absence réflexes |
| X (vague) | Moteur pharynx, larynx, parasympathique viscères | Prise d’eau, réflexes déglutition, oculo-cardiaque | Dysphagie, dyspnée, mégaœsophage |
| XI (accessoire) | Moteur cou/épaule | Symétrie cou | Amyotrophie trapèzes |
| XII (hypoglosse) | Moteur langue | Motricité langue | Atrophie langue, dysphagie |
Tests clés :
- Vision et menace (clignement à l’approche d’un objet)
- Réflexe pupillaire (myosis à la lumière)
- Réflexe palpébral (stimulation paupière)
- Réflexe cornéen (coton-tige sur cornée)
- Sensibilité nasale (stimulation narines)
6. Neurolocalisation
Permet de localiser la lésion après examen clinique, orienter hypothèses et examens complémentaires.
| Syndrome | Signes cliniques clés |
|---|---|
| Prosencéphale | Troubles comportement, altération vigilance, déficit postural controlatéral, absence réponse menace controlatérale, épilepsie, tête tournée, atteinte optique |
| Tronc cérébral | Troubles vigilance, hémi/tétraplégie, déficit postural ipsilatéral, déficit nerfs crâniens ipsilatéraux, troubles respiratoires |
| Syndrome vestibulaire | Tête penchée ipsilatérale, marche en cercle, nystagmus, strabisme, ataxie vestibulaire |
| Syndrome cérébelleux | Ataxie cérébelleuse (hypermétrie, polygone de sustentation élargi, mouvements saccadés, chutes), tremblements intentionnels, absence clignement à la menace |
| Syndrome médullaire | Pas d’atteinte vigilance, troubles locomoteurs, douleurs, perte nociception, dysurie |
L’examen clinique du système nerveux repose sur une observation attentive, l’évaluation des réactions posturales, des réflexes médullaires, de la sensibilité, des nerfs crâniens et une bonne neurolocalisation pour orienter le diagnostic.
Neurolocalisation et syndromes neurologiques
1. Neurolocalisation : principes clés
- Réflexes médullaires : diminution bilatérale en cas de lésion médullaire, diminution unilatérale si atteinte du nerf périphérique.
- Sensibilité profonde : présence du moindre mouvement implique une sensibilité profonde conservée.
- Lésions médullaires selon le niveau :
| Niveau lésion | Signes moteurs | Sensibilité | Réflexes | Atteinte motrice |
|---|---|---|---|---|
| Haute (C1-C5) | Tétraplégie complète | Proprioception absente | Menace normale | Motoneurone central (MNC) 4 membres |
| Moyenne (C6-T2) | Tétraplégie | Proprioception absente | Menace normale | Motoneurone périphérique (MNP) antérieurs, MNC postérieurs |
| Thoracique (T3-L3) | Paralysie postérieure | Proprioception normale antérieure, absente postérieure | Réflexes normaux antérieurs | MNC postérieurs |
| Lombaire (L4-S1) | Paralysie postérieure | Proprioception absente postérieure | Menace normale | MNP postérieurs |
- Atteinte du système nerveux périphérique (nerfs, motoneurone périphérique, jonction neuro-musculaire) : tremblements, parésie de type MNP, amyotrophie, difficulté à supporter le poids, petits pas, fatigabilité.
2. Pathologies de l’encéphale et nerfs crâniens
a) Troubles de la vigilance
- Origine : toujours liés à un dysfonctionnement cérébral, souvent syndrome d’hypertension intracrânienne (HTIC).
- Physiopathologie HTIC :
- Crâne inextensible chez l’adulte.
- Causes : tumeur, hémorragie, surproduction de LCR.
- Compensation initiale par baisse de production de LCR.
- Si compensation dépassée → augmentation pression intracrânienne.
- Conséquences :
- Engorgement cérébral → hernies (sous la faux du cerveau, tente du cervelet, trou occipital).
- Compression du tronc cérébral → coma, mort.
- Si pression intracrânienne > pression artérielle → anoxie neuronale.
- Symptômes : dépression, stupeur, coma, anomalies du port de tête, mouvements anormaux.
- Évaluation gravité :
- Reconnaître trouble vigilance (de léger à coma dépassé).
- Identifier cause (anamnèse, examen clinique, neuro).
- Traitement : symptomatique (corticoïdes, diurétiques), traitement de la cause, maintien des fonctions vitales.
b) Œdèmes et accumulations
- Types d’œdèmes cérébraux :
- Vasogénique : perméabilité capillaire augmentée.
- Cytotoxique : hypoxie cellulaire.
- Interstitiel : excès de LCR dans substance blanche.
- Accumulations :
- Sang : hématomes extraduraux, sous-duraux, sous-arachnoïdiens.
- LCR : hydrocéphalie.
3. Ataxies : troubles de l’équilibre et de la coordination motrice
- Définition : troubles de l’équilibre et de la coordination liés à une atteinte du système nerveux.
- Structures impliquées : appareil vestibulaire, cortex, cervelet, moelle épinière, nerfs périphériques.
- Signes cliniques :
- Difficulté à se tenir debout (astasie).
- Démarche mal coordonnée, chutes (abasie).
- Ataxie statique (au repos) ou cinétique (en mouvement).
- Dysmétrie (mouvements inadaptés), hypermétrie ou hypométrie.
- Motricité volontaire conservée (différent d’une paralysie).
a) Types d’ataxies
| Type d’ataxie | Signes caractéristiques | Localisation lésion |
|---|---|---|
| Vestibulaire | Dissymétrique, tête penchée, démarche en cercle, nystagmus horizontal/rotatoire, déficit proprioceptif, syndrome Claude Bernard-Horner possible | Périphérique (oreille interne, nerf vestibulaire) ou central (noyaux vestibulaires du tronc cérébral) |
| Cérébelleuse | Symétrique, troubles de l’équilibre au repos, polygone de sustentation élargi, démarche hypsométrique, tremblements, nystagmus pendulaire | Cervelet |
- Diagnostic : imagerie (RX, scanner, IRM), ponction lombaire.
- Traitement : selon étiologie, traitement symptomatique des pertes d’équilibre.
4. Convulsions et épilepsie
- Convulsions : contractions musculaires violentes, saccadées, involontaires, souvent associées à altération de la conscience et troubles neurovégétatifs.
- Syndrome convulsif : ensemble des manifestations cliniques des convulsions.
- Étiologies :
- Cérébrales : lésions structurelles ou anomalies fonctionnelles.
- Extra-cérébrales : perturbations métaboliques, toxiques, endogènes.
- Physiopathologie : hyperexcitabilité neuronale → dépolarisations paroxystiques → perturbations métaboliques (acidose, hypoglycémie).
- Risques : hypoxie cérébrale liée à la durée et intensité des crises.
a) Épilepsie primaire (essentielle)
- Définition : crises convulsives récidivantes sans lésion cérébrale décelable.
- Origine : souvent génétique, plus fréquente chez certaines races.
- Crise généralisée : plusieurs phases
| Phase | Description |
|---|---|
| Aura | Perception prémonitoire (rare chez carnivores) |
| Tonique | Contraction généralisée, opisthotonos, trismus, apnée, cyanose possible |
| Clonique | Alternance contraction/relâchement, salivation, respiration saccadée |
| Stertor | Retour progressif à la normale, respiration bruyante, reprise de conscience |
- Durée typique : 1 à 5 minutes.
- Phase post-critique : ataxie, confusion, durée variable.
b) Crises partielles
- Conscience conservée.
- Types :
- Psychiques : hallucinations, peur, agressivité.
- Motrices : mouvements répétitifs (mastication, pédalage, clonies localisées).
À retenir : la localisation neurologique repose sur l’analyse des signes moteurs, sensitifs et réflexes, permettant de différencier lésions centrales (motoneurone central) et périphériques (motoneurone périphérique, nerfs). Les troubles de la vigilance traduisent souvent une HTIC grave, urgence neurochirurgicale. Les ataxies et convulsions sont des syndromes cliniques majeurs orientant vers des atteintes spécifiques du système nerveux.
Pathologies de l'encéphale et nerfs crâniens
1. Épilepsie
- Seuil épileptogène : chaque individu possède un seuil variable déclenchant les crises.
- Diagnostic : reconnaître les convulsions, crises brèves récidivantes avec état normal entre crises.
- Pronostic : maladie incurable, crises récurrentes, risque vital si crises subintrantes.
- Traitement : pas de guérison, réduire fréquence et intensité. Monothérapie au phénobarbital, bithérapie avec bromure si échec.
a) Épilepsie secondaire
- Plus fréquente chez le chat, liée à des lésions cérébrales (malformations, séquelles).
- Crises partielles pouvant se généraliser.
- Examen neurologique : normal = épilepsie essentielle, anomalie = épilepsie secondaire.
- Examens complémentaires : bilan sanguin, LCR, imagerie (radio, scanner, IRM).
- Traitement : ciblé sur la cause.
b) Causes extracrâniennes de crises
| Cause | Mécanisme / Particularités |
|---|---|
| Hypoxie | Troubles vigilance, chronique ou brutale |
| Hyperthermie | Coup de chaleur, œdème cérébral, fièvre |
| Hypoglycémie | Chiots, adultes, effort, tumeur pancréatique |
| Hypocalcémie | Femelles en lactation |
| Encéphalose hépatique | Insuffisance hépatique, shunts portosystémiques |
| Déséquilibre hydroélectrolytique et acido-basique | Impact sur SNC |
| Encéphalopathies toxiques | Pesticides, médicaments (chimio, kétamine, ivermectine), métaux |
2. Classification des pathologies de l'encéphale (VITAMIN D)
| Lettre | Signification |
|---|---|
| V | Vasculaire |
| I | Infectieuse-Inflammatoire |
| T | Traumatique |
| A | Anomalies congénitales |
| M | Métabolique |
| I | Idiopathique |
| N | Néoplasique |
| D | Dégénérative |
3. Malformations congénitales
a) Hypoplasie cérébelleuse
- Définition : développement insuffisant du cervelet.
- Étiologie : infection in utero (virus panleucopénie chez chat), races prédisposées (irish, chow-chow, airedale).
- Clinique : ataxie cérébelleuse symétrique dès les premiers mouvements.
- Pronostic : aucun traitement, vie possible en environnement protégé si peu sévère.
b) Hydrocéphalie
- Définition : dilatation ventriculaire cérébrale par excès de LCR, blocage à l’aqueduc mésencéphalique.
- Épidémiologie : 70% des malformations congénitales, races naines (chihuahua, siamois).
- Clinique : troubles vigilance, crises convulsives, amaurose, ataxie, déformation crânienne.
- Diagnostic : tête volumineuse chez chaton, imagerie (radio, écho, IRM).
- Traitement : palliatif ou chirurgical (dérivation du LCR).
c) Malformations complexes
| Malformation | Description et signes clés |
|---|---|
| Arnold-Chiari | Engagement du cervelet par foramen magnum, obstruction LCR, syringomyélie, ataxie, tétraplégie motoneurone central |
| Syndrome de Dandy-Walker | Hypoplasie cérébelleuse + dilatation kystique 4e ventricule + hydrocéphalie, ataxie, convulsions, troubles visuels |
- Transmission : autosomale récessive (ex. chez Eurasier).
4. Tumeurs cérébrales
- Représentent 1,5 à 3% des tumeurs chez le chien, prédisposition raciale (brachycéphales, boxers).
- Évolution progressive chronique avec hypertension intracrânienne.
- Symptômes liés à la localisation.
- Diagnostic : imagerie (scanner, IRM), analyse LCR, radiographie.
- Traitement : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie.
5. Affections inflammatoires de l'encéphale
- Souvent diffuses ou multimodales (encéphalomyélite, méningo-encéphalite).
- Confirmation par analyse du LCR.
a) Affections virales majeures
| Maladie | Caractéristiques principales |
|---|---|
| Rage | Encéphalite, atteinte nerfs crâniens, baisse vigilance |
| Maladie de Carré | Méningo-encéphalomyélite secondaire, troubles respiratoires, oculaires, digestifs, paralysie faciale |
| Hépatite de Rubarth | Vasculite, hémorragies cérébrales |
| Maladie d’Aujeszki | Prurit intense, paralysie pharyngée, convulsions, mort rapide |
| Herpèsvirose canine | Mort aiguë chiots, séquelles cérébelleuses chez survivants |
| Péritonite infectieuse féline (PIF) | Atteinte nerveuse non exsudative, vestibulaire, convulsions |
| Virus immunodéficience féline (FIV) | Méningo-encéphalite, signes non spécifiques |
| Encéphalites équines | West Nile, japonaise, de l’Est, de l’Ouest, du Venezuela |
b) Affections bactériennes
- Rares chez carnivores, plus fréquentes chez chevaux et animaux de rente.
- Souvent localisées au rachis, suite à trauma ou iatrogènes.
c) Affections parasitaires et fongiques
| Parasite / Infection | Particularités |
|---|---|
| Toxoplasmose | Protozoose, surtout chat, inflammation cérébrale avec nécrose |
| Néosporose | Protozoose canine, lésions cérébrales inflammatoires |
| Babésiose canine | Parasite des érythrocytes, peut affecter SNC indirectement |
À retenir : L’épilepsie peut être essentielle (sans anomalie neuro) ou secondaire (lésions cérébrales), le diagnostic repose sur l’examen neurologique et les examens complémentaires. Les malformations congénitales majeures incluent hypoplasie cérébelleuse, hydrocéphalie, et malformations complexes (Arnold-Chiari, Dandy-Walker). Les tumeurs cérébrales évoluent lentement avec hypertension intracrânienne. Les affections inflammatoires sont souvent virales, confirmées par LCR.
Pathologie de la moelle épinière
1. Pathologies infectieuses et inflammatoires
- Méningites modérées : souvent dues à des agents provoquant l’éclatement des cellules.
- Mycoses (ex. cryptococcose) : peuvent entraîner méningite et épendymite.
- Méningo-encéphalomyélite granulomateuse (MEMG) : chez chiens/chats, petites races, atteinte du cervelet, substance blanche et hémisphères cérébraux → ataxie, névrite, douleur cervicale, signes médullaires, évolution variable (aiguë à chronique).
- Encéphalite du carlin / méningo-encéphalite nécrosante du York : maladie chronique progressive (1-6 mois), jeunes animaux (9 mois-4 ans), symptômes neurologiques graves (convulsions, ataxie, troubles posturaux), atteinte de la substance blanche.
- Syndrome de méningite/artérite aseptique du chien : 3 formes principales
- Méningite neutrophile aseptique : jeunes adultes, récidivante, hyperesthésie, douleurs cervicales.
- Méningite du beagle (Kain syndrome) : polyartérite, douleur cervicale intense, hyperthermie, évolution cyclique.
- Méningo-encéphalite des chiens blancs : insuffisance neuromédiateurs, tremblements généralisés, pléocytose lymphocytaire dans le LCR, réponse aux corticoïdes immunosuppresseurs.
2. Pathologies vasculaires
- Mécanismes : ischémie/anoxie par thrombo-embolie veineuse (possibilité de dérivation) ou artérielle (plus grave, pas de dérivation).
- Symptômes : apparition brutale, baisse de vigilance, augmentation du volume cérébral.
- Diagnostic : scanner ou IRM pour hémorragie.
- Traitement : héparine, acide acétylsalicylique, inhibiteurs calciques, traitement symptomatique ou chirurgical.
3. Encéphalopathies métaboliques
- Troubles électrolytiques : peuvent provoquer convulsions.
- Encéphalopathie hépatique : shunt portosystémique (extra-hépatique, intra-sympathique, hypoplasie portale), signes cliniques liés aux repas (baisse vigilance, marche compulsive, amaurose, convulsions).
- Encéphalopathie urémique : convulsions en phase terminale d’insuffisance rénale.
- Carence en thiamine (Vit B1) : rare, anorexie, baisse vigilance, nécrose cérébrale, convulsions, troubles pupillaires et oculomoteurs.
- Polycythémie : augmentation des globules rouges → convulsions par thrombose intracrânienne.
- Maladies de surcharge : accumulation de produits métaboliques dans les cellules, provoquant tremblements, amaurose, ataxie, convulsions.
4. Encéphalopathies toxiques
- Tétanos : toxine tétanospasmine produite par une bactérie anaérobie, symptômes = mâchoire serrée, spasmes musculaires, arrêt respiratoire. Traitement par amoxicilline à forte dose.
5. Encéphalopathies dégénératives
- Vieillissement du système nerveux : perte neuronale, ralentissement des réflexes, atteinte de l’odorat et de l’ouïe, possible sénilité.
- Dégénérescence spongieuse : maladie héréditaire (ex. maladie de Canavan), vacuolisation liée à la dégénérescence de la myéline ou des cellules gliales, atteinte de la substance blanche (ataxie corticale, tremblements) ou grise.
6. Pathologies des nerfs crâniens
| Nerf | Fonctions | Localisation | Pathologies principales | Signes cliniques | Particularités |
|---|---|---|---|---|---|
| V (trijumeau) | Sensitif (V1, V2, V3), moteur (masticateurs), neuro-végétatif | Base du tronc cérébral | Névrite | Baisse tonus masticateur, bouche ouverte | Guérison en 2-3 semaines, cause inconnue |
| VII (facial) | Moteur (expression faciale), parasympathique (salivation, larmes), sensitif gustatif | Tronc cérébral, émergence stylo-mastoïdienne | Paralysie faciale idiopathique, otite, troubles métaboliques, neuro-immunes | Paralysie unilatérale, rémission variable | Différencier lésion centrale vs périphérique |
| Système autonome (Claude Bernard-Horner) | Fonction vitale automatique (ortho/parasympathique) | Trajet des nerfs autonomes | Syndrome de Horner | Ptose palpébrale, myosis, énophtalmie, protrusion 3e paupière | Souvent unilatéral, causes multiples (trauma, tumeur, instabilité vertébrale) |
7. Pathologie de la moelle épinière (ME)
a) Caractères généraux
- Ataxie médullaire : trouble de l’équilibre et coordination dû à une atteinte médullaire, souvent associée à une atteinte sensitive et motrice.
- Ataxie motrice : syndrome de type motoneurone central (MNC) ou périphérique (MNP), nécessite évaluation membre par membre.
b) Physiopathologie des traumatismes médullaires
- Traumatisme aigu :
- Phase primaire : compression → destruction des gaines de myéline, commotions, hémorragies, lacérations.
- Phase secondaire : réactions chimiques toxiques aggravant la lésion initiale.
À retenir : L’atteinte médullaire se manifeste principalement par une ataxie associée à des troubles moteurs (parésie, paralysie) et sensitives, avec une évolution dépendant de la nature et de la localisation de la lésion.
Pathologies des nerfs périphériques
1. Pathologies des nerfs périphériques
Les nerfs périphériques peuvent être moteurs, sensitifs ou mixtes. Leur intégrité repose sur l’état de l’axone et de la gaine de myéline. Les neuropathies peuvent être axonales (atteinte de l’axone) ou demyélinisantes, souvent mixtes.
2. Généralités
- Corps cellulaires : motoneurones dans la corne ventrale, corps sensitifs dans les ganglions paraspinaux.
- Capacité de régénération : possible mais diminue avec la proximité de la lésion et l’âge (moins bonne chez le jeune en croissance).
- Symptômes généraux : fatigabilité anormale, intolérance à l’effort, troubles moteurs (type motoneurone périphérique) associés à des troubles sensitifs ou proprioceptifs.
3. Neuropathies traumatiques
- Classification : 3 catégories selon la gravité de la lésion.
- Dégénérescence wallérienne : repousse axonale d’environ 1 mm/jour.
- Rapport trophique nerf-muscle : amyotrophie rapide en cas de dénervation prolongée, avec risque de fibrose musculaire.
- Conséquences : paralysie, ankylose articulaire.
- Atteinte sensitive : anesthésie, paresthésie locale (ex. animal se ronge la patte).
- Pronostic : récupération possible en 2-3 mois si prise en charge rapide et atteinte distale.
4. Tableau synthétique des neuropathies périphériques
| Type de neuropathie | Atteinte principale | Symptômes clés | Pronostic / Particularités |
|---|---|---|---|
| Axonale | Axone | Paralysie, amyotrophie, perte sensitive | Récupération lente, dépend de la régénération axonale |
| Démyélinisante | Gaine de myéline | Troubles de conduction, faiblesse | Récupération plus rapide si myéline réparée |
| Mixte | Axone + myéline | Combinaison des symptômes | Pronostic variable selon la gravité |
À retenir : La fonction nerveuse dépend de l’intégrité de l’axone et de la gaine de myéline ; la régénération axonale est possible mais limitée par la localisation et l’âge.