Anatomie et fonction du système urinaire
1. Fonction du système urinaire
Le système urinaire a plusieurs fonctions essentielles :
- Filtrage du sang pour éliminer les déchets.
- Réabsorption de l’eau, principalement sous l’action de l’ADH (hormone antidiurétique).
- Sécrétion de substances régulatrices :
- Rénine : contrôle la tension artérielle.
- Érythropoïétine (EPO) : stimule la production des globules rouges (érythropoïèse).
2. Infections urinaires
- Agent principal : Escherichia coli (bactérie Gram-), présente naturellement dans les selles.
- Prévalence : plus fréquentes chez les femmes.
- Chez les hommes, les infections urinaires sont considérées comme une urgence médicale et surviennent surtout après 50 ans.
3. Cystite aiguë
a) Causes principales
- Mauvaise hygiène intime
- Changements hormonaux (grossesse, ménopause)
- Grossesse
- Cystocèle (descente de la vessie)
- Diabète
- Sonde urinaire
- Malformations des voies urinaires
- Relations sexuelles (cystite post-coïtale)
- Hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou prostatite
b) Symptômes
- Dysurie : difficulté à uriner
- Brûlures lors de la miction
- Pollakiurie : besoin fréquent d’uriner, souvent faux besoin
- Pyurie : présence de pus dans les urines, urine malodorante
- Hématurie : présence de sang dans les urines
La cystite aiguë est une infection urinaire fréquente, surtout chez la femme, avec des symptômes urinaires typiques et plusieurs facteurs de risque.
Infections urinaires
1. Cystite aiguë
- Définition : Infection bactérienne de la vessie, fréquente, surtout chez la femme.
- Symptômes : Douleur ou pression dans le bas-ventre, brûlures mictionnelles.
- Diagnostic :
- ECBU (Examen cytobactériologique des urines) : recherche de bactéries et globules blancs.
- Antibiogramme : détermine la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques (utile pour adapter le traitement, mais pas un outil diagnostic).
- Complications : Risque de remontée de l’infection vers les reins, surtout chez l’homme → pyélonéphrite.
- Traitement :
- Antibiotiques (ex. fosfomycine, sulfaméthoxazole).
- Antispasmodiques pour soulager les douleurs.
- Mesures préventives :
- Boire abondamment.
- Vider la vessie après les rapports sexuels.
- Ne pas se retenir trop longtemps avant d’uriner.
- Maintenir une bonne hygiène intime.
- Éviter les aliments irritants pour la vessie.
- Assurer un transit intestinal régulier.
- Conseils diététiques :
- Hydratation importante.
- Consommation de fruits acides.
- Éviter café, épices, boissons gazeuses (irritants pour la vessie).
2. Pyélonéphrite aiguë
- Définition : Inflammation du bassinet et du rein, souvent due à une infection ascendante.
- Causes principales :
- Cystites à répétition.
- Lithiase rénale (calculs).
- Malformations des voies urinaires.
- Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP).
- Population à risque : Femmes enceintes, enfants avec malformations urinaires.
À retenir : La cystite non traitée peut évoluer en pyélonéphrite, une infection plus grave touchant les reins.
Cystite aiguë
1. Cystite aiguë
La cystite aiguë est une infection inflammatoire de la vessie, généralement d'origine bactérienne.
a) Symptômes principaux
- Brûlures mictionnelles (douleur en urinant)
- Pollakiurie (envie fréquente d'uriner)
- Urgence mictionnelle
- Douleur sus-pubienne
- Parfois, hématurie (sang dans les urines)
b) Diagnostic
- Examen cytobactériologique des urines (ECBU) : identification de la bactérie responsable et confirmation de l'infection.
- Recherche d'une bactériurie significative (>10^5 UFC/mL).
- Absence de fièvre ou signes généraux (différencier de la pyélonéphrite).
c) Étiologie
- Principalement due à Escherichia coli (80-90% des cas).
- Autres bactéries possibles : Klebsiella, Proteus, Staphylococcus saprophyticus.
d) Facteurs favorisants
- Facteurs anatomiques : reflux vésico-urétéral, anomalies des voies urinaires.
- Facteurs fonctionnels : rétention urinaire, sondage.
- Facteurs hormonaux : grossesse, ménopause.
- Hygiène et rapports sexuels.
e) Traitement
- Antibiothérapie courte (3 à 5 jours) adaptée selon l'antibiogramme.
- Hydratation abondante.
- Mesures d'hygiène pour prévenir les récidives.
La cystite aiguë est une infection localisée de la vessie, caractérisée par des symptômes urinaires typiques et confirmée par un ECBU, nécessitant un traitement antibiotique adapté.
Pyélonéphrite aiguë
1. Pyélonéphrite aiguë
a) Définition
La pyélonéphrite aiguë est une infection bactérienne aiguë du parenchyme rénal et de la cavité pyélique, souvent d'origine ascendante.
2. Syndrome néphritique
-
Signes cliniques :
- Œdèmes discrets
- Hypertension artérielle
- Urines foncées (rouge-brique), peu abondantes
- Asthénie, nausées, douleurs musculaires
-
Causes principales :
- Infections par Streptococcus pyogenes (bêta-hémolytique du groupe A)
-
Examens/Diagnostic :
Type d'examen Résultats typiques Urine Protéinurie, hématurie Sang Vitesse de sédimentation (VS) augmentée Échographie Reins normaux ou hypertrophiés (différencier de la glomérulonéphrite chronique où reins sont plus petits) -
Traitement :
- Antibiotiques adaptés
- Antihypertenseurs
- Diurétiques
- Repos, régime sans sel, restriction hydrique
-
Pronostic :
- Favorable en 3-4 semaines si traitement précoce
- Risques si non traité : glomérulonéphrite chronique, insuffisance rénale chronique, insuffisance cardiaque
3. Syndrome néphrotique (rappel)
- Touche principalement les enfants de 2 à 6 ans
- Souvent idiopathique, parfois lié à un déséquilibre immunitaire post-infection virale ou streptococcique
- Symptômes : œdèmes massifs, prise de poids, protéinurie massive
À retenir : La pyélonéphrite aiguë se manifeste par une infection rénale avec fièvre, douleurs lombaires, et signes urinaires, nécessitant un diagnostic rapide et un traitement antibiotique pour éviter les complications rénales chroniques.
Glomérulonéphrite aiguë
1. Glomérulonéphrite aiguë (GNA)
a) Définition
La glomérulonéphrite aiguë est une inflammation des glomérules rénaux, souvent d'origine immunologique, entraînant une altération rapide de la fonction rénale.
2. Insuffisance rénale (IR) liée à la GNA
- L’insuffisance rénale se caractérise par un taux de filtration glomérulaire (TFG) < 90 ml/min, provoquant une accumulation d'urée et de créatinine dans le sang.
- Elle peut être aiguë (IRA) ou chronique (IRC).
- L’IRA est classée en 3 types selon l’origine :
| Type d’IRA | Mécanisme principal | Causes fréquentes |
|---|---|---|
| Pré-rénale | Diminution du flux sanguin rénal | Hypovolémie (hémorragies, brûlures 3e degré), insuffisance cardiaque |
| Rénale | Atteinte directe du rein | GNA, médicaments néphrotoxiques, métaux lourds |
| Post-rénale | Obstruction des voies urinaires, pression tubulaire élevée | Lithiase urinaire, adénome ou cancer de la prostate |
3. Signes cliniques de l’insuffisance rénale aiguë
- Oligurie (diminution du volume urinaire) ou anurie (absence d’urine)
- Hypertension artérielle (HTA)
- Troubles cardiaques : arythmie, insuffisance cardiaque (IC)
- Symptômes neurologiques : céphalées, tétanie
- Troubles digestifs : nausées, vomissements
4. Biologie et anomalies associées à la GNA
- Hypoalbuminémie : baisse de l’albumine sanguine
- Hypercholestérolémie et augmentation des triglycérides
5. Traitement de la GNA
- Corticoïdes administrés pendant 4 à 6 mois pour réduire l’inflammation
- Régime alimentaire : pauvre en eau et en sodium pour limiter la surcharge hydrosodée et l’hypertension
À retenir : La glomérulonéphrite aiguë provoque une insuffisance rénale aiguë par inflammation glomérulaire, nécessitant un traitement corticoïde et une gestion stricte de l’alimentation hydrosodée.
Syndrome néphrotique
1. Syndrome néphrotique : examen et diagnostic
- Examen d’urine : recherche d’hématurie (sang dans les urines) et de cylindrurie (présence de cylindres dans les urines, signe de lésion rénale).
- Examen sanguin : mesure de l’urémie et de la créatininémie (souvent augmentées en cas d’atteinte rénale), ainsi que du calcium (souvent abaissé).
- Échographie rénale : réalisée en cas d’insuffisance rénale post-rénale pour détecter une obstruction.
2. Insuffisance rénale aiguë (IRA)
- Définition : arrêt brutal de la fonction rénale.
- Traitements clés :
- Identifier et traiter la cause.
- Réduire l’apport en eau, sodium et potassium pour limiter la surcharge.
- Corriger l’acidose métabolique.
- Recourir à la dialyse si la vie est en danger.
3. Insuffisance rénale chronique (IRC)
- Définition : diminution progressive et importante de la filtration rénale, souvent irréversible.
- Caractéristiques :
- Souvent asymptomatique pendant des années.
- Causes principales : hypertension artérielle et diabète (60-70% des cas).
- Autres causes : glomérulonéphrites, néphrites interstitielles, maladie polykystique rénale (maladie génétique avec kystes rénaux et hépatiques), goutte.
- Symptômes :
- IRC latente : fatigue, perte de poids.
- IRC avancée : symptômes plus marqués liés à la défaillance rénale.
À retenir : Le syndrome néphrotique se caractérise par une atteinte rénale détectée par des anomalies urinaires et sanguines, avec un risque d’insuffisance rénale aiguë ou chronique nécessitant un diagnostic précis et une prise en charge adaptée.
Insuffisance rénale aiguë
1. Signes cliniques de l'insuffisance rénale aiguë
- Rétention d’eau et de sel : provoque des œdèmes des jambes et chevilles, ainsi qu'une hypertension artérielle (HTA).
- Troubles neuromusculaires : crampes musculaires, paresthésies des membres inférieurs, crises de tétanie dues à une hypocalcémie.
- Arythmies cardiaques : causées par une hyperkaliémie.
- Anémie : liée à un déficit en érythropoïétine.
- Troubles digestifs : nausées et vomissements.
Les premiers signes sont souvent peu spécifiques, ce qui retarde parfois le diagnostic jusqu’à un stade avancé.
2. Examens et diagnostic
| Examen | Objectif / Résultat clé |
|---|---|
| Bilan sanguin | ↑ potassium (K), ↓ calcium (Ca), acidose métabolique, ↑ urée et créatinine |
| Clearance de la créatinine | Évalue la fonction rénale (débit de filtration glomérulaire) |
| Échographie rénale | Identification des causes (obstruction, anomalies morphologiques) |
| Scintigraphie rénale | Mesure précise de la fonction rénale |
| IRM / CT-scan | Exploration complémentaire en cas de suspicion de pathologies spécifiques |
3. Traitement de l’insuffisance rénale aiguë
- Mesures diététiques : régime pauvre en protéines, sodium (Na) et potassium (K).
- Apport de calcium : pour corriger l’hypocalcémie.
- Adaptation des médicaments : ajuster les doses selon la clearance rénale.
- Antihypertenseurs : contrôle de la pression artérielle.
- Vitamine D : pour compenser le déficit lié à l’insuffisance rénale.
- Érythropoïétine (EPO) : traitement de l’anémie.
- Dialyse : en cas d’insuffisance rénale sévère ou complications majeures.
L’insuffisance rénale aiguë nécessite une prise en charge rapide pour éviter les complications graves.
Insuffisance rénale chronique
1. Insuffisance rénale chronique
a) Traitements principaux
- Dialyse : nécessite 3 séances hebdomadaires de 3h30 à 4h30 chacune.
- Transplantation rénale : solution curative possible.
b) Prévention
- Hygiène de vie adaptée.
- Contrôle strict de l’hypertension artérielle (HTA) et du diabète.
2. Lithiase rénale
a) Définition
Présence de cristaux ou calculs dans les reins, pouvant obstruer les voies urinaires.
b) Types de calculs
| Type | Composition principale | Aspect visuel |
|---|---|---|
| Oxalate ou phosphate de calcium | 70-80% des cas | Jaune et irrégulier ou noir et lisse |
| Acide urique | Lisse, vert foncé ou rouge-brun |
c) Causes et facteurs favorisants
- Infections urinaires à répétition
- Déshydratation (climat chaud et sec)
- Âge et sexe : plus fréquent chez l’homme de 25 à 40 ans
- pH urinaire acide lié à une alimentation riche en purines (viandes rouges)
- Stase urinaire due à hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou adénome prostatique
- Maladies hormonales : hyperparathyroïdie
- Goutte
d) Symptômes
- Colique néphrétique : douleur lombaire unilatérale, brutale, durant de quelques minutes à plusieurs heures
- Fièvre : signe de complication infectieuse
- Dysurie (douleur à la miction)
- Pollakiurie (envie fréquente d’uriner)
- Hématurie (présence de sang dans les urines)
À retenir : L’insuffisance rénale chronique nécessite un suivi rigoureux avec dialyse ou transplantation, tandis que la lithiase rénale est favorisée par des facteurs multiples et se manifeste principalement par des douleurs intenses et des troubles urinaires.
Lithiase rénale
1. Diagnostic de la lithiase rénale
-
Laboratoire :
- Hématurie : présence de sang dans les urines.
- ECBU : examen cytobactériologique des urines pour détecter une infection.
- pH urinaire :
- < 5 (acide) → suspicion de calculs d’acide urique.
- Entre 5 et 6,5 → suspicion de calculs d’oxalate de calcium.
-

7 → suspicion de calculs de phosphate de calcium.
-
Imagerie :
- Échographie rénale : première intention pour visualiser les calculs.
- Radiographie de l’abdomen : détecte les calculs radio-opaques.
- Urographie intraveineuse : examen plus précis pour localiser les calculs.
2. Complications possibles
| Complication | Description |
|---|---|
| Pyélonéphrite | Infection du rein due à l’obstruction |
| Septicémie | Infection généralisée grave |
| Insuffisance rénale (IR) | Détérioration de la fonction rénale |
| Blocage de l’urètre | Obstruction du passage de l’urine |
3. Traitement
-
Critères : dépend de la taille et de la localisation du calcul.
-
Cas non obstructifs et asymptomatiques :
- Surveillance et attente de l’expulsion spontanée.
- Traitement symptomatique :
- Antalgiques pour la douleur.
- Anti-inflammatoires.
- Spasmolytiques pour détendre les voies urinaires.
- Antibiotiques en cas d’infection.
-
Chirurgie : indiquée si calcul volumineux ou complications.
a) Techniques chirurgicales
| Technique | Description |
|---|---|
| Lithotritie | Fragmentation des calculs par ondes de choc |
| Néphrolithotomie | Incision lombaire, fragmentation et aspiration |
| Urétéroscopie | Fragmentation/ablation via un instrument dans l’uretère |
4. Prévention
- Boire beaucoup d’eau pour diluer l’urine et réduire le risque de formation de calculs.
La prise en charge de la lithiase rénale repose sur le diagnostic précis, la gestion des symptômes, la prévention des complications et l’adaptation du traitement à la taille et à la localisation du calcul.
Incontinence urinaire
1. Incontinence urinaire
Définition
L'incontinence urinaire est l'émission involontaire d’urines, pouvant survenir de jour comme de nuit.
2. Types d'incontinence urinaire
| Type | Mécanisme principal | Causes fréquentes |
|---|---|---|
| Incontinence urinaire permanente | Faiblesse ou lésion du sphincter vésical ou vessie hyperactive | Prostatectomie, troubles neurologiques |
| Incontinence d’effort | Fuite lors de contractions abdominales brusques (effort, toux) | Perte de tonus musculaire, prolapsus |
3. Causes principales
- Perte de tonus musculaire chez la femme âgée
- Cystocèle et prolapsus utérin
- Atrophie des muscles du périnée
4. Traitement
- Rééducation du sphincter vésical et des muscles du périnée
- Médicaments antispasmodiques ou spasmolytiques urinaires
5. Prévention
- Perte de poids pour réduire la pression abdominale
- Renforcement des muscles du périnée
- Prévention et traitement des troubles prostatiques
- Éviter les aliments irritants pour la vessie et le tabac
- Traitement de la constipation
L'incontinence urinaire résulte souvent d'une faiblesse musculaire ou d'une lésion sphinctérienne, et se traite principalement par rééducation et prévention ciblée.