Comprendre le processus
A) Quelques mots sur les mots
Le français distingue la « mondialisation » (sphère économique) de la « globalisation » (phénomène total : culturel, écologique, politique). On parle de globalisation financière pour le marché mondial des capitaux.
B) Quelques mots sur les maux
Le processus engendre des débats sur la délocalisation, la désindustrialisation et la pollution. La « démondialisation » (W. Bello) n'est pas la fin des échanges mais une reprise en main du processus par les hommes et les territoires.
C) Les enseignements de l’histoire
Le phénomène est ancien (Antiquité), mais a connu des paliers (Grandes découvertes, Révolution industrielle). Après un coup d’arrêt entre 1914 et 1945 (guerres, crise de 1930),
Il s'accélère à la fin du XXe siècle grâce à la baisse des barrières tarifaires (la baisse tarifaire des produits manufacturés des pays industrialisés qui passe de 40% à 5%),
Baisse des barrières non tarifaires (réduction des obstacles réglementaires et administratifs au commerce afin de favoriser les échanges internationaux mais cela va favoriser la concurrence entre entreprises. Soumis aux CG du GATT et de l’OMC)
Baisse des coûts de transport (conteneurisation) en maritime : le progrès technique a permis d’abaisser de 2/3 le coût d’un navire entre 1920 et 1960 et 10% à nos jours.
Baisse des coûts de la communication, les NTIC se sont développées.
Les échanges intérieurs favorisent une certaine unité organique. Plusieurs aires se sont succédé : Méditerranée, Péninsule Hispanique, Angleterre (XIXe), États-Unis (XXe).
B) Aujourd’hui
La Chine émerge comme nouveau centre potentiel. Marshall McLuhan évoque un « village global » grâce à Internet, mais Dominique Wolton nuance : la fin des distances physiques révèle les distances culturelles.
Aujourd’hui, la Chine apparaît comme un nouveau centre potentiel de l’économie-monde. Si la mondialisation numérique donne l’image d’un “village global” (McLuhan), elle ne fait pas disparaître les différences culturelles, comme le souligne Wolton.
Les acteurs de la mondialisation
A) Les États
Ils s'intègrent selon cinq degrés (Échelle de Balassa) :
- Zone de libre-échange, (avec une libre circulation des marchandises, absence de barrière tarifaire et non tarifaire)
- Union douanière, (il s’agit d’une zone de libre-échange toutefois avec tarif extérieur commun)
- Marché commun (union douanière avec une libre circulation des personnes et des capitaux)
- Union économique (Stade atteinte par l’UE, il s’agit d’un marché commun doublé d’une harmonisation des politiques économiques) : ‘monnaie commune, politique budgétaire harmonisées’
- Intégration économique totale : marché unique doublé de l'unification des politiques économiques et sociales.
Exemple d’accords : UE : union économique et monétaire plus poussée (politique communes, marché unique, monnaie unique), MERCOSUR (Zone de libre-échange, objectif est de supprimer les droits de douane).
B) Variantes nationales
- Mercantilisme espagnol et portugais : L'Espagne a sombré dans l'épargne improductive et la pauvreté par obsession de l'or. Détention d'or devient une obsession → se traduit par une augmentation de la thésaurisation → épargne improductive.
- Mercantilisme anglais : L'Angleterre s'est concentrée sur le commerce maritime (Acte de navigation de 1651). Il faut exporter le plus possible aux prix les plus élevés et importer des quantités minimales aux prix les plus faibles. Fort protectionnisme, sont à la base du libre-échange.
- Mercantilisme français : La France (Colbert) a misé sur l'industrie et les manufactures d'État.
Il reste aujourd'hui des traces de ce mercantilisme dans l'éco française, tradition interventionniste → interventionnisme d'État = Colbertisme. - Mercantilisme de nos jours : UE de TRUMP, Chine, Allemagne.
TQM : MV=PT
École classique
A) Adam Smith
Critique le mercantilisme comme servant des intérêts privés. Prône la Division Internationale du Travail (DIT). Théorie de l'avantage absolu : un pays doit se spécialiser là où ses coûts sont plus bas.
B) Cycle de vie du produit (Vernon)
Le commerce suit 4 phases : Innovation (monopole local), Croissance (exportation), Maturité (imitation étrangère, inversion des flux), Déclin (délocalisation totale).
C) Concurrence oligopolistique (Krugman & Brander)
Explique le commerce intrabranche croisé de produits identiques par la volonté des firmes de déstabiliser leurs rivales. Deux pays produisent des voitures similaires : Une entreprise française exporte en Allemagne pour concurrencer les producteurs locaux. Les firmes allemandes exportent aussi en France. Résultat : échanges croisés de voitures similaires.
D) Concurrence monopolistique
L'échange de produits similaires (mais différenciés par la marque ou la qualité) satisfait la demande et la variété des consommateurs.
La multinationalisation des firmes
Une firme multinationale est une entreprise qui fabrique la totalité ou une partie de ses produits à l’étranger par le biais d’une filiale.
A) Types de firmes
- La firme multidomestique adapte son produit à chaque marché national.
- La firme globale standardise pour maximiser les économies d'échelle avec une gestion centralisée.
B) Historique de la multinationalisation des firmes
Les multinationales évoluent en 3 phases :
- Pour réduire ces coûts :
- Les entreprises s’implantent à l’étranger (IDE)
- Elles deviennent des firmes multinationales.
C) Formes d’intégration
- Intégration horizontale consiste pour une entreprise à reproduire la même activité dans plusieurs pays afin de se rapprocher des marchés, contourner les coûts du commerce et limiter les risques.
- À l’inverse, l’intégration verticale vise à contrôler différentes étapes de la production, en amont ou en aval, pour sécuriser les approvisionnements et réduire les coûts. Ainsi, la première répond à une logique d’expansion commerciale, tandis que la seconde relève d’une logique de contrôle et d’efficacité productive.
D) Stratégies
Les firmes se délocalisent parfois « par grappe » pour suivre leurs rivales et ne pas perdre de parts de marché.
Chapitre 4 : Vers un retour au protectionnisme
Instruments :
- Tarif douanier : taxe sur les produits importés → augmente leur prix
- Quota : limite la quantité de produits importés
- Subventions : aides aux entreprises nationales pour les rendre plus compétitives
- Barrières administratives : règles ou normes complexes qui freinent les importations (ex : normes techniques)
Justifications économiques
A) Protectionnisme éducateur (F. List)
Protection temporaire des industries naissantes pour leur permettre d'atteindre une taille compétitive. S'applique aussi aux industries « sénescentes » (vieillissantes) pour gérer leur mutation sociale.
B) Relance Keynésienne
Limiter les importations pour réduire la « fuite » de revenus et augmenter l'effet du multiplicateur sur l'activité intérieure.
C) Politique commerciale stratégique (Krugman)
Le re-échange a 4 mérites :
- Il permet des gains additionnels tels que les économies d’échelle : ouvrant son marché on peut donc produire en plus grande quantité et réaliser des économies d’échelle. Cet argument milite en faveur des intégrations régionales (cas de l’UE)
- Il s’avère être un excellent outil pour stimuler la concurrence
- Il évite les marchandage politique (limitation des effets des lobbies qui sont présents en situation de protectionnisme)
- Il évite les pertes de surplus (dépense publique retrouver en politique de subvention, si les entreprises sont gagnantes, l’État sera perdant)
I. Effets et Limites
- Effets : Le tarif douanier redistribue le revenu des consommateurs vers les producteurs nationaux et l'État (recettes fiscales). Le quota a les mêmes effets mais sans recettes fiscales pour l'État.
- Limites : Risques de représailles en chaîne. Risque d'économie de rente : les firmes protégées (lobbys) perdent l'incitation à innover (théorie du rent-seeking).
La démondialisation, concept développé par Walden Bello, vise à réorienter la mondialisation en privilégiant les marchés locaux, afin de réduire les inégalités entre pays et de promouvoir un développement plus équilibré, notamment grâce à des politiques de relocation et certaines formes de protectionnisme comme le protectionnisme vert.
Chapitre 5 : L’organisation contemporaine du commerce international
- Intégration régionale : Processus volontaire entre pays géographiquement proches. (UE, MERCOSUR)
- Étapes de Balassa : Zone de libre-échange, Union douanière (Tarif Extérieur Commun), Marché commun, Union économique, Union économique et monétaire.