Le capitalisme
1. Marchés financiers et bourses
- Marché financier : marché de capitaux à long terme permettant le financement de l’économie, distinct de la bourse.
- Bourse : marché où sont cotées les grandes sociétés (ex : NYSE, Euronext).
- Bourses de commerce : marchés de produits de base (café, sucre, cacao…).
- Bourse des valeurs : marché d’échange des valeurs mobilières (actions, obligations), divisé en :
- Marché primaire : émission de nouvelles actions/obligations, financement direct des entreprises et États.
- Marché secondaire : échange des titres déjà émis, liquidité et régulation.
2. Rôle de la Bourse
- Financement de l’économie via le marché primaire, en mettant en relation émetteurs (entreprises, États) et épargnants.
- Les épargnants individuels interviennent souvent via des organismes de gestion collective (OPCVM : SICAV, FCP).
- Les investisseurs institutionnels (« zinzins » : compagnies d’assurances, caisses de retraite, Caisse des dépôts) agissent surtout sur le marché secondaire pour réguler les échanges.
- La Bourse facilite aussi les changements dans la structure financière des entreprises (alliances, fusions, rachats) via les OPA (offres publiques d’achat) et OPE (offres publiques d’échange).
3. Complexification des marchés financiers
- La mondialisation a multiplié et complexifié les marchés financiers.
- Acteurs traditionnels : émetteurs, investisseurs institutionnels, banques.
- Nouveaux acteurs importants :
- Analystes financiers : suivent la santé financière des entreprises et États.
- Agences de notation : évaluent la capacité de remboursement des émetteurs.
- Autorités de marché : dirigent les Bourses via des sociétés anonymes (ex : Euronext).
À retenir : La Bourse est un mécanisme clé du capitalisme, assurant le financement de l’économie et la liquidité des titres, tout en étant régulée par des acteurs multiples dans un contexte mondialisé.
L'économie politique classique
1. L’économie politique classique : approches des fluctuations économiques
a) L’approche libérale : l’autorégulation de l’économie
-
Jean-Baptiste Say (1767-1832) formule la loi des débouchés : « l’offre crée sa propre demande ».
→ Toute production génère immédiatement une demande pour d’autres produits, assurant automatiquement l’égalité offre-demande.
→ La monnaie est un simple intermédiaire neutre. -
Cycles économiques : Clément Juglar identifie des fluctuations quasi décennales.
-
Robert Lucas (prix Nobel 1995), chef des « nouveaux classiques », affirme que les agents économiques sont rationnels et utilisent toute l’information disponible (théorie des anticipations rationnelles).
→ Seuls des chocs exogènes (économiques ou non) expliquent les fluctuations (ex : dévaluation, hausse du pétrole, catastrophe naturelle, innovation).
b) L’approche keynésienne : une allocation naturelle non optimale
-
John Maynard Keynes conteste la capacité du capitalisme à atteindre un équilibre de plein emploi.
→ La « main invisible » ne garantit pas une allocation optimale des ressources.
→ En période dépressive, l’économie peut rester bloquée dans un équilibre de sous-emploi. -
Rôle de l’État : seule une intervention publique peut relancer l’activité.
-
Paul A. Samuelson (1939) développe l’effet multiplicateur de Keynes :
Investissements → revenus supplémentaires → dépenses → nouveaux revenus → …
→ Cet effet agit aussi comme un accélérateur : la reprise stimule la demande d’équipements, générant une expansion cyclique suivie d’une décélération.
c) Approches consensuelles : Joseph Schumpeter et les cycles longs
-
Limites des approches libérale (incapacité à expliquer les grandes crises) et keynésienne (effets secondaires comme inflation, déséquilibres budgétaires).
-
Joseph Schumpeter s’appuie sur les cycles longs de Kondratieff (~50 ans) et introduit la notion de « grappe d’innovations » :
Innovations majeures (machine à vapeur, chemins de fer, électricité, automobile, informatique) provoquent des rythmes économiques différenciés. -
Les écoles libérale et keynésienne reprennent ce schéma fondamental pour expliquer les fluctuations.
À retenir : La loi des débouchés affirme que l’offre crée sa propre demande, mais les crises économiques montrent que l’équilibre n’est pas automatique, nécessitant parfois l’intervention de l’État ou l’analyse des innovations majeures pour comprendre les cycles.
Les néo-classiques
1. Croissance vs Développement
- Croissance : augmentation des quantités de biens et services produits et vendus sur une période donnée, entraînant une hausse des revenus distribuables.
- Développement : inclut les retombées sociales et économiques des fruits de la croissance.
2. Origines de la réflexion sur la croissance
| Économiste | Vision clé | Limite à la croissance |
|---|---|---|
| Ricardo | Rendements décroissants des terres | Avarice de la nature |
| Malthus | Croissance limitée par la population | Loi de population |
| Smith | Croissance optimiste via division du travail | - |
3. Modèle Harrod-Domar (pessimiste)
- Analyse l'instabilité des économies de marché.
- Montre la difficulté d'équilibrer croissance de la demande et production.
- Facteurs comme le taux d’épargne influencent la croissance.
- Conclusion : croissance équilibrée difficile à atteindre.
4. Modèle de Solow : croissance exogène
- Hypothèse : rendements décroissants du capital.
- Croissance bloquée mécaniquement sans facteurs externes.
- Facteurs exogènes essentiels :
- Progrès technique (qualifié de « manne tombée du ciel »).
- Croissance démographique.
- Le progrès technique augmente la productivité, permettant de dépasser l’état stationnaire.
5. Théories de la croissance endogène (Romer, Lucas)
- Critique du modèle de Solow.
- Le progrès technique n’est pas exogène mais résulte d’investissements motivés par le gain espéré.
- Le rythme du progrès technique dépend du comportement économique des agents.
- La convergence automatique des pays n’est pas observée : les taux de croissance varient selon les pays.
- La croissance peut être auto-entretenue par les investissements en capital humain, innovation et connaissances.
À retenir : La croissance économique dépend non seulement des facteurs traditionnels (capital, travail) mais aussi du progrès technique, qui est endogène et lié aux décisions d’investissement des agents économiques.
La théorie keynésienne
1. La théorie keynésienne
John Maynard Keynes publie en 1936 Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, qui révolutionne la pensée économique en mettant l’accent sur l’emploi et la demande globale.
a) Rupture avec la loi de Say
- Loi de Say : « L’offre crée sa propre demande » → l’État ne doit pas intervenir.
- Keynes : c’est la demande qui commande l’offre. Quand la demande augmente, la production et l’emploi augmentent.
- La propension à consommer (part des revenus dépensée en consommation) est plus élevée chez les revenus modestes que chez les riches, qui épargnent plus.
b) Rôle de l’État selon Keynes
- L’État doit intervenir activement pour stimuler la demande globale.
- Par la redistribution des revenus, il augmente la consommation des ménages modestes.
- Sans intervention, l’équilibre offre-demande peut être insuffisant, causant du chômage.
c) Investissement et taux d’intérêt
- L’investissement dépend de :
- Rendement attendu de l’investissement.
- Coût de l’emprunt (taux d’intérêt).
- L’État et les banques centrales doivent maintenir un taux d’intérêt bas pour encourager l’investissement.
d) Pas de mécanisme automatique vers le plein emploi
- Contrairement à la pensée classique, salaires, prix et taux d’intérêt ne garantissent pas le plein emploi.
- L’État doit relancer la demande par :
- Politique de grands travaux (investissements publics).
- Augmentation du pouvoir d’achat des classes modestes (consommation).
| Aspect clé | Classique (Say) | Keynesien |
|---|---|---|
| Moteur de l’économie | Offre | Demande |
| Rôle de l’État | Minimal, fonctions régaliennes | Intervention active, redistribution |
| Mécanisme de plein emploi | Automatique (loi de Say) | Non automatique, nécessite intervention |
| Propension à consommer | Non prise en compte | Plus élevée chez les faibles revenus |
| Politique monétaire | Peu d’importance | Taux d’intérêt bas pour stimuler investissement |
À retenir : Pour Keynes, la demande globale est le moteur de l’économie, et l’État doit intervenir pour la soutenir afin d’éviter le chômage.
Les théories de la croissance
1. Les néo-classiques : fondements et conception
- Contexte : Fin XIXe siècle, affirmation du libéralisme économique. L’économie de marché en libre concurrence assure une allocation optimale des ressources.
- Objectif : Corriger les imperfections du marché pour atteindre cette optimalité.
a) Trois fondateurs majeurs
| Penseur | Nationalité | Ouvrage principal | Année |
|---|---|---|---|
| Stanley Jevons | Anglais | Théorie de l’économie politique | 1871 |
| Carl Menger | Autrichien | Fondements de l’économie politique | 1871 |
| Léon Walras | Français | Éléments d’économie politique pure | 1873 |
b) Trois écoles néo-classiques
| École | Représentant principal | Ouvrages clés |
|---|---|---|
| Lausanne | Wilfred Pareto | Cours d’économie politique (1896), Manuel d’économie politique (1906) |
| Cambridge | Alfred Marshall | Principes d’économie politique (1890) |
| Vienne | Friedrich von Wieser, Eugène Böhm-Bawerk | De l’origine et des lois de la valeur (1884), Théorie positive du capital (1889) |
2. Conception et méthode de l’économie politique néo-classique
- Étudie le comportement humain en relation avec les objectifs et moyens économiques.
- Analyse centrée sur les comportements individuels.
- Introduction des techniques quantitatives et de l’analyse mathématique en économie.
3. Théorie de la valeur chez les néo-classiques
- Rejet de la théorie classique de la valeur-travail.
- Adoption de la théorie de la valeur-utilité (Say) : la valeur dépend de l’utilité que procure un bien.
- Concept clé : utilité marginale = utilité de la dernière unité consommée, qui détermine la valeur finale.
- Alfred Marshall propose une synthèse entre valeur-travail et valeur-utilité :
- À court terme, la valeur est influencée par la demande qui stimule l’offre (production).
À retenir : Pour les néo-classiques, la valeur d’un bien est déterminée par son utilité marginale, intégrant à la fois la demande et le coût de production.
Les crises
1. Les crises économiques : notions clés
a) Prix naturel et prix de marché
- Prix naturel : prix déterminé par le coût de production à long terme, lorsque l’offre s’ajuste à la demande.
- Prix de marché : prix fixé à court terme par l’utilité des biens, selon l’offre et la demande immédiates.
- La capacité productive ne peut augmenter instantanément, d’où la différence entre ces deux prix.
b) Contexte historique : la Révolution industrielle
- La théorie économique classique naît dans le contexte de la Révolution industrielle (machinisme, usines, capital-argent, urbanisation).
- Principaux théoriciens britanniques :
- Adam Smith (1776) : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.
- David Ricardo (1817) : Principes de l’économie politique et de l’impôt.
- Thomas Robert Malthus (1798, 1820) : Essai sur le principe de population et Principes d’économie politique.
- Théoricien français : Jean-Baptiste Say (1804, 1828-1830).
c) Libéralisme économique classique
- Fondé sur la liberté naturelle : absence d’intervention étatique.
- L’intérêt personnel conduit, via la main invisible, à l’intérêt général.
- Le marché est l’espace optimal de régulation par la concurrence.
- L’État intervient uniquement pour les ouvrages publics (ex. routes) non rentables pour les privés.
d) Théorie de la valeur-travail (Adam Smith)
- La richesse provient du travail.
- La productivité augmente grâce à la division du travail et à la spécialisation.
- Exemple : fabrication d’épingles divisée en 18 opérations distinctes.
- La valeur d’échange dépend de la quantité de travail nécessaire.
- Distinction entre :
- Valeur d’usage : utilité d’un bien.
- Valeur d’échange : déterminée par le travail.
e) Opposition de Jean-Baptiste Say
- Rejette la théorie de la valeur-travail.
- Refuse la distinction entre prix naturel et prix de marché.
- Affirme que la valeur des biens est déterminée par leur utilité.
- Exemple : un verre d’eau dans le désert a un prix élevé à cause de son utilité.
À retenir : La théorie classique explique que les crises économiques résultent des déséquilibres entre prix de marché (court terme, utilité) et prix naturel (long terme, coût), dans un contexte où le marché libre régule l’économie sans intervention étatique.
Bourses et marché financier
1. Capitalisme : définitions et évolutions
- Capitalisme : système fondé sur la propriété privée des moyens de production (sens juridique), une idéologie de libre entreprise (sens politique) et une économie de marché (sens économique).
2. Les grandes phases du capitalisme
| Période | Caractéristiques principales | Exemples / faits marquants |
|---|---|---|
| Capitalisme commercial (XVIe - XVIIIe siècle) | Développement des échanges, multiplication des succursales, invention des sociétés par actions. | Sociétés comme les Fugger, compagnies en commandite, pillage de l’Amérique, montée des bourgeoisies hollandaises. |
| Capitalisme sauvage (Révolution industrielle, XIXe siècle) | Suppression des contraintes réglementaires, crises de surproduction, recherche de nouveaux marchés, impérialisme. | Colonisation, ententes économiques, protectionnisme ou libre-échange selon intérêts. |
| Capitalisme contemporain (globalisation financière) | Apparition des Firmes Trans-Nationales (FTN), rôle renforcé de l’État comme acteur économique. | Multinationales, régulation étatique face à la mondialisation. |
3. Points clés à retenir
- Le capitalisme commercial est marqué par la montée des bourgeoisies et le développement des échanges internationaux.
- La Révolution industrielle donne naissance à un capitalisme industriel puissant, mais non strictement libéral (protectionnisme et ententes fréquents).
- La globalisation financière contemporaine voit l’émergence de grandes entreprises internationales et un État économique fort.
À retenir : Le capitalisme évolue en fonction des transformations économiques, sociales et politiques, passant d’un capitalisme commercial à un capitalisme industriel puis à un capitalisme mondialisé.