Qu'est-ce que le changement climatique ?
1. Définition du changement climatique
Le changement climatique correspond à une perturbation de l’équilibre climatique de la Terre, principalement due à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine. Ce phénomène entraîne une élévation des températures moyennes et des modifications durables du climat global.
L’augmentation des GES anthropiques crée un déséquilibre énergétique, provoquant un réchauffement de la surface terrestre.
2. L’effet de serre naturel et son perturbation
- La Terre reçoit en permanence une énergie solaire (environ 340 W/m²).
- Une partie est réfléchie (albédo), le reste est absorbé par la surface terrestre.
- La surface émet un rayonnement infrarouge, en partie absorbé et réémis par les GES, ce qui réchauffe la planète : c’est l’effet de serre naturel.
- Les activités humaines augmentent la concentration des GES, renforçant cet effet et provoquant un forçage radiatif positif (déséquilibre énergétique).
| Flux énergétique (W/m²) | Description |
|---|---|
| 340 | Rayonnement solaire reçu |
| 160 | Rayonnement absorbé par la surface |
| 398 | Rayonnement émis par la surface |
| +3 (2024) | Forçage radiatif anthropique net |
3. Principaux gaz à effet de serre (GES)
| Gaz | Concentration 2025 | Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) sur 100 ans | Origine anthropique principale | Forçage radiatif (W/m²) |
|---|---|---|---|---|
| CO₂ | 426 ppm | 1 | Combustion fossile, déforestation | +2,33 |
| CH₄ (méthane) | 1934 ppb (1,94 ppm) | 28 | Agriculture (élevage), décharges | +0,57 |
| N₂O | 338 ppb | 273 | Agriculture (engrais), industrie | +0,23 |
| Gaz fluorés | ppt (très faibles) | Très élevés | Réfrigération, industrie électronique | +0,05 |
- Le CO₂ est le gaz le plus émis et responsable de la majeure partie du réchauffement depuis 1750.
- Le méthane a un PRG beaucoup plus élevé que le CO₂ et contribue à plus d’un quart du réchauffement global.
4. Évolution des concentrations atmosphériques
- La concentration de CO₂ a augmenté de 379 ppm en 2005 à 426 ppm en 2025.
- La limite à ne pas dépasser pour limiter le réchauffement à 2 °C est de 450 ppm.
- La concentration de méthane a aussi augmenté, accélérant ces dernières années.
5. Bilan des émissions et puits de carbone
- En moyenne (2014-2023), les activités humaines émettent environ 40 Gt CO₂/an.
- Répartition de l’absorption :
- Atmosphère : 19,1 Gt/an (augmentation de concentration)
- Réservoirs terrestres (végétation, sols) : -11,7 Gt/an
- Océans : -10,6 Gt/an
- La déforestation émet environ 6,2 Gt CO₂/an, soit 15 % des émissions anthropiques.
6. Observations du changement climatique
a) Température moyenne mondiale
- Réchauffement global moyen depuis l’ère préindustrielle (1850-1900) : +1,6 °C en 2024.
- Les 10 dernières années (2015-2024) sont les plus chaudes jamais enregistrées.
- Le réchauffement s’est accéléré depuis les années 1980.
b) Niveau moyen des mers
- Élévation moyenne de 3,7 mm/an depuis 1999, soit +9,4 cm en 25 ans.
- Accélération récente à 4,2 mm/an (2014-2024).
- Causes : fonte des glaciers et calottes polaires (60 %), dilatation thermique de l’eau (30 %), stockage terrestre (10 %).
c) En France métropolitaine
- Réchauffement moyen depuis 1900 : +2,2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
- Année 2024 : +2,1 °C par rapport à la moyenne 1961-1990.
- Les années les plus chaudes sont toutes postérieures à 2010.
- Précipitations en 2024 ont été supérieures de 15 % à la moyenne, avec des épisodes intenses.
7. Impacts visibles
- Glaciers tempérés : perte moyenne de 36 mètres équivalent eau depuis 2001, liée à la hausse des températures estivales.
- Incendies de forêt en France : en 2024, 156 feux ont brûlé plus de 12 000 hectares, émettant environ 1 Mt de CO₂.
- Extension des zones sensibles aux incendies vers le nord et l’ouest de la France.
- Agriculture : avancée des dates de vendanges observée depuis 1970, signe des modifications climatiques locales.
Le changement climatique est une réalité mesurable, principalement causée par l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine humaine, avec des conséquences déjà visibles sur les températures, les océans, les glaciers et les écosystèmes.
Quelles sont les quantités de gaz à effet de serre émises dans le monde ?
1. Émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2023
-
Total des émissions (hors UTCATF) : 53 milliards de tonnes de CO équivalent (Gt COéq), en hausse de 1,9 % par rapport à 2022.
-
Répartition par gaz (en % du total, PRG 100 ans) :
Gaz Part (%) CO 74 CH 18 NO 5 Gaz fluorés 3 -
Le CO d’origine fossile représente environ les deux tiers des émissions totales.
2. Évolution des émissions mondiales
-
Progression de 62 % entre 1990 et 2023 (plus que doublé depuis 1970).
-
Principaux émetteurs en 2023 :
Pays / Région Part des émissions mondiales (%) Chine 30 États-Unis 11 Union européenne 6 -
Émissions en hausse dans la plupart des régions, sauf en Amérique du Nord et dans l’UE où elles diminuent.
3. Émissions par source d’énergie (2023)
-
Émissions liées à la combustion d’énergie fossile en hausse de 1,5 %.
-
Répartition des émissions fossiles :
Combustible Part (%) Évolution récente (%) Charbon 42 +1,9 Pétrole 34 +1,3 Gaz naturel 22 +1,2 Autres (déchets, biocarburants) 2 +0,1 -
Depuis 1971, les émissions fossiles ont été multipliées par 2,3.
4. Bouquet énergétique mondial (2023)
-
Consommation énergétique mondiale en forte hausse (+150 % depuis 1973).
-
Part des énergies fossiles dans le bouquet primaire : 81 % (pétrole, charbon, gaz naturel).
-
Évolution des parts entre 1973 et 2023 :
Source 1973 (%) 2023 (%) Évolution (points) Pétrole 46 30 -16 Gaz naturel 16 23 +7 Charbon 25 28 +3 Nucléaire 0 14 +14 Renouvelables 0 5 +5 -
Le charbon reste la première source d’émissions en raison de son facteur d’émission élevé.
5. Répartition sectorielle des émissions dues à la combustion d’énergie (2023)
| Secteur | Monde (%) | Chine (%) | États-Unis (%) | UE à 27 (%) | France (%) |
|---|---|---|---|---|---|
| Production d’électricité | 40 | 55 | 30 | 27 | 10 |
| Transports | 22 | 9 | 35 | 33 | 15 |
| Industrie manufacturière | 16 | 25 | 14 | 14 | 18 |
| Résidentiel et tertiaire | 10 | 4 | 10 | 14 | 23 |
| Émissions fugitives | 9 | 7 | 11 | 12 | 34 |
- La production d’électricité est le secteur le plus émetteur au niveau mondial.
- En Chine, l’industrie et l’énergie représentent 80 % des émissions fossiles.
- Les transports sont plus importants aux États-Unis et dans l’UE.
6. Répartition géographique des émissions de GES (hors UTCATF) en 2023
| Région / Pays | Émissions (Mt COéq) | Part (%) | Évolution 1990-2023 (%) |
|---|---|---|---|
| Asie | 26 287 | 49,6 | +201,2 |
| - Chine | 15 987 | 30,2 | +308,2 |
| - Inde | 4 134 | 7,8 | +198,9 |
| Amérique du Nord | 7 421 | 14,0 | +2,6 |
| - États-Unis | 5 961 | 11,3 | -4,0 |
| Union européenne (UE à 27) | 3 239 | 6,1 | -33,7 |
| Moyen-Orient et Afrique du Nord | 4 605 | 8,7 | +161,0 |
| Afrique subsaharienne | 2 354 | 4,4 | +83,8 |
| Amérique centrale et du Sud | 2 785 | 5,3 | +69,5 |
| Russie et reste de l’Europe | 4 357 | 8,2 | -27,3 |
- Les émissions mondiales ont augmenté de 61,8 % depuis 1990.
- La Chine est le principal contributeur à cette hausse, suivie de l’Inde et du Moyen-Orient.
- L’UE et les États-Unis ont réduit leurs émissions sur cette période.
7. Émissions cumulées de CO depuis 1750 par région
| Région | Part du total (%) |
|---|---|
| Asie | 34,0 |
| Europe et Russie | 31,0 |
| Amérique du Nord | 28,1 |
- La Chine représente 15,4 % des émissions cumulées.
- Les États-Unis représentent 24 % des émissions cumulées.
À retenir : En 2023, les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent 53 Gt COéq, dominées à 74 % par le CO fossile, avec une forte croissance portée par la Chine et l’Asie, tandis que l’Union européenne et les États-Unis réduisent leurs émissions.
Quelles sont les quantités de gaz à effet de serre émises en Europe ?
1. Contribution historique aux émissions de CO₂ fossile (1750-2023)
- Europe et Russie : un peu moins d’un tiers des émissions cumulées mondiales.
- États-Unis : plus d’un quart des émissions cumulées.
- Asie : atteint désormais un tiers, dont la Chine à 15 %.
- Autres régions : Afrique (3 %), Amérique du Sud (2,6 %), Océanie (1,3 %).
2. Émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant en 2023 (en t CO₂ eq/hab)
| Région / Pays | 2023 (t CO₂ eq/hab) | Évolution 1990-2023 (%) | Évolution 2022-2023 (%) |
|---|---|---|---|
| Monde | 6,6 | +6,3 | +1,0 |
| Union européenne (UE27) | 7,2 | -38,0 | -7,8 |
| France | 5,8 | -36,9 | -7,3 |
| Allemagne | 8,1 | -47,8 | -10,6 |
| Royaume-Uni | 5,5 | -58,2 | -7,9 |
| États-Unis | 17,7 | -28,8 | -2,2 |
| Chine | 11,3 | +228,3 | +5,3 |
| Inde | 2,9 | +79,8 | +5,1 |
| Afrique subsaharienne | 1,9 | -23,9 | -1,8 |
- Les émissions par habitant sont très inégales selon les régions.
- L’UE a réduit ses émissions par habitant de 38 % depuis 1990.
- La Chine et l’Inde ont connu une forte augmentation.
3. Émissions de GES rapportées au PIB (en t CO₂ eq/million $ PPA, 2023)
| Région / Pays | 2023 (t CO₂ eq/million $) | Évolution 1990-2023 (%) |
|---|---|---|
| Monde | 316 | -42,6 |
| UE27 | 134 | -61,5 |
| France | 108 | -54,7 |
| Allemagne | 130 | -64,7 |
| Royaume-Uni | 106 | -72,7 |
| États-Unis | 239 | -57,4 |
| Chine | 491 | -73,8 |
| Inde | 309 | -57,4 |
| Russie | 458 | -34,5 |
- L’intensité carbone du PIB a fortement diminué depuis 1990, notamment en Chine et en Europe.
- La moyenne mondiale a baissé de 43 % malgré la croissance économique.
4. Émissions de GES dans l’Union européenne (UE27) en 2023
- Total : 3,1 Gt CO₂ eq (hors UTCATF), en baisse de 36 % depuis 1990.
- Répartition par gaz :
- CO₂ : 80 %
- CH₄ (méthane) : 12 %
- Secteurs émetteurs (hors UTCATF) :
- Utilisation d’énergie : 76 %
- Agriculture : 12 %
- Procédés industriels : 9 %
- Déchets : 3 %
5. Évolution sectorielle des émissions dans l’UE (1990-2023)
| Secteur | Évolution 1990-2023 (%) | Part en 2023 (%) |
|---|---|---|
| Industrie de l’énergie | forte baisse (-19 % en 2022-2023) | 32 (sur utilisation d’énergie) |
| Transports | +18 % | 34 (sur utilisation d’énergie) |
| Résidentiel et tertiaire | baisse modérée (-8 %) | - |
| Industrie manufacturière | baisse modérée (-7 %) | - |
| Agriculture | baisse | 12 |
| Déchets | baisse | 3 |
- Pour la première fois, les transports dépassent l’industrie de l’énergie comme premier secteur émetteur.
- Les émissions des transports ont augmenté de 18 % depuis 1990, surtout à cause du trafic routier (+22 %).
6. Émissions de CO₂ par kWh produit en 2023 (g CO₂/kWh)
| Pays | Émissions (g CO₂/kWh) | Source principale d’électricité |
|---|---|---|
| France | 49 | Nucléaire |
| Suède | 27 | Énergies renouvelables |
| Allemagne | 366 | Charbon |
| Pologne | 636 | Charbon |
| UE27 (moy) | 224 | Mix énergétique varié |
- L’intensité carbone de la production électrique a diminué de 59 % depuis 1990 dans l’UE.
- Les pays avec un mix nucléaire/renouvelable ont des émissions très faibles.
7. Émissions de GES des transports dans l’UE27 (1990-2023)
- Total en 2023 : environ 800 Mt CO₂ eq.
- Évolution 1990-2023 :
- Routier : +22 %
- Aérien : +16 %
- Maritime et fluvial : -28 %
- Ferroviaire : -74 %
- Émissions internationales exclues des totaux.
- Forte augmentation des émissions de transport dans certains pays (ex. Pologne +229 %, Irlande +129 %).
8. UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie) dans l’UE
- En 2023, bilan net négatif de -198 Mt CO₂ eq (puits de carbone).
- La croissance des forêts compense largement les émissions liées à l’urbanisation et à la mise en culture.
- Le puits de carbone diminue récemment à cause du vieillissement des forêts et de l’augmentation des prélèvements.
9. Émissions de GES en France en 2024 (Mt CO₂ eq)
| Secteur | 1990 (Mt) | 2024 (Mt) | Évolution (%) |
|---|---|---|---|
| Industrie de l’énergie | 78,9 | 33,2 | -58 |
| Industrie manufacturière | 140,3 | 62,4 | -56 |
| Transports | 124,7 | 124,9 | ≈ stable |
| Résidentiel et tertiaire | 93,0 | 57,1 | -39 |
| Agriculture/sylviculture | 93,1 | 76,0 | -18 |
| Déchets | 16,7 | 15,7 | -6 |
| Total hors UTCATF | 546,6 | 369,2 | -32 |
| UTCATF (puits net) | -22,4 | -37,4 | amélioration |
| Total net | 524,2 | 331,8 | -37 |
- La baisse des émissions est forte dans l’énergie et l’industrie.
- Le secteur des transports est le seul à ne pas avoir réduit ses émissions depuis 1990.
- L’UTCATF séquestre plus de CO₂ qu’elle n’en émet.
À retenir : En Europe, les émissions de GES ont fortement diminué depuis 1990 (-36 % dans l’UE), mais les transports restent le secteur où les émissions augmentent ou stagnent. La production d’électricité est devenue beaucoup moins carbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables.
Comment les émissions de GES se répartissent-elles par secteur en France ?
1. Répartition des émissions de GES par secteur en France en 2024
- Total des émissions hors UTCATF : 369,2 Mt CO équivalent
- 74 % CO
- 16 % méthane (CH)
- Évolution : baisse de 1,8 % par rapport à 2023, et de 32 % depuis 1990.
| Secteur | Part des émissions (%) | Émissions (Mt CO eq) |
|---|---|---|
| Transports | 34 | 124,9 |
| Agriculture / Sylviculture | 21 | |
| Industrie manufacturière / Construction | 17 | |
| Usage des bâtiments (résidentiel/tertiaire) | 15 | |
| Industrie de l’énergie | 9 | |
| Traitement centralisé des déchets | 4 |
La France se distingue par une faible part d’émissions de l’industrie de l’énergie grâce au poids important du nucléaire.
2. Évolution sectorielle des émissions (1990-2024)
| Secteur | Évolution 1990-2024 (%) | Évolution 2023-2024 (%) |
|---|---|---|
| Industrie de l’énergie | -58 | -10 |
| Industrie manufacturière / Construction | -55 | -1,4 |
| Résidentiel / Tertiaire | -39 | -0,7 |
| Agriculture | -18 | -0,5 |
| Traitement des déchets | -6 | - |
| Transports | +0,2 (stagnation) | -1,2 |
3. Industrie de l’énergie
- Répartition des émissions (2024) :
- Production d’électricité : 32 %
- Chauffage urbain : 16 %
- Évolution 1990-2024 :
- Production d’électricité : -75 %
- Raffinage : -54 %
- Extraction et distribution de combustibles : -75 %
- Chauffage urbain : -12 %
- Valorisation énergétique des déchets : x2,6 (augmentation)
- Facteurs de baisse : meilleure disponibilité des réacteurs nucléaires, conditions favorables pour l’hydraulique.
4. Transports
- Part du transport routier : 94 % des émissions du secteur
- Évolution 2023-2024 : baisse de 1 % pour le transport routier, -4 % pour le transport aérien français
- Évolution 1990-2024 :
- Transport routier : +1 % (poids lourds et utilitaires +2 %, véhicules particuliers -2 %)
- Transport aérien français : +15 %
- Transport fluvial et maritime : -21 %
- Intensité d’émissions (émissions par tonne-km ou voyageur-km) : baisse tendancielle depuis 1990 (-28 % pour marchandises, -25 % pour voyageurs), grâce à l’efficacité énergétique et au taux de remplissage.
5. Industrie manufacturière et construction
- Principaux sous-secteurs (80 % des émissions) : chimie, minéraux non métalliques, métallurgie ferreuse, agroalimentaire
- Évolution 2023-2024 : baisse de 1,4 %
- Évolution 1990-2024 : baisse de 55 % (de 140 à 62 Mt CO eq)
- Exception : construction (+6 %)
- Intensité d’émissions : diminution de 64 % entre 1990 et 2024, liée à l’amélioration des procédés et gains d’efficacité énergétique.
6. Résidentiel et tertiaire
- Répartition : résidentiel = 2/3 des émissions, tertiaire = 1/3
- Principales sources : chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson (83 % des émissions)
- Évolution 2023-2024 : baisse de 0,7 % (climat moins rigoureux)
- Évolution 1990-2024 :
- Résidentiel : -42 % des émissions malgré +58 % de surface habitée
- Tertiaire : -30 % des émissions avec +80 % de valeur ajoutée
- Facteurs : meilleure performance énergétique, transition vers des énergies moins carbonées (gaz, électricité, pompes à chaleur).
7. Agriculture
- Émissions majoritairement non liées à la combustion : méthane (fermentation entérique) et NO (sols agricoles)
- Répartition 2024 : élevage 60 %, cultures 27 %, engins/moteurs 13 %
- Évolution 1990-2024 : baisse globale de 18 %
- Élevage : -21 %
- Cultures : -18 %
- Engins/moteurs : -4 %
8. Traitement centralisé des déchets
- Émissions principalement de méthane lors de la décomposition en décharge
- Évolution : baisse de 25 % entre 2005 et 2023, après une hausse dans les années 1990.
9. UTCATF (Utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie)
- Bilan négatif des émissions (puits de carbone) grâce à la croissance des forêts
- Évolution : de -22,4 Mt CO eq en 1990 à -37,4 Mt CO eq en 2023
- Tendance récente : diminution du puits de carbone due à la mortalité accrue des forêts, ralentissement des peuplements, hausse des prélèvements.
À retenir :
En France, les transports sont le premier secteur émetteur de GES, mais la plus forte baisse historique concerne l’industrie de l’énergie grâce au nucléaire. L’agriculture émet surtout du méthane et du NO, tandis que le résidentiel et le tertiaire ont réduit leur intensité d’émissions malgré la croissance des surfaces et de la valeur ajoutée.
Quel est le niveau de l'empreinte carbone dans le monde et en France ?
1. Niveau mondial et disparités internationales de l’empreinte carbone en 2022
- Empreinte carbone moyenne mondiale : 6,4 tonnes de CO équivalent par personne.
- Disparités fortes :
- Pays à forte empreinte : Amérique du Nord, Moyen-Orient (~20 t CO eq/hab).
- Pays à faible empreinte : certains pays en développement (< 3 t CO eq/hab).
- Exemple d’écart : un Américain a une empreinte carbone environ 8 fois supérieure à celle d’un Indien.
- France : 8,8 t CO eq/hab, soit 42 % au-dessus de la moyenne mondiale, mais légèrement inférieure à la moyenne de l’UE à 27 (10,7 t) et à celle de la Chine (9,1 t).
| Pays / Zone | Empreinte carbone (t CO eq/hab) |
|---|---|
| États-Unis | 19,7 |
| Australie | 15,5 |
| Luxembourg | 21,6 |
| UE à 27 | 10,7 |
| France | 8,8 |
| Chine | 9,1 |
| Monde | 6,4 |
| Inde | 2,9 |
2. Évolution de l’empreinte carbone en France (1990-2024)
- Empreinte totale 2024 : 563 Mt CO eq, en baisse de 3,4 % par rapport à 2023.
- Baisse globale depuis 1990 : -20 % d’empreinte carbone, malgré une augmentation de 64 % de la demande finale intérieure en volume.
- Répartition de la baisse :
- Émissions intérieures : -34 %
- Émissions liées aux importations : +2 % (représentent 50 % des émissions totales en 2024).
- Empreinte par habitant en 2024 : 8,2 t CO eq, soit une baisse de 32 % par rapport à 1990.
3. Répartition de l’empreinte carbone par poste de consommation en France (2023)
- Empreinte moyenne par Français : 8,5 t CO eq/an.
- Principaux postes (68 % des émissions) :
- Déplacements : 2,1 t (24 %)
- Alimentation : 2,0 t (23 %)
- Habitat : 1,8 t (21 %)
- Autres postes :
- Équipements : 1,1 t
- Services (administration, santé, éducation, action sociale) : 0,8 t
4. Synthèse des politiques climatiques liées à l’empreinte carbone
| Niveau | Objectifs clés |
|---|---|
| Mondial | Accord de Paris (COP21, 2015) : atténuation et adaptation, politiques nationales à définir. |
| Union Européenne | Réduction des émissions nettes de -55 % entre 1990 et 2030, neutralité carbone en 2050. |
| France | Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) : neutralité carbone en 2050, réduction de -50 % des GES en 2030 par rapport à 1990. |
- La France a mis en place des budgets carbone contraignants à court et moyen terme.
- La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe les objectifs de réduction de consommation énergétique et de développement des énergies décarbonées.
5. Tarification du carbone dans le monde (2024)
- Revenus générés : 102 milliards de dollars, multipliés par 12 depuis 2010.
- Répartition des revenus :
- Marchés de quotas (SEQE) : 68 % (69 milliards $)
- Taxes carbone : 32 %
- Couverture des émissions mondiales par tarification carbone attendue à 26 % en 2025, avec une forte présence en Europe, Amérique du Nord et Asie.
6. Suivi des émissions en France selon la SNBC 2019-2023
| Secteur | Budget carbone (Mt CO eq/an) | Émissions réelles (Mt CO eq/an) | Écart (Mt CO eq/an) |
|---|---|---|---|
| Transports | 129 | 127 | -2 |
| Bâtiments résidentiels/tertiaires | 78 | 70 | -8 |
| Agriculture/sylviculture | 81 | 79 | -2 |
| Industrie manufacturière | 75 | 72 | -3 |
| Industrie de l’énergie | 48 | 42 | -6 |
| Traitement centralisé des déchets | 14 | 16 | +2 |
| Total hors UTCATF | 425 | 406 | -19 |
| UTCATF (puits de carbone) | -45 | -36 | +9 |
| Total net | 380 | 370 | -10 |
- La France a respecté son deuxième budget carbone (2019-2023) avec des émissions inférieures au plafond.
- Le puits carbone forestier (UTCATF) absorbe environ 36 Mt CO eq/an mais est affecté par des sécheresses et infections, ce qui limite son efficacité.
À retenir : L’empreinte carbone mondiale est très inégale, la France a réduit son empreinte depuis 1990 mais doit encore intensifier ses efforts pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
Quelles politiques climatiques dans le monde, en Europe et en France ?
1. Politiques climatiques en France : investissements et trajectoire
-
Investissements climat en France (2024) : 102 milliards d'euros, en baisse de 5,2 % par rapport à 2023 après une forte hausse (+35 % entre 2020 et 2023).
-
Secteurs principaux d'investissement (en % du total) :
Secteur Part (%) Montant (milliards €) Performance énergétique bâtiments neufs 7 21 Rénovation énergétique des bâtiments 7 21 Infrastructures et matériel de report modal 20 20 Véhicules bas-carbone 13 15 Décarbonation de l’industrie 1 (baisse de 31 %) Énergies renouvelables 20 14 Nucléaire 21 7 Réseaux électriques 14 4 -
Depuis 2011, les investissements ont augmenté de 65 %, notamment dans la rénovation énergétique (+50 %), le report modal (+81 %) et les véhicules bas-carbone (x49).
-
Budget carbone de la SNBC 2019-2023 respecté avec une marge de 48 Mt CO équivalentes.
2. Politiques d’adaptation au changement climatique en France
- Objectif : réduire la vulnérabilité aux impacts climatiques (canicules, inondations, recul du trait de côte, baisse des productions agricoles).
- Stratégie nationale : mise en place depuis 2006, traduite en mesures concrètes via trois plans nationaux d’adaptation (PNACC).
- PNACC 3 (2025) : actions pour cartographier les risques, améliorer la gestion de l’eau, anticiper les risques naturels et intégrer l’adaptation dans toutes les politiques publiques.
- Trajectoire nationale de réchauffement de référence (TRACC) : prévoit +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050, +4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, avec un réchauffement plus rapide en France métropolitaine.
3. Inventaires des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France
- Deux formats coexistent :
- CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies) : inventaire officiel, émissions attribuées strictement à la source d’activité.
- Secten : format national, privilégie la cohérence sectorielle (ex. climatisation des véhicules dans transports).
- Répartition sectorielle des émissions (2023, en Mt CO équivalentes) diffère légèrement selon le format.
- Secteurs clés : industrie de l’énergie, industrie manufacturière, transports, usage des bâtiments, agriculture, traitement des déchets, UTCATF (utilisation des terres, changement d’affectation, foresterie).
4. Facteurs d’émissions de CO (combustion des combustibles fossiles)
| Combustible | Facteur d’émission (t CO/tep) |
|---|---|
| Lignite (charbon pauvre) | 4,2 |
| Charbon (coke, bitumeux) | 4,0 |
| Gazole/diesel/pétrole | 3,1 |
| Essence | 2,9 |
| GPL | 2,6 |
| Gaz naturel (méthane) | 2,3 |
- La biomasse est considérée neutre en CO direct (compensée par absorption lors de la croissance).
5. Facteurs d’émissions associés à des productions usuelles (France continentale)
| Secteur | Facteur d’émission |
|---|---|
| Centrale à charbon | 1,06 t CO/MWh |
| Centrale à gaz | 0,418 t CO/MWh |
| Centrale nucléaire | 0,0037 t COéq/MWh |
| Industrie (acier non recyclé) | ~2 t COéq/tonne |
| Industrie (ciment Portland) | ~0,8 t CO/tonne |
| Agriculture (bœuf) | ~28 kg COéq/kg poids net |
| Agriculture (lentilles) | ~0,9 kg COéq/kg poids net |
À retenir : La France investit massivement dans la rénovation énergétique, les transports bas-carbone et les énergies renouvelables, tout en adaptant ses politiques au réchauffement climatique anticipé (+4 °C en 2100). Les inventaires GES et facteurs d’émissions permettent de cibler les secteurs prioritaires pour la réduction des émissions.