Introduction au déclin de l’information
1. Le déclin de l’information : contexte et enjeux
- Les réseaux sociaux sont désormais la principale porte d’entrée vers l’information pour les jeunes, obligeant les médias traditionnels à évoluer pour ne pas perdre cette audience cruciale à la démocratie.
- Journaliste vs Influenceur : autrefois, le journaliste était la source unique d’information. Aujourd’hui, tout un chacun peut être créateur de contenu, grâce aux outils numériques et à l’IA, bouleversant le paysage médiatique.
- Influenceurs et journalistes : la frontière s’est estompée. Les influenceurs adoptent rapidement les innovations technologiques pour toucher un public large, souvent sans passer par les médias traditionnels.
2. Nouvelle relation au public et redéfinition du journalisme
| Aspect | Journaliste traditionnel | Influenceur / Créateur de contenu |
|---|---|---|
| Source d’information | Centralisée, médiatisée | Décentralisée, directe |
| Relation au public | Unilatérale, via média | Bilatérale, interactive |
| Confiance | Basée sur la qualité et la marque | Basée sur la relation parasociale |
| Format | Reportage, analyse | Vidéos courtes, storytelling, témoignages |
| Objectif | Informer, éduquer | Informer, divertir, influencer |
- Les jeunes préfèrent souvent les influenceurs comme sources d’information, non pour leur rigueur journalistique, mais pour leur authenticité perçue et leur proximité.
- L’information-divertissement gagne du terrain, avec une pression commerciale qui oriente le journalisme vers des formats plus accessibles et engageants.
3. Le journaliste-influenceur : un rôle hybride
- Le journaliste devient aussi influenceur, incarnant son média et adoptant des formats plus directs et engageants (ex : HugoDécrypte, Philip DeFranco).
- Cette hybridation questionne la définition même du journalisme : est-ce la carte de presse ou la qualité du travail qui définit le journaliste ?
- La carte de presse reste un marqueur officiel, mais le métier glisse vers une nouvelle forme d’engagement médiatique, plus proche des attentes des publics connectés.
4. Authenticité performative et interaction
- Les influenceurs construisent leur image via des techniques de storytelling, filtres, montages, et interactions avec leur audience.
- Cette relation interactive crée un cycle de rétroaction où le contenu est ajusté en fonction des réactions, optimisant l’impact mais posant des questions sur la fiabilité de l’information.
- Le paradoxe clé : la quête d’authenticité performative où l’influenceur doit paraître sincère tout en maîtrisant son image.
5. Enjeux et défis actuels
- L’effondrement du gatekeeping traditionnel : plus de contrôle centralisé sur l’information, mais un foisonnement de sources non hiérarchisées.
- La montée des fake news, désinformation et discours partisans sur les réseaux sociaux, compliquée par l’absence d’outils d’analyse accessibles (ex : TikTok sans API).
- La pression économique pousse les médias à privilégier le divertissement et la viralité au détriment de la qualité journalistique.
- Des jeunes journalistes se tournent vers le modèle de l’influenceur pour survivre dans un marché de l’emploi restreint.
À retenir : Le déclin de l’information traditionnelle est lié à la montée des influenceurs et à la transformation des usages médiatiques, imposant une redéfinition du rôle du journaliste et une adaptation des médias à un public connecté, interactif et en quête d’authenticité.
Le déclin de l’information et ses conséquences
1. Désincarnation de l’information et spectacularisation
- La reproduction mécanique efface la singularité de l’original, ce que Walter Benjamin appelle la perte de l’aura.
- Cette désincarnation ne supprime pas l’émotion mais la déplace vers une spectacularisation vaine de la vie.
- Les journalistes doivent désormais marketer l’information sur les réseaux sociaux, créant une relation ambivalente avec ces plateformes, qualifiée de « schizophrénie numérique » (fascination vs peur).
2. Équilibres économiques fragiles des médias
- Le dilemme majeur : « Qui paiera pour l’information ? » (Nathan Myhrvold).
- Les médias historiques ont alimenté les plateformes sociales au début de la révolution numérique, mais la monétisation reste difficile.
- Les réseaux sociaux ont des usages spécifiques :
- TikTok : audience rapide,
- YouTube : monétisation à long terme,
- Instagram : deals avec marques,
- X (ex-Twitter) : situation complexe.
- Le retour sur investissement en influence est élevé (1€ investi → 9,60€ en moyenne).
- Les start-ups journalistiques attirent des audiences fidèles mais dépendent souvent de financements philanthropiques fragmentés.
- Le Web3 promet une nouvelle économie participative, sans plateforme centrale, avec partage des revenus et propriété numérique.
3. Formats longs et journalisme d’investigation
- Face à la réduction des moyens dans les rédactions traditionnelles, des journalistes indépendants se consacrent aux formats longs et au journalisme d’investigation.
- Ces journalistes prennent le temps de développer leurs histoires, contrairement à la « littérature pressée » des médias classiques.
- Le livre et le documentaire restent des formats privilégiés pour approfondir les sujets.
4. Influenceurs et journalisme en Asie
- Les influenceurs jouent un rôle clé dans la formation de l’opinion publique, surtout dans des États autoritaires.
- En Chine, le Parti communiste utilise les influenceurs pour renforcer son contrôle, tout en surveillant étroitement leurs activités.
- Des journalistes et influenceurs critiques (ex. Luo Changping, Chen Qiushi) risquent des représailles mais influencent le discours public.
- En Inde, Corée du Sud, Japon, les journalistes utilisent les réseaux sociaux pour des enquêtes indépendantes et analyses critiques.
5. Incarnation communautaire et diversité
- Le journalisme hors rédaction permet à des minorités et groupes sous-représentés de s’exprimer.
- Les jeunes générations privilégient la confiance envers leurs pairs et communautés plutôt que les experts extérieurs.
- L’intégration des minorités dans la production de contenu est essentielle pour toucher des publics fragmentés.
- L’UE impose des obligations légales pour garantir l’accessibilité et la diversité dans l’information.
6. Régulation des influenceurs
| Région | Mesures principales |
|---|---|
| Europe | Dialogue avec influenceurs, éducation aux médias, responsabilité en ligne |
| Chine | Loi cybersécurité, restrictions sévères, sanctions |
| Inde | Surveillance des contenus sur réseaux sociaux |
| Japon | Code d’éthique, transparence des relations commerciales |
| Corée du Sud | Normes élevées de conduite, protection des consommateurs |
- Tendance émergente : le « désinfluencing », qui critique la surconsommation et promeut un usage réfléchi des recommandations.
7. Fragmentation de l’information et rôle des algorithmes
- Les réseaux sociaux sont passés d’une agora d’échange à un monde fragmenté où il est facile d’ignorer ce que consomment les autres.
- Les algorithmes de recommandation remplacent le modèle des followers, donnant aux géants du numérique un rôle de gatekeepers de la connaissance.
- La maîtrise de l’IA générative renforce ce pouvoir.
8. Journalistes artificiels et désinformation
- L’IA transforme le journalisme avec des clones numériques capables de produire du contenu 24/7.
- Des cas de deepfakes et d’utilisation non consentie d’images de journalistes ou influenceurs posent des questions éthiques.
- L’IA est un défi supplémentaire dans un métier déjà en mutation.
9. Convergence entre médias traditionnels et influenceurs
- De plus en plus de jeunes aspirent à devenir influenceurs plutôt que journalistes.
- Les médias traditionnels innovent en collaborant avec des influenceurs pour rester pertinents (ex. Samuel Etienne sur Twitch, projets éducatifs avec YouTubeurs).
- L’impact médiatique se mesure désormais à l’interaction et au retour direct des audiences, pas seulement aux indicateurs commerciaux.
- La collaboration entre journalistes et influenceurs est encouragée pour enrichir l’offre médiatique et l’éducation aux médias.
À retenir : Le déclin de l’information traditionnelle s’accompagne d’une transformation profonde où journalistes et influenceurs coexistent, dans un contexte économique fragile, une régulation accrue et une fragmentation accrue des publics.
Violence et désinformation sur les réseaux sociaux
1. Transformation des réseaux sociaux et impact sur l'information
- Réseaux sociaux : passage d'une influence sur la distribution de l'information à une priorité donnée au divertissement et à la publicité.
- Consommation d'information : baisse notable depuis 2020, les utilisateurs se tournent vers des contenus plus faciles, notamment ceux des influenceurs.
- Relations parasociales : la confiance des consommateurs repose plus sur ces relations que sur la qualité journalistique ou la réputation des médias.
- Fragmentation de l'information : les recommandations sociales cloisonnent les audiences, rendant difficile la mesure de la viralité réelle des contenus.
2. Déclin de l'influence des médias traditionnels
| Aspect | Description |
|---|---|
| Influence culturelle | Médias perdent leur rôle de faiseurs de récits politiques (ex. campagne présidentielle US 2024) |
| Rôle des réseaux sociaux | Transformation de l'actualité en champ de bataille, accélération algorithmique, polarisation |
| Désengagement des médias | Plateformes en ligne se détournent de l'information, favorisant l'accomplissement de soi |
| Conséquences | Perte de confiance, montée de la désinformation, éclatement du monde commun d'information |
3. Effets de la désinformation et de la violence en ligne
- Information ultra-violente : algorithmes favorisent parfois la mise en avant de contenus choquants ou violents.
- Fragmentation et confusion : difficulté à comparer les métriques d'audience, fermeture des accès aux données, invisibilisation de l'écrit au profit de la vidéo.
- Manipulation étrangère : exploitation des réseaux sociaux pour diffuser de la désinformation à grande échelle.
4. Nouveaux défis liés à l'intelligence artificielle (IA)
- Influence artificielle : multiplication des contenus générés par IA, augmentant la production à bas coût et la saturation informationnelle.
- Risques pour l'écosystème : IA pourrait détruire les modèles économiques et la valeur des moteurs de recherche traditionnels.
- Qualité de l'information : invisibilisation progressive des contenus écrits, domination de la vidéo et des formats courts.
5. Éducation aux médias : un enjeu démocratique
- Nécessité d'éducation : face à la désinformation et à la complexité des médias numériques, l'éducation aux médias est un devoir pour préserver la démocratie.
- Mémoire historique : comprendre l'histoire du journalisme et ses valeurs fondamentales est essentiel pour affronter les défis actuels.
- Rôle du journaliste : informer en vérifiant les faits reste la fonction première, malgré la montée des influenceurs et des contenus non vérifiés.
La défiance envers les médias s'explique par une méconnaissance de leur histoire et de leur rôle social, aggravée par la fragmentation et la violence des réseaux sociaux.
6. Synthèse
- Les réseaux sociaux ont transformé la manière dont l'information est produite, consommée et perçue, favorisant souvent la désinformation et la violence.
- La confiance dans les médias traditionnels décline, remplacée par des relations parasociales avec des influenceurs.
- L'IA et les algorithmes accentuent la fragmentation et la saturation informationnelle, posant de nouveaux défis pour la qualité et la véracité de l'information.
- L'éducation aux médias et la connaissance historique du journalisme sont indispensables pour contrer ces tendances et préserver un espace public démocratique.
Le doute et la précarité chez les jeunes journalistes
1. Fragmentation des professionnels de l’information
- Chaque plateforme numérique crée ses propres professionnels et influenceurs, souvent sans recoupement entre elles.
- Twitter, autrefois central dans l’actualité en temps réel, a perdu son contexte, rendant la plateforme à la fois dangereuse et réductrice.
- La rapidité et l’agilité des utilisateurs sur Twitter ont favorisé une réactivité excessive, éloignant les marques des médias traditionnels.
- L’audience est désormais fragmentée, dispersée entre plusieurs plateformes concurrentes (Bluesky, Threads, Mastodon).
2. Évolution générationnelle et économique d’Internet
| Aspect | Description |
|---|---|
| Changement générationnel | Internet n’est plus celui des millennials, mais celui de la génération Z (zoomers). |
| Enjunkification | Internet commercial impose une course vers le bas, favorisant contenus simplifiés et viraux. |
| Économie des médias | Fin des taux bas, exode des annonceurs vers les réseaux sociaux, baisse de l’emploi journalistique. |
- Le temps passé en ligne diminue chez les millennials, tandis que la génération Z adopte de nouveaux formats et langages (TikTok, Discord, Twitch).
- L’Internet actuel est plus fragmenté, moins amusant pour les générations plus âgées, mais en plein essor créatif chez les jeunes.
3. Violence et désinformation sur les réseaux sociaux
- Explosion de contenus violents et choquants (meurtres, appels à la haine) sur les plateformes, notamment X (ex-Twitter) et Telegram.
- Les fake news prolifèrent, souvent à partir de vidéos sorties de leur contexte ou totalement fausses.
- La modération des contenus est insuffisante, avec des plateformes comme Telegram pratiquement non modérées.
- X est devenu un « dépotoir toxique » où la désinformation, la haine et les discours xénophobes dominent.
4. Impact sur les journalistes et la consommation de l’information
- La violence et la désinformation rendent difficile le travail des journalistes, qui peinent à garder du recul.
- La visibilité des médias traditionnels est réduite sur certaines plateformes, notamment après les changements algorithmiques et la politique de certification payante sur X.
- Les journalistes et experts en vérification (OSINT) sont souvent trompés par de faux comptes et des contenus manipulés.
5. Réponses institutionnelles et perspectives
- L’Union européenne est l’une des rares institutions à exercer une pression réglementaire sur les plateformes, menaçant de sanctions financières.
- Malgré la fragmentation et la toxicité, certains voient dans cette évolution un retour à un Internet plus « bizarre » et créatif, avec des micro-réseaux sociaux et des initiatives de subversion.
- Le web de demain sera probablement plus étrange et dérangeant, confronté à un ajustement algorithmique qui favorise le pire des contenus.
À retenir : La précarité et le doute chez les jeunes journalistes s’expliquent par la fragmentation des plateformes, la montée de la violence et de la désinformation, ainsi que par une économie médiatique en crise, rendant leur travail plus incertain et exposé à des environnements informationnels toxiques.
Populisme et mise en tension de la société par les médias
1. Populisme et mise en tension de la société par les médias
a) Stratégies de propagande et violence médiatique
- Groupes terroristes (ex. Hamas) utilisent les réseaux sociaux pour diffuser des images violentes, démoraliser l’adversaire et recruter, notamment via des vidéos d’exécutions en direct.
- Israël publie quotidiennement des vidéos des atrocités pour contrer cette propagande.
- La peur et la confusion sont des éléments stratégiques dans ces campagnes de guerre psychologique.
- La diffusion massive d’images violentes peut provoquer des traumatismes psychologiques proches du syndrome post-traumatique, affectant aussi bien le public que les journalistes.
b) Impact psychologique sur les journalistes
- Les journalistes exposés régulièrement à des images violentes prennent des précautions (limiter le visionnage, couper le son, assistance psychologique).
- Des dispositifs d’aide psychologique sont mis en place dans certaines rédactions (ex. Libération, France Info).
- La violence en ligne alimente la haine et peut entraîner des violences physiques dans le monde réel.
c) Gestion des réseaux sociaux et désinformation
- La distinction entre faits, rumeurs et théories du complot est devenue difficile, exacerbée par des changements dans les plateformes (ex. X, anciennement Twitter).
- Les journalistes doivent rester présents sur les réseaux sociaux pour contrer les fausses informations par un travail rigoureux de vérification.
- Pour limiter les risques, il est conseillé de :
- Consulter plusieurs sources,
- Vérifier l’origine des informations,
- Ralentir le rythme de consommation des nouvelles,
- Favoriser des récits humains plutôt que des images choquantes.
À retenir : La diffusion de contenus violents et mensongers sur les réseaux sociaux est une arme de guerre psychologique qui alimente la haine et peut provoquer des traumatismes.
d) Crise de vocation et conditions de travail des jeunes journalistes
| Aspects clés | Description |
|---|---|
| Doute professionnel | Perte de sens, précarité, difficulté à se projeter dans un métier en mutation rapide |
| Contexte économique | Baisse des revenus de la presse écrite, pression accrue sur la production numérique |
| Organisation du travail | Verticalité hiérarchique, manque d’autonomie, travail intensif sur les « hard news » |
| Violence au travail | Harcèlement moral, violence verbale, sentiment d’être « jetable » |
| Préparation insuffisante | Manque de formation pratique à la pige, absence d’accompagnement pour les pigistes |
| Conséquences | 40 % des jeunes journalistes quittent la profession dans les 7 ans |
- Les jeunes journalistes aspirent à un journalisme de solution, privilégiant le temps long et la compréhension plutôt que l’actualité immédiate.
- Ils dénoncent un manque de bienveillance dans les rédactions et réclament une meilleure formation au management.
- La pige est perçue comme un statut dévalorisant, source d’insécurité et de précarité.
e) Recommandations pour un meilleur encadrement
- Reconnaître la problématique du harcèlement et de la violence en rédaction.
- Mettre en place des formations spécifiques pour cadres intermédiaires.
- Favoriser un management bienveillant, avec un accueil attentif des jeunes journalistes.
- Améliorer la transparence et l’accompagnement des pigistes dans leur parcours professionnel.
À retenir : Le malaise des jeunes journalistes est lié à la précarité, au manque de sens et à une organisation du travail souvent déshumanisante, nécessitant une réforme profonde du management et des conditions de travail.
L’évitement de l’information : les infophobes
1. L’évitement de l’information : les infophobes
Définitions clés
- Infophobes systématiques : personnes qui consultent peu ou pas d’informations, ce qui les exclut de la vie publique.
- Infophobes sélectifs : évitent délibérément certains types d’informations, mais pas toutes.
Caractéristiques des infophobes
- L’évitement peut être lié à la fatigue émotionnelle, au manque de confiance dans les médias, ou à la difficulté à donner un sens à la surabondance d’informations.
- Les infophobes systématiques ont souvent un accès limité à l’information, parfois renforcé par les algorithmes des réseaux sociaux qui créent des bulles informationnelles.
- Ils peuvent aussi être peu exposés à l’actualité via leur entourage social.
Facteurs explicatifs de l’augmentation de l’infophobie
- Évolution des supports médiatiques et diversification des contenus (information vs divertissement).
- Valeur accordée à l’information en baisse dans certaines couches sociales.
- Changements dans le journalisme, parfois perçu comme déprimant ou peu pédagogique.
- Facteurs sociodémographiques : âge, statut socio-économique, désintérêt politique.
Conséquences
- L’évitement systématique de l’information est corrélé à un désengagement politique et à une exclusion des sphères de pouvoir.
- Ce phénomène est particulièrement marqué chez les populations déjà marginalisées.
Consommation alternative d’information
- Certains infophobes systématiques s’informent via des sources alternatives : influenceurs, réseaux sociaux, proches.
- Aux États-Unis, une minorité politiquement engagée à droite privilégie ces sources alternatives comme contrepoids aux médias traditionnels.
Stratégies pour gérer l’infophobie
- Prendre du recul et adopter des stratégies informationnelles adaptées à sa personnalité et mode de vie.
- Privilégier des formats moins éprouvants émotionnellement (ex. : podcasts, journaux, radio).
- Réduire la quantité d’informations tout-venantes au profit de sources de qualité.
Définition d’une source d’information de qualité
- Subjective, mais repose sur :
- La manière dont les nouvelles sont rapportées (clarté, pédagogie).
- La pertinence et la fiabilité des contenus.
Normes sociales et dissonance cognitive
- Le suivi de l’actualité est perçu comme une norme sociale et un devoir citoyen.
- Les infophobes ressentent souvent un regret ou une culpabilité liée à leur évitement, générant une dissonance cognitive.
À retenir : L’intolérance à l’information devient problématique lorsque les individus estiment devoir l’ignorer complètement, ce qui accentue leur marginalisation sociale et politique.
Créateurs de contenu et influenceurs : nouveaux acteurs de l’information
1. Créateurs de contenu et influenceurs : nouveaux acteurs de l’information
Les créateurs de contenu et influenceurs émergent comme de nouveaux acteurs majeurs dans la diffusion de l’information, bouleversant les modèles traditionnels du journalisme.
2. Définition et rôle
- Créateurs de contenu : individus ou groupes produisant et diffusant des informations ou des opinions via des plateformes numériques (YouTube, Instagram, TikTok, blogs).
- Influenceurs : créateurs avec une audience importante, capables d’orienter les opinions et comportements de leurs abonnés.
Ils complètent ou concurrencent les médias traditionnels en proposant des formats plus accessibles, souvent plus personnalisés et interactifs.
3. Spécificités des nouveaux acteurs
| Critères | Médias traditionnels | Créateurs de contenu / Influenceurs |
|---|---|---|
| Production | Professionnelle, encadrée | Souvent amateur ou semi-professionnelle |
| Format | Articles, reportages, émissions | Vidéos courtes, stories, podcasts |
| Relation au public | Unidirectionnelle | Bidirectionnelle, interaction directe |
| Objectifs | Information, éducation, déontologie | Divertissement, engagement, influence |
| Transparence | Normes déontologiques strictes | Variables, parfois floues |
4. Enjeux et limites
- Qualité de l’information : la rapidité et la simplicité prônées par ces acteurs peuvent entraîner une perte de nuance et une diffusion d’informations non vérifiées.
- Crédibilité : absence de contrôle éditorial rigoureux, ce qui peut favoriser la désinformation.
- Représentation : ces acteurs touchent souvent des publics délaissés par les médias traditionnels (jeunes, minorités, classes populaires), ce qui renouvelle la diversité des voix dans l’espace public.
- Économie : monétisation via partenariats, sponsoring, ce qui peut influencer le contenu produit.
5. Impact sur le journalisme traditionnel
- Concurrence accrue : les médias traditionnels doivent s’adapter pour rester attractifs (formats courts, personnalisation).
- Redéfinition des pratiques : nécessité d’intégrer les réseaux sociaux et de dialoguer avec ces nouveaux acteurs.
- Défi de la confiance : face à la montée des influenceurs, les médias doivent renforcer leur transparence et pédagogie pour regagner la confiance des publics.
À retenir : Les créateurs de contenu et influenceurs sont des acteurs clés de l’information contemporaine, apportant accessibilité et diversité, mais posant des défis majeurs en termes de qualité, crédibilité et déontologie.
Journalistes devenant influenceurs : une nouvelle hybridation
1. Journalistes devenant influenceurs : une nouvelle hybridation
a) Contexte et enjeux de la carte de presse
- Carte de presse : document officiel symbolisant la légitimité professionnelle des journalistes, indispensable pour accéder à certains lieux, obtenir des visas, et bénéficier d’une protection juridique (ex. procès en diffamation).
- En 2023, 34 051 cartes délivrées, 711 refusées (2 %), avec environ 140 recours pour 100 accords.
- Critères d’attribution jugés obsolètes par beaucoup, notamment car la carte exige un statut salarié (pigiste ou permanent) et que plus de la moitié des revenus proviennent du journalisme salarié.
- Cette exigence exclut de nombreux journalistes indépendants, réalisateurs, écrivains, intermittents, auto-entrepreneurs, qui peinent à obtenir la carte malgré leur activité journalistique.
b) Problèmes liés au statut et à la précarisation
| Statut | Description | Conséquences pour la carte de presse |
|---|---|---|
| Salarié (pigiste ou permanent) | Statut légal reconnu, protection sociale (maladie, chômage, retraite) | Carte de presse accessible |
| Indépendant (auto-entrepreneur, intermittent) | Statut hors cadre salarié, souvent choisi pour flexibilité ou précarité économique | Difficulté à obtenir la carte, exclusion de la protection sociale liée au statut |
| Journaliste-écrivain | Rémunération par droits d’auteur, activité sur le long terme | Carte souvent refusée car revenus non considérés comme journalistiques |
- La CCIJP (Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) défend le cadre légal actuel, craignant qu’une ouverture aux indépendants précarise davantage la profession.
- La "zone grise" regroupe environ 21 400 personnes qui se déclarent journalistes sans carte, souvent en statut indépendant.
- Les employeurs sont souvent accusés de contourner la loi en rémunérant hors salariat pour réduire les coûts, aggravant la précarité.
c) Cas spécifiques : audiovisuel et journalisme long format
- Les réalisateurs et documentaristes, souvent intermittents, se retrouvent exclus malgré leur travail journalistique.
- Certaines entreprises audiovisuelles refusent de salarier leurs correspondants, les considérant comme fournisseurs sans couverture sociale.
- Le journalisme d’enquête au long cours, souvent publié sous forme de livres, est difficilement reconnu comme activité journalistique par la CCIJP, bien que toléré temporairement.
- Exemples : Victor Castanet, auteur de livres-enquêtes, a vu sa demande de carte refusée car ses revenus d’édition ne sont pas considérés comme journalistiques.
d) Tensions et perspectives de réforme
- La CCIJP est critiquée pour son refus d’adapter les critères, ce qui provoque une gronde persistante parmi les journalistes indépendants.
- Dialogue difficile entre la commission et les demandeurs, certains envisageant des actions juridiques collectives.
- La CCIJP insiste sur la nécessité de préserver le cadre légal pour maintenir la protection sociale des journalistes salariés.
- La question de la réforme est liée à une évolution législative, avec un risque de perte de protection si les critères sont trop assouplis.
e) Hybridation entre journalisme et influence
- Certains journalistes deviennent influenceurs, développant un contenu centré sur la communauté et tirant parti des réseaux sociaux.
- Cette hybridation modifie les modes de production et de diffusion de l’information, posant de nouveaux défis pour la reconnaissance professionnelle et la rémunération.
- Andrew Losowsky (Vox Media) souligne que les journalistes ne sont pas obligés de devenir influenceurs, mais peuvent apprendre de ceux qui ont élevé ce type de contenu au rang d’art.
À retenir : La carte de presse reste un outil clé de légitimité et de protection pour les journalistes salariés, mais son cadre légal exclut une part importante des professionnels indépendants, créant une tension majeure dans la profession à l’heure de la transformation numérique et de l’hybridation avec les influenceurs.
HugoDécrypte : modèle hybride d’information et d’influence
1. Créateurs de contenu vs Influenceurs
- Créateurs de contenu : produisent des vidéos ou posts variés, souvent informatifs ou culturels (ex. Squeezie, Léna Situations, Mister Geopolitix).
- Influenceurs : visent à modifier les habitudes de consommation via des partenariats avec des marques.
- Cette distinction est essentielle pour comprendre les pratiques informationnelles des adolescents.
2. Rôle des créateurs de contenu dans l'information des adolescents
- Les adolescents s'informent quotidiennement via ces créateurs, sur des sujets variés (actualité, santé, sexualité, culture).
- Ils apprécient le ton et les sujets souvent absents des médias traditionnels.
- Un attachement affectif fort se développe, contribuant à la construction identitaire et sociale des jeunes.
3. HugoDécrypte : figure d'autorité informationnelle
- HugoDécrypte est la ressource la plus utilisée et la plus appréciée par les lycéens (38 sur 52 en Terminale l'utilisent).
- Il est perçu comme un quasi-journaliste grâce à :
- La citation systématique des sources.
- La rigueur dans le traitement des sujets.
- La diversité des formats (YouTube, TikTok, Instagram, Twitch, WhatsApp).
- 95 % des élèves lui attribuent une note ≥ 8/10 en termes de plaisir et de confiance.
4. Critères d’évaluation de la fiabilité des créateurs de contenu par les adolescents
| Critère | Description | Exemple / Citation |
|---|---|---|
| Travail info-documentaire | Recherche visible, sources citées, cohérence avec les cours scolaires | « Je regarde la vidéo et je vérifie dans mon cours » (Meg) |
| Pédagogie | Capacité à expliquer clairement avec des exemples concrets et attractifs | « Dr Nozman part d’exemples concrets » (Simon) |
| Popularité | Nombre d’abonnés, perçu comme un gage de responsabilité mais sujet à débat | « Beaucoup de gens les suivent, ça les oblige à la rigueur » (Tom) |
5. Distinction chez les adolescents entre types de créateurs
- Divertissement/témoignage : Squeezie (jeux vidéo), Léna Situations (mode).
- Contenu informationnel sérieux : Mister Géopolitix (géopolitique), Jemenbatsleclito (féminisme).
- Les adolescents appliquent des critères rationnels pour accorder leur confiance.
6. Éducation aux médias et à l’information (EMI) : enjeux et perspectives
- L’EMI doit intégrer les créateurs de contenu pour être pertinente et respectueuse des pratiques juvéniles.
- Il faut éviter l’amalgame entre canal (YouTube, réseaux sociaux) et source d’information.
- L’EMI doit aider à développer la distanciation critique face aux intérêts économiques et politiques des créateurs.
- Reconnaître la légitimité des pratiques informationnelles des adolescents évite qu’ils soient isolés face à des contenus complexes.
Apprécier les publications des créateurs de contenu ne signifie pas leur faire confiance.
7. Modèle hybride d’information et d’influence
- Les créateurs de contenu combinent souvent rôle de médiateur d’information et influenceur.
- Ils adoptent des codes proches des médias traditionnels (incarnation, pédagogie) tout en exploitant la proximité et la rapidité des réseaux sociaux.
- La déontologie journalistique n’est pas toujours respectée, car ils ne rendent compte qu’à leur public.
- Cette porosité entre journalisme et création de contenu redéfinit le paysage médiatique.
8. Enjeux économiques et partenariats avec les marques
- La majorité des nouveaux médias tirent leurs revenus des collaborations avec des marques.
- Le public français est peu habitué à payer pour l’information en ligne, ce qui favorise ce modèle.
- Certaines marques développent leurs propres médias digitaux pour renforcer leur image via les codes des créateurs de contenu.
- Ce modèle soulève des questions sur l’indépendance éditoriale et la crédibilité.
9. Impact sur le modèle des médias traditionnels
- Les réseaux sociaux modifient le rapport à l’information : rapidité, proximité, personnalisation, et addiction cognitive.
- Les médias traditionnels adoptent les codes des créateurs (formats courts, incarnation, humour) pour capter l’attention.
- Les créateurs de contenu gèrent souvent seuls leur relation avec le public, filtrant les retours.
- Cette évolution impose une adaptation des pratiques journalistiques et éducatives.
Cette synthèse met en lumière la complexité et la richesse du modèle hybride d’information et d’influence incarné par des figures comme HugoDécrypte, qui jouent un rôle central dans l’écosystème informationnel des jeunes.
Influenceurs de l’info sur TikTok : le cas de Kelsey Russell
1. Influenceurs de l’info sur TikTok : le cas de Kelsey Russell
Les créateurs de contenu sur TikTok et autres réseaux sociaux surpassent souvent les médias traditionnels en termes d’audience, notamment auprès des jeunes (Digital News Report 2023). Ils incarnent un modèle économique basé sur la rétention de l’attention via des formats courts et émotionnels.
a) Modèle économique et logique des réseaux sociaux
- Les plateformes valorisent le temps de visionnage et le taux de complétion des vidéos.
- Pour capter l’attention jusqu’à la fin, il faut susciter des émotions fortes (positives ou négatives).
- Les contenus polarisants, les avis tranchés, les clashes et l’indignation sont privilégiés.
- Ce modèle pousse à la subjectivité et au parti pris, ce qui peut altérer la relation à la vérité.
b) Impact sur les médias traditionnels
- Les médias traditionnels, en s’adaptant aux réseaux, adoptent souvent ces codes algorithmiques pour maintenir ou accroître leur communauté.
- Cette adaptation peut entraîner une perte de neutralité et une course au clic.
- Les journalistes sont désormais souvent attendus pour être à la fois journalistes et influenceurs, avec une présence sur les réseaux sociaux mesurée par le nombre d’abonnés.
c) Enjeux pour les journalistes
- La concurrence avec les influenceurs est forte, comme illustré par le choix de Canal+ en 2024 de privilégier une influenceuse (Léna Situations) pour des interviews culturelles.
- Cette évolution soulève des questions sur la déontologie et la nature même du métier de journaliste.
- Certains jeunes journalistes refusent cette double casquette, estimant que ce n’est pas leur métier.
À retenir : Les réseaux sociaux imposent un modèle économique basé sur l’émotion et la subjectivité, ce qui transforme profondément la production et la diffusion de l’information, au risque de compromettre la neutralité journalistique.
2. Cas de Kelsey Russell sur TikTok
Kelsey Russell illustre cette nouvelle génération d’influenceurs de l’information qui utilisent TikTok pour diffuser des contenus d’actualité. Son succès repose sur :
- Une présence authentique et incarnée à l’écran.
- Une capacité à créer un lien émotionnel fort avec sa communauté.
- L’utilisation des codes propres à TikTok : formats courts, langage direct, engagement par les commentaires.
Cette approche lui permet de toucher un public jeune souvent délaissé par les médias traditionnels.
a) Limites et critiques
- Les créateurs comme Kelsey doivent composer avec la critique et la haine en ligne, fréquentes chez un tiers des jeunes créateurs.
- Leur modèle repose sur la surabondance de contenus, qui fait oublier rapidement les critiques négatives.
- La subjectivité et la polarisation peuvent favoriser la désinformation ou la simplification excessive des sujets complexes.
3. Synthèse comparative : Médias traditionnels vs créateurs de contenu
| Aspect | Médias traditionnels | Créateurs de contenu (ex. Kelsey Russell) |
|---|---|---|
| Modèle économique | Publicité, abonnements | Publicité, partenariats, engagement communautaire |
| Format | Articles longs, reportages approfondis | Vidéos courtes, formats dynamiques |
| Relation à la vérité | Recherche de neutralité, vérification | Subjectivité assumée, émotions au premier plan |
| Audience principale | Public général, souvent plus âgé | Jeunes, utilisateurs actifs sur réseaux sociaux |
| Interaction | Limitée, unidirectionnelle | Forte, bidirectionnelle via commentaires |
| Pression sociale | Critiques formelles, frilosité face aux réseaux | Critiques fréquentes, haine en ligne |
À retenir : Les créateurs de contenu sur TikTok, comme Kelsey Russell, incarnent une nouvelle forme d’influence sur l’information, fondée sur l’émotion et l’interaction, qui bouscule les médias traditionnels mais soulève aussi des défis éthiques et qualitatifs majeurs.
Les médias publics face aux défis numériques : le cas de l’Estonie
1. Médias publics et défis numériques en Estonie
L’Estonie illustre comment les médias publics peuvent s’adapter aux défis numériques en intégrant les nouvelles pratiques et attentes des publics, notamment des jeunes.
2. Contexte et enjeux
- Transformation numérique : Les médias traditionnels doivent faire face à la montée des plateformes numériques et des créateurs de contenu, qui captent une audience jeune et dynamique.
- Rôle des influenceurs : Ils dominent les réseaux sociaux, influencent la consommation d’information, et peuvent à la fois compléter et concurrencer les médias publics.
- Défi principal : Comment les médias publics peuvent-ils rester pertinents et crédibles dans un écosystème numérique dominé par des formats courts, informels et souvent personnalisés ?
3. Stratégies adoptées par les médias publics estoniens
| Stratégie | Description | Objectif principal |
|---|---|---|
| Intégration des réseaux sociaux | Utilisation active de plateformes comme TikTok, Instagram pour toucher les jeunes publics. | Rapprocher l’information des usages numériques actuels. |
| Collaboration avec créateurs | Partenariats avec influenceurs locaux pour produire des contenus hybrides. | Bénéficier de leur audience et de leur ton authentique. |
| Formation et valorisation des journalistes | Encourager les journalistes à développer une présence en ligne et à maîtriser les codes numériques. | Renforcer la crédibilité et l’influence des médias publics. |
| Adaptation des formats | Production de contenus courts, vidéos, podcasts adaptés aux attentes des jeunes. | Maintenir l’attention et l’engagement des publics. |
4. Résultats et enseignements clés
- Audience rajeunie : Grâce à ces stratégies, les médias publics estoniens ont réussi à capter une part significative des jeunes, souvent délaissés par les médias traditionnels.
- Crédibilité renforcée : En combinant rigueur journalistique et formats numériques attractifs, ils maintiennent leur rôle d’informateur fiable.
- Écosystème intégré : Reconnaissance que médias publics, influenceurs et créateurs de contenu coexistent dans un même écosystème, soumis aux mêmes dynamiques de plateformes.
5. Limites et défis persistants
- Épuisement des créateurs : La production constante de contenus numériques peut entraîner une surcharge de travail, affectant la qualité.
- Risques de désinformation : La rapidité et le format des contenus courts favorisent parfois la diffusion d’informations non vérifiées.
- Tensions internes : Certains journalistes traditionnels peuvent percevoir la collaboration avec des influenceurs comme une menace à l’éthique ou à la qualité du journalisme.
À retenir :
Les médias publics doivent s’intégrer pleinement à l’écosystème numérique, en valorisant leurs journalistes tout en adoptant les codes des créateurs de contenu pour rester pertinents face aux défis numériques.
L’intégration de l’intelligence artificielle dans les rédactions
1. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les rédactions
L’intelligence artificielle (IA) transforme profondément les rédactions en modifiant la production, la diffusion et la consommation de l’information. Elle permet d’automatiser certaines tâches journalistiques, d’optimiser la personnalisation des contenus et d’interagir plus efficacement avec les publics.
2. Nouveaux visages et formats d’information
- Influenceurs de l’info comme Kelsey Russell sur TikTok incarnent une nouvelle forme de médiation de l’actualité, combinant médias traditionnels et réseaux sociaux.
- Ils créent un pont entre médias traditionnels et jeunes générations (Gen Z), rendant l’info plus accessible et engageante.
- Cette intégration favorise une réconciliation des supports classiques avec les plateformes numériques, dynamisant l’intérêt des jeunes pour l’actualité.
3. Stratégies d’engagement et d’accessibilité
| Aspect | Description |
|---|---|
| Langage adapté | Utilisation d’un vocabulaire simple, authentique, intégrant le jargon générationnel. |
| Formats courts et visuels | Vidéos courtes, décryptages personnels, interaction directe (gestuelle, humour). |
| Présence sur plateformes clés | Aller chercher les jeunes là où ils sont (TikTok, Discord, podcasts). |
| Transparence | Affirmation claire du rôle d’influenceur, pas de journaliste, pour préserver l’intégrité. |
| Contenus personnalisés | Choix d’articles pertinents, intégration d’expériences personnelles pour renforcer l’impact. |
4. Réinvention du rôle du journaliste et de la rédaction
- Le journalisme doit s’appuyer sur la communauté en construisant des relations durables et réciproques avec le public.
- Il s’agit de passer d’une logique descendante à une approche participative et interactive, via :
- Questions-réponses en direct
- Espaces communautaires (Discord, Watch Party)
- Récompense de la loyauté des lecteurs
- Cette transformation nécessite de repenser les processus éditoriaux pour intégrer l’engagement communautaire dès la planification.
5. Leçons tirées des influenceurs et créateurs de contenu
- Le public valorise les connexions humaines et la communauté plus que les opinions anonymes.
- La fidélité doit être constamment entretenue et récompensée.
- Le contenu doit être attrayant, accessible et apporter une valeur réelle.
- Les rédactions doivent apprendre à :
- Être plus accessibles et présentes
- Réagir rapidement aux besoins des communautés, notamment en temps de crise
- Intégrer des voix diverses, notamment jeunes et issues de milieux variés
À retenir : Le journalisme moderne doit s’inspirer des influenceurs pour devenir plus communautaire, transparent et inclusif.
6. Enjeux et défis
- L’intégration de l’IA et des nouveaux formats impose un équilibre entre divertissement et rigueur informative.
- Les rédactions doivent éviter l’épuisement des équipes en adaptant leurs méthodes de travail.
- La transparence sur les limites et les savoirs est essentielle pour maintenir la confiance.
- Il faut valoriser la pluralité des voix, notamment celles des jeunes, pour mieux représenter la société.
7. Perspectives d’avenir
- Le journalisme tend vers un modèle plus collaboratif, communautaire et orienté vers l’expérience utilisateur.
- L’IA sera un outil au service de cette transformation, facilitant la personnalisation et la réactivité.
- Les influenceurs de l’info jouent un rôle clé dans la redynamisation de l’intérêt pour l’actualité auprès des nouvelles générations.
- Le futur du journalisme repose sur une co-construction avec les publics, fondée sur la confiance et l’engagement mutuel.
Journalisme engagé et militantisme
1. Journalisme engagé et militantisme
Le journalisme engagé mêle information et prise de position, souvent dans une perspective militante, pour défendre des causes sociales ou politiques. Ce type de journalisme s’appuie sur des récits personnels et une forte dimension émotionnelle pour créer de l’identification et mobiliser l’audience.
2. Podcast vidéo et engagement
- Spotify démocratise le podcast vidéo, format hybride combinant audio et image, qui séduit particulièrement les jeunes consommateurs habitués à l’image.
- La vidéo permet une meilleure proximité avec l’audience et un engagement renforcé des communautés.
- Le podcast vidéo ne doit pas être une simple captation filmée, mais un contenu pensé d’abord pour l’audio, avec la vidéo en complément.
- Exemple : Canapé Six Places avec Léna Situations, podcast le plus écouté en 2023 sur Spotify, mêlant épisodes vidéo et audio, montre que l’important est d’adapter le format à l’histoire.
À retenir : Le podcast vidéo est un outil d’engagement puissant, mais le travail journalistique de fond reste indispensable.
3. Influenceurs et journalisme
- Les influenceurs ne sont pas de nouveaux journalistes, mais de nouveaux acteurs médiatiques capables d’informer une jeune audience par des formats hybrides mêlant divertissement et information.
- Derrière certains podcasts d’influenceurs, des journalistes assurent la vérification et la préparation des contenus.
- Le journalisme évolue vers une production de contenu plus proche du divertissement, avec une forte dimension narrative et personnelle.
4. Journalisme narratif et intimité
- Juan Pablo Meneses illustre une forme de journalisme hybride mêlant enquête, récit personnel et fiction non-narrative.
- Il prône une attitude de croyance dans les récits pour mieux les vivre et les transmettre, rompant avec la méfiance excessive traditionnelle.
- L’intimité et la subjectivité deviennent des éléments clés du journalisme contemporain, difficilement remplaçables par l’intelligence artificielle.
- Le journalisme freelance, bien que source de précarité, favorise cette proximité et cette liberté narrative.
5. Brut : un modèle de journalisme militant et vidéo
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Origine | Média 100 % vidéo créé en 2016, inspiré de modèles internationaux (NowThis, AJ+) |
| Modèle économique | Diversifié : vidéos, documentaires, brand content, live shopping, levées de fonds |
| Partenariat clé | Facebook, qui a fourni outils et soutien pour la diffusion et la production vidéo |
| Ligne éditoriale | Centrée sur des sujets sociétaux portés par la jeunesse, avec une forte personnalisation |
| Style narratif | Récits incarnés, émotionnels, individualistes, valorisant l’action personnelle et militante |
| Politique traditionnelle | Effacée au profit d’une approche plus altruiste et narrative |
- Brut privilégie la catharsis émotionnelle et l’identification par des histoires personnelles pour traiter des enjeux sociaux.
- La vidéo est un vecteur clé pour toucher et mobiliser une audience jeune, notamment via les réseaux sociaux.
6. Influence et mutation du journalisme
- Le journalisme se transforme sous l’effet des réseaux sociaux et du numérique, avec une montée en puissance des influenceurs et des créateurs de contenu.
- Cette mutation entraîne un glissement vers un journalisme plus divertissant, incarné et émotionnel, parfois au détriment de la rigueur traditionnelle.
- Le journalisme freelance et indépendant, bien que précaire, permet une plus grande liberté narrative et une proximité avec le public.
- La frontière entre information et divertissement s’estompe, donnant naissance à des formats hybrides et engagés.
À retenir : Le journalisme engagé et militant s’appuie sur la narration personnelle, l’émotion et l’engagement communautaire, souvent via des formats innovants comme le podcast vidéo ou les médias sociaux.
Questions à Jules Stimpfling sur la porosité entre journalisme et création de contenu
1. Porosité entre journalisme et création de contenu chez Brut
- Ligne éditoriale de Brut : ciblage des jeunes urbains, éduqués, sensibles aux thématiques progressistes (écologie, égalité, droits sociaux).
- Rejet de la figure de l’expert : préférence pour des témoignages « bruts » et incarnés par des militants ou anonymes, plus accessibles que les discours d’experts.
- Journalisme désincarné : Brut et Loopsider privilégient un format court, efficace, sans présence visible du journaliste, adapté aux réseaux sociaux.
- Ton premier degré : sur Facebook, le second degré est mal reçu, on privilégie un discours clair, direct, sans ambiguïté.
Sur les réseaux sociaux, il vaut mieux un contenu clair et sans double sens pour être bien reçu.
2. Influence des métriques sur la ligne éditoriale
- Rôle des données : depuis 2019-2020, les équipes data orientent les choix éditoriaux selon les métriques (partages, taux de rétention).
- Pression sur les journalistes : la surveillance en temps réel des performances peut être vécue comme une contrainte, comparable aux taux d’audience télévisés.
- Limite des mesures : les outils actuels ne renseignent pas sur la socio-démographie des internautes, réduisant l’audience à des clics et partages.
3. Influenceurs et micro-influenceurs en politique : une nouvelle fabrique de l’opinion
| Aspect | Influenceurs majeurs | Micro-influenceurs |
|---|---|---|
| Audience | Plusieurs centaines de milliers d’abonnés | Quelques dizaines de milliers d’abonnés |
| Style | Professionnel, esthétique travaillée | Spontané, « home made », parfois kitsch |
| Fonction | Militantisme assumé, parfois rémunéré | Apparence de spontanéité, coordination cachée |
| Rôle dans la campagne | Accès direct aux politiques, quasi-journalistes | Porte-à-porte numérique, ciblage fin |
- Stratégie politique : campagnes utilisent ces influenceurs pour toucher des publics jeunes et segmentés, via un discours affinitaires (droits sociaux, environnement).
- Effet de halo : les politiques s’associent à des influenceurs populaires pour bénéficier de leur aura (ex. Biden avec « Dude With Sign », Macron avec McFly et Carlito).
- Concurrence avec le journalisme : influenceurs ont accès privilégié aux politiques, échappent à la déontologie journalistique, ce qui pose des questions sur la transparence et la véracité des informations.
4. Réinvention numérique du porte-à-porte électoral
- Micro-ciblage : adaptation des messages à des communautés spécifiques, souvent éloignées du vote traditionnel (Gen Z, communautés ethniques).
- Segmentations par causes : priorité donnée aux thématiques affinitaires plutôt qu’aux candidats eux-mêmes, reflétant la désaffection pour la politique classique.
- Fonction sociale : ces micro-influenceurs créent un sentiment d’authenticité et d’identification, renforçant la confiance (67 % des Américains font confiance à leurs voisins contre 39 % aux dirigeants).
5. Questions éthiques et démocratiques
| Question | Enjeux clés |
|---|---|
| Honnêteté | Illusion de spontanéité (astroturfing), contenus sponsorisés et coordonnés, manque de clarté |
| Transparence | Difficulté à distinguer contenu militant rémunéré et expression populaire authentique |
| Impact démocratique | Risque de fragmentation, polarisation, et affaiblissement du rôle de contre-pouvoir du journalisme |
En 2024, au lieu de toquer à votre porte, on vient toquer à votre feed.
Cette porosité entre journalisme et création de contenu, ainsi que l’émergence des influenceurs politiques, redessinent les modes de production et de réception de l’information, posant de nouveaux défis pour la démocratie et la qualité de l’information.
Questions à Ryan Broderick sur les créateurs de contenu et les médias traditionnels
1. Micro-influenceurs et politique : un nouveau levier d’influence
- Micro-influenceurs : individus rémunérés pour diffuser des messages politiques, souvent sans transparence sur le sponsoring.
- Stratégie politique : externalisation de la persuasion à des micro-influenceurs plutôt qu’un effort collectif, exploitant la confiance du pair-à-pair.
- Effet invisible : ces influenceurs, proches du public, peuvent orienter les votes sans que les électeurs en aient conscience.
- Problème démocratique : ce recours massif traduit un échec politique triple :
- Absence d’enthousiasme militant spontané.
- Contournement du journalisme factuel au profit de partisans biaisés.
- Renoncement à un récit collectif unificateur.
À retenir : Les micro-influenceurs incarnent une influence fragmentée et opaque, posant un défi majeur à la démocratie.
2. Médias traditionnels face à la révolution numérique : le cas de la télévision estonienne (ERR)
| Aspect clé | Description |
|---|---|
| Contexte | Fragmentation des audiences due au web, réseaux sociaux et smartphones. |
| Stratégie ERR (Digital First) | Fusion des rédactions TV, radio, web pour une collaboration quotidienne et diffusion prioritaire sur le numérique. |
| Audience | Triplement de la portée numérique, maintien du leadership des JT face aux privés. |
| Priorité numérique | Infos en temps réel sur site web et radio, JT TV focalisé sur contexte et sujets phares. |
| Rôle rituel du JT | Moment quotidien fédérateur, espace mental public pour une réflexion collective. |
| Usage de l’IA | Automatisation du sous-titrage et transcription, outil pratique mais encore limité. |
| Financement | Budget public limité (0,12 % PIB), dépendant politiquement, menace la pérennité des contenus. |
À retenir : La télévision estonienne illustre une adaptation réussie aux défis numériques, mais reste confrontée à des contraintes financières et politiques.
3. Intelligence artificielle et journalisme : entretien avec Agnes Stenbom (Schibsted)
- Impact majeur de l’IA générative : questionnement sur la définition même du journalisme face à la production automatisée de contenus.
- Approche Schibsted : formation massive (AI Academy) pour intégrer l’IA comme une opportunité, non une menace.
- Compétences futures des journalistes :
- Rôle de guide et curateur dans un paysage informationnel saturé.
- Capacité à rendre l’information compréhensible, pertinente et à maintenir un récit commun.
À retenir : L’IA transforme le journalisme, qui doit évoluer vers un service personnalisé tout en conservant sa fonction sociale essentielle.
4. Synthèse des enjeux
| Thème | Enjeux clés |
|---|---|
| Micro-influenceurs | Influence opaque, fragmentée, menace pour la démocratie et la transparence politique. |
| Médias publics traditionnels | Nécessité de réinvention numérique, maintien du rôle fédérateur malgré la baisse d’intérêt. |
| Intelligence artificielle | Outil disruptif, nécessite adaptation des compétences journalistiques et réflexion éthique. |
À retenir : Le paysage médiatique et politique est en pleine mutation, entre nouvelles formes d’influence et défis d’adaptation des médias traditionnels.
Questions à Wilson Fache, reporter de guerre et lauréat du prix Albert-Londres
1. Médias de service public : un rôle crucial mais en crise
- Rôle essentiel : Les médias publics renforcent la résilience des citoyens face à la désinformation, étant parmi les sources les plus fiables et utilisées (Rasmus Nielsen, Reuters Institute).
- Défis financiers : Réduction des financements publics (ex. BBC a perdu 30 % de son budget depuis 2010, 1800 emplois supprimés), gel ou faible augmentation de la redevance.
- Concurrence des plateformes : Montée des plateformes de streaming et baisse de la consommation de télévision linéaire (ex. UK : 4h30 de vidéo/jour dont 2h de TV en direct).
- Crise de confiance et d’attractivité : Baisse de 19 % de la confiance envers la BBC en 5 ans, difficulté à toucher les jeunes, perçus comme « vieux, blancs et angoissés » (Anne Lagercrantz, SVT).
- Adaptation nécessaire : Passage à une rédaction « video-centric », renforcement des rédactions locales, couverture plus diversifiée et moins négative.
À retenir : Les médias publics doivent se réinventer pour rester pertinents face à la désaffection des jeunes et à la concurrence numérique.
2. La valeur économique de l’information face aux Big Tech
- Négation de la valeur : Meta considère la valeur des actualités comme « nulle » voire négative, pouvant se retirer sans perte commerciale à court terme (Jesper Doub, ex-Meta).
- Sous-évaluation des contenus : Google et Meta attribuent arbitrairement des compensations aux éditeurs, sans critères précis, divisant la profession (Anya Schiffrin, Columbia University).
- Montant estimé : Compensation équitable aux États-Unis estimée à plus de 12 milliards de dollars.
- Régulation en cours : Digital Market Competition and Consumer Act permettra un meilleur contrôle des données de trafic et monétisation des contenus.
- Position optimiste : L’IA peut renforcer la position des journalistes en valorisant l’information précise, indispensable aux plateformes (Andrea Carson, Trobe University).
3. Journalistes et influenceurs : une frontière floue
- Journalistes comme influenceurs : Certains journalistes reconnaissent leur rôle d’influenceur sans compromettre l’impartialité (Enrique Anarte Lazo, Thomson Reuters Foundation).
- Monétisation nécessaire : Face à la précarité, les journalistes doivent comprendre le business et accepter la rémunération sur les réseaux sociaux (Mercy Abang, Hostwriter).
- Éthique et partenariats : Question de la frontière entre publicité et contenu sponsorisé, avec une acceptation plus large chez les jeunes générations.
- Compétition interne vs désinformation : La vraie concurrence est la désinformation, non les collègues journalistes (Enrique Anarte Lazo).
4. Désinformation : un fléau amplifié par l’IA
- Harcèlement des fact-checkers : 72 % des organisations de fact-checking subissent du harcèlement en 2023 (International Fact-Checking Network).
- Propagation rapide des mensonges : Les mensonges se propagent 6 fois plus vite que les faits (étude MIT).
- Manque de ressources : Besoin urgent de fact-checkers sur des plateformes comme TikTok (Shayan Sardarizadeh, BBC Verify).
- Ambiguïté des plateformes : Rôle majeur mais incertain des plateformes dans le fact-checking, avec des réponses souvent insuffisantes (Marianna Spring, BBC).
- IA générative : Multiplication des faux influenceurs et faux experts générés par IA, aggravant la désinformation.
5. Intelligence artificielle et journalisme
- Freins à l’adoption : Principal obstacle pour les petites rédactions est la confiance en leurs capacités, plus que l’argent ou la technique (David Caswell, expert IA).
- Avantage des petites rédactions : Plus agiles et moins paralysées par l’analyse excessive que les grandes rédactions.
- Outils innovants : Exemple de Sophina, générateur de scripts vidéo TikTok, optimisant la viralité des contenus (Sophia Smith Galer).
- Position optimiste : L’IA offre une opportunité unique aux journalistes pour renforcer la qualité et la pertinence de l’information.
6. Journalisme inclusif et diversité
- Inégalités dans la profession : Le journalisme reste élitiste, limitant l’accès à certains milieux et voix (Hélène Lecointre, journaliste en formation).
- Nécessité d’une narration plurielle : Inclusion de journalistes issus de milieux divers pour une couverture plus riche, précise et positive, notamment sur des sujets comme l’Afrique.
- Cohabitation intergénérationnelle : Importance de la diversité des idées et expériences pour une information transversale et complète.
- Humilité et dévouement : Être journaliste, c’est écouter, donner, et servir la société avec talent et engagement.
À retenir : Le journalisme ne mourra pas grâce à son importance sociétale et à la richesse de ses voix, malgré les épreuves.
7. Éducation aux médias et influenceurs
- Projet UNESCO : Développement d’un cours en ligne pour éduquer les influenceurs (créateurs de contenu) aux médias, en partenariat avec l’Université d’Austin et le Knight Journalism Center.
- Distinction terminologique : Influenceurs préfèrent le terme « créateurs de contenu » pour éviter la mauvaise réputation associée au mot « influenceur ».
- Compétences requises : Au-delà des compétences techniques et créatives, les influenceurs doivent acquérir des compétences en éducation aux médias pour une meilleure gouvernance des plateformes digitales.
- Dialogue entre journalistes et influenceurs : Rencontre et échanges pour mieux comprendre leurs besoins et interactions dans l’écosystème médiatique actuel.
Citation clé
« Lorsqu’il s’agit d’une bataille pour les faits, les journalistes sont des activistes. »
Questions à Kelsey Russell, influenceuse de l’info sur TikTok
1. Collaboration entre influenceurs et journalistes
- Contexte : L’UNESCO et le Knight Center for Journalism ont lancé une initiative pour rapprocher influenceurs et journalistes, afin de mieux comprendre et structurer le rôle des créateurs de contenu dans l’écosystème de l’information.
- Constats clés :
- Les influenceurs info manquent souvent de formation aux bases du journalisme (liberté d’expression, droit, fact-checking).
- Ils travaillent souvent isolés, exposés au harcèlement et aux discours de haine.
- La collaboration avec les médias traditionnels est essentielle pour garantir la qualité et la fiabilité des contenus.
- Expériences pilotes :
- Groupes mixtes composés de journalistes, fact-checkers et créateurs de contenu ont expérimenté un processus commun de publication avec relecture et vérification.
- Résultat : prise de conscience des influenceurs sur l’importance des sources et du fact-checking.
2. Types d’influenceurs concernés
- Principalement des influenceurs spécialisés dans l’information, notamment sur des thématiques comme le changement climatique ou l’activisme.
- Ces influenceurs touchent souvent des audiences jeunes et engagées, difficiles à atteindre par les médias traditionnels.
3. Objectifs et formats pédagogiques
- MOOC prévu : un cours en ligne massif et multilingue destiné aux influenceurs d’information, mais aussi au grand public.
- Thèmes abordés : liberté d’expression, désinformation, gestion des discours de haine, éthique, intelligence artificielle.
- But : former une communauté d’influenceurs engagés à respecter des normes de qualité et à collaborer avec les journalistes.
4. Enjeux et défis
| Enjeux | Description |
|---|---|
| Reconnaissance et soutien | Besoin croissant d’accompagnement pour gérer harcèlement, modération et responsabilité légale |
| Collaboration médias-influenceurs | Nécessité de dépasser la séparation stricte pour mutualiser compétences et audiences |
| Transparence et crédibilité | Importance de l’incarnation des journalistes et influenceurs pour instaurer la confiance |
| Adaptation aux réseaux sociaux | Vulgarisation intelligente et création de contenus vidéo adaptés aux formats courts |
5. Rapport aux médias traditionnels
- Certains médias ont une attitude arrogante envers les créateurs de contenu, malgré des exemples positifs (ex. Hugo Travers).
- Les médias doivent apprendre à vulgariser et à collaborer avec les influenceurs sans perdre leur rigueur.
- L’incarnation des journalistes (biographies, vidéos) est un levier clé pour renforcer la confiance des jeunes publics.
6. Biographies des journalistes : un outil de confiance
- Pratique courante aux États-Unis (ex. New York Times) : biographies détaillées des journalistes avec parcours, éthique et méthodes de travail.
- En France, cette pratique est moins répandue mais commence à se développer (ex. Mediapart, Les Jours, Brief.me).
- Ces biographies permettent de montrer que les contenus sont produits par des humains, pas des robots, et renforcent la transparence.
À retenir : La collaboration entre influenceurs et journalistes, soutenue par une formation adaptée et une meilleure transparence, est essentielle pour répondre aux défis actuels de l’information et renforcer la confiance du public.
Questions à Hélène Leroyer sur le projet Kid Reporters
1. Questions à Hélène Leroyer sur le projet Kid Reporters
a) Influenceur vs Journaliste : frontières floues
- Journaliste : rassemble des faits pour un compte rendu précis, centrant l’histoire sur les autres.
- Influenceur : partage une perspective personnelle, le public recherche son point de vue.
- Confiance : le public fait plus confiance aux influenceurs car ils paraissent plus authentiques, même s’ils peuvent se tromper.
- Défi pour le journalisme : regagner la confiance en montrant que les journalistes comprennent et représentent leur public.
La montée des influenceurs reflète un besoin de confiance et d’identification que le journalisme traditionnel peine à satisfaire.
b) Le podcast : un format qui renouvelle le lien avec le public
- Le podcast est une plateforme immersive et intime, adaptée à certaines histoires et publics.
- Il faut connaître son audience et ses habitudes pour choisir ce format.
- Le podcast favorise un engagement profond, pas des interactions superficielles.
- Les journalistes doivent être auditeurs actifs pour réussir dans ce format.
c) Compétences journalistiques face à l’IA générative
- L’IA est un outil, ni bon ni mauvais, à utiliser avec discernement.
- Elle peut automatiser les tâches banales et répétitives (ex : résumés, données chiffrées).
- Cela libère du temps pour des reportages approfondis et innovants.
- La pertinence du journalisme ne sera pas menacée si le contenu à forte valeur ajoutée est privilégié.
L’IA doit être un levier pour renforcer la qualité du journalisme, pas un substitut.
d) Diversité et transparence via les biographies des journalistes
- Les biographies permettent de montrer la diversité des profils dans une rédaction.
- Elles renforcent la confiance en humanisant les journalistes.
- Pas de format rigide : parcours, intérêts, personnalité sont mis en avant librement.
- Exemples : Mediapart et Contexte utilisent des biographies accessibles et personnalisées.
e) Nouveaux médias et start-ups de l’information
| Caractéristiques | Description | Exemple |
|---|---|---|
| Structure agile | Capacité à s’adapter rapidement aux tendances et à une audience jeune | Le Crayon, HugoDécrypte |
| Modèle économique | Diversifié : publicité, sponsoring, brand content, levées de fonds | Le Crayon lève 1M€ avec investisseurs |
| Rôle du média | Média comme produit marketing, outil pour développer d’autres business | "Media-led company" (ex : Welcome to the Jungle) |
| Journalisme vs contenu | Redéfinition du journalisme, parfois sans journalistes professionnels | Le Crayon : "on fait du journalisme mais on n’est pas journalistes" |
| Risques | Dilution entre information et communication commerciale, impact sur intégrité éditoriale | Brand content sur Instagram d’HugoDécrypte |
f) Journalistes entrepreneurs et nouveaux modèles économiques
- Le journaliste est vu comme un entrepreneur gérant son sujet de manière autonome.
- Modèles économiques innovants : abonnements, événements payants, partage de revenus avec la communauté.
- Approche test and learn pour ajuster les offres.
- Exemple : Big Whale développe un modèle avec incitations économiques pour enrichir les contenus.
L’entrepreneuriat est devenu une compétence clé pour les journalistes souhaitant s’adapter à l’ère numérique.
À retenir : Le projet Kid Reporters illustre la nécessité d’adapter le journalisme aux nouveaux formats, à la confiance du public et aux outils numériques, tout en préservant la diversité, la transparence et l’intégrité éditoriale.
Questions à Serge Barbet et Jérôme Grondeux sur l’éducation aux médias
1. Éducation aux médias : enjeux et évolutions
Serge Barbet, directeur du CLEMI, souligne l’importance d’outils pédagogiques variés pour l’éducation aux médias, notamment des clips explicatifs et des jeux interactifs destinés à familiariser le public avec les méthodes journalistiques et le reportage d’investigation.
a) Public cible de l’éducation aux médias
- Contrairement aux idées reçues, les jeunes ne sont pas les principaux diffuseurs de fausses informations sur les réseaux sociaux.
- Ce sont plutôt les personnes de plus de 65 ans qui s’engagent le plus avec des contenus erronés.
- L’éducation aux médias doit donc concerner tous les âges, y compris les adultes, qui doivent apprendre à identifier des sources fiables.
L’éducation aux médias n’est pas réservée aux jeunes, elle est essentielle pour tous les publics.
b) Nouveaux médias et modèles économiques
- Les médias indépendants privilégient souvent une indépendance éditoriale face aux pressions économiques des annonceurs.
- Le financement participatif (crowdfunding, abonnements, dons) est une méthode clé pour assurer la viabilité économique tout en préservant cette indépendance.
- Exemples :
- La Déferlante : média féministe sans publicité, a fédéré 10 000 abonnés via financement participatif.
- Fracas : média écolo papier, a levé 160 000 € avec 1 500 abonnés.
- Blast : média indépendant lancé avec près d’un million d’euros de crowdfunding.
- Ces médias font face à des défis majeurs :
- Difficulté à obtenir le statut d’entreprise de presse (nécessite >50 % des revenus issus de la production d’informations).
- Réticence des utilisateurs à payer pour de l’information.
- Accès limité aux subventions publiques, souvent captées par les grands groupes médiatiques.
c) Innovations et participation communautaire
- Certains nouveaux médias intègrent la blockchain et la décentralisation pour créer des modèles participatifs où la communauté contribue à la production et à la gouvernance de l’information (exemple : Big Whale).
- Cette approche contraste avec les médias traditionnels, souvent verticaux et centralisés.
- Le journalisme devient un métier hybride : journalistes et producteurs de contenus multifonctions, ce qui pose des questions de crédibilité et d’intégrité.
d) Adapter le ton et les formats pour toucher les jeunes
- La chaîne publique norvégienne NRK a augmenté sa confiance et son audience en adoptant un langage clair et accessible, notamment auprès des moins de 25 ans.
- Hugo Travers (YouTubeur) montre que toucher les jeunes ne signifie pas produire un contenu « jeunesse » spécifique, mais traiter des sujets universels avec des formats adaptés aux réseaux sociaux.
- Le journal Le 1 innove avec un format papier unique, favorisant une lecture progressive et approfondie, offrant une expérience sans distraction numérique.
e) Diversité et recrutement dans les médias
- Le groupe Le Monde travaille à diversifier ses recrutements, notamment en ouvrant les candidatures aux profils hors écoles traditionnelles.
- Malgré des initiatives comme la candidature vidéo, la majorité des candidats restent issus des écoles classiques, montrant les limites actuelles des politiques de diversité.
2. Synthèse des points clés
| Thème | Points essentiels |
|---|---|
| Public de l’éducation aux médias | Tous âges concernés, surtout les plus de 65 ans plus exposés aux fausses infos |
| Modèles économiques des médias | Financement participatif clé, indépendance éditoriale, difficultés d’accès aux aides publiques |
| Innovations technologiques | Blockchain, décentralisation, participation communautaire |
| Formats et ton pour les jeunes | Langage clair, formats adaptés aux réseaux sociaux, contenu universel |
| Diversité dans les rédactions | Efforts pour élargir les profils recrutés, mais progrès limités |
Les nouveaux médias doivent innover tout en préservant l’intégrité de l’information et en s’adaptant aux évolutions technologiques et sociétales.
Questions à Eric Nuzum sur le podcasting et l’évolution du journalisme
1. Bien s’informer en 2024 : enjeux et définitions
- Bien s’informer = avoir un rapport régulier et autonome à l’actualité, s’appuyer sur des sources fiables et professionnelles, et développer une culture informationnelle critique.
- L’accès à l’information dépend souvent du milieu familial ; l’école joue un rôle clé pour compenser les inégalités.
- La société démocratique repose sur une tension entre :
- La nécessité pour chaque citoyen d’avoir un avis sur la vie collective.
- La spécialisation croissante des savoirs et la complexité de l’information.
- Journalistes = experts de l’actualité, avec méthode et déontologie.
- L’information est toujours partielle et imparfaite ; il faut savoir distinguer les formats (flash info, podcasts, enquêtes longues) et leurs niveaux d’exigence.
- Pluralisme des sources = garantie essentielle pour garder une appréciation libre et critique.
Bien s’informer, c’est avant tout avoir l’habitude et l’envie de s’informer régulièrement, tout en sachant distinguer ses propres limites et en croisant les sources.
2. Compétences clés pour bien s’informer (selon Serge Barbet)
-
Savoir chercher : identifier les sources fiables, notamment les journalistes et médias professionnels.
-
Savoir vérifier : croiser les informations, vérifier les sources, être vigilant face aux contenus émotionnels.
-
Savoir publier : prendre conscience de sa responsabilité dans la diffusion et le partage d’informations.
-
L’éducation aux médias vise à développer ces compétences critiques face à la surabondance d’informations (infobésité) et à l’essor des IA génératives.
3. Éducation aux médias : un levier pour développer l’esprit critique
- Faire produire de l’information par les jeunes est une pédagogie efficace pour comprendre la construction de l’information.
- Les médias scolaires (ex : webradios) favorisent :
- Le travail collaboratif.
- L’écoute, le débat, l’oralité.
- L’estime et la confiance en soi.
- Le développement de l’esprit critique.
- Ressources pédagogiques disponibles :
- Expositions sur les fausses nouvelles (BNF, Fondation EDF).
- Jeux éducatifs (ex : « Classe investigation ») pour travailler sur les sources.
- Thèmes abordés dans l’éducation aux médias :
- Désordres informationnels.
- Modèles économiques de la désinformation.
- Évaluation de la fiabilité des images d’actualité.
- Collaboration avec plusieurs consortiums pour renforcer ces actions.
4. Synthèse
| Aspect | Description clé |
|---|---|
| Bien s’informer | Habitude régulière, sources fiables, pluralisme, conscience des limites |
| Compétences CLEMI | Chercher, vérifier, publier |
| Rôle de l’école | Compense les inégalités, forme à l’esprit critique, fait produire pour mieux comprendre |
| Défis actuels | Infobésité, IA générative, désinformation, responsabilité individuelle dans le partage |
| Outils pédagogiques | Webradios, expositions, jeux éducatifs, ressources sur la désinformation |
L’éducation aux médias est essentielle pour que les jeunes deviennent des citoyens informés, critiques et autonomes face à un paysage médiatique complexe.
Questions à Agnes Stenbom sur l’IA et le journalisme
1. Intégration de l’IA dans les rédactions : un tournant pragmatique
- 2024 marque la transition de l’expérimentation à la productivité avec l’IA dans les médias.
- L’IA est principalement utilisée pour améliorer l’efficacité, moins pour stimuler la créativité.
- Selon une enquête de Nicholas Diakopoulos (Associated Press), 74 % des rédactions ont intégré l’IA dans leurs processus.
2. Exemples d’outils IA en journalisme
| Outil / Projet | Fonctionnalités principales | Impact / Usage |
|---|---|---|
| MAGNA (JP/Politikens Hus) | Chatbot multitâche : recherche sémantique, aide à la rédaction, support live avec mise à jour automatique | Facilite tâches quotidiennes, sommaires, ébauches d’articles, interaction en direct |
| Buffet IA (Newsquest AI) | Brainstormer d’angles, optimisation SEO, relecture, création de contenus jeunesse (fact-box, chronologies) | Formation IA interne, outils plébiscités pour la contextualisation et la traduction |
| Machine à Chronologies (Danmarks Radio) | Analyse massive de documents, segmentation, résumé automatique via OpenAI | Utilisé pour enquêtes complexes (ex. scandale Nordic Waste) |
| Nebula (Danmarks Radio) | Génération d’idées d’articles, outils OSINT, tutoriels vidéo | Aide à la créativité et à la recherche documentaire |
| Outil de traduction groenlandais-danois (Sermitsiaq + MediaCatch) | Traduction spécialisée, entraînement par phrases appariées, précision à 99 % | Gain de temps énorme (2-4h → 8min), doublement des abonnements numériques |
| Résumé automatique persan-anglais (Zamaneh Media) | Résumés automatisés, newsletter accessible à un public plus large | Facilite la diffusion et la compréhension au-delà des barrières linguistiques |
3. IA et petites rédactions
- L’IA est une aubaine pour les petites rédactions avec peu de moyens, notamment via des partenariats technologiques.
- Exemple : outil de traduction groenlandais-danois permettant un gain de temps et une meilleure accessibilité.
4. Recommandation de contenu intelligente
- Le groupe Schibsted utilise le projet Curate pour automatiser partiellement les pages d’accueil.
- Le système évolue de simples algorithmes de classement (« rankers ») vers un filtrage collaboratif qui personnalise les contenus selon les préférences réelles des utilisateurs, évitant les biais démographiques.
- Cette approche améliore la pertinence des recommandations au-delà des catégories classiques (ex. sport).
5. Limites et précautions
- Malgré les avancées, la technologie n’est pas encore parfaite pour tous les cas d’usage.
- Certains médias en exil (ex. Meduza) expriment des réserves sur les capacités des LLM dans certaines langues (ex. russe) et refusent d’utiliser des modèles locaux pour des raisons éthiques ou politiques.
- L’IA doit être utilisée avec un humain dans la boucle pour garantir la qualité et la fiabilité.
L’IA dans le journalisme est un outil puissant qui, bien intégré, peut libérer du temps, améliorer la qualité et diversifier les formats, mais elle nécessite une adaptation continue et une vigilance humaine.
Questions à Rishad Patel sur les médias et la thérapie médiatique
1. Thérapie médiatique pour les journalistes
Rishad Patel souligne que les journalistes ont besoin d’une thérapie médiatique pour plusieurs raisons clés :
-
Mission sociétale incomplète : Le journalisme rapporte des faits mais manque souvent de proposer des solutions ou des alternatives concrètes, ce qui limite son impact sur le changement social.
-
Mutation du métier : Les modèles économiques traditionnels s’effondrent, poussant les médias à fermer. La plus grande erreur est de considérer le public internet comme une masse homogène, alors qu’il s’agit d’un ensemble de communautés de niche engagées. Le journalisme doit passer d’une logique d’offre à une logique de demande, centrée sur l’utilisateur.
-
Problème de produit : Le journalisme produit du contenu sans réelle compréhension des besoins du public, contrairement aux influenceurs qui maîtrisent la relation directe avec leur audience, construisent la confiance et adaptent leur contenu aux préférences individuelles.
Idée clé : Le journaliste idéal combine la rigueur du reporter et l’obsession du créateur pour l’utilisateur, alliant vérification des faits et pertinence.
2. Influenceurs, IA et confiance dans les médias en Asie et en Europe
-
Influenceurs virtuels et présentateurs IA : encore marginaux, ils influencent la confiance mais ne sont pas une tendance majeure.
-
Préférence des jeunes générations : il n’y a pas de preuve solide qu’ils préfèrent les algorithmes au journalisme. Les algorithmes sont souvent plus adaptés aux besoins utilisateurs mais manquent de jugement éditorial et peuvent encourager une consommation addictive.
-
Journalisme traditionnel et algorithmes : le journalisme fait partie des algorithmes sociaux mais a été dépriorisé par les plateformes pour des raisons commerciales.
3. Opportunités pour les médias et journalistes
-
Dialogue direct avec les publics : sortir des stéréotypes démographiques pour créer des produits adaptés à des besoins spécifiques (climat, emploi, relations, communautés diverses).
-
Passage de la masse aux niches : privilégier des médias propriétaires (newsletters, sites web, événements) ciblant des communautés engagées plutôt que la publication de masse sur plateformes tierces.
4. Synthèse des recommandations
| Problème identifié | Solution proposée |
|---|---|
| Journalisme centré sur l’offre | Passer à une approche centrée sur la demande |
| Manque d’interaction avec le public | Dialoguer directement avec les audiences |
| Contenu non adapté aux besoins | Créer des produits pour des niches spécifiques |
| Faible intégration des données | Exploiter les insights pour personnaliser le contenu |
À retenir : Le journalisme doit se réinventer en combinant rigueur et centration sur l’utilisateur, en s’appuyant sur la compréhension fine des besoins des publics et en adoptant des modèles économiques adaptés aux communautés de niche.
Questions à Alan Soon et Rishad Patel sur l’avenir du journalisme et l’IA
1. Spécificité et adaptation dans le journalisme contemporain
- Être spécifique signifie cibler précisément les besoins des utilisateurs, non pas être petit.
- Tester ses hypothèses sur le public et le contenu est essentiel : il faut partir de l’utilisateur, pas du contenu.
- Tout produit médiatique est une "saveur", pas un marché de masse : il n’existe pas un public général.
- Le journalisme doit s’adapter aux besoins spécifiques des utilisateurs, qu’ils soient B2B ou B2C, en proposant des formats et produits adaptés.
2. Impact de l’IA sur le journalisme : défis et opportunités
| Défis de l’IA | Opportunités de l’IA |
|---|---|
| Risque de suppression d’emplois (analyse, génération de contenu, investigation) | Automatisation des tâches répétitives, libérant du temps pour le contenu à forte valeur ajoutée |
| Maintien de l’intégrité éditoriale, rigueur et exactitude dans un environnement médié par l’IA | Outils d’analyse de données, création de contenu et engagement du public améliorés |
| Émergence de l’Intelligence Artificielle Générale (IAG) pouvant surpasser les capacités humaines | Curatelle, vérification et contextualisation par des journalistes hybrides maîtrisant l’IA |
- Le journaliste de 2035 sera un professionnel hybride combinant compétences traditionnelles et maîtrise avancée des technologies IA.
- Son rôle principal sera de vérifier, contextualiser et analyser les informations générées par l’IA, tout en maintenant les normes éthiques et le jugement humain.
- L’adéquation produit-marché, basée sur une empathie réelle pour les besoins des communautés, reste la clé de la viabilité.
L’IA est un outil puissant pour aider à résoudre les grands problèmes humains, mais ne remplace pas la dimension humaine du journalisme.
3. Media 4.0 : un nouveau paradigme médiatique
- Media 4.0 : contenu omniprésent, créé en temps réel, à la demande, infiniment évolutif, bon marché et personnalisé à grande échelle.
- Cette révolution est permise par des avancées technologiques permettant la génération instantanée de contenu adapté aux besoins individuels (langue, format, préférences).
- Le modèle traditionnel basé sur un public de masse et la publicité au volume est en crise, car il privilégie la quantité au détriment de la qualité et de la pertinence.
- Les algorithmes favorisent l’engagement plutôt que la véracité, ce qui dégrade la qualité de l’information.
4. Répondre aux besoins décisionnels d’un public unique
- Le besoin d’information reste constant : informer, divertir, aider à prendre des décisions, connecter.
- Les préférences varient selon le contexte (format, commodité, moment, phase de vie, revenus).
- L’atome du journalisme (l’article) évolue vers des formats plus adaptés aux besoins spécifiques.
- Les décisions complexes (ex. choix de logement lié à l’école) ne peuvent être servies par un simple article ou reportage classique.
- L’IA permet de traiter des données contextuelles complexes pour fournir une information nuancée et personnalisée.
5. Métaphore de la cuisine journalistique
- Les données sont les ingrédients disponibles dans un entrepôt.
- Les utilisateurs sont les convives avec des besoins culinaires spécifiques.
- Le journalisme devient la cuisine qui transforme ces ingrédients en plats adaptés, vérifiés par une machine et garantis par un humain.
- Le contenu est ainsi créé en temps réel, à la demande, et personnalisé à grande échelle.
6. L’humanité comme valeur ajoutée dans le journalisme
- Le journalisme doit offrir un contenu unique, intentionnel et centré sur les besoins spécifiques des audiences.
- Le contenu généré par l’IA seul ne crée pas de demande durable.
- La valeur réside dans le contenu humain, émotionnel, avec une touche de curation et d’insight.
- Le contenu humain, même biaisé, est un signal d’authenticité dans un océan de matériel algorithmique de faible valeur.
- Les communautés et événements en personne gagnent en importance pour favoriser l’engagement authentique et l’empathie.
7. Exemples de réussite dans la niche
- Des médias B2B comme Industry Dive ont prospéré en ciblant des niches spécifiques avec des newsletters dédiées (Construction Dive, Education Dive, etc.).
- Ces modèles montrent la rentabilité et la pertinence d’une approche centrée sur des audiences spécialisées.
8. Rôle fondamental du journaliste (Florian Pichet)
- Le journaliste est un transmetteur d’information sourcée et vérifiée, garant de la qualité et du débat public.
- Il simplifie, explique, éclaire des situations souvent complexes, sans tomber dans le militantisme.
- Il contribue à faire découvrir, à transmettre des passions (sport, culture) et à alimenter le débat public avec des sujets pertinents.
- Il doit savoir laisser la place à des experts et ne pas tout commenter.
Le journaliste de demain est un curateur humain indispensable, capable d’utiliser l’IA pour mieux répondre aux besoins spécifiques d’un public diversifié et exigeant.
Questions à Florian Pichet sur le rôle du journaliste
1. Perception et rapport à l'information en France
- 18 % des Français déclarent dépenser de l'argent pour accéder à l'information, contre 82 % qui pensent y accéder gratuitement.
- Les 15-34 ans sont plus enclins à payer (27 %), mais restent minoritaires.
- La plupart des Français ne perçoivent pas la différence entre information payante et gratuite, notamment en termes de qualité ou crédibilité.
- La suppression de la redevance audiovisuelle publique est perçue comme une bonne chose par 62 % des Français, renforçant l'idée d'une information gratuite.
- La publicité est largement acceptée comme mode de financement, avec près de 50 % prêts à visionner des pubs pour accéder à du contenu payant.
2. Confiance dans les médias et journalistes
| Aspect évalué | Pourcentage de confiance |
|---|---|
| Médias indépendants des partis | 24 % |
| Médias indépendants des pressions financières | 24 % |
| Français méfiants sur traitement médiatique | 54 % |
- La confiance dans l'indépendance des journalistes est faible.
- La confusion entre journalistes, présentateurs, éditorialistes et experts nuit à la compréhension du métier.
- Les médias sont perçus comme proches du pouvoir, alimentant la défiance.
- 54 % des Français estiment qu'il faut se méfier du traitement médiatique des grands sujets d'actualité.
3. Paradoxe entre engagement et neutralité
- Environ 60 % des Français voient positivement un média revendiquant un engagement (qualité du débat, liberté d'expression).
- La neutralité reste un critère important pour la fiabilité de l'information.
- Il n'y a pas d'antagonisme perçu entre engagement assumé et qualité de l'information.
- Les médias engagés apportent une valeur ajoutée en offrant des clés de lecture et une hiérarchisation du contenu.
4. Journalisme vs influenceurs
| Type de source | Confiance pour s'informer |
|---|---|
| Journalistes | Majoritairement plus fiables |
| Influenceurs | 14 % de confiance globale |
| 18-34 ans (influenceurs) | 29 % de confiance |
- Les Français distinguent clairement journalistes et influenceurs.
- La confiance envers les influenceurs est faible, même chez les jeunes qui les suivent.
5. Usage et modèles économiques de l'information payante
- Les jeunes générations sont plus disposées à payer pour l'information, mais l'abonnement reste perçu comme trop engageant.
- Le modèle à privilégier serait l'achat ponctuel ou à la carte, plus flexible.
- Les médias avec une ligne éditoriale claire et engagée se démarquent et attirent plus d'abonnés (ex. New York Times).
- La vidéo, notamment les formats courts, gagne en importance, mais l'écrit reste valorisé pour la compréhension et l'analyse.
À retenir : La majorité des Français accède à une information perçue comme gratuite, ce qui limite leur disposition à payer, tandis que la confiance dans les médias est en baisse, exacerbée par une méconnaissance du métier de journaliste et une confusion avec d'autres rôles médiatiques.
Usages et pratiques des médias chez les jeunes
1. Usages et pratiques des médias chez les jeunes
a) Contexte technologique et médiatique actuel
- Intelligence Artificielle (IA) : technologie à usage général comparable à l’électricité ou Internet, impactant fortement les médias et la société.
- Tendances majeures : IA générative, écosystème connecté des objets, biotechnologie.
- Défis pour le journalisme : baisse des revenus, licenciements dans la presse scientifique, perte de confiance du public dans la science.
b) Impact de l’IA sur les médias et le journalisme
- Risques majeurs : désinformation, deepfakes, manipulation d’images et vidéos, atteinte à la confiance.
- Cas emblématique : #KateGate, un « cheapfake » illustrant la difficulté à distinguer le réel de l’artificiel.
- Réactions des médias : retrait d’images douteuses, renforcement des règles de vérification (ex. Washington Post), formations spécifiques pour détecter les manipulations.
- Défi économique : concurrence entre contenus authentiques et contenus artificiels préfabriqués.
c) Éthique et régulation
- Débat sur la régulation : opinions partagées entre nécessité d’encadrement gouvernemental et crainte d’atteintes à la liberté de la presse.
- Importance de l’éducation : priorité donnée à la formation des journalistes et du public pour comprendre et détecter les contenus manipulés.
- Transparence : doit être utile et accessible, pas seulement déclarative.
- Propriété intellectuelle : question de la rémunération des artistes dont les œuvres servent à entraîner les IA génératives.
d) Nouveaux rôles et pratiques journalistiques
- Journalisme augmenté par l’IA : l’IA aide à structurer, résumer et analyser de grandes masses de données, mais le contrôle humain reste essentiel.
- Évolution des rôles : passage de créateurs de contenus à poseurs de questions et conservateurs d’informations.
- Exemples d’usages positifs : reportages en temps réel, génération de graphiques, décryptage du chaos informationnel.
e) Usages des médias chez les jeunes
- Consommation multimédia : forte exposition aux contenus générés par l’IA et aux réseaux sociaux.
- Défi de la confiance : les jeunes doivent apprendre à distinguer le vrai du faux dans un environnement saturé d’informations manipulées.
- Nécessité d’une éducation aux médias : pour développer un esprit critique face aux contenus numériques et aux deepfakes.
f) Synthèse des enjeux
| Enjeux | Description | Conséquences pour les jeunes et les médias |
|---|---|---|
| Technologie IA | Usage généralisé, création et manipulation de contenus, risques de désinformation | Besoin d’éducation et de vigilance accrue |
| Confiance | Perte de confiance dans les médias traditionnels et la science | Recherche de sources fiables, développement de l’esprit critique |
| Régulation vs Éducation | Débat sur l’encadrement légal et la formation des utilisateurs et journalistes | Priorité à l’éducation pour éviter la censure excessive |
| Nouveaux rôles | Journalistes comme curateurs et poseurs de questions, usage de l’IA comme outil d’aide | Adaptation des pratiques professionnelles |
| Propriété intellectuelle | Question de la rémunération des créateurs dans l’ère de l’IA générative | Enjeux juridiques et éthiques à clarifier |
À retenir : L’IA transforme profondément les usages et pratiques des médias chez les jeunes, imposant une éducation critique renforcée et une adaptation des métiers de l’information pour préserver la confiance et la qualité du contenu.
Consommation et paiement de l’information en France
1. Consommation de l’information en France : évolutions et tendances
- Polarisation sur les réseaux sociaux entraîne la disparition progressive de l’humour partagé, un dénominateur commun qui rassemblait auparavant.
- La génération A (jeunes nés après 2010) partage des intérêts spécifiques, notamment autour de créateurs comme MrBeast ou des contenus viraux comme Skibidi toilet.
- Les plateformes de streaming et réseaux sociaux créent un monde centré sur l’utilisateur, mais les médias traditionnels peinent à s’adapter, avec une consommation vidéo en baisse post-pandémie.
- TikTok joue un rôle central dans la découverte de contenus, avec 60 % des utilisateurs regardant ensuite ces contenus à la télévision.
- YouTube favorise actuellement les contenus longs et en mode détente, ce qui modifie les formats de consommation.
2. Paiement de l’information : défis et transformations
| Aspect | Description |
|---|---|
| Baisse des abonnements | Après une phase de binge-watching, le public réduit ses abonnements aux services de streaming. |
| Instabilité du marché | Le marché des médias numériques montre des signes de déséquilibre et de saturation. |
| Nouveaux modèles économiques | Les médias doivent repenser leur modèle face à la consommation ultra-personnalisée et aux plateformes gratuites. |
3. Intelligence artificielle (IA) et création de contenu
- L’IA offre des capacités de création et d’édition rapides, notamment dans l’animation (ex. Paramount et Adobe Firefly sur Bob l’éponge).
- L’IA générative est utilisée pour créer des vidéos hyperréalistes (ex. plateforme Sora d’OpenAI).
- Malgré ces avancées, l’humain reste au centre du processus créatif, l’IA étant un outil d’appoint.
- Les créateurs expriment des inquiétudes éthiques et artistiques face à l’usage massif de l’IA, soulignant la nécessité d’une utilisation réfléchie et responsable.
4. Impact sociétal et culturel de l’IA
- L’IA transforme profondément les industries culturelles, notamment le gaming, où des négociations portent sur les droits liés à l’IA.
- Des personnalités se tournent vers des formats plus humains et authentiques, comme les podcasts, pour échapper à l’artificialisation croissante.
- L’IA permet aussi de prolonger la présence de célébrités au-delà de leur vie (ex. Marilyn Monroe virtuelle).
- La question centrale reste la place de l’humain dans un monde de plus en plus artificiel.
5. Tendances clés autour de l’IA (selon Amy Webb)
| Tendance | Description |
|---|---|
| Responsabilité | Nécessité d’intégrer l’éthique dans le développement et l’usage de l’IA. |
| Concept to Concrete | Passage des instructions littérales à une pensée assistée par IA, facilitant la créativité. |
| Large Action Models (LAM) | Nouveaux modèles d’IA basés sur des données d’action et non plus seulement du langage, alimentés par objets connectés. |
6. Enjeux et perspectives
- Le supercycle technologique actuel génère peur, incertitude et doute (FUD) chez les dirigeants, qui doivent gérer la transformation rapide.
- L’IA est une technologie à usage général comparable à l’électricité ou Internet, et son intégration nécessite une planification stratégique.
- Malgré les avancées, les biais et limites des IA persistent, notamment dans la reproduction des stéréotypes.
- La collaboration entre sciences et arts, ainsi que l’imagination, sont essentielles pour appréhender ce nouveau monde.
À retenir : La consommation et le paiement de l’information en France évoluent sous l’impact des plateformes numériques et de l’IA, mais l’humain reste indispensable pour garantir créativité, éthique et sens dans ce nouvel écosystème.
SXSW 2024 : tendances technologiques et IA
1. Tendances technologiques et IA au SXSW 2024
a) IA non sécurisée et enjeux économiques
- Fin de l’ère pionnière : les entreprises ne publient plus librement leurs recherches en IA générative, les enjeux financiers étant trop importants.
- Culture américaine vs européenne : réticence américaine envers les modèles Open Source (ex. Llama 2), contrairement à l’Europe.
- Exemple français : la start-up Mistral a surpris en publiant un modèle Open Source, ce qui est rare dans ce contexte.
b) Face Computers Everywhere
- Concept : ordinateurs portés au visage (ex. Apple Vision Pro), futurs objets connectés liés aux émotions et au cerveau.
- Perspective : après 18 itérations (comme l’iPhone), ces dispositifs pourraient dominer l’Internet spatial.
- Risques : surveillance accrue, crédit social à la chinoise, fracture numérique économique (ex. payer pour un Adblocker facial).
c) IA générative et désinformation
- Problème majeur : IA facilite la diffusion massive de fake news, avec des affirmations souvent erronées mais présentées avec assurance.
- Solutions en cours :
- Google Gemini intègre une vérification des faits par codes couleurs.
- Bing Chat fournit des notes de bas de page pour ses réponses.
- Objectif : renforcer la confiance dans les résultats d’IA et limiter les "hallucinations" qui faussent le débat public.
d) Journalisme sensoriel et immersion
- Nouveaux récits : technologies immersives permettant de raconter des histoires sollicitant directement les sens, créant des liens émotionnels forts.
- Défis éthiques : nécessité pour les journalistes de maîtriser les compétences techniques et de soulever les questions morales liées à ces technologies.
e) Impact de l’IA sur les médias et l’information
- Personnalisation : systèmes comme iOS/Android proposent des résumés d’actualité personnalisés en temps réel, intégrant médias sociaux et sources diverses.
- Déclin des médias traditionnels : interaction directe avec le public en baisse, difficulté à prouver l’impact dans un écosystème opaque.
- Question clé : quel est le rôle du journalisme face à l’IA générative qui pourrait remplacer les rédactions ?
f) Biotechnologie et informatique organique
- Limites de la loi de Moore : ADN et ARN comme alternatives pour accélérer les puces.
- Innovations :
- Biocomputeurs à base de cellules cérébrales humaines (ex. Johns Hopkins University).
- Intelligence Organoïde (IO) utilisant des tissus organiques.
- Potentiel : fabrication d’ordinateurs biologiques, ouvrant de nouvelles perspectives technologiques.
g) Influenceurs, marketing et consommation médiatique
| Indicateur clé | Donnée 2023-2024 |
|---|---|
| Influenceurs ne respectant pas la loi | 80 % (Commission européenne) |
| Jeunes 18-34 ans regardant des influenceurs | 88 % (Webedia) |
| Marché mondial de l’influence marketing | 21 milliards $ en 2023 (x10 depuis 2016) |
| Augmentation budget influence marketing | 64 % des professionnels |
| Utilisateurs réseaux sociaux réceptifs aux partenariats | 87 % (Snapchat, Magna Media) |
| Créateurs de contenu dans le monde | 50 millions (Goldman Sachs) |
| Créateurs gagnant >100 000 $/an | 4 % |
h) Usage et consommation de l’information
- YouTube : 31 % consultent pour l’actualité chaque semaine.
- TikTok dépasse Twitter pour l’info (13 % vs 10 %).
- Baisse du trafic info depuis Facebook (-48 %) et Twitter (-27 %).
- 94 % des Français s’informent quotidiennement, 53 % préfèrent une sélection journalistique.
- Podcasts : 29 % des Américains les utilisent pour l’actualité, 37 % des Français écoutent des podcasts.
i) IA et journalisme : opportunités et inquiétudes
- 73 % des journalistes voient l’IA générative comme une opportunité d’amélioration.
- 60 % craignent des impacts éthiques sur la qualité et la transparence.
- 52 % des dirigeants médias sont optimistes sur l’impact futur de l’IA.
- Coût d’entraînement de Gemini Ultra : 191,4 M pour ChatGPT-4.
j) Éthique, confiance et défis sociétaux
- 54 % des dirigeants médias priorisent l’attention des audiences sur leur temps.
- 53 % des Américains préoccupés par les inexactitudes médiatiques en période électorale.
- 48 % des sites d’info bloquent les robots d’OpenAI.
- 39 % des Français estiment qu’une information de qualité se paie.
- Appel à la responsabilité morale du journalisme face aux transformations technologiques.
À retenir : L’IA générative transforme profondément les médias et le journalisme, posant des défis éthiques, économiques et sociaux majeurs, tout en offrant des opportunités inédites pour la création et la diffusion de l’information.