Introduction et définition de la dysplasie de la hanche
1. Définition de la dysplasie de la hanche
La dysplasie de la hanche est un trouble du développement caractérisé par une croissance anormale de l’articulation coxo-fémorale. Elle se manifeste par :
- Laxité variable des tissus mous (capsule articulaire, ligament rond)
- Instabilité articulaire
- Malformation de la tête fémorale et de l’acétabulum
- Apparition d’ostéoarthrose
Cette instabilité et malformation favorisent la survenue de luxations.
2. Signalement
| Critère | Description |
|---|---|
| Espèce | Chien |
| Races concernées | Moyennes et grandes races, brachycéphales |
| Groupes d’âge | - Jeunes (4-12 mois) : atteinte aiguë liée à la laxité<br>- Adultes (>15 mois) : atteinte chronique liée à l’ostéoarthrose |
3. Causes
La dysplasie de la hanche est multifactorielle :
- Génétiques : polygéniques
- Environnementales :
- Nutrition inadéquate
- Croissance rapide
- Exercice physique inadapté
4. Examen général (valeurs physiologiques normales)
| Paramètre | Valeurs physiologiques | Exemple valeur mesurée |
|---|---|---|
| Fréquence cardiaque (bpm) | 60-120 | 100 |
| Fréquence respiratoire (rpm) | 15-30 | 29 |
| Temps de remplissage capillaire | < 2 sec | < 2 sec |
| Température rectale (°C) | 38-39 | 38,3 |
| Embonpoint | 4/9 | 4/9 |
À retenir : La dysplasie de la hanche est une maladie articulaire caractérisée par une laxité et une malformation de l’articulation coxo-fémorale, conduisant à une instabilité, une luxation possible et une ostéoarthrose secondaire.
Examen orthopédique et évaluation clinique
1. Examen orthopédique et évaluation clinique
a) Observation de la conformation, des aplombs et de la démarche
- Signes à observer :
- Difficulté ou refus de se lever ou de marcher.
- Évitement de placer tout le poids sur le membre atteint.
- Transfert du poids du corps d’un membre à l’autre en position debout ou assise.
- Anomalies corporelles telles que :
- Atrophie ou amyotrophie musculaire.
- Déviation médiale ou latérale du membre distal.
- Hyperflexion ou hyperextension.
- Déformations angulaires ou rotationnelles.
- Abduction et rotation externe du membre.
- Présence d’anciennes lésions.
- Pas raccourci ou évitement de mobiliser une ou plusieurs articulations.
- Mouvements anormaux de la tête :
- Appui sur un postérieur douloureux → baisse la tête.
- Appui sur un antérieur douloureux → monte la tête.
- Usage excessif de la queue comme balancier.
b) Démarche en cas de boiterie postérieure
| Situation | Comportement de l’animal | Compensation observée |
|---|---|---|
| Postérieur douloureux au sol | Baisse la tête | Met plus de poids sur les membres antérieurs |
| Membre sain au sol | Relève la tête | - |
c) Palpation de la hanche
Palpation de la masse musculaire
- Permet de détecter une asymétrie liée à :
- Gonflement.
- Spasmes.
- Contractures.
- Faiblesse musculaire.
- Amyotrophie (diminution du volume des muscles striés squelettiques, sous contrôle volontaire).
- Causes possibles d’amyotrophie :
- Diminution de l’activité physique.
- Immobilisation.
- Myopathie ou neuropathie.
- En cas de dysplasie de la hanche, la douleur entraîne un déchargement du membre affecté, provoquant une réduction du volume musculaire.
Palpation des structures du membre affecté et controlatéral
- Recherche de :
- Crépitations.
- Douleur.
- Déformations anatomiques.
L’examen clinique doit systématiquement évaluer la posture, la démarche, la symétrie musculaire et la douleur à la palpation pour détecter une dysplasie de la hanche.
Anatomie du membre postérieur et du bassin
1. Anatomie osseuse du membre postérieur et du bassin chez le chien
a) Os du membre postérieur
| Os | Description / Localisation |
|---|---|
| Sacrum | Os fusionné formant la base de la colonne vertébrale, s'articule avec les os coxaux. |
| Os coxal | Os du bassin, composé de l'ilium, ischium et pubis. |
| Fémur | Os long du membre postérieur, s'articule proximalement avec l'os coxal (hanche) et distalement avec le tibia. |
| Tibia et fibula | Os de la jambe, le tibia est médial et porteur, la fibula est latérale et plus fine. |
| Tarse | Ensemble des os du tarse, situé entre la jambe et le métatarse. |
| Métatarses | Os longs du pied, distal au tarse. |
b) Articulations du membre postérieur
- Articulations synoviales : caractérisées par une capsule articulaire, liquide synovial, cartilage articulaire, et ligaments.
- Chaque articulation doit être manipulée séparément pour évaluer amplitude et douleur.
- Importance de replacer le membre en position physiologique pour observer le comportement normal ou anormal du chien.
2. Terminologie d’orientation anatomique
| Terme | Définition / Orientation |
|---|---|
| Proximal | Vers la racine du membre (plus proche du tronc). |
| Distal | Vers l’extrémité du membre (plus éloigné du tronc). |
| Crânial | Vers la tête (avant du membre). |
| Caudal | Vers la queue (arrière du membre). |
| Latéral | Vers l’extérieur (loin de la ligne médiane). |
| Médial | Vers l’intérieur (près de la ligne médiane). |
| Ipsilatéral | Du même côté du corps. |
| Controlatéral | Du côté opposé du corps. |
| Palmaire | Face postérieure de la patte antérieure. |
| Plantaire | Face postérieure de la patte postérieure. |
3. Palpation et évaluation clinique
-
Observation des anomalies :
- Gonflement des tissus mous.
- Proéminence osseuse.
- Changement de rapport spatial entre structures.
- Effusion articulaire (liquide dans l’articulation).
-
Triangle palpatoire du bassin : permet d’évaluer la position relative de
-
la crête de l’ilium,
-
le sommet du grand trochanter,
-
la tubérosité ischiatique.

Permet de détecter un déplacement anormal, par exemple une luxation de la hanche.
-
-
Manipulation articulaire :
- Commencer distalement.
- Mobiliser une articulation à la fois.
- Évaluer amplitude et douleur.
- Replacer le membre en position physiologique et observer la réaction du chien.
-
Tests de stabilité :
- Le test d’Ortolani est utilisé pour confirmer une instabilité ou luxation de la hanche.
Le triangle palpatoire du bassin est un repère clé pour détecter une luxation de la hanche chez le chien.
Articulations et terminologie anatomique
1. Terminologie anatomique selon la localisation
| Terme | Région d'utilisation | Sens anatomique |
|---|---|---|
| Caudal | Au-dessus du carpe/tarse | Vers la queue |
| Palmaire | Région distale du membre thoracique (pied) jusqu’au carpe | Face palmaire du pied |
| Plantaire | Région distale du membre pelvien (pied) jusqu’au tarse | Face plantaire du pied |
| Rostral | Région de la tête | En avant, vers le museau |
| Dorsal | Membres sous et au niveau du carpe/tarse | Vers le dos, face dorsale |
| Cranial | Partout ailleurs | En avant, vers la tête |
| Proximal | Extrémités des membres jusqu’au grasset | Vers le tronc, au-dessus |
| Distal | Extrémités des membres jusqu’au grasset | Éloigné du tronc, en dessous |
| Ventral | Partout ailleurs | Vers le ventre |
2. Mouvements articulaires du membre (notamment de la hanche)
| Mouvement | Description |
|---|---|
| Flexion | Réduction de l’angle entre deux os |
| Extension | Augmentation de l’angle |
| Adduction | Rapprochement du membre vers le corps |
| Abduction | Éloignement du membre du corps |
| Rotation interne | Rotation du membre vers la ligne médiane (médialement) |
| Rotation externe | Rotation du membre vers l’extérieur (latéralement) |
3. Schéma simplifié du bassin et de l’articulation de la hanche (vue ventrale)
- Hanche normale (flèche verte) : bonne coaptation de la tête fémorale avec l’acétabulum, assurant stabilité et mobilité.
- Dysplasie de la hanche (flèche rouge) : mauvaise coaptation, caractérisée par une tête fémorale trop lâche ou mal insérée dans l’acétabulum, source d’instabilité et de lésions.
La coaptation correcte entre la tête fémorale et l’acétabulum est essentielle pour la fonction normale de la hanche.
Mouvements articulaires et musculature de la hanche
1. Reliefs osseux clés du bassin et du fémur
Le triangle palpatoire du bassin permet d’évaluer la position de trois reliefs osseux essentiels :
| Relief osseux | Localisation | Utilité clinique |
|---|---|---|
| Crête de l’ilium | Bord supérieur de l’ilium | Point de repère osseux |
| Sommet du grand trochanter | Partie latérale du fémur | Palpation pour évaluer la hanche |
| Tubérosité ischiatique | Partie postérieure du bassin | Support en position assise |
La détection d’un déplacement anormal de ces reliefs peut indiquer une luxation de la hanche.
2. Ligamentum teres (ligament rond)
- Fonction : Stabilise l’articulation de la hanche.
- Insertion proximale : Fovéa de la tête fémorale.
- Insertion distale : Acétabulum.
Une rupture traumatique du ligamentum teres déstabilise l’articulation, ce qui est cliniquement important dans la dysplasie de la hanche.
3. Groupes musculaires principaux agissant sur la hanche
Les muscles de la hanche se répartissent en plusieurs groupes avec des fonctions spécifiques :
| Groupe musculaire | Origine proximale/dorsale | Insertion distale/ventrale | Fonction principale | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Groupe glutéal (crânial) | Tubérosité coxale, tubérosité sacrale, aile iliaque, sacrum, ligament sacro-sciatique | Grand trochanter, fascia lata, patella, bord crânial du tibia | Extension et abduction de la hanche, extension de la jambe | Le fessier superficiel a 2 parties fusionnées, le fessier moyen agit aussi comme abducteur |
| Tenseur du fascia lata | Tubérosité coxale | Fascia lata, patella, ligament patellaire latéral, bord crânial tibia | Extension de la jambe | Insertions sur ligament patellaire unique chez le chien |
| Fessier superficiel | Tubérosité coxale, tubérosité sacrale | 3ème trochanter | Flexion de la hanche, abduction de la cuisse | Partiellement sous le gluteobiceps, fusion par aponévrose avec fessier moyen |
| Fessier moyen | Tubérosité coxale, aile iliaque, sacrum, ligament sacro-sciatique | Sommet du grand trochanter | Extension de la hanche, abduction possible | Origine étendue, aponévrose très adhérente au fessier superficiel |
| Fessier accessoire | Ilium | Crête du grand trochanter | Stabilisation et mouvement fin de la hanche | Muscle très adhérent |
Ces muscles assurent la mobilité et la stabilité de la hanche, essentielles pour la locomotion et la posture.
Pathophysiologie : dysplasie, subluxation et luxation
1. Pathophysiologie : dysplasie, subluxation et luxation
a) Définitions clés
- Dysplasie de la hanche : anomalie du développement de l'articulation coxo-fémorale, caractérisée par une incongruence entre la tête fémorale et l'acétabulum, entraînant une laxité articulaire.
- Subluxation : déplacement partiel de la tête fémorale hors de l'acétabulum, sans perte complète du contact articulaire.
- Luxation : déplacement complet de la tête fémorale hors de l'acétabulum, avec perte totale du contact articulaire.
b) Mécanismes pathophysiologiques
- La dysplasie résulte d'une laxité ligamentaire et musculaire, notamment au niveau des muscles et ligaments stabilisant la hanche.
- Cette laxité entraîne une instabilité articulaire qui favorise la subluxation puis la luxation.
- La pression anormale sur les surfaces articulaires provoque une dégénérescence progressive du cartilage et de l'os sous-chondral.
c) Rôle des muscles et ligaments stabilisateurs
| Structure | Origine | Insertion | Fonction principale | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Fessier piriforme | Processus transverses sacrés et coccygiens | Sous le grand trochanter du fémur | Extenseur et abducteur de la hanche | Spécifique au chien |
| Fessier profond | Tubérosité ischiatique | Partie crâniale du grand trochanter | Extension et abduction de la hanche | |
| Biceps fémoral | Tubérosité ischiatique et lig. sacro-tubéreux | Face latérale de la jambe (cheval), sous le grasset (chien) | Extension de la hanche | Fonction à confirmer chez le chien |
| Semi-tendineux | Sacrum et tubérosité ischiatique | Face médiale du tibia et tendon tarsien | Extension de la hanche | Maintien de l'aponévrose distale |
| Semi-membraneux | Tubérosité ischiatique | Épicondyle médial fémoral (division crâniale), condyle médial tibial (division caudale) | Extension de la hanche | Aponévrose conservée |
| Ligament accessoire | Tendon prépubien | Tête du fémur | Stabilisation de la hanche | Présent uniquement chez les équidés |
d) Conséquences de la dysplasie
- Instabilité articulaire → subluxation puis luxation.
- Usure prématurée du cartilage → arthrose secondaire.
- Douleur et boiterie chez le chien affecté.
- La dysplasie est souvent bilatérale et évolutive.
À retenir : La dysplasie de la hanche est une pathologie liée à une laxité musculaire et ligamentaire, provoquant une instabilité articulaire qui évolue vers la subluxation et la luxation, avec des conséquences dégénératives majeures.
e) Points spécifiques au chien
- Le fessier piriforme et le fessier profond jouent un rôle majeur dans la stabilisation de la hanche.
- Le biceps fémoral et les muscles ischio-jambiers (semi-tendineux, semi-membraneux) contribuent à l'extension et à la stabilité de la hanche.
- La dysplasie est souvent associée à une faiblesse ou un dysfonctionnement de ces muscles stabilisateurs.
Cette synthèse permet de comprendre les bases pathophysiologiques de la dysplasie de la hanche, ainsi que le rôle des structures musculaires et ligamentaires dans la stabilité articulaire chez le chien.
Test d'Ortolani et diagnostic clinique
1. Dysplasie, Subluxation et Luxation de la Hanche
- Dysplasie : malformation de l’articulation coxo-fémorale, favorisant la subluxation.
- Subluxation : perte partielle de contact entre la tête du fémur et l’acétabulum, état transitoire.
- Luxation : perte totale de contact entre la tête fémorale et l’acétabulum.
2. Test d'Ortolani
- Objectif : détecter une laxité de la hanche, signe de dysplasie.
- Nature : test de stabilité articulaire.
- Indication : soutient le diagnostic clinique de dysplasie de la hanche.
- Technique : mobilisation douce de la hanche pour détecter un ressaut indiquant une réduction de la subluxation.
- Précaution : test potentiellement douloureux, nécessite souvent une sédation profonde ou anesthésie générale.
Le test d'Ortolani est essentiel pour détecter précocement une laxité de la hanche, signe clé de dysplasie.
Principes et technique radiographique
1. Positionnement en radiographie de la hanche
- Décubitus latéral : animal couché sur le côté, membre à tester au-dessus.
- Décubitus dorsal : animal couché sur le dos.
2. Technique radiographique en décubitus latéral
- Maintenir le genou en légère flexion avec une main.
- Stabiliser le pelvis avec l’autre main sur sa face dorsale.
- Appliquer une pression ferme sur le genou vers le dos (bassin) pour provoquer une subluxation dorso-latérale de la hanche.
- En maintenant la pression, lever doucement le genou en abduction.
- Un clic peut être perçu à la palpation ou à l’écoute : la tête fémorale retombe brusquement dans l’acétabulum.
- Ce clic indique un test d’Ortolani positif, signe de laxité ou dysplasie.
Attention : sur une hanche dysplasique avec un bord acétabulaire dorsal étroit, la tête fémorale peut glisser discrètement, rendant le test d’Ortolani faux négatif.
3. Principes physiques de la radiographie
- Les rayons X sont des rayonnements électromagnétiques ionisants (photons issus d’électrons expulsés).
- Ils ont la capacité de :
- Impressionner une pellicule photographique.
- Traverser les objets selon leur densité.
a) Génération des rayons X
| Élément | Rôle |
|---|---|
| Cathode | Émet des électrons via un filament de tungstène chauffé (courant électrique). |
| Anode | Reçoit les électrons, leur impact génère les rayons X. |
- Les électrons accélérés frappent l’anode, provoquant un déplacement d’électrons et l’émission de rayons X.
- Protection obligatoire contre les rayons ionisants lors des examens.
À retenir : la radiographie repose sur l’émission de rayons X produits par l’impact d’électrons sur une anode, permettant d’obtenir une image en fonction de la densité des tissus traversés.
Incidences radiographiques du bassin et de la hanche
1. Principes de base de la radiographie du bassin et de la hanche
- Les rayons X sont absorbés, diffusés ou transmis par les tissus.
- Seuls les rayons transmis impressionnent la plaque radiographique.
- Les réglages influencent la radio-opacité (densité) et la radio-transparence (clarté) de l’image :
| Réglage | Effet sur la radio-opacité | Effet sur la radio-transparence |
|---|---|---|
| Augmentation KV | Diminution | Augmentation |
| Diminution KV | Augmentation | Diminution |
| Augmentation mA | Diminution | Augmentation |
| Diminution mA | Augmentation | Diminution |
| Augmentation temps de pause | Diminution | Augmentation |
| Diminution temps de pause | Augmentation | Diminution |
2. Incidences radiographiques principales pour le bassin et la hanche
a) Incidence ventro-dorsale des hanches en extension (incidence de choix)
- Position du chien : décubitus dorsal, symétrie parfaite du bassin.
- Critères de symétrie :
- Ailes iliaques symétriques.
- Foramens obturateurs symétriques.
- Vertèbres et symphyse pubienne alignées sur la ligne médiane.
- Position des membres pelviens :
- Fémurs en extension totale.
- Fémurs parallèles entre eux et au plan sagittal (colonne vertébrale).
- Grassets en légère rotation interne pour que les patellas soient superposées à la ligne médiane des fémurs.
- Patellas projetées entre les sésamoïdes proximaux.
- Centrage : à mi-distance entre les deux articulations coxo-fémorales.
- Cadrage : inclure l’intégralité du pelvis et des grassets.
b) Incidence ventro-dorsale en flexion
- Position du chien : décubitus dorsal, symétrie parfaite du bassin.
- Critères de symétrie :
- Ailes iliaques symétriques.
- Foramens obturateurs symétriques.
- Vertèbres et symphyse pubienne alignées sur la ligne médiane.
- Position des membres pelviens :
- Membres écartés symétriquement.
- Membres fléchis et en abduction.
- Centrage : à mi-distance entre les deux articulations coxo-fémorales.
- Cadrage : inclure l’ensemble du bassin et des grassets.
À retenir : La symétrie parfaite du bassin et le positionnement précis des membres sont essentiels pour une radiographie fiable du bassin et des hanches. L’incidence ventro-dorsale en extension est la référence pour l’examen des affections de la hanche.
Critique et interprétation des clichés radiographiques
1. Critique et interprétation des clichés radiographiques
a) Critères de qualité d’un cliché radiographique
Pour une analyse fiable, chaque cliché doit être évalué selon plusieurs critères essentiels :
| Critère | Description | Conséquence d’une erreur |
|---|---|---|
| Cadrage | Doit contenir strictement la zone d’intérêt (ex : articulation coxo-fémorale) | Zone d’intérêt partiellement visible ou absente |
| Centrage | Zone d’intérêt placée au centre du cliché | Distorsion ou mauvaise visualisation |
| Positionnement | Animal sans rotation ni torsion, position adaptée selon incidence (décubitus latéral, etc.) | Image déformée, fausse interprétation |
| Exposition | Paramètres adaptés (mA, kV, temps de pose) pour éviter sous- ou sur-exposition | Sous-exposé = image trop claire ; sur-exposé = trop sombre |
| Contraste | Contraste équilibré pour distinguer les structures (pas trop fort ni trop faible) | Contraste trop fort = zones noires/blanches ; trop faible = trop de gris |
| Netteté | Image nette, sans flou lié au mouvement de l’animal | Flou empêche une lecture précise |
| Absence d’artéfacts | Pas d’éléments parasites (métalliques, mouvements, etc.) | Perturbation de l’interprétation |
| Repères métalliques | Présence de repères pour orientation et identification | Facilite l’interprétation |
Pour une bonne visualisation tridimensionnelle, au moins deux incidences différentes sont nécessaires.
b) Positionnement et cadrage selon les incidences
| Incidence | Positionnement | Centrage | Cadrage | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Latéro-latérale du bassin | Décubitus latéral sur le côté affecté | Milieu du corps de l’ilium | Entièreté du pelvis | Membre affecté au-dessus si douleur |
| Médio-latérale de la hanche | Décubitus latéral sur le côté affecté | Milieu du fémur | Articulation coxo-fémorale + grasset | Membre non affecté en abduction |
c) Conseils pour une image optimale
- Synchroniser la prise de vue avec la respiration de l’animal pour éviter le flou.
- Utiliser un appareil puissant pour réduire le temps de pose.
- Ajuster les paramètres d’exposition :
- Augmenter les mAs si l’image paraît granuleuse.
- Adapter la tension (kV) pour un contraste optimal.
- Placer les clichés correctement sur l’écran (ex : incidence dorso-palmaire ou palmaro-dorsale) pour faciliter l’interprétation.
À retenir : Un cliché radiographique de qualité repose sur un cadrage strict, un centrage précis, un positionnement sans rotation, une exposition et un contraste adaptés, une image nette, et l’absence d’artéfacts.
Identification radiographique des structures osseuses
1. Identification radiographique des structures osseuses
a) Os du bassin et de la hanche à reconnaître en radiographie
- Bassin : constitué principalement par l'ilium, l'ischium et le pubis.
- Hanche : articulation entre la tête fémorale et l'acétabulum du bassin.
- Reliefs osseux visibles : tête fémorale, col du fémur, acétabulum, crête iliaque, tubérosité ischiatique.
b) Incidences radiographiques courantes
| Incidence | Description | Orientation principale |
|---|---|---|
| Ventro-dorsale (VD) | Hanches en extension ou flexion | Vue de face, bassin en position allongée |
| Latéro-médiale | Membre latéral droit | Vue latérale, proximal en haut |
| Latéro-latérale | Vue latérale du membre | Face crâniale ou dorsale à gauche |
| Médio-latérale | Vue latérale | Orientation du membre |
c) Localisation des plaques de croissance (sujet jeune)
- Les plaques de croissance sont visibles à différents âges, évoluant de 4 à 47 semaines.
- Leur identification permet d'évaluer la maturation osseuse et la croissance du bassin et du fémur.
d) Reconnaissance des changements dans la position des structures osseuses
-
Signes cliniques associés :
- Douleur à l’extension et à l’abduction de la hanche.
- Atrophie musculaire du membre postérieur atteint.
- Instabilité articulaire détectée par palpation.
-
Signes radiographiques :
- Subluxation : tête fémorale partiellement sortie de l’acétabulum.
- Luxation : tête fémorale complètement déplacée hors de l’acétabulum.
- Modification de l’acétabulum : profondeur réduite ou malformée, diminuant la couverture de la tête fémorale.
e) Angle de Norberg-Olsson
- But : mesurer la profondeur de l’acétabulum et détecter la subluxation de la tête fémorale.
- Technique (sur radiographie ventro-dorsale avec hanches en extension) :
- Tracer une droite reliant les centres des têtes fémorales.
- Pour chaque hanche, tracer une droite du centre de la tête fémorale passant par la marge cranio-latérale de l’acétabulum.
- Mesurer l’angle formé entre ces droites.
L’angle de Norberg-Olsson est un critère clé pour évaluer la congruence articulaire et la stabilité de la hanche.
Plaques de croissance et changements anatomiques
1. Plaques de croissance et changements anatomiques
a) Angle d’inclinaison de la hanche chez le chien et le chat
- Hanche normale chez le chien : angle ≥ 105°
- Hanche normale chez le chat : angle ≥ 95°
- Acétabulum étroit : angle réduit → hanche subluxée
b) Ostéo-arthrose (OA)
| Terme | Signification |
|---|---|
| Ostéo- | Os |
| Arthr- | Articulation |
| -ose | Affection chronique dégénérative |
- Définition : maladie chronique dégénérative articulaire caractérisée par une altération du cartilage et une prolifération osseuse (ostéophytes) en réponse aux contraintes mécaniques.
- Facteurs déclenchants :
- Instabilité articulaire
- Mauvaise répartition du poids
- Lésion ou incongruence (mauvais alignement des surfaces articulaires)
- Conséquences mécaniques :
- Stress anormal sur le cartilage
- Inflammation chronique dégradant l’articulation
- Réaction osseuse :
- Prolifération osseuse pour stabiliser l’articulation → formation d’ostéophytes (excroissances osseuses)
c) Signes radiographiques de l’ostéo-arthrose
- Ostéophytes : excroissances osseuses autour de l’articulation
- Sclérose osseuse : augmentation de la densité osseuse due à la pression excessive, souvent associée à des ostéophytes
d) Évaluation radiographique des hanches
- Incidence ventro-dorsale en extension
- Hanche normale :
- Excellente congruence articulaire (coaptation)
- Espace articulaire étroit et régulier entre tête fémorale et acétabulum
L’angle d’inclinaison de la hanche et la congruence articulaire sont des critères clés pour diagnostiquer une hanche normale ou dysplasique chez le chien et le chat.
Angle de Norberg-Olsson et évaluation radiographique
1. Angle de Norberg-Olsson
- Définition : Angle formé entre une ligne passant par le centre de la tête fémorale et le bord crânio-latéral de l’acétabulum.
- Valeur normale chez le chien : .
- Interprétation : Un angle inférieur indique une couverture insuffisante de la tête fémorale par l’acétabulum, signe de dysplasie.
2. Critères radiographiques d’une hanche normale
| Critère | Description |
|---|---|
| Acétabulum | Largeur égale, bord crânial net, pointu ou légèrement arrondi, profondeur importante |
| Couverture de la tête fémorale | > 50% de la tête est recouverte, centre de la tête médial au bord dorsal de l’acétabulum |
| Tête fémorale | Ronde, col lisse sans épaississement (sauf fovea capitis) |
| Absence de signes pathologiques | Pas de remodelage osseux, ostéophytes ni sclérose sous-chondrale |
3. Évaluation radiographique de la dysplasie
- Score de dysplasie basé sur :
- Angle de Norberg-Olsson
- Degré de subluxation de la tête fémorale
- Forme et profondeur de l’acétabulum
- Présence de signes d’ostéo-arthrose secondaire
- Âge recommandé pour évaluation : plus d’un an, pour stabiliser les critères radiographiques.
4. Facteurs influençant la dysplasie
- Origine multifactorielle : prédisposition polygénique.
- Impact génétique : gènes affectant les tissus mous (ligaments, capsule articulaire) plus que le squelette lui-même.
- Conséquence : laxité articulaire provoquant des modifications dégénératives osseuses.
5. Sélection génétique
- But : réduire l’occurrence de la dysplasie en sélectionnant pour la reproduction uniquement les chiens avec des hanches radiographiquement normales.
- Limite : seulement 7% des descendants de deux parents dysplasiques auront des hanches normales.
L’angle de Norberg-Olsson est un indicateur clé pour évaluer la couverture acétabulaire et détecter la dysplasie de la hanche chez le chien.
Ostéoarthrose et lésions dégénératives
1. Ostéoarthrose et lésions dégénératives
a) Traitements chirurgicaux pour la dysplasie de la hanche
| Technique | Objectif principal | Indications principales | Remarques clés |
|---|---|---|---|
| Physiodèse pubienne juvénile | Fermeture précoce de la symphyse pubienne | Chiots jeunes | Coagulation électrique contrôlée de la plaque de croissance, améliore la conformation articulaire |
| Double ou triple ostéotomie du bassin | Réduction de la laxité et amélioration de la congruence articulaire | Chiots de 6 à 10 mois sans arthrose | Ventroversion de l’acétabulum, chiots exempts d’arthrose |
| Excision de la tête et du col fémoral | Suppression de la source de douleur et dysfonction | Cas avancés ou irréparables | Intervention palliative |
| Prothèse totale de hanche | Remplacement articulaire complet | Cas sévères avec arthrose avancée | Solution définitive mais plus invasive |
b) Traitement d’une luxation de la hanche : Bandage d’Ehmer
- But : Maintenir la hanche après réduction d’une luxation crânio-dorsale pour stabiliser et permettre la guérison des structures périarticulaires.
- Position du membre :
- Flexion de la hanche, du grasset et du tarse
- Rotation interne
- Abduction légère
Technique de pose du bandage d’Ehmer
- Appliquer de l’ouate autour de la région métatarsienne.
- Fixer l’ouate en tournant le pansement :
- De la face latérale vers la face médiale autour du métatarse dorsal.
- Puis de la face médiale vers la face latérale autour du métatarse plantaire.
- Fléchir le membre.
- Passer le pansement :
- De l’aspect latéral du métatarse vers l’aspect crânial du tibia.
- Vers la face médiale à mi-hauteur du tibia et du fémur.
- Passer le pansement par-dessus l’aspect crânial à mi-hauteur du fémur vers la face latérale.
- Passer le pansement caudalement du grasset vers l’aspect médial du tibia distal et de la région métatarsienne proximale, puis retourner vers la face plantaire du métatarse.
- Le bandage forme un 8.
- Appliquer plusieurs couches de pansement de la même façon.
- Sécuriser avec un pansement adhésif.
À retenir : Le bandage d’Ehmer maintient la hanche en flexion, rotation interne et abduction légère pour stabiliser une luxation crânio-dorsale après réduction.
Traitements conservatifs et chirurgicaux
1. Traitements conservatifs
- Objectif principal : stabiliser la hanche après réduction d’une luxation caudo-ventrale et permettre la guérison des structures périarticulaires.
- Principe clé : empêcher l’abduction des grassets, car ce mouvement entraîne la tête fémorale vers l’avant où la capsule est rompue.
a) Technique de bandage
- Appliquer plusieurs couches de tape adhésif autour des grassets en position neutre.
- Doubler le tape pour éviter qu’il colle à la peau ou au pelage (côtés collants face à face).
- Passer une bande supplémentaire sur l’aspect crânial du bassin pour empêcher le bandage de glisser vers le bas.
2. Autres pathologies associées
| Pathologie | Définition | Signalement | Causes / Hypothèses |
|---|---|---|---|
| Maladie de Legg-Calvé-Perthes | Nécrose aseptique non inflammatoire de la tête et du col fémoral | Chiens de petites races (miniatures, terriers), 5-8 mois d’âge | Ischémie vasculaire, hormones sexuelles précoces, génétique |
| Panostéite | Affection auto-limitante des os longs chez le chien en croissance, modifiant l’organisation cellulaire osseuse | Chiens de grandes races (Berger allemand, Basset hound), jusqu’à 2 ans, 4x plus fréquente chez les mâles | Cause inconnue |
À retenir : Le traitement conservatif vise à stabiliser la hanche en limitant l’abduction des grassets, essentielle pour éviter la récidive de luxation caudo-ventrale.