Définition et mesure de la croissance économique
1. Croissance économique : définition
- Croissance économique = hausse durable du PIB d’un pays.
- Elle mesure l’augmentation de la production annuelle de biens et services.
2. Produit Intérieur Brut (PIB)
- Le PIB est un indicateur qui mesure la production totale de biens et services réalisés dans un pays sur une année.
- Il est exprimé en euros.
- La mesure est réalisée par l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques).
3. Calcul du PIB
- Le PIB est la somme des valeurs ajoutées de toutes les organisations productrices (entreprises, associations, administrations publiques) présentes dans le pays.
- Valeur ajoutée (VA) = production réelle d’une organisation, c’est-à-dire ce qu’elle produit elle-même, sans compter les biens déjà produits par d’autres.
a) Exemple simplifié de calcul de la valeur ajoutée
| Élément | Définition | Exemple (entreprise "Toto") |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires (CA) | Prix unitaire × quantité vendue | 10 000 pots × 2€ = 20 000 € |
| Consommations intermédiaires (CI) | Biens utilisés pour produire (non créés par l’entreprise) | Tomates achetées à l’agriculteur |
| Valeur ajoutée (VA) | VA = CA − CI | Valeur de la transformation en sauce |
- La VA mesure la production réelle de l’entreprise, ici la transformation des tomates en sauce.
4. Synthèse du calcul du PIB
5. Croissance économique : mesure
- La croissance économique correspond à la variation positive et durable du PIB d’une année sur l’autre.
- Elle reflète l’augmentation de la production globale de biens et services dans un pays.
À retenir : La croissance économique est la hausse durable du PIB, qui mesure la production annuelle de biens et services d’un pays, calculée par la somme des valeurs ajoutées des organisations productrices.
Les sources de la croissance : accumulation des facteurs de production
1. Les sources de la croissance : accumulation des facteurs de production
a) Définition de la croissance économique
- La croissance économique correspond à l’augmentation durable de la production de biens et services d’un pays, mesurée par le taux de croissance du PIB en %.
- Elle est calculée généralement chaque année par l’INSEE.
- Phénomène récent, apparu à partir du 18-19ème siècle avec la Révolution Industrielle.
- La croissance peut être irrégulière : forte (>5%), faible (~1%), voire négative (récession).
2. L’accumulation des facteurs de production
La croissance économique provient en partie de l’accumulation des facteurs de production, c’est-à-dire l’augmentation des ressources utilisées pour produire.
Ces facteurs sont :
| Facteur | Définition | Mesure principale |
|---|---|---|
| Travail | Ensemble des travailleurs et de leur temps, compétences, énergie | Nombre de travailleurs ou heures travaillées |
| Capital | Biens durables utilisés dans la production (bâtiments, machines, équipements) | Valeur des biens durables utilisés |
a) L’accumulation du facteur travail
- Le facteur travail correspond à la main-d’œuvre disponible pour produire.
- L’augmentation de la quantité de travail peut accroître la production.
5 moyens d’augmenter la quantité de travail :
- Forte natalité → accroît la population active à long terme.
- Immigration → arrivée de travailleurs étrangers sur le territoire.
- Hausse du temps de travail hebdomadaire → plus d’heures travaillées par personne.
- Départ à la retraite plus tardif → allongement de la durée de la carrière.
- Hausse du taux d’emploi → plus de personnes en emploi (ex : intégration des femmes au marché du travail).
La croissance du facteur travail est limitée si le capital (machines, équipements) n’augmente pas en parallèle.
b) L’accumulation du facteur capital
- Le facteur capital regroupe les biens durables nécessaires à la production (bâtiments, machines, outils).
- L’augmentation du capital permet d’accroître la capacité productive des organisations.
À retenir : La croissance économique peut s’expliquer par l’accumulation des facteurs travail et capital, c’est-à-dire l’augmentation des ressources utilisées pour produire.
Les sources de la croissance : productivité et progrès technique
1. Les sources de la croissance : productivité et progrès technique
a) L’accumulation des facteurs de production
- Facteurs de production : travail et capital.
- Capital : biens durables utilisés pour produire d’autres biens/services.
- Capital TIC : ordinateurs, logiciels.
- Capital hors TIC : machines, matériel de transport.
- Investissement (Formation Brute de Capital Fixe, FBCF) : acquisition de capital par une organisation (ex : achat de machines, construction d’usines, acquisition de terres).
- Croissance extensive : augmentation du PIB principalement due à l’augmentation de la quantité de facteurs (travail et capital).
La croissance économique peut provenir de l’augmentation de la quantité de travail ou de capital. Cette croissance est dite extensive.
b) L’accroissement de la productivité globale des facteurs (PGF)
- Productivité globale des facteurs (PGF) : efficacité combinée du travail et du capital.
- Une hausse de la PGF signifie produire plus avec la même quantité de facteurs.
- Cette hausse est due au progrès technique endogène.
c) Le progrès technique endogène
-
Progrès technique : amélioration des conditions de production permettant d’augmenter la production sans accroître la quantité de facteurs.
-
Formes du progrès technique :
Forme Description Exemple Nouveau produit Innovation permettant une meilleure productivité avec les mêmes ressources Invention de l’ordinateur (1956) par A. Turing Nouvelle source d’énergie Fourniture d’énergie plus efficace pour alimenter des machines plus puissantes Adoption du pétrole, de l’électricité, du nucléaire Meilleure organisation Optimisation du travail par spécialisation, rendant les travailleurs plus productifs Division du travail où chaque ouvrier se spécialise dans une tâche précise
Le progrès technique permet d’augmenter la production sans augmenter la quantité de travail ou de capital, favorisant ainsi une croissance dite intensive.
Le rôle des institutions dans le progrès technique
1. Le progrès technique : définition et formes
Le progrès technique permet d’augmenter la production sans accroître la quantité de travail ou de capital. Il se manifeste sous quatre formes principales :
- Nouveaux produits : création de biens ou services innovants.
- Nouvelles sources d’énergie : découverte ou exploitation de sources énergétiques plus efficaces.
- Amélioration du capital humain : augmentation des compétences et capacités des travailleurs (ex. : allongement de la scolarisation).
- Accroissement de la productivité globale des facteurs (PGF) : meilleure efficacité combinée du travail et du capital.
La productivité globale des facteurs mesure l’efficacité de l’ensemble des facteurs de production et augmente grâce au progrès technique.
La croissance économique fondée principalement sur le progrès technique est appelée croissance intensive.
2. Le progrès technique est endogène
Le progrès technique est endogène car il résulte des décisions et actions des agents économiques, notamment des entreprises innovantes.
- Lorsqu’une entreprise innove, elle peut protéger un prototype par un brevet, mais pas l’idée elle-même.
- Les idées sont des biens collectifs : elles sont non excluables (on ne peut empêcher quelqu’un de s’en inspirer) et non rivales (plusieurs peuvent les utiliser simultanément).
- Cette circulation libre des idées crée un cercle vertueux : une innovation en entraîne d’autres, qui en inspirent encore d’autres.
Exemple : l’invention de l’ordinateur par Alan Turing en 1956 a inspiré de nombreuses innovations technologiques, comme les smartphones.
3. Le rôle des institutions dans le progrès technique
Une institution est une règle juridique qui encadre les comportements des agents économiques. Elle joue un rôle clé dans le progrès technique en :
- Réduisant l’incertitude : les agents économiques ont confiance pour investir dans la recherche et le développement.
- Encourageant l’investissement : sans institutions fiables, les agents hésitent à investir, freinant ainsi l’innovation et la croissance.
Exemple : le système des brevets protège les innovations tout en permettant la diffusion des idées, stimulant ainsi le progrès technique.
À retenir : Le progrès technique est endogène car il naît des innovations successives des entreprises, facilitées par des institutions qui sécurisent les investissements et favorisent la diffusion des idées.
Croissance intensive versus croissance extensive
1. Croissance extensive et croissance intensive : définitions clés
- Croissance extensive : augmentation du PIB due à l'accumulation des facteurs de production, c’est-à-dire plus de capital (machines, infrastructures) et plus de travail (main-d’œuvre).
- Croissance intensive : augmentation du PIB résultant du progrès technique, c’est-à-dire une meilleure utilisation des facteurs de production grâce à l’innovation et à l’amélioration des méthodes de production.
2. Rôle du progrès technique dans la croissance intensive
- Le progrès technique est la source principale de la croissance intensive.
- Il est protégé et encouragé par des brevets, qui accordent un monopole temporaire à l’entreprise innovante.
- Le brevet garantit un profit important à l’entreprise qui investit en R&D, ce qui incite à innover.
- Sans brevet, les innovations seraient copiées sans compensation, décourageant l’investissement en R&D.
3. Progrès technique et emploi : la destruction créatrice
- Le progrès technique détruit certains emplois, souvent les moins qualifiés.
- Il crée en revanche de nouveaux emplois, généralement plus qualifiés.
- Ce processus s’appelle la destruction créatrice.
- Exemple : la voiture autonome supprime des emplois de chauffeurs mais crée des emplois d’ingénieurs et techniciens.
- En général, le progrès technique crée plus d’emplois qu’il n’en détruit, à condition que les travailleurs soient formés pour les nouveaux secteurs.
4. Comment distinguer croissance intensive et croissance extensive ?
| Facteur | Contribution à la croissance du PIB (%) | Interprétation |
|---|---|---|
| Capital | 0,9 | Accumulation de capital (croissance extensive) |
| Travail | 0,7 | Accumulation de travail (croissance extensive) |
| Productivité globale des facteurs (PGF) | 1,1 | Progrès technique (croissance intensive) |
- Exemple États-Unis (1985-2010) : croissance moyenne annuelle du PIB = 2,6%
- Accumulation des facteurs (capital + travail) = 1,6 point → croissance extensive
- Progrès technique (PGF) = 1,1 point → croissance intensive
La croissance économique est dite extensive si elle provient principalement de l’accumulation des facteurs de production, et intensive si elle est principalement due au progrès technique.
Les inégalités de revenus engendrées par la croissance
1. Inégalités de revenus liées au progrès technique
La croissance économique repose en grande partie sur le progrès technique, mais celui-ci génère des inégalités de revenus au sein d’un pays.
-
Destruction et création d’emplois : Le progrès technique détruit certains emplois dans les secteurs anciens et en crée dans les secteurs modernes (ex : ingénieurs, informaticiens).
→ Les salariés qualifiés voient leurs revenus augmenter, tandis que les moins qualifiés peuvent perdre leur emploi, créant des inégalités. -
Monopole lié au brevet : Le brevet accorde un monopole à l’innovateur (entreprise ou individu), lui permettant de réaliser des profits importants.
→ Les revenus des innovateurs et de leurs salariés augmentent plus vite que ceux du reste de la population.
a) Indicateur des inégalités : l’indice de Gini
| Valeur de l’indice | Signification | Exemple |
|---|---|---|
| 0 | Égalité parfaite (revenus identiques) | Théorique |
| Entre 0,2 et 0,7 | Inégalités variables selon les pays | France : 0,32 (relativement égalitaire) |
| 1 | Inégalité extrême (une personne possède tout) | Théorique |
À retenir : Le progrès technique accroît les inégalités de revenus entre salariés qualifiés et non qualifiés, ainsi qu’entre innovateurs et le reste de la population.
2. Limites écologiques de la croissance économique
La croissance s’accompagne d’une augmentation des dommages environnementaux liés à la production.
-
Corrélation positive entre production et émissions de gaz à effet de serre : Plus la production augmente, plus les émissions de gaz comme le dioxyde de carbone et le méthane augmentent.
-
Conséquences du rejet de gaz à effet de serre :
- Intensification de l’effet de serre → augmentation des températures terrestres
- Fonte des glaces → élévation du niveau des mers
À retenir : La croissance économique, en augmentant la production, contribue à la dégradation de l’environnement et à des risques écologiques majeurs.
Les limites écologiques de la croissance économique
1. Les limites écologiques de la croissance économique
La croissance économique, mesurée par la hausse durable du PIB, est confrontée à des limites écologiques majeures liées à l'impact environnemental de la production et de la consommation.
a) Les conséquences du réchauffement climatique
- Montée des eaux : la fonte des glaces provoque l'élévation du niveau des océans, menaçant les littoraux et certaines îles.
- Acidification des océans : l'augmentation des températures modifie la composition chimique des océans, mettant en danger de nombreuses espèces aquatiques.
- Dérèglement du cycle de l'eau : alternance de sécheresses sévères et d'inondations dans différentes régions, perturbant les écosystèmes et les activités humaines.
b) L'épuisement des ressources naturelles
La production dépend de ressources :
| Type de ressources | Caractéristiques principales | Exemples |
|---|---|---|
| Non renouvelables | Ressources limitées, non régénérées à l'échelle humaine | Pétrole, métaux rares (lithium) |
| Renouvelables | Ressources régénérées mais susceptibles de surexploitation | Forêts (Amazonie), poissons (surpêche) |
- Le transport et le numérique consomment beaucoup de pétrole et de métaux rares, difficiles à extraire et non renouvelables.
- La surexploitation des ressources renouvelables conduit à la déforestation et à la disparition d'espèces.
c) Les pollutions liées à la croissance
- Pollution de l'air : émissions de gaz nocifs affectant la santé (problèmes respiratoires).
- Pollution des sols : usage de pesticides et accumulation de plastiques non biodégradables détruisant la biodiversité.
- Pollution des océans : accumulation de déchets plastiques persistants, menaçant la faune marine.
À retenir : La croissance économique génère des impacts écologiques majeurs qui menacent la durabilité des ressources et la santé des écosystèmes.
d) Les pistes pour dépasser ces limites : l'innovation
Certains économistes estiment que le progrès technique et l'innovation peuvent permettre de produire plus tout en réduisant les impacts environnementaux :
- Nouvelles sources d’énergie : énergies renouvelables (éolien, solaire, hydrogène) et nucléaire.
- Produits durables : objets conçus pour durer plus longtemps et nécessiter moins de ressources.
- Produits économes en énergie : véhicules moins consommateurs de carburant, technologies plus efficaces.
À retenir : L'innovation peut potentiellement repousser les limites écologiques en améliorant l'efficacité énergétique et en réduisant la pollution.
2. Synthèse des limites et solutions
| Limites écologiques | Exemples | Solutions proposées |
|---|---|---|
| Réchauffement climatique | Montée des eaux, acidification | Énergies renouvelables, nucléaire |
| Épuisement des ressources | Pétrole, métaux rares, déforestation | Innovation, produits durables |
| Pollution | Air, sols, océans | Progrès technique, réduction des déchets |
La croissance économique doit donc intégrer ces contraintes écologiques pour être durable.