Pharmacocinétique
1. Pharmacocinétique
a) Phases de la pharmacocinétique
La pharmacocinétique comprend 5 phases clés :
- Absorption
- Transport
- Diffusion
- Métabolisme
- Élimination
b) Caractéristiques physico-chimiques des médicaments
Pour chaque médicament, il est essentiel de connaître :
- Formule chimique développée, précisant l'isomérie si nécessaire.
- Solubilité dans l'eau ou autres solvants, mesurée par le coefficient de partage lipides/eau (généralement entre eau et chloroforme) :
- Stabilité (impact sur la durée de conservation).
- Mode de conservation (sensibilité à la chaleur, lumière, etc.).
c) Caractéristique acide ou base des médicaments
- Deux grandes catégories :
- Molécules neutres non ionisables (indépendantes du pH).
- Molécules ionisables (électrolytes) :
- Acides faibles (anioniques) : perdent un proton, se chargent négativement.
- Bases faibles (cationiques) : gagnent un proton, se chargent positivement.
d) Ionisation et équilibre acide-base
- La proportion des formes ionisées et non ionisées dépend du pKa du médicament et du pH du milieu.
- Pour un acide faible (AH ⇌ A⁻ + H⁺) :
- Pour une base faible (BH⁺ ⇌ B + H⁺) :
e) Exemples d’équilibre ionisé/non ionisé
| Cas | pKa | pH milieu | Rapport forme ionisée / non ionisée | Interprétation | |
|---|---|---|---|---|---|
| Acide faible dans sang | 5,4 | 7,4 | 2 | 100x plus de forme ionisée | |
| Acide faible dans tissus | 5,4 | 6,4 | 1 | 10x plus de forme ionisée | |
| Acide faible dans estomac | 4,4 | 1,4 | -3 | 1000x plus de forme non ionisée | |
| Base faible dans sang | 5,4 | 7,4 | 2 | 100x plus de forme non ionisée |
f) Importance de la forme non ionisée
- Seule la forme non ionisée, liposoluble (lipophile), diffuse passivement à travers les membranes cellulaires.
- Les différences de pH entre deux compartiments entraînent des déplacements de molécules selon leur forme ionisée/non ionisée.
À retenir : La pharmacocinétique dépend fortement de la nature acide ou basique du médicament, de son pKa, et du pH des milieux, car seule la forme non ionisée lipophile peut traverser les membranes et être absorbée efficacement.
Pharmacodynamie
1. Formes ionisées et non ionisées des médicaments acides ou basiques faibles
- Les acides ou bases faibles existent en milieu aqueux sous deux formes : non ionisée et ionisée.
- Solubilité :
- Forme non ionisée : peut être hydrosoluble, liposoluble ou insoluble selon la nature.
- Forme ionisée : toujours hydrosoluble, faiblement liposoluble.
- Diffusion membranaire :
- Forme non ionisée liposoluble diffuse facilement par diffusion passive à travers les membranes cellulaires.
- Forme ionisée diffuse difficilement à cause de sa faible liposolubilité.
2. Influence du pH et du pKa sur la forme ionisée/non ionisée
- Si :
- Acide faible : forme ionisée prédomine.
- Base faible : forme non ionisée prédomine.
- Si : situation inverse.
- Exemple dans le plasma () pour un acide faible avec :
- Rapport non ionisé : ionisé = 1 : 1000.
- Dans le liquide gastrique (), ce rapport est inversé (1000 : 1).
3. Conséquences pour l'absorption orale
- Un acide faible (ex. aspirine) est majoritairement non ionisé dans l'estomac, favorisant sa diffusion à travers la muqueuse gastrique.
- Une base faible (ex. quinidine) est majoritairement ionisée dans l'estomac, donc moins bien absorbée à ce niveau.
- La majorité de l'absorption se fait dans l'intestin grêle (grande surface, membranes plus perméables).
4. Caractère hydrophile/lipophile et transport membranaire
| Propriété | Passage membranaire | Remarque |
|---|---|---|
| Liposolubilité | Passage par diffusion passive à travers la membrane lipidique | Condition sine qua non pour diffusion passive |
| Hydrosolubilité | Passage par filtration à travers pores membranaires ou espaces intercellulaires | Nécessaire pour passage par filtration |
- La vitesse de diffusion dépend de :
- Gradient de concentration (de la zone concentrée vers la zone moins concentrée).
- Liposolubilité (plus lipophile = diffusion plus rapide).
- Taille moléculaire (petites molécules traversent plus facilement).
- Degré d'ionisation.
- Surface d'absorption.
- Les substances lipophiles s'accumulent dans les organes riches en lipides (cerveau, foie, tissus osseux).
À retenir : La forme non ionisée lipophile diffuse plus facilement à travers les membranes cellulaires, ce qui influence l'absorption et la distribution des médicaments.
5. Voies d’administration et formes galéniques vétérinaires
- Forme galénique : forme pharmaceutique combinant principe actif et excipients.
a) Voie orale
- Formes : comprimés (sécables ou non), comprimés à libération prolongée, gélules, sachets de poudre, liquides (solutions, suspensions, sirops), pâtes orales.
- Avantages : facile d'accès, économique, répétable.
- Inconvénients :
- Destruction possible par acidité gastrique ou enzymes digestives.
- Effet de premier passage hépatique réduit la quantité active disponible.
- Difficultés d'administration en cas de vomissements ou mauvaise appétence.
- Interactions possibles avec les aliments.
b) Voie parentérale (injectable)
- Introduction directe dans le sang via aiguille et seringue.
- Produits injectables doivent être :
- Stériles (absence de micro-organismes).
- Apyrogènes (absence de substances pyrogènes).
À retenir : Le choix de la voie d’administration dépend des propriétés physico-chimiques du médicament, de la rapidité d’action souhaitée et des contraintes liées au patient.
Antibactériens
1. Voies d'administration des antibactériens
a) Voie parentérale (injectable)
-
Caractéristiques d'un produit injectable :
- Non irritant pour les nerfs sensitifs, indolore.
- Limpide : seule une solution injectable peut être administrée en IV (pas de suspension ni bulles d'air).
- Isotonique au plasma (même concentration ionique), sauf exceptions avec solutions hypertoniques.
- Neutre (ni acide, ni basique).
-
Différentes voies parentérales :
Voie Description et particularités Intraveineuse (IV) Biodisponibilité 100%, action immédiate, voie d'urgence. Pas de solutions huileuses ou suspensions (risque embolie). Risques : thrombophlébite, septicémie, extravasation. Intramusculaire (IM) Injection de solutions, suspensions ou solutions huileuses. Stockage dans le muscle, absorption retardée. Volume injecté faible. Risque lésion nerveuse. Sous-cutanée (SC) Injection dans tissu graisseux sous-cutané. Permet suspensions et implants (libération prolongée). Effet de stockage progressif. Risques : hématomes, allergies, infections. Intradermique (ID) Injection dans la peau (moins fréquente). Intrapéritonéale (IP) Injection dans la cavité péritonéale. Intra-artérielle Injection dans une artère (rare). Intra-rachidienne Injection dans le canal rachidien (anesthésie, traitements spécifiques). Intracardiaque Injection dans le cœur (urgence). Épidurale Injection dans l'espace épidural (anesthésie). Intra-articulaire Injection dans une articulation. -
Formes pharmaceutiques parentérales :
- Solutions
- Suspensions
- Poudres pour préparation injectable
- Implants
b) Voie cutanée
- Choix de l'excipient : influence la cinétique et la distribution du principe actif dans et à travers la peau (propriétés hydratantes, émollientes).
- Formes galéniques : mousse, lotion, pâte, crème, pommade.
- Voie transdermique : patchs, boucles auriculaires, colliers (libération prolongée).
- Voie transmuqueuse : application sur muqueuse, action locale ou systémique (ex : dispositifs intravaginaux, voie intra-mammaire).
2. Absorption des médicaments antibactériens
- Mécanismes de passage des membranes cellulaires :
- Diffusion passive : simple diffusion et filtration, limitée par hydrosolubilité et taille moléculaire.
- Transport actif : nécessite énergie et transporteurs spécifiques, permet passage contre gradient de concentration (ex : sécrétion tubulaire rénale).
- Diffusion passive facilitée : transport du plus concentré vers le moins concentré via protéines membranaires.
- Pinocytose : ingestion de particules solides (limité).
- Récepteurs membranaires : certaines protéines facilitent le transport.
- Facteurs influençant l'absorption :
- Solubilité partielle dans milieu aqueux obligatoire.
- Exemples :
- Huile de paraffine : trop liposoluble, ne franchit pas la barrière digestive.
- Charbon : insoluble dans eau et lipides, ne traverse pas membranes.
- Prise à jeun favorise absorption (ampicilline, tétracycline, digoxine).
- Teneur en lipides des aliments modifie absorption.
- Prise au milieu du repas améliore tolérance gastrique (protège la muqueuse contre AINS, aspirine).
À retenir : La voie d'administration et la forme galénique conditionnent la biodisponibilité et la rapidité d'action des antibactériens, tandis que l'absorption dépend de la solubilité, du transport membranaire et des conditions alimentaires.
Antimycotiques
1. Absorption et Transport des Antimycotiques
- Solubilité mixte : Les molécules doivent être liposolubles pour traverser les membranes, mais aussi posséder une certaine hydrosolubilité pour bien diffuser dans l'organisme.
- Exemple : les émulsions facilitent cette double solubilité.
2. Transport dans le sang
- Les antimycotiques se fixent partiellement sur des protéines plasmatiques qui assurent leur transport.
- La fixation est variable selon la nature du médicament et des protéines.
- Libération progressive de la forme libre à partir de la forme liée, ce qui maintient l’activité pharmacologique dans le temps.
| Protéines de transport | Type de molécules fixées |
|---|---|
| Albumine | Médicaments acides (ex : AINS), acides gras, thyroxine, œstradiol |
| Alpha-1-glycoprotéine | Molécules basiques |
| Lipoprotéines | Divers |
| Immunoglobulines | Divers |
| Érythrocytes | Divers |
- Concentration protéique sanguine : 55 à 80 g/L, variable selon les espèces.
3. Liaison médicament/protéine
- Dépend de :
- Affinité du médicament pour les sites de liaison
- Quantité de protéines disponibles
- Concentration du médicament
- Compétition entre médicaments
- La liaison est réversible :
- Forme libre () = biologiquement active, diffuse et s’élimine.
- Forme liée () = forme de réserve, ne traverse pas les membranes.
4. Distribution des antimycotiques
- La concentration du médicament n’est pas homogène dans l’organisme.
- Facteurs influençant la distribution :
| Facteurs physico-chimiques | Facteurs biologiques |
|---|---|
| pH des milieux biologiques | Débit sanguin tissulaire |
| Solubilité et ionisation | Gradient de concentration sang/tissu |
| Affinité pour certains tissus | Particularités des barrières (placenta, hémato-méningée) |
- pKa et localisation :
- Acides faibles () se concentrent dans le secteur extracellulaire (forme ionisée piégée).
- Bases faibles () se concentrent dans le secteur intracellulaire.
5. Débit sanguin tissulaire
- Organes très vascularisés (cerveau, foie, rein) reçoivent plus de médicament → concentrations élevées.
- Organes peu vascularisés (os, peau) reçoivent peu de médicament → infections difficiles à traiter, nécessitent traitements prolongés et locaux.
6. Redistribution tissulaire
- Médicament d’abord distribué dans tissus très vascularisés, puis redistribué vers tissus moins vascularisés en fonction du gradient de concentration.
7. Affinités tissulaires spécifiques
- Médicaments liposolubles ont une affinité pour tissus riches en lipides (ex : SNC, foie).
- Certains toxiques neurotropes (insecticides organophosphorés) et anesthésiques généraux sont très liposolubles.
- Certains composés (tétracyclines, fluor) ont une affinité pour le calcium, pouvant causer des lésions osseuses ou dentaires.
8. Types de distribution selon la nature du composé
| Type de composé | Distribution principale |
|---|---|
| Neutres, liposolubles | Large et homogène dans l’organisme |
| Neutres, hydrosolubles non ionisables | Distribution extracellulaire étroite |
| Liposolubles acides | Distribution plutôt extracellulaire |
| Liposolubles basiques | Distribution plutôt intracellulaire |
À retenir : La forme libre du médicament est la seule biologiquement active, elle diffuse à travers les membranes, est métabolisée et éliminée, tandis que la forme liée aux protéines plasmatiques sert de réservoir.
Antiparasitaires
1. Répartition des médicaments
- Compartiment central : tissus riches en vascularisation (sang, organes riches en vaisseaux).
- Compartiment périphérique : tissus peu vascularisés (muscles, squelette, peau, tissu adipeux) où la diffusion est plus lente.
La répartition détermine les sites d'action pharmacodynamique, les organes de concentration préférentielle et la localisation des résidus médicamenteux.
2. Concentrations plasmatiques
- Les paramètres pharmacocinétiques sont calculés à partir des concentrations plasmatiques, car il est impossible de doser dans tous les tissus.
- Après administration (hors IV), on observe 3 phases :
- Phase de résorption : concentration plasmatique augmente, résorption > élimination.
- Phase post-résorption : résorption terminée, élimination et biotransformation diminuent la concentration.
- Phase d'équilibre pseudo-stationnaire : distribution achevée, concentration stable entre plasma et tissus, élimination continue.
- Demi-vie plasmatique d’élimination () : temps pour que la concentration diminue de moitié.
- Zone thérapeutique : intervalle de concentration efficace sans toxicité.
3. Fréquence d’administration
- Doit tenir compte de la vitesse d’élimination pour éviter accumulation toxique.
- État d’équilibre atteint après plusieurs doses répétées, caractérisé par :
- Concentration plasmatique minimale
- Concentration moyenne
- Concentration plasmatique maximale
- Dépend de la demi-vie et de l’intervalle entre doses.
4. Métabolisation
- Principalement réalisée dans le foie.
- Transforme les médicaments lipophiles en métabolites hydrosolubles pour faciliter l’élimination.
- Cytochromes P450 : enzymes clés de la biotransformation.
- Types de conjugaison : glucuronoconjugaison, sulfoconjugaison, acétylation, méthylation.
- Certains médicaments sont des prodrogues : inactifs à l’origine, activés par métabolisation.
5. Élimination
| Voie d’élimination | Description |
|---|---|
| Rein | Principal organe d’excrétion, élimine médicaments et métabolites dans l’urine. |
| - Filtration glomérulaire | Non sélective, filtre molécules de faible poids moléculaire. |
| - Sécrétion tubulaire | Transport actif, compétition possible entre médicaments. |
| - Réabsorption tubulaire | Retour des molécules vers le sang ; pH urinaire influence élimination (acide/base). |
| Sécrétion biliaire | Élimine grosses molécules et non hydrosolubles via la bile, impliquée dans le cycle entéro-hépatique. |
| Autres voies | Salivaire, gastrique, pulmonaire, sudorale, lacrymale, nasale, lait, bronchique, génitale (moins fréquentes). |
- Cycle entéro-hépatique : peut provoquer un effet rebond sur les concentrations plasmatiques.
- Attention en cas d’insuffisance hépatique ou obstruction biliaire.
La biotransformation et l’élimination conditionnent la durée d’action et la toxicité des antiparasitaires, ainsi que la fréquence et la voie d’administration.
Médicaments du système hormonal
1. Médicaments du système hormonal
a) Clairance des médicaments
-
Clairance (Cl) : volume de plasma épuré d’un médicament par unité de temps (L/min).
-
Clairance par organe (Cl_org) : volume de plasma épuré par un organe, calculée par :
avec
- : débit sanguin de l’organe
- : coefficient d’extraction,
où = concentration à l’entrée, = concentration à la sortie de l’organe.
-
Clairance totale : somme des clairances rénale et extrarénale
-
La clairance rénale est essentielle pour ajuster la dose chez les insuffisants rénaux, souvent estimée via la clairance de la créatinine.
b) Volume de distribution (Vd)
-
Définition : volume théorique dans lequel le médicament serait uniformément réparti pour obtenir la concentration plasmatique mesurée.
-
Formule :
exprimé en L ou L/kg.
-
Interprétation :
- Vd faible → médicament reste principalement dans le plasma (ex : gentamicine).
- Vd élevé → médicament se distribue largement dans les tissus (ex : chloroquine).
-
Exemple :
Pour gentamicine (Vd = 0,25 L/kg) chez un patient de 70 kg, pour obtenir 8 mg/L, dose = mg.
| Médicament | Vd (L/kg) | Vd (L/70 kg) |
|---|---|---|
| Chloroquine | 100 | 10 000 |
| Digoxine | 7 | 500 |
| Gentamicine | 0,25 | 17,5 |
- Variations du Vd selon l’état physiopathologique :
- Diminution du Vd → augmentation de la concentration plasmatique.
- Augmentation du Vd → diminution de la concentration plasmatique.
- Exemples :
- Médicament hydrosoluble : Vd diminue si augmentation du compartiment aqueux (ex : insuffisance cardiaque).
- Médicament liposoluble : Vd augmente chez l’obèse (ex : propofol).
- La posologie peut être ajustée selon le poids total ou le poids idéal corporel, selon la nature du médicament.
- Relation entre clairance, demi-vie et volume de distribution :
c) Action des médicaments au niveau des récepteurs cellulaires
- Récepteur cellulaire : protéine membranaire ou intracellulaire capable de reconnaître et fixer un ligand (médicament ou médiateur endogène), déclenchant un signal biologique via transduction.
- Liaison médicament-récepteur :
- Le médicament agit sur les mêmes récepteurs que le médiateur endogène.
- Agoniste plein : provoque un effet maximal.
Analgésiques, antipyrétiques, anti-inflammatoires et immunomodulateurs
1. Types d’interactions ligand-récepteur
- Agoniste partiel : ne permet pas d’atteindre l’effet maximal même à forte concentration.
- Antagoniste pur : n’a aucun effet propre mais bloque l’action de l’agoniste.
2. Facteurs influençant la liaison ligand-récepteur
| Facteur | Description |
|---|---|
| Stéréospécificité | Groupements chimiques et conformations nécessaires à la fixation |
| Nombre de récepteurs | Variable selon les tissus et conditions |
| Réversibilité | Stabilité ou labilité de la liaison |
| Sous-types de récepteurs | Variations selon organes/tissus, influençant la réponse |
3. Notions cardiaques liées aux récepteurs des catécholamines
- Inotropisme : force de contraction musculaire (cœur).
- Bathmotropisme : excitabilité du muscle cardiaque.
- Dromotropisme : vitesse de conduction électrique.
- Chronotropisme : fréquence cardiaque.
4. Affinité ligand-récepteur
- Affinité : capacité d’un ligand à se fixer sur un récepteur, quantifiée par la constante de dissociation .
- : concentration de ligand pour occuper 50 % des récepteurs.
- Plus est faible, plus l’affinité est grande.
- Comparer les affinités permet de prédire le profil pharmacologique d’un médicament.
5. Relation dose-effet
| Paramètre | Définition |
|---|---|
| Puissance | Position de la courbe dose-réponse (dose efficace) |
| Efficacité maximale | Effet plafond, réponse maximale atteignable |
| Pente | Variation de la réponse en fonction de la dose |
- Exemple : un médicament plus puissant a une activité plus élevée à dose équivalente.
- Un médicament peut être plus puissant mais moins efficace (effet plafond inférieur).
6. Modulation temporelle de l’effet des médicaments
- Tolérance : diminution progressive de l’effet avec répétition.
- Hypersensibilisation : augmentation du nombre de récepteurs sous traitement chronique par antagoniste.
- Désensibilisation : diminution de la réponse par réduction du nombre de récepteurs ou altération fonctionnelle.
7. Mécanismes d’action au niveau cellulaire
| Type de récepteur | Mécanisme d’action | Exemple |
|---|---|---|
| Type 1 (canaux ioniques) | Activation/inhibition directe modifiant la polarisation membranaire | Inhibiteurs calciques (amlodipine) |
| Type 2 (protéines membranaires couplées à protéine G) | Activation d’effecteurs modifiant les seconds messagers intracellulaires | Morphine (opiacés) |
| Type 3 (enzymes membranaires) | Activation enzymatique induisant une cascade intracellulaire | Récepteurs tyrosine kinase |
| Type 4 (récepteurs intracellulaires) | Modulation de la transcription génique, synthèse protéique modifiée | Hormones stéroïdes, thyroïdiennes |
À retenir : L’affinité d’un médicament pour son récepteur, sa puissance, son efficacité maximale et la modulation temporelle de son effet sont essentiels pour comprendre son profil pharmacologique et son adaptation dans l’organisme.
Médicaments du système locomoteur
1. Actions des médicaments sur les systèmes enzymatiques
- Transporteurs membranaires : Effet dose-dépendant, plus la dose augmente, plus l'effet est important.
- Enzymes : Nécessitent un blocage d'au moins 80% pour un effet notable. L'effet maximal est rapidement atteint, au-delà l'augmentation de dose a peu d'effet.
a) Inducteurs et inhibiteurs enzymatiques
| Type | Effet principal | Exemples clés |
|---|---|---|
| Inducteurs | Accélèrent le fonctionnement des enzymes | Inducteurs du cytochrome P450 |
| Inhibiteurs | Bloquent le fonctionnement enzymatique | IECA, IMAO, inhibiteurs du CYP450 |
- Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IECA) :
- Bloquent la conversion d’angiotensine I en angiotensine II (vasoconstricteur puissant).
- Effets : vasodilatation, baisse de la post-charge cardiaque, lutte contre hypertension et insuffisance cardiaque.
- Exemples : énalapril, bénazépril, ramipril, imidapril (ex. FORTEKOR®).
- Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) : Empêchent la dégradation des catécholamines (noradrénaline, dopamine, sérotonine).
- Cytochrome P450 (CYP450) : Métabolise de nombreux médicaments. Inducteurs et inhibiteurs modifient le métabolisme médicamenteux.
2. Action des médicaments sur les synthèses protéiques ou nucléiques
- Action sur l’ADN : Certains médicaments bloquent l’ouverture ou le dédoublement de l’ADN (ex : antiviraux).
- Action sur la synthèse protéique :
- Perturbation de la lecture de l’ARN messager au niveau du ribosome (ex : aminosides comme gentamicine, néomycine).
- Antimétabolites : analogues des acides nucléiques qui interfèrent avec la synthèse de l’ADN, arrêtant la croissance cellulaire (utilisés en chimiothérapie).
3. Interférences des médicaments avec le système nerveux central (SNC)
a) Neuromédiateurs
- Synapse : Espace entre terminaison nerveuse et cellule cible.
- Neuromédiateurs : Substances chimiques libérées à la synapse, se fixant sur des récepteurs membranaires pour activer ou inhiber la cellule cible.
| Neuromédiateur | Système associé | Récepteurs principaux |
|---|---|---|
| Noradrénaline | Système sympathique | Récepteurs alpha et beta |
| Acétylcholine | Système parasympathique | Récepteurs nicotiniques et muscariniques |
- Récepteurs nicotiniques :
- N1 : jonctions neuromusculaires.
- N2 : cerveau, système nerveux autonome.
- Récepteurs muscariniques : cerveau, cœur, muscles lisses.
b) Interférences sur le système sérotoninergique
- Agonistes : Ex. fluoxétine (inhibiteur de la recapture de la sérotonine).
- Antagonistes : Utilisés en schizophrénie (antipsychotiques).
- Antiémétiques : Agissent en ralentissant la production de sérotonine pour stopper nausées et vomissements (ex. Zophren®).
c) Interférences sur le système dopaminergique
- Agonistes : Antiparkinsoniens.
- Antagonistes : Antiémétiques bloquant les récepteurs dopaminergiques au centre du vomissement (ex. PRIMPERID®).
d) Interférences sur les systèmes sympathique et parasympathique
- Effets périphériques liés aux récepteurs α et β des catécholamines (noradrénaline, adrénaline).
À retenir : Les médicaments du système locomoteur agissent principalement en modulant l'activité enzymatique, la synthèse protéique/nucléique, et les neurotransmissions au niveau du système nerveux central, avec des effets dose-dépendants et des cibles spécifiques (enzymes, récepteurs, ADN).
Médicaments du système gastro-intestinal
1. Médicaments du système gastro-intestinal : Interférence avec les systèmes nerveux sympathique et parasympathique
a) Système adrénergique (sympathique)
Agonistes sympathicomimétiques stimulent le système sympathique en se fixant sur différents récepteurs adrénergiques :
| Récepteurs | Localisation principale | Effets pharmacologiques | Exemples de médicaments |
|---|---|---|---|
| α1 | Cellules musculaires lisses des vaisseaux sanguins | Vasoconstriction, effet hypertensif, décongestion nasale | Éphédrine, Phényléphrine |
| α2 | Système nerveux central (SNC) | Inhibition neuronale → analgésie, sédation | Xylazine, Médétomidine, Détomidine, Romifidine |
| β1 | Cœur, rein | Effets inotrope, chronotrope, dromotrope, bathmotrope positifs (augmentation de la force et fréquence cardiaque) | Isoprénaline, Dobutamine |
| β2 | Poumons, muscles utérins, cœur | Relaxation musculaire lisse : bronchodilatation, relâchement utérin, dilatation coronarienne, ralentissement du transit intestinal | Clenbutérol (Ventipulmin®), Salbutamol (Ventoline®) |
Antagonistes sympathicolytiques ralentissent ou bloquent le système sympathique :
| Type d'antagoniste | Cible | Effets | Exemples |
|---|---|---|---|
| α-bloquants (alpha-adrénolytiques) | Récepteurs α1 et α2 | Vasodilatation, baisse de la pression artérielle, augmentation du débit cardiaque | Nicergoline (Sermion®), Atipamézole (Revertor®, Atipam®) |
| β-bloquants | Récepteurs β1 et β2 | Diminution du débit cardiaque, contractilité, fréquence cardiaque ; bronchoconstriction ; activation du transit intestinal (diarrhée) | Propranolol |
b) Système cholinergique (parasympathique)
Agonistes parasympathicomimétiques reproduisent l'action de l'acétylcholine en augmentant sa concentration ou en mimant son effet :
- Anticholinestérases : inhibent l'enzyme dégradant l'acétylcholine, augmentant ainsi sa concentration (ex : traitement de la maladie d'Alzheimer).
Antagonistes parasympathicolytiques bloquent l'action de l'acétylcholine :
- Curare : bloque les récepteurs nicotiniques → relâchement musculaire (utilisé en anesthésie).
- Atropine : bloque le système parasympathique → effets secondaires : sécheresse buccale, constipation, rétention urinaire, troubles visuels (mydriase en ophtalmologie). Utilisée aussi comme antidote en cas d'intoxication aux organophosphorés (anticholinestérasiques).
- Bronchodilatateurs anticholinergiques : utilisés par voie pulmonaire dans l'asthme.
2. Effets secondaires des médicaments
- Définition : Effet survenant en plus de l'effet principal désiré, souvent nocif et non voulu, aux doses normales.
- Différences :
- Effet indésirable : réaction nocive non voulue.
- Effet secondaire : effet non principal mais connu.
3. Interactions médicamenteuses
| Type d'interaction | Description | Conséquence |
|---|---|---|
| Synergie | Effet thérapeutique supérieur à la somme des effets individuels | Amélioration de l'efficacité |
| Antagonisme | Diminution de l'activité d'un médicament par un autre (inhibiteur) | Peut être utilisé comme antidote |
| Potentialisation | Augmentation de l'effet d'un médicament par un autre au-delà de l'effet individuel | Risque de surdosage ou toxicité |
4. Mécanismes d'interaction
- Au niveau de l’absorption : un médicament peut modifier l'absorption intestinale d'un autre, modifiant ainsi sa biodisponibilité.
À retenir : Les médicaments du système gastro-intestinal peuvent agir en modulant les systèmes nerveux sympathique et parasympathique via des agonistes ou antagonistes spécifiques, entraînant des effets variés sur la motricité, la sécrétion et la vascularisation digestive. Les interactions médicamenteuses et effets secondaires doivent être rigoureusement surveillés.
Médicaments du système respiratoire
1. Médicaments du système respiratoire
a) Principes généraux des antibiotiques
- Bactériostatique : inhibe partiellement la croissance et multiplication bactérienne.
- Bactéricide : diminue le nombre de bactéries.
- Ces effets dépendent de la nature et de la concentration du médicament.
b) Résistance et association d'antibiotiques
- La résistance bactérienne peut compromettre l'efficacité.
- L'association d'antibiotiques est souvent inutile et à proscrire sauf cas spécifiques.
- La monothérapie est privilégiée quand :
- L'agent bactérien est identifié et sensible.
- Le traitement probabiliste est reconnu efficace.
- L'infection n'est pas grave.
c) Choix et utilisation d’un antibiotique (AB)
- Indication : confirmer une infection bactérienne certaine, exclure virale ou parasitaire.
- Germes ciblés : connaître les bactéries fréquentes sur le site infectieux.
- Antibiogramme : indispensable pour infections profondes, systémiques, récidivantes ou chez animaux immunodéprimés.
- Protocole et durée : assurer concentration efficace au site infectieux (forme galénique, voie, posologie).
- Coût : prendre en compte coût direct et temps d’attente.
- Spectre d’activité :
- Large spectre : agit sur bactéries Gram+ et Gram−, favorise résistance.
- Spectre étroit : agit sur un seul type de bactérie, préférable pour limiter la résistance.
d) Classification des antibiotiques selon le spectre
| Famille | Spectre d’activité | Exemples | Particularités |
|---|---|---|---|
| Bêtalactamines | Large (Gram+ et Gram−) | Pénicillines, Céphalosporines | Usage fréquent, nombreuses indications |
| Macrolides | Plus étroit (Gram+) | Erythromycine | Bonne tolérance, souvent en monothérapie |
| Aminosides | Large (Gram− surtout) | Gentamicine | Toxicité rénale, usage contrôlé |
| Cyclines | Large | Doxycycline | Large spectre, résistance possible |
| Quinolones | Large | Enrofloxacine | Usage réservé, risque de résistance |
e) Recommandations clés
- Privilégier un antibiotique à spectre étroit quand possible.
- Éviter les associations sauf nécessité justifiée.
- Adapter le traitement à l’état général et à la gravité de l’infection.
- Réaliser un antibiogramme pour infections complexes ou récidivantes.
À retenir : L’antibiothérapie doit être raisonnée, ciblée et adaptée pour éviter échec thérapeutique et résistance bactérienne.
f) Médicaments antimycotiques
- Exemple : Itraconazole (ITRAFUNGOL® 10 mg/ml) utilisé chez le chat pour dermatophytoses (Microsporum canis).
- Mécanisme : se lie au cytochrome P-450 fongique, inhibe la synthèse d’ergostérol (composant clé des membranes fongiques).
- Conséquence : altération irréversible de la perméabilité membranaire et des fonctions enzymatiques, entraînant la dégénérescence cellulaire.
g) Médicaments antiparasitaires
- Exemple : Fenbendazole (PANACUR®).
- Mode d’action : interfère avec le métabolisme énergétique des nématodes.
- Utilisation : anthelminthique efficace contre divers parasites intestinaux.
2. Sources officielles pour médicaments vétérinaires
Médicaments du système cardio-vasculaire
1. Médicaments du système cardio-vasculaire
Les médicaments du système cardio-vasculaire agissent principalement sur le cœur et les vaisseaux sanguins pour réguler la pression artérielle, le rythme cardiaque, et la contractilité myocardique.
a) Classes principales
| Classe | Mécanisme d'action | Effets principaux | Exemples |
|---|---|---|---|
| Bêta-bloquants | Bloqueurs des récepteurs β-adrénergiques | Réduction fréquence cardiaque, contractilité | Propranolol, Atenolol |
| Inhibiteurs calciques | Inhibition des canaux calciques L | Vasodilatation, diminution contractilité | Amlodipine, Vérapamil |
| Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) | Blocage conversion angiotensine I en II | Vasodilatation, baisse pression artérielle | Enalapril, Ramipril |
| Diurétiques | Augmentation excrétion urinaire de sodium et eau | Diminution volume sanguin, baisse pression | Furosémide, Hydrochlorothiazide |
| Digitaliques | Inhibition de la Na+/K+ ATPase myocardique | Augmentation force de contraction cardiaque | Digoxine |
b) Modes d’action clés
- Bêta-bloquants : réduisent l’effet de la stimulation sympathique sur le cœur, abaissant la fréquence cardiaque et la demande en oxygène.
- Inhibiteurs calciques : diminuent l’entrée de calcium dans les cellules musculaires lisses vasculaires et myocardiques, provoquant vasodilatation et effet inotrope négatif.
- IEC : empêchent la formation d’angiotensine II, un puissant vasoconstricteur, réduisant ainsi la pression artérielle et la charge cardiaque.
- Diurétiques : réduisent le volume sanguin circulant en augmentant l’élimination rénale de sodium et d’eau, ce qui diminue la pression artérielle.
- Digitaliques : augmentent la contractilité cardiaque en inhibant la pompe Na+/K+, favorisant l’entrée de calcium dans les cellules myocardiques.
c) Indications principales
- Hypertension artérielle
- Insuffisance cardiaque congestive
- Arythmies cardiaques
- Œdèmes liés à l’insuffisance cardiaque
d) Effets secondaires fréquents
| Classe | Effets secondaires courants |
|---|---|
| Bêta-bloquants | Bradycardie, fatigue, troubles du sommeil |
| Inhibiteurs calciques | Œdèmes périphériques, hypotension |
| IEC | Toux sèche, hyperkaliémie, hypotension |
| Diurétiques | Hypokaliémie, déshydratation, hypotension |
| Digitaliques | Troubles du rythme, toxicité digitale |
À retenir : Les médicaments cardio-vasculaires agissent en modulant la contractilité cardiaque, le rythme, la vasomotricité et le volume sanguin pour restaurer une fonction cardiaque optimale et contrôler la pression artérielle.
e) Points clés pharmacologiques
- La sélectivité des bêta-bloquants (β1 cardiaque vs β2 vasculaire) influence leurs effets et tolérance.
- La balance entre inhibition de COX-1 (effets physiologiques) et COX-2 (inflammation) est cruciale pour les AINS utilisés en cardio-vasculaire (ex : prévention thrombose).
- L’association thérapeutique (ex : IEC + diurétique) est souvent nécessaire pour un contrôle optimal.
- La surveillance des paramètres biologiques (potassium, fonction rénale) est indispensable pour éviter les complications.
Cette synthèse regroupe l’essentiel des médicaments utilisés en pathologies cardio-vasculaires, leurs mécanismes, indications et précautions.
Médicaments du système uro-génital
1. Médicaments du système uro-génital
a) Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- Mécanismes d’action :
- Inhibition de la synthèse des prostaglandines (PGE1, PGE2) responsables de la fièvre, de la douleur et de l’inflammation.
- Effet antipyrétique : baisse de la température chez les sujets fébriles.
- Effet analgésique : efficace sur douleurs faibles à modérées d’origine inflammatoire.
- Effet anti-inflammatoire : limite les réactions vasculaires de la phase aiguë.
- Effets indésirables :
- Gastro-intestinaux (ulcère, gastrite) liés à l’inhibition des prostaglandines protectrices de la muqueuse gastrique.
- Rénaux et vasculaires.
- Les COXIBS inhibent sélectivement COX-2 pour réduire ces effets gastro-intestinaux.
- Pharmacocinétique :
- Grande variabilité selon les molécules et espèces → posologie spécifique obligatoire.
- Demi-vie () variable, élimination principalement urinaire (réabsorption tubulaire passive favorisée par urine acide), un peu biliaire.
- Bioaccumulation possible → risque d’effets indésirables.
- Indications :
- Anti-inflammatoire : inflammations musculosquelettiques (fractures, hernies discales, œdèmes post-opératoires).
- Analgésique : douleurs post-opératoires, coliques.
- Anti-agrégant plaquettaire : traitement de l’ischémie thrombo-embolique (TEA) chez le chat.
- Contre-indications :
- Grossesse.
- Ulcère gastro-intestinal.
- Insuffisance hépatique ou rénale sévère.
- Exemples d’AINS :
| Classe | Molécule(s) | Particularités |
|---|---|---|
| Phénamates | Flunixine meglumine (FINADYNE®) | Efficace sur douleurs viscérales, toxique pour chats |
| Acide tolfenamique (TOLFÉDINE®) | Utilisable chez le chat | |
| Acides énoliques | Meloxicam (METACAM®) | Préférentiel COX-2 |
| Pyrazolones | Phénylbutazone | Anti-inflammatoire, spasmolytique |
| Coxibs (inhibiteurs COX-2 spécifiques) | Firocoxib (PRÉVICOX®), Robenacoxib (ONSIOR®, TROCOXIL®) | Sélectifs COX-2 |
b) Anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) ou glucocorticoïdes
- Hormones naturelles :
- Aldostérone (minéralocorticoïde) : synthétisée dans la zone glomérulée de la corticosurrénale.
- Cortisol (hydrocortisone) : synthétisé dans la zone fasciculée, possède des propriétés glucocorticoïdes (anti-inflammatoires) et minéralocorticoïdes (rétention hydrosodée).
- Glucocorticoïdes de synthèse :
- Dérivés du cortisol, optimisés pour maximiser les effets glucocorticoïdes et minimiser les effets minéralocorticoïdes.
- Régulation de l’axe corticotrope :
- Hypothalamus → sécrétion de CRH et AVP → antéhypophyse libère ACTH → stimulation des glandes surrénales → sécrétion de glucocorticoïdes.
- Rétrocontrôle négatif via récepteurs MR (minéralocorticoïdes) et GR (glucocorticoïdes) sur hypothalamus, hypophyse, hippocampe et cortex.
- Effets thérapeutiques :
- Anti-inflammatoire : réduction des symptômes inflammatoires dans divers tissus (os, articulations, peau, poumons).
- Anti-allergique : traitement des réactions d’hypersensibilité.
- Immunosuppresseur : utilisé dans les maladies auto-immunes et pour la tolérance des greffes.
- Utilisations cliniques :
| Indication | Description / Exemple | Dose / Particularité |
|---|---|---|
| Thérapie substitutive | Maladie d’Addison (déficit en corticoïdes) | Corticoïdes endogènes |
| Choc anaphylactique | Amélioration hémodynamique et microvasculaire | Forme soluble IV |
| Inflammation aiguë | Risque vital pour organe (ex : bronchopneumonie) | Dose anti-inflammatoire (prednisolone 1 mg/kg) |
| Allergies et inflammations chroniques | Ex : arthrose chronique | Recherche de la plus petite dose efficace |
| Acétonémie chez la vache laitière | Effets métaboliques sur néoglucogenèse et lipides | |
| Immunodépression | Recherche de la dose immunosuppressive minimale | Ex : CJA |
- Exemples commerciaux : DERMIPRED®, DEXALONE®.
À retenir : Les AINS inhibent la synthèse des prostaglandines pour réduire douleur, fièvre et inflammation mais présentent des risques gastro-intestinaux et rénaux, tandis que les glucocorticoïdes agissent comme puissants anti-inflammatoires et immunosuppresseurs avec un contrôle fin de l’axe corticotrope.
Médicaments du système nerveux central et périphérique
1. Médicaments du système nerveux central et périphérique
a) Stimulants de l’appétit
- Mirtazapine (MIRATAZ®) : pommade dosée à 20 mg/g, dose journalière de 2 mg par chat (0,1 g ou 3,8 cm de pommade).
- Autres stimulants : benzodiazépines, glucocorticoïdes.
b) Emetisants
- NaCl hypertonique (voie orale).
- Apomorphine (EMEDOG®).
- Médétomidine (SEDATOR®) : agoniste α2-adrénergique.
c) Anti-ulcéreux
- Anti-H2 (ZITAC®) : cimétidine antagoniste des récepteurs H2 de l’histamine → inhibition sécrétion acide gastrique, diminution irritation gastrique et vomissements.
- Oméprazole (GASTROGARD®) : inhibiteur spécifique de l’ATPase H+/K+ des cellules pariétales → supprime la sécrétion acide gastrique.
d) Anti-acides
- Phosphate d’aluminium (PHOSPHALUVET®) :
- Modifie le pH gastrique par fort pouvoir tampon.
- Couvre la muqueuse gastrique.
- Stimule la synthèse de prostaglandines endogènes (cytoprotection).
- Inhibe la fibrinolyse (pouvoir antihémorragique).
e) Médicaments renforçant la défense de la muqueuse
- Sucralfate :
- Protection mécanique : se transforme en substance adhésive fixée sur lésions muqueuses (œsophage, estomac, duodénum, côlon).
- Action anti-pepsine et anti-sels biliaires.
- Stimule production de prostaglandines, mucus et bicarbonates au niveau gastroduodénal.
f) Anti-émétiques
- Métoclopramide (EMEPRID®) :
- Antagoniste des récepteurs dopaminergiques D2 dans le SNC → empêche nausées et vomissements.
- Effet prokinétique gastro-duodénal via agonisme 5-HT4, antagonisme D2 et activité muscarinique.
g) Antidiarrhéiques et antispasmodiques
- Scopolamine (butylbromure, ESTOCELAN®) :
- Antispasmodique atropinique ganglioplégique.
- Antagoniste des récepteurs muscariniques et légère action sur récepteurs nicotiniques.
- Métamizole (dipyrone) :
- Analgésique, antispasmodique, antipyrétique.
- Inhibe probablement la synthèse des prostaglandines.
h) Adsorbants et agents protecteurs
- Paraffine liquide ou pâte orale.
- Laxatifs à usage rectal (ex : MICROLAX®).
2. Médicaments du système respiratoire
| Type | Exemple | Mécanisme / Effet principal |
|---|---|---|
| Bronchodilatateurs | VENTIPULMIN® | Agonistes β2-adrénergiques |
| Anti-inflammatoires | AINS, AIS | Réduction de l’inflammation |
| Analeptiques | DOXAPRAM® | Stimulation respiratoire |
| Mucolytiques | SPUTOLOSIN® | Fluidification des sécrétions |
| Antitussifs | BRONCHOSED® | Suppression du réflexe de toux |
3. Médicaments du système cardio-vasculaire
- Système rénine-angiotensine-aldostérone : augmentation d’angiotensine II → vasoconstriction artériolaire, maintien de la pression artérielle mais réduction du flux rénal.
- Vasoconstriction artériole efférente : maintien de la pression glomérulaire, mais risque de glomérulosclérose en cas de vasoconstriction chronique.
| Médicament | Effet principal | Indications principales |
|---|---|---|
| IECA (FORTEKOR®) | Hypotenseur, vasodilatateur, diminue angiotensine II | Insuffisance cardiaque congestive (ICC) du chien, insuffisance rénale chronique (IRC) du chat |
| Pimobendane (VETMEDIN®, CARDISURE®) | Inotrope positif (améliore la contractilité cardiaque) | ICC |
À retenir : Les IECA réduisent la glomérulosclérose en diminuant la vasoconstriction de l’artériole efférente, protégeant ainsi la fonction rénale.
Médicaments à usage externe
1. Médicaments à usage externe
Les médicaments à usage externe sont appliqués directement sur la peau ou les muqueuses pour agir localement, limitant ainsi les effets systémiques.
2. Principales catégories et caractéristiques
| Type de médicament | Mode d'action | Indications principales | Effets secondaires / Contre-indications |
|---|---|---|---|
| Antiseptiques et désinfectants | Éliminent ou inhibent la croissance microbienne | Nettoyage des plaies, prévention des infections | Allergies, irritation locale |
| Anti-inflammatoires locaux | Réduisent l'inflammation par inhibition locale | Douleurs articulaires, inflammations cutanées | Risque d'irritation, absorption systémique possible |
| Anesthésiques locaux | Bloquent la conduction nerveuse locale | Analgésie locale (petites interventions, piqûres) | Réactions allergiques, toxicité en cas de surdosage |
| Corticoïdes topiques | Effet anti-inflammatoire puissant | Dermatites, eczéma, psoriasis | Atrophie cutanée, effets systémiques si usage prolongé |
| Antifongiques topiques | Inhibent la croissance des champignons | Mycoses cutanées, onychomycoses | Irritations, réactions allergiques |
| Antibiotiques topiques | Éliminent ou inhibent les bactéries | Infections cutanées superficielles | Résistance bactérienne, allergies |
3. Particularités pharmacocinétiques
- Absorption locale : variable selon la zone d'application, l'état de la peau (intacte ou lésée), la formulation.
- Biodisponibilité systémique : généralement faible, mais peut être significative en cas d'application prolongée ou sur de grandes surfaces.
- Métabolisme : souvent limité au site d'application, mais certains médicaments peuvent être métabolisés par la peau ou absorbés pour un métabolisme hépatique.
4. Exemples spécifiques
- Pimobendane (usage interne mais mentionné) : augmente la sensibilité au calcium des myofilaments cardiaques, effet vasodilatateur, biodisponibilité ~60% hors repas, métabolisé par le foie.
- Furosémide (diurétique de l’anse) : agit sur l’anse de Henlé, diurétique hypokaliémiant, efficacité élevée mais courte durée (3-7h).
- Spironolactone (antagoniste de l’aldostérone) : agit sur le tubule contourné distal, diurétique hyperkaliémiant.
5. Bonnes pratiques d’utilisation
- Respecter la zone d’application et la dose prescrite pour éviter une absorption systémique excessive.
- Éviter l’application sur peau lésée sauf indication spécifique.
- Surveiller les réactions locales (irritation, allergie).
- Adapter la fréquence et la durée d’application selon la pathologie et la tolérance.
À retenir : Les médicaments à usage externe agissent principalement localement avec une absorption systémique limitée, ce qui réduit les risques d’effets secondaires généraux mais nécessite une attention particulière à la tolérance cutanée et à la zone d’application.
Vaccins et sérums
1. Vaccins et Sérums
Un vaccin est une préparation biologique destinée à stimuler le système immunitaire d’un organisme vivant pour développer une immunité adaptative protectrice contre un agent pathogène spécifique.
a) Objectifs des vaccins
- Prévenir les infections en induisant une mémoire immunitaire.
- Protéger l’individu et limiter la propagation des maladies infectieuses.
b) Types de vaccins
| Type de vaccin | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Vaccins vivants atténués | Contiennent des agents infectieux vivants mais affaiblis | Immunité forte et durable | Risque de réversion, contre-indiqués chez immunodéprimés |
| Vaccins inactivés | Contiennent des agents tués ou inactivés | Sécurité élevée | Immunité souvent moins durable, nécessite des rappels |
| Vaccins sous-unitaires | Contiennent des fragments antigéniques | Très sûrs, peu d’effets secondaires | Immunité moins complète, souvent besoin d’adjuvants |
| Vaccins à ADN ou ARN | Utilisent des acides nucléiques codant pour un antigène | Nouvelle technologie, rapide à produire | Données à long terme encore limitées |
c) Sérums
- Préparations contenant des anticorps spécifiques issus du plasma d’animaux immunisés.
- Utilisés pour une immunisation passive immédiate, sans stimulation du système immunitaire.
- Indiqués en cas d’exposition récente à un agent pathogène ou toxine (ex : antivenins).
- Effet temporaire, car les anticorps sont dégradés avec le temps.
d) Différences clés entre vaccins et sérums
| Critère | Vaccins | Sérums |
|---|---|---|
| Type d’immunité | Active (stimulation du système immunitaire) | Passive (apport direct d’anticorps) |
| Durée de protection | Longue durée (mémoire immunitaire) | Courte durée (anticorps dégradés) |
| Délai d’action | Retardé (quelques jours à semaines) | Immédiat |
| Usage | Prévention | Traitement post-exposition |
À retenir : Le vaccin induit une immunité adaptative durable par activation du système immunitaire, tandis que le sérum fournit une immunité passive immédiate mais temporaire grâce à des anticorps préformés.
Médicaments antitumoraux
1. Classification des médicaments antitumoraux vétérinaires
| Type | Description principale |
|---|---|
| Chimiothérapie cytotoxique | Traitement des tumeurs sensibles, destruction des micrométastases, thérapie palliative. |
| Radiothérapie | Utilisation de rayonnements ionisants externes ou internes (curiethérapie, radio-isotopes). |
| Thérapies ciblées | Inhibiteurs spécifiques, ex : masitinib pour mastocytomes canins avec mutation c-kit. |
| Cas particulier du lymphome | Principal cancer traité par chimiothérapie, souvent par protocoles combinés. |
2. Chimiothérapie cytotoxique
- Mécanisme : Substances cytotoxiques endommageant l’ADN ou bloquant une phase du cycle cellulaire, induisant l’apoptose ou arrêtant la réplication tumorale.
- Voie d’administration : Majoritairement intraveineuse (IV), sauf exceptions orales (melphalan, prednisolone, lomustine).
- Indications :
- Lymphomes, myélomes multiples.
- Destruction des micrométastases post-chirurgie (ex : ostéosarcome).
- Thérapie palliative pour tumeurs non résécables ou métastatiques.
3. Radiothérapie
- Indications principales : Tumeurs nasales, cutanées, sous-cutanées, cérébrales.
- Techniques :
- Radiothérapie externe : rayonnements ionisants appliqués sur la zone tumorale.
- Curiethérapie : source radioactive placée à l’intérieur ou proche de la tumeur.
- Injection systémique de radio-isotopes (ex : iode 131 pour hyperthyroïdie féline).
- Modalités : Nombre et fréquence des séances adaptés à la nature et l’extension du cancer.
- Conditions : Patient anesthésié et immobilisé pendant 5 à 10 minutes par séance.
4. Thérapies ciblées
- Exemple clé : Inhibiteurs de la tyrosine kinase c-kit, activée dans 25-30% des mastocytomes canins de grade II-III.
- Médicament : Masitinib (Masivet®), indiqué uniquement pour mastocytomes non résécables avec mutation prouvée du c-kit.
- Limitation : Usage non approuvé pour d’autres tumeurs.
5. Cas particulier du lymphome
- Cancer principal traité par chimiothérapie chez chien et chat.
- Protocoles fréquents :
- Combinaisons de prednisolone, vincristine, cyclophosphamide ± doxorubicine ± L-asparaginase.
- Monothérapie possible avec doxorubicine.
6. Effets secondaires des agents cytotoxiques
- Anorexie
- Vomissements et diarrhée
- Myélosuppression (neutropénie, thrombocytopénie)
- Perte de poils (rare, surtout races à poils à croissance continue)
- Irritation périvasculaire importante en cas d’injection extravasculaire (cathéter obligatoire)
7. Précautions lors de la manipulation des agents cytotoxiques
- Protection : Port de gants obligatoire, lavage des mains après manipulation.
- Préparation : Réaliser la mise en solution sous hotte à flux laminaire ou avec adaptateurs anti-aérosolisation.
- Protection respiratoire : Port de masque recommandé.
- Environnement : Manipulation dans pièce dédiée, interdiction de boire, manger, fumer.
- Stockage : Séparé des autres médicaments.
- Risques pour femmes enceintes : Éviter tout contact direct.
- Gestion des déchets : Considérés contaminés, éliminés selon la législation.
- Excrétion : Résidus dans urine et matières fécales jusqu’à 7 jours post-administration → port de gants recommandé pour nettoyage, limiter contact avec enfants.
8. La chimiothérapie, une affaire de spécialistes
- Tout vétérinaire peut légalement administrer une chimiothérapie.
- Recommandation : Consultation ou collaboration avec vétérinaires spécialisés ou expérimentés avant prescription ou administration, en raison des risques pour la santé publique et les patients.
À retenir : La chimiothérapie cytotoxique détruit les cellules tumorales en bloquant leur cycle cellulaire ou en endommageant leur ADN, mais nécessite une manipulation rigoureuse et des précautions strictes pour éviter les risques sanitaires.