Classification des médicaments
1. Classification ATC des médicaments
- Définition : Un médicament est défini par son AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) ou ATU (Autorisation Temporaire d’Utilisation).
- Mentions obligatoires sur les boîtes :
- « A NE DELIVRER QUE SUR ORDONNANCE » ou « UNIQUEMENT SUR ORDONNANCE »
- « RESPECTER LES DOSES PRESCRITES » ou « NE PAS DEPASSER LA DOSE PRESCRITE » selon la toxicité.
- RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) : regroupe composition, indications, contre-indications, précautions, etc.
- Classification ATC (Anatomical Therapeutic Chemical) :
- Anatomique : classe les médicaments selon l’organe cible (ex : système digestif, cardiovasculaire, nerveux, etc.)
- Thérapeutique : regroupe médicaments aux effets similaires (ex : antidiabétiques, anti-infectieux)
- Chimique : regroupe selon propriétés pharmacologiques et chimiques (ex : bétabloquants, amoxicilline)
- Code ATC : combinaison de lettres et chiffres (ex : A11AA11), unique pour chaque substance active, non spécifique à la voie d’administration.
- Classification vétérinaire : préfixe Q ajouté (ex : QA11AA11).
- Utilité : permet de trouver des équivalents en cas de rupture de stock.
2. Classes thérapeutiques principales
| Classe | Indications principales | Particularités et précautions |
|---|---|---|
| Antibiotiques | Traitement des infections bactériennes | Spectre d’activité, pas actifs sur virus, antibiorésistance, prescription vétérinaire obligatoire, antibiogramme recommandé |
| Anti-inflammatoires | Réduction de l’inflammation |
- AIS (corticoïdes) : effets puissants, sevrage nécessaire
- AINS : bloquent prostaglandines, effets antipyrétiques, antalgiques, antiagrégants | | Antiparasitaires | Lutte contre parasites externes (APE) et internes (API) | Voies d’administration variées, toxicité selon voie, impact environnemental important | | Autres médicaments | Diurétiques, IECA, immunomodulateurs, régulateurs thyroïdiens, analgésiques, anesthésiques, etc. | Usage spécifique selon pathologie |
3. Effets secondaires, toxicité et pharmacovigilance
- Effet secondaire : effet non recherché d’un médicament.
- Effet indésirable : effet secondaire néfaste.
- Toxicité : ensemble des effets néfastes pour l’organisme.
- Exemples d’effets secondaires :
- Antibiotiques : allergies, choc anaphylactique, troubles digestifs
- AIS : polyphagie, polydipsie, immunosuppression, retard cicatrisation
- AINS : troubles digestifs, augmentation du temps de saignement
- Antiparasitaires : réactions cutanées, troubles digestifs, neurologiques
- Pharmacovigilance vétérinaire : surveillance des effets indésirables sur animaux, utilisateurs, environnement et consommateurs. Signalement obligatoire en cas d’effets graves ou inefficacité.
4. Conditions de délivrance des médicaments
| Type de médicament | Conditions de délivrance | Particularités |
|---|---|---|
| Médicaments dérogatoires | Vente libre sans ordonnance, usage externe uniquement, actifs contre parasites visibles, animaux de compagnie | Non systémiques, vendus en animaleries, grandes surfaces, internet |
| Médicaments non dérogatoires | Délivrance sur ordonnance, uniquement à clientèle soignée, durée limitée à 28 jours max, renouvellement interdit | Inscription obligatoire sur ordonnance (date, quantité, tampon clinique) |
5. Observance du traitement
- Définition : respect du traitement prescrit (médical, suivi, conseils).
- Facteurs favorisant la bonne observance :
- Propriétaire convaincu et confiant
- Traitement bien expliqué
- Administration facile
- Obstacles à l’observance :
- Scepticisme, difficulté d’administration
- Durée/fréquence contraignante
- Coût élevé
- Non compréhension de la durée nécessaire
- Conséquences de l’inobservance :
- Diagnostic difficile
- Guérison partielle ou chronique
- Aggravation, résistance aux antibiotiques
- Conseils pour favoriser l’observance :
- Relire l’ordonnance avec le client
- Expliquer administration et vérifier ingestion
- Insister sur respect doses, fréquence, durée
- Fixer rendez-vous de contrôle
- Rassurer et répondre aux questions
- Interdire automédication
- Soutien téléphonique ou en clinique
6. Observance des traitements longs et préventifs
- Traitements longs :
- Encourager, rassurer, suivre régulièrement
- Proposer aide en clinique
- Utiliser medical training pour faciliter soins
- Régimes diététiques :
- Adapter à besoins physiologiques/pathologiques
- Conseils pour acceptation (gamelle propre, réchauffage)
- Suivi du poids, félicitations pour progrès
- Traitements préventifs (vaccins, antiparasitaires) :
- Protocole personnalisé selon âge, santé, mode de vie
- Respecter doses, fréquence, espèces cibles
- Conseils spécifiques selon voie d’administration (ex : éviter lavage après application externe)
- Précautions pour enfants, femmes enceintes, environnement
7. Utilisation des médicaments en établissement de soins vétérinaires (ESV)
- Rangement :
- Médicaments accessibles ou sous clé selon catégorie (stupéfiants, vaccins, etc.)
- Tenue de registres obligatoire pour stupéfiants
- Vérification des dates de péremption et date d’ouverture des flacons multiponction
- Administration :
- Medical training pour une bonne acceptation
- Notation précise des doses et heures sur fiche d’hospitalisation
- Observation des réactions et comportement
- Communication claire au sein de l’équipe et avec le propriétaire
- Pharmacovigilance : signalement des effets indésirables ou inefficacité via https://pharmacovigilance-anmv.anses.fr/
À retenir : La classification ATC permet d’identifier précisément les médicaments selon leur cible anatomique, leur effet thérapeutique et leur nature chimique, facilitant ainsi leur prescription, leur substitution et leur suivi. Une bonne observance du traitement, soutenue par une communication claire et adaptée, est essentielle pour garantir l’efficacité thérapeutique et limiter les risques d’effets secondaires et de résistance.
Classes thérapeutiques principales
1. Classes thérapeutiques principales des médicaments vétérinaires
Les médicaments vétérinaires sont classés selon leur classe thérapeutique, qui correspond à leur usage principal et à leur action pharmacologique. Cette classification est essentielle pour choisir le traitement adapté et comprendre les indications, contre-indications et précautions d’emploi.
2. Principales classes thérapeutiques
| Classe thérapeutique | Description succincte | Exemples courants |
|---|---|---|
| Antibiotiques | Traitement des infections bactériennes | Amoxicilline, Enrofloxacine |
| Antiparasitaires | Lutte contre parasites internes et externes | Ivermectine, Fipronil |
| Anti-inflammatoires | Réduction de l’inflammation et de la douleur | Méloxicam, Prednisolone |
| Anesthésiques | Induction et maintien de l’anesthésie | Kétamine, Propofol |
| Vaccins | Prévention des maladies infectieuses | Vaccin contre la rage, vaccin parvovirose |
| Hormones et dérivés | Régulation des fonctions endocriniennes | Insuline, Progestatifs |
| Antipyrétiques | Réduction de la fièvre | Paracétamol (usage vétérinaire limité) |
| Sédatifs et tranquillisants | Calme et réduit l’anxiété | Diazépam, Acepromazine |
| Aliments médicamenteux | Aliments contenant un médicament pour un effet thérapeutique | Mélanges médicamenteux spécifiques |
3. Particularités réglementaires liées aux classes thérapeutiques
- Antibiotiques critiques : Certains antibiotiques sont réservés à l’usage humain et leur usage vétérinaire est strictement encadré (interdits en prévention, usage curatif sous conditions).
- Médicaments à délai d’attente : Médicaments utilisés en production animale qui nécessitent un délai avant consommation des produits (viande, lait, œufs) pour respecter la Limite Maximale de Résidus (LMR).
- Médicaments stupéfiants et psychotropes : Soumis à une réglementation stricte, rangés sous clé, avec tenue obligatoire d’un registre spécifique.
4. Mentions obligatoires sur les emballages
Chaque médicament vétérinaire doit porter sur son emballage :
- Dénomination : Dénomination commune internationale (DCI) et nom commercial.
- Classe thérapeutique : Indication claire de la catégorie d’usage.
- Espèces cibles : Animaux pour lesquels le médicament est autorisé.
- Forme galénique : Comprimé, sirop, injectable, etc.
- Posologie et voie d’administration.
- Temps d’attente (même nul) pour les animaux de production.
- Mentions particulières : Usage vétérinaire, prescription obligatoire, conservation, mise en garde, etc.
5. Règles spécifiques selon la classe thérapeutique
- Antibiotiques : Prescription vétérinaire obligatoire, respect strict des doses et durée pour limiter l’antibiorésistance.
- Antiparasitaires dérogatoires : Usage externe, non systémiques, vendus sans ordonnance uniquement pour animaux de compagnie dans le cadre d’un contrat de soins.
- Hormones et anesthésiques : Usage strictement professionnel, souvent sous clé.
- Vaccins : Souvent soumis à prescription, nécessitent une conservation rigoureuse (chaîne du froid).
À retenir : La classe thérapeutique d’un médicament vétérinaire détermine son usage, ses conditions de prescription, de délivrance et de conservation, ainsi que les précautions à respecter pour garantir la sécurité de l’animal, du manipulateur, du consommateur et de l’environnement.
Effets secondaires et pharmacovigilance
1. Pharmacovigilance vétérinaire
- Objectif : Surveillance des effets indésirables des médicaments vétérinaires sur les animaux, les humains (administrateurs, propriétaires), l’environnement et les consommateurs de produits animaux.
- Fonctionnement : Repose sur les déclarations obligatoires et volontaires des professionnels de santé (vétérinaires, pharmaciens, médecins, infirmiers) et des industriels.
- Signalement : Utilisation d’une fiche de pharmacovigilance téléchargeable sur le site de l’ANSES, traitée par les centres de pharmacovigilance vétérinaire de Lyon ou Nantes.
- CSMV (Comité de Suivi du Médicament Vétérinaire) : Émet des avis pour améliorer l’utilisation des médicaments vétérinaires, notamment sur la sécurité d’emploi, la gestion des risques et la promotion des signaux détectés.
La pharmacovigilance vétérinaire assure la sécurité et l’efficacité des médicaments en surveillant leurs effets indésirables sur animaux, humains et environnement.
2. Rôle de l’ASV dans la pharmacovigilance
- Signaler au vétérinaire tout effet indésirable constaté ou rapporté.
- Préparer, à la demande du vétérinaire, les formulaires de déclaration (en ligne ou papier).
3. Délivrance des médicaments vétérinaires
a) Principes généraux
- Seul le vétérinaire est habilité à délivrer les médicaments prescrits.
- L’ASV ne peut délivrer aucun médicament, même non soumis à ordonnance.
- L’ASV peut vendre certains produits non médicamenteux (aliments, compléments, accessoires) et les antiparasitaires externes (APE) dérogatoires sous conditions strictes.
b) Médicaments dérogatoires
- Vendu hors ayants-droit (animaleries, grandes surfaces).
- Destinés uniquement aux animaux de compagnie.
- Usage externe, antiparasitaires ciblant parasites visibles (puces, poux, tiques, moustiques, aoûtats).
- L’ASV peut vendre ces APE dérogatoires uniquement à la clientèle liée par contrat de soins.
c) Médicaments sans ordonnance
- Médicaments non soumis à prescription obligatoire (faible quantité de substances de Liste I ou II).
- Prescription conseillée mais non obligatoire.
d) Médicaments soumis à prescription
- Délivrance soumise à des règles strictes d’exécution, d’enregistrement et d’archivage.
- Ordonnance valable 1 an sauf :
- Antibiotiques : validité 5 jours.
- Colisage : validité 10 jours après examen clinique.
- Ordonnance non renouvelable (disparition de la mention de renouvellement).
- Quantité délivrée limitée à la quantité prescrite, fractionnable (ex : Bravecto).
- Règle des 28-30 jours : délivrance limitée à 28-30 jours de traitement sauf conditionnement adapté (max 3 mois).
- Déconditionnement possible avec conservation de la notice, numéro de lot et date de péremption.
e) Étapes de la délivrance par le vétérinaire
| Étape | Action vétérinaire | Rôle ASV |
|---|---|---|
| 1. Validité et lecture | Vérifie validité ordonnance, conformité, cohérence, mentionne anomalies | Alerte le vétérinaire en cas d’anomalie |
| 2. Calcul des quantités | Respecte la règle des 28-30 jours, prépare les boîtes | Prépare les boîtes nécessaires |
| 3. Inscription réglementaire | Date de délivrance, quantités, numéro de lot, cachet | Notation sur ordonnancier si nécessaire |
| 4. Conseils à l’utilisateur | Explique mode d’administration, posologie, durée, mises en garde | Renforce les conseils, vérifie compréhension, rappelle date prochaine visite |
| 5. Archivage | Conservation 10 ans (registre informatique, duplicata, ordonnancier) | Assiste à la gestion documentaire |
f) Cas particuliers
| Médicaments | Particularités |
|---|---|
| Antibiotiques | Ordonnance valable 5 jours, prescription après signes cliniques, antibiotiques d’importance critique très encadrés, usage curatif uniquement, examen clinique et laboratoire obligatoires |
| Stupéfiants | Prescription sécurisée (papier spécial, numéroté), stockage sous clé, suivi rigoureux, quantité limitée (ex : Méthadone, Kétamine, Fentanyl) |
| Médicaments anticancéreux | Très toxiques, usage limité aux cliniques vétérinaires et CHV, vétérinaire référent obligatoire, respect d’un guide de bonnes pratiques |
g) Prescription hors examen clinique (animaux de production)
- Possible dans le cadre du suivi sanitaire permanent (SSP) avec protocole de soins.
- Vétérinaire désigné par l’éleveur peut prescrire sans examen clinique pour affections courantes identifiées.
- Antibiotiques critiques exclus de cette possibilité.
- Transmission obligatoire des données d’utilisation des antimicrobiens à l’ANMV (2024-2030 selon espèces).
4. Rappel sur le colisage
- Livraison possible par transporteur pour aliments médicamenteux, médicaments du protocole de soins, et médicaments prescrits après examen clinique (délai 10 jours, 5 jours pour antibiotiques).
- Colis opaque scellé contenant ordonnance.
- Préparation possible par ASV mais délivrance et vérification par vétérinaire uniquement.
5. Résumé des obligations réglementaires
- Ordonnance : Doit comporter toutes les mentions obligatoires (structure, prescripteur, animal, posologie, durée, substances actives, mises en garde).
- Traçabilité : Numéro de lot et quantité délivrée inscrits sur ordonnance et registre.
- Interdiction : Vente en ligne des médicaments sur prescription interdite.
- Cascade d’utilisation : Accès élargi aux médicaments autorisés en UE, avec respect des temps d’attente (TA) selon espèce et indication.
La délivrance des médicaments vétérinaires est strictement encadrée pour garantir la sécurité des animaux, des humains et de l’environnement, avec un rôle actif de l’ASV dans la pharmacovigilance et le conseil.
Observance du traitement
1. Observance du traitement
L’observance du traitement désigne la capacité du propriétaire à suivre correctement les prescriptions vétérinaires pour assurer l’efficacité du traitement antiparasitaire.
2. Importance de l’observance
- Efficacité du traitement dépend directement de la bonne application des produits antiparasitaires (APE).
- Une mauvaise observance peut entraîner :
- Échec thérapeutique,
- Réinfestation,
- Développement de résistances parasitaires,
- Risques accrus pour l’animal, l’environnement et l’homme (zoonoses).
3. Facteurs influençant l’observance
| Facteurs liés au propriétaire | Facteurs liés à l’animal | Facteurs liés au produit |
|---|---|---|
| Compréhension des consignes | Difficulté d’application | Facilité d’utilisation |
| Motivation et implication | Comportement (docilité) | Fréquence d’application |
| Connaissance des risques | Taille, poids | Effets secondaires |
| Disponibilité et organisation | Sensibilité au produit | Coût |
4. Rôle de l’ASV dans l’observance
- Informer clairement le propriétaire sur :
- Le mode d’emploi précis (voie, lieu, fréquence, dose),
- Les précautions d’usage (éviter le léchage, ne pas baigner l’animal),
- La nécessité de traiter tous les animaux du foyer simultanément.
- Démontrer l’application du produit (spot-on, collier, comprimé, spray).
- Expliquer l’importance du traitement de l’environnement pour éviter la réinfestation (aspirateur, débroussaillage, produits spécifiques).
- Sensibiliser aux risques liés à une mauvaise observance (zoonoses, résistance, échec).
- Répondre aux questions et rassurer sur la sécurité et la tolérance des produits.
5. Conseils pratiques pour améliorer l’observance
- Adapter le choix du produit à l’animal (forme galénique, goût, facilité d’application).
- Proposer un calendrier de traitement clair et réaliste.
- Rappeler les périodes à risque (printemps, été, automne) et la nécessité de renouveler les traitements.
- Insister sur la protection des enfants et des personnes sensibles (femmes enceintes, asthmatiques).
- Encourager la consultation vétérinaire en cas de doute ou d’effets indésirables.
À retenir : Une bonne observance du traitement antiparasitaire est essentielle pour protéger efficacement l’animal, son environnement et limiter les risques pour l’homme. L’ASV joue un rôle clé dans l’éducation et le suivi du propriétaire.
Favoriser l'observance et traitements longs
1. Favoriser l'observance et traitements longs
a) Usage raisonné des antiparasitaires internes (API)
- Objectif : éviter toxicité, inefficacité, résistances.
- Respect strict de la prescription vétérinaire : espèce cible, dosage, voie d’administration, fréquence.
- Interdiction d’automédication : risque d’erreur de traitement et d’apparition de résistances.
- Information au propriétaire : lire la notice, respecter les consignes d’administration, ne pas modifier le traitement sans avis vétérinaire.
- En cas d’erreur d’observance, contacter immédiatement le vétérinaire.
b) Protocoles antiparasitaires recommandés
| Animal | Traitement nématodicide | Traitement cestodicide | Fréquence recommandée |
|---|---|---|---|
| Chiots | Dès 2 semaines, toutes les 2 semaines | Selon risque | Jusqu’à 6 mois : tous les mois |
| Chatons | Dès 3 semaines, toutes les 2 semaines | Selon risque | Jusqu’à 6 mois : tous les mois |
| Chiens adultes | Selon mode de vie et risques | Selon mode de vie et risques | 1-2 fois/an si peu exposé, sinon 4-12 fois/an |
| Chats adultes | Selon mode de vie et risques | Selon mode de vie et risques | 1-2 fois/an si peu exposé, sinon 4 fois/an |
| Femelles gestantes/lactantes | Traitement avant mise bas et au sevrage | Selon risque | Selon protocole vétérinaire |
- Traitement contre Dirofilaria immitis : en zone d’enzootie, traitement durant la saison d’activité des moustiques, avec adaptation en cas de voyage.
c) Méthodes diagnostiques pour un traitement ciblé
- Coproscopie : analyse des selles pour détecter et identifier parasites (œufs, larves, kystes).
- Examen macroscopique : consistance, couleur, présence de sang ou parasites visibles.
- Examen microscopique : direct ou avec enrichissement (flottation ou sédimentation).
- Prélèvement : selles fraîches, sur surface propre, conservation à 4°C max 3 jours, éviter congélation.
- Méthodes immunologiques : sérologie, PCR, tests rapides (antigènes fécaux, anticorps sanguins).
- But : éviter traitements systématiques inutiles, limiter apparition de résistances.
d) Risques liés au mésusage des antiparasitaires internes
| Risque | Description | Conséquences principales |
|---|---|---|
| Toxicité animale | Surdosage ou mauvaise voie d’administration | Intoxication, effets secondaires graves |
| Inefficacité | Sous-dosage, mauvaise espèce cible, automédication | Échec du traitement, persistance de la parasitose |
| Résistance parasite | Usage systématique et inadapté favorise sélection de parasites résistants | Difficulté croissante à contrôler les parasites |
| Toxicité pour manipulateur | Contact avec médicament (ingestion, inhalation, contact cutané) | Effets toxiques, sensibilisation |
| Pollution environnementale | Rejets médicamenteux dans sols et eaux | Perturbation des écosystèmes aquatiques et terrestres |
- Conseils pour le propriétaire :
- Se laver les mains après administration.
- Ne pas manger, boire ou fumer pendant l’application (notamment spot-on).
- Éviter contact avec zone d’application humide.
- Ramasser et jeter les matières fécales dans des sacs fermés avec ordures ménagères.
- Ne pas jeter les médicaments dans les égouts ou cours d’eau.
e) Sensibilité génétique MDR-1 chez certaines races de chiens
- Mutation MDR-1 : inactivation de la protéine d’efflux au niveau du système nerveux central, entraînant une sensibilité accrue à certains médicaments.
- Races concernées : colley (82%), shetland (56%), berger australien (52%), berger blanc suisse (26%), bobtail (8%), berger allemand (4%), border collie (3%) et leurs croisements.
- Symptômes d’intoxication : pupilles dilatées, vomissements, tremblements, convulsions, coma, décès.
- Statuts génétiques : homozygote normal, hétérozygote, homozygote muté (risque croissant).
- Test génétique : disponible sur écouvillon buccal ou sang, conseillé pour races à risque.
- Médicaments à risque : ex. emodepside (Profender®, Procox®).
f) Mesures d’accompagnement et conseils
- Évaluation des risques : âge, mode de vie, alimentation, lieu de vie, voyages.
- Mesures d’hygiène :
- Ramassage des selles, nettoyage régulier des surfaces, écuelles, jouets.
- Contrôle des gastéropodes dans l’environnement.
- Maintien des chiens en laisse.
- Éviter régime à base de viande crue ou respecter mesures strictes (congélation, hygiène).
- Sensibilisation à la zoonose : importance du lavage des mains, nettoyage des fruits/légumes, gestion des bacs à sable.
- Consultation vétérinaire systématique en cas de signes évocateurs ou pour établir un protocole adapté.
L’usage raisonné des antiparasitaires internes repose sur une évaluation des risques, un diagnostic précis, une prescription vétérinaire adaptée, le respect strict des consignes d’administration et des mesures d’hygiène pour protéger l’animal, l’homme et l’environnement.
Utilisation des médicaments en établissement vétérinaire
1. Utilisation des médicaments en établissement vétérinaire
a) Principes généraux d’utilisation des antiparasitaires
- Action ciblée : Les antiparasitaires agissent sur différentes formes du parasite (adultes, œufs, larves).
- Double action : Il faut agir à la fois sur l’animal (adultes) et sur l’environnement (formes immatures).
- Rémanence : Choisir des produits à effet prolongé pour prévenir la réinfestation.
- Respect des doses et modes d’emploi : Pour éviter toxicité et inefficacité.
- Précautions : Tenir compte des contre-indications (espèce, âge, gestation), se laver les mains après application, éviter ingestion par l’animal.
b) Antiparasitaires externes
| Parasite | Formes ciblées | Mode d’application | Particularités | Précautions |
|---|---|---|---|---|
| Puces | Adultes, œufs, larves | Colliers, spot-on, sprays, comprimés | Résistance des pupes aux insecticides, importance d’agir sur l’environnement | Certains produits adulticides systémiques nécessitent un repas sanguin, à éviter chez animaux allergiques |
| Tiques | Adultes (larves, nymphes, adultes) | Colliers, spot-on, sprays, shampoings | Transmission de maladies (Lyme, piroplasmose), repas sanguin long | Retirer les tiques avec crochet à tiques, éviter éther, prévention chimique pendant période à risque |
| Phlébotomes | Femelles adultes | Colliers, spot-on, sprays | Vecteurs de la leishmaniose | Vaccin disponible (protège contre maladie, pas piqûres), éviter sorties au crépuscule |
| Aoûtats | Larves | Pulvérisations localisées | Localisation dans replis cutanés, provoquent prurit intense | Éviter léchage après application |
c) Antiparasitaires internes (vermifuges)
- Cibles principales : Nématodes (vers ronds) et cestodes (vers plats).
- Spectre d’activité : Nématocides, cestocides, ou polyvalents.
- Modes d’administration : Comprimés, pâtes, liquides.
- Délivrance : Sur ordonnance vétérinaire uniquement (pas de dérogation).
- Vermifugation préventive : Pratique courante, sans diagnostic préalable, pour limiter la contamination.
d) Protocoles de vermifugation
| Catégorie d’animal | Parasites ciblés | Fréquence recommandée | Remarques |
|---|---|---|---|
| Chiots / chatons | Ascaris (nématodes) | Dès 15 jours (chiots), 3 semaines (chatons), puis tous les 15 jours jusqu’au sevrage, puis mensuel jusqu’à 6 mois | Risque de contamination in utero, par lait et environnement |
| Femelles non stérilisées | Ascaris (formes enkystées) | Fin des chaleurs, 15 j avant et après mise bas, puis tous les 15 jours jusqu’au sevrage des petits | Réactivation hormonale des larves enkystées |
| Adultes | Trichures, cestodes | Au moins tous les 6 mois, avant vaccination | Adapté selon mode de vie (chasse, collectivité) |
| Animaux à risque (collectivités, chasseurs, viande crue) | Nématodes, cestodes | Tous les 3 mois voire plus | Vermifuger simultanément tous les animaux du foyer |
e) Mesures complémentaires d’hygiène
- Ramasser et éliminer les selles pendant 3 jours après vermifugation.
- Brosser les animaux pour éliminer œufs et larves.
- Interdire accès aux bacs à sable et potagers.
- Laver soigneusement fruits et légumes crus.
- Traiter les puces pour prévenir Dipylidium.
f) Précautions d’utilisation des antiparasitaires
- Respect strict des doses et modes d’administration.
- Vérifier dates de péremption et conditions de conservation.
- Tenir compte des contre-indications spécifiques (espèce, âge, gestation).
- Éviter ingestion ou léchage du produit par l’animal.
- Ne pas utiliser les insecticides d’environnement sur les animaux.
À retenir : La lutte antiparasitaire efficace combine traitement de l’animal, traitement de l’environnement, respect des protocoles et mesures d’hygiène pour prévenir réinfestation et protéger la santé animale et humaine.