Définitions et généralités sur les immobilisations
1. Définitions clés des immobilisations
- Immobilisation provisoire : geste visant à mettre en condition une victime en limitant ou évitant les mouvements d’une partie ou de la totalité du corps.
- Indiquée en cas de lésion évidente ou suspectée de la charpente osseuse :
- fracture
- luxation
- entorse
2. Définitions des lésions associées
| Terme | Définition |
|---|---|
| Entorse | Lésion traumatique d’une articulation due à un étirement ou une rupture ligamentaire. |
| Fracture | Cassure ou fêlure de l’os, causée par un traumatisme ou une sollicitation excessive. |
| Luxation | Déplacement d’un os hors de son articulation, fréquent aux épaules et doigts. |
3. Lésions des parties molles
- Plaies musculaires (déchirure)
- Rupture tendineuse
- Délabrement important
4. Immobilisation plâtrée
- Acte médical engageant la responsabilité du praticien.
- Pose possible par une IDE uniquement sur prescription médicale écrite, datée, signée, qualitative et quantitative.
- Tout plâtre circulaire posé en urgence sur un membre œdématié doit être fendu pour éviter la compression.
- Toute douleur sous plâtre doit faire suspecter des complications graves masquées par la contention.
5. Complications possibles sous plâtre
| Complication | Description succincte |
|---|---|
| Phlébite | Thrombose veineuse profonde |
| Ischémie | Manque d’irrigation sanguine |
| Nécrose cutanée | Mort des tissus de la peau |
| Syndrome de loge | Compression musculaire dans son compartiment osseux |
| Infection | Risque infectieux local |
| Compression neurologique | Atteinte des nerfs par pression |
6. Surveillance et recommandations
- Une fiche de recommandation et de surveillance doit être remise au patient après immobilisation plâtrée.
- Cette fiche précise les symptômes d’alerte nécessitant une consultation en urgence (douleur intense, engourdissement, gonflement, troubles circulatoires).
À retenir : L’immobilisation plâtrée est un acte médical strictement encadré, nécessitant une surveillance attentive pour prévenir des complications graves.
Le plâtre : indications, complications et surveillance
1. Indications du plâtre
Le plâtre est un moyen simple, efficace et non invasif pour :
- Contenir et assurer la consolidation d’un membre fracturé, à condition que la fracture soit stable et réduite.
- Favoriser la cicatrisation en cas d’entorse ou de luxation.
- Protéger une ostéosynthèse après chirurgie.
2. Surveillance du plâtre
a) Paramètres vitaux à contrôler
- Circulation maintenue : vérifier l'absence de signes de compression vasculaire.
- Risque infectieux : surveiller toute odeur suspecte ou souillure malodorante.
b) Évaluation de la contention
- Le plâtre doit être ni trop serré, ni trop lâche pour assurer une immobilisation efficace sans gêne.
c) État des extrémités
- Doivent être chaudes, rosées et mobiles.
- Évaluer la mobilité des doigts ou orteils.
- Surveiller l’apparition de douleur : une immobilisation plâtrée ne doit pas faire souffrir.
3. Signes d’alerte et complications
| Symptômes / Signes | Interprétation / Risque | Action |
|---|---|---|
| Fourmillements, membre froid, cyanosé | Plâtre trop serré → compression vasculaire | Urgence médicale |
| Douleur persistante | Risque de phlébite, infection, déplacement secondaire, syndrome des loges | Urgence chirurgicale / décharge |
| Œdème, cyanose | Obstacle au retour veineux | Surveiller et alerter |
| Pâleur, froideur, insensibilité | Souffrance neurologique, ischémie | Palper immédiatement les pouls périphériques |
4. Examen clinique
- Palpation des pouls périphériques et mesure de la température pour détecter un décrochage thermopulsé.
- Auscultation pulmonaire et mesure de la pression artérielle en cas de doute.
- Évaluation comparative de la motricité des doigts ou orteils.
- Recherche de signes neurologiques :
- Dysesthésie (sensibilité altérée)
- Hypoesthésie (diminution)
- Hyperesthésie (augmentation)
- Anesthésie (suppression)
5. Examen du plâtre
- Vérifier l’absence de :
- Fissures ou zones de faiblesse
- Micromobilité ou véritable fracture sous plâtre
- Souillure malodorante ou macération pouvant indiquer une infection
6. Rôle de l’aide-soignant (AS)
- Installation du patient : surélever le membre plâtré pour
- éviter la douleur,
- favoriser le retour veineux,
- prévenir les œdèmes.
- Pour les membres supérieurs, utiliser un coussin pour surélever la main par rapport au cœur.
À retenir : Une immobilisation plâtrée doit être efficace sans être douloureuse ; toute douleur, changement de couleur, température ou sensibilité des extrémités impose une surveillance rigoureuse et une prise en charge urgente si nécessaire.
L'attelle de Zimmer
L'attelle de Zimmer est un dispositif d'immobilisation utilisé principalement pour les membres inférieurs, notamment le genou. Elle est constituée d'une toile matelassée avec armatures, fermée par des bandes velcro.
1. Fonction et indications
- Immobilisation du genou en extension avec un léger flexum de 20°.
- Maintien pré et post-opératoire.
- Traitement des entorses moyennes à graves.
- Utilisée en urgence ou pour un diagnostic différé des pathologies du genou.
- Indiquée en cas de genou inexaminable ou de lésion grave.
2. Objectifs de l'attelle
- Exercer une action de posture prolongée sur le genou.
- Étirement des structures périarticulaires en voie de rétraction.
- Suppression des hyperpressions au niveau des zones cartilagineuses.
- Interdiction pour le patient de plier le genou afin d'éviter toute complication.
3. Pose de l'attelle de Zimmer
- Ouvrir le dispositif médical.
- Positionner l'attelle de manière à ce que les volets couvrent parfaitement la jambe.
- Placer la rotule dans l'ouverture prévue à cet effet.
4. Surveillance et rôle de l'aide-soignant (AS)
- Connaître les raisons médicales de la pose (fracture, luxation, intervention chirurgicale).
- Respecter la prescription médicale et les consignes (premier lever, appui autorisé ou non).
- Assurer les soins d'hygiène et de confort adaptés à l'immobilisation du membre supérieur ou inférieur.
- Aménager l'environnement pour faciliter la mobilité et le confort du patient.
L'attelle de Zimmer immobilise le genou en extension pour prévenir les rétractions et protéger les structures articulaires, tout en permettant un maintien adapté avant et après intervention.
Le Dujarrier : immobilisation du membre supérieur
1. Définition du Dujarrier
Le Dujarrier est une technique de bandage utilisée pour immobiliser un membre supérieur traumatisé, en particulier l’épaule, en maintenant le coude au corps.
2. Indications principales
- Immobilisation coude au corps
- Luxation de l’épaule
- Luxation acromio-claviculaire
- Fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus
- Fracture de la clavicule
- Post-opératoire
- Paralysies, hémiplégies (neurologie)
- Périarthrite scapulohumérale (rhumatologie)
3. Anatomie ciblée
Le Dujarrier agit principalement sur l’épaule et le coude, en stabilisant ces articulations pour favoriser la guérison.
4. Étapes de la pose du Dujarrier
- Passer le bras dans le manchon.
- Positionner les bretelles au-dessus des épaules.
- Croiser les bretelles dans le dos.
- Ramener les bretelles devant, sous le manchon.
- Fixer les bretelles avec les velcros en les croisant.
- Prendre la ceinture de maintien.
- Fixer le premier velcro sur le manchon devant.
- Faire le tour du corps en maintenant le membre lésé contre le corps.
- Ramener la ceinture devant et fixer le deuxième velcro.
5. Soins et précautions associés
- Placer les affaires personnelles du côté du membre valide (verre, sonnette, etc.).
- Aider le patient à satisfaire ses besoins (repas, hygiène, élimination).
- Nettoyer la peau autour du plâtre ou de l’attelle avec précaution.
- Protéger le membre immobilisé avec un plastique pour assurer l’étanchéité, surtout lors de la douche.
- Pour une attelle « coude au corps », elle peut être retirée pour la douche puis remise après séchage complet de la peau.
- Nettoyer et bien sécher sous l’aisselle pour éviter macération, mycoses ou infections cutanées.
6. Aide au quotidien
| Activité | Aide proposée |
|---|---|
| Repas | Couper aliments, ouvrir desserts, peler fruits, servir à boire |
| Élimination | Mettre bassin et urinal à portée, aider au déplacement aux toilettes si autorisé |
À retenir : Le Dujarrier immobilise efficacement le membre supérieur en maintenant le coude au corps, facilitant la guérison des traumatismes de l’épaule tout en permettant un maintien confortable et sécurisé.
L'attelle de traction
1. Définition et principe de l'attelle de traction
- Attelle de traction : cadre rigide métallique supportant le membre inférieur, maintenu par des sangles.
- Un bourrelet circulaire appuie sur l'aile iliaque et la branche ischio-pubienne pour exercer une traction sur le membre.
2. Indications principales
| Pathologies | Objectif de la traction |
|---|---|
| Fracture de la diaphyse fémorale | Maintenir l'alignement osseux |
| Traumatismes graves de la hanche | Soulager la douleur, faciliter l'intervention |
| Luxation congénitale de hanche | Maintenir la réduction avant traitement chirurgical |
| Certaines arthrites | Réduire la douleur et immobiliser |
3. Modalités d'application
- Traction réalisée via un bandage circulaire autour d'une articulation distale (cheville, coude).
- Utilisation d'un système de poulies pour appliquer la traction (similaire aux dispositifs kinésithérapeutiques).
- Peut être utilisée en attente d'une intervention chirurgicale pour soulager la douleur et préparer le patient.
4. Rôle de l'aide-soignant (AS) dans la surveillance
a) Avant la prise en charge
- Vérifier les indications médicales : avec ou sans chirurgie, durée prévue de la traction.
- Connaître l'âge du patient et les risques associés.
- S'informer sur l'état général du patient (polytraumatisé, inopérable, état altéré).
b) Pendant la surveillance
- Surveiller la circulation sanguine : ralentissement peut entraîner stase veineuse et risque thrombo-embolique.
- Observer la fonction respiratoire : risque d'encombrement bronchique lié à la stase.
- Contrôler la fonction urinaire : risque d'infection urinaire par stase.
À retenir : L'attelle de traction permet de maintenir l'alignement osseux et de soulager la douleur avant une intervention chirurgicale, mais nécessite une surveillance rigoureuse des complications liées à l'immobilisation.
Surveillance et soins du patient en traction
1. Surveillance et soins du patient en traction
a) Risques et complications à surveiller
- Paresse intestinale → risque de constipation.
- Compression des tissus → risque d’escarre.
- Infections : pulmonaire, urinaire.
- Risque thrombo-embolique.
- Si traitement anticoagulant → risque hémorragique.
- Surveillance de l’élimination urinaire et intestinale.
b) Prévention des complications liées au décubitus dorsal
- Prévention des escarres par soins cutanés réguliers.
- Maintien d’une hydratation suffisante (minimum 1,5 L/jour).
- Alimentation équilibrée, stimulation de l’appétit.
- Stimulation du patient pour préserver son autonomie.
2. Rôle de l’aide-soignant (AS) dans l’installation
| Objectifs clés | Actions à réaliser |
|---|---|
| Respecter la rectitude du corps | Maintenir alignement des membres et du tronc |
| Prévenir les attitudes vicieuses | Positionnement correct, éviter déformations |
| Confort du patient | Utiliser coussins, arceau de lit, installation confortable |
| Écoute attentive | Réagir à toute plainte exprimée par le patient |
- Le membre en traction doit rester aligné avec le corps et la traction.
- La traction doit être continue : ne jamais retirer les poids.
- La traction doit être dans l’axe du membre, avec le pied maintenu à angle droit.
- Les extrémités doivent rester rosées, chaudes, mobiles ; pouls pédieux palpable.
3. Soins au niveau de la broche
- Pansements doivent rester propres pour prévenir l’infection.
- Vérifier l’absence d’écoulement ou de signes inflammatoires aux extrémités de la broche.
4. Confort et hygiène du patient en traction
- Stimuler le patient pour préserver son autonomie.
- Aider aux activités de la vie quotidienne (AVQ).
- Aider à la mobilisation dans le lit.
- Installer à portée de main : effets personnels, sonnette, télécommande, verre et carafe d’eau.
- Réaliser des soins d’hygiène corporelle rigoureux.
- Aider à l’alimentation, assurer une bonne présentation des repas.
- Pour traction cervicale : toilette complète et assistance au repas.
À retenir : La traction doit être continue et alignée, la surveillance porte sur la prévention des complications (escarres, infections, troubles circulatoires) et le maintien du confort et de l’autonomie du patient.